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APS/Marsans : "Nous ne sommes pas à l’abri d’une mauvaise surprise..."

"De la prévoyance plutôt qu'une hausse des cotisations"


Rédigé par Geneviève BIEGANOWSKI le Lundi 14 Juin 2010

Le président de l’APS était présent au CIV de Deauville, affirmant ainsi sa volonté d’appuyer un événement orienté vers la formation des agents de voyages. L’autre préoccupation de Raoul Nabet qui vient d’essuyer l’un des plus importants sinistres de la profession depuis longtemps avec la chute de Marsans, c’est de préparer l'avenir avec la plus grande prudence.



APS/Marsans : "Nous ne sommes pas à l’abri d’une mauvaise surprise..."
TourMaG.com : Quelles leçons tirez-vous de la défaillance de Marsans ?

Raoul Nabet :
C’est une affaire incompréhensible. Marsans nous donnait des bilans positifs alors que l’expert-comptable qui s’est penché sur les comptes estime, aujourd’hui, la perte de l’entreprise à plus de neuf millions d’euros.

Pour l’APS, le sinistre devrait se monter à 2,5 millions d’euros si tout va bien. Mais il est tellement difficile de s’y retrouver dans les comptes que nous ne sommes pas à l’abri d’une mauvaise surprise.

C’est pourquoi j’ai pris la décision de nous réassurer pour le cas où le montant allait au-delà.

Si ce n’est pas le cas, nous aurons dépensé 100 000 euros pour l’assurance, mais à l’inverse, c’est l’assurance qui prendra en charge les coûts qui dépasseront les 2,5 millions.

La situation est surtout difficile pour les agences indépendantes qui ont versé des acomptes pour leurs groupes à Marsans en toute confiance et qui se retrouvent aujourd’hui à devoir assumer des pertes qui peuvent aller jusqu‘à 50 000 euros dans certains cas.

Il est évident que certaines agences ne s’en remettront pas.

TM.com - Y-a-t-il un moyen pour l’APS de se couvrir davantage pour que des sinistres de ce type ne se reproduisent plus ?

Raoul Nabet :
"Nous sommes plus vigilants que jamais sur les bilans que nous remettent les adhérents une fois par an mais il est difficile d’en demander davantage.

Je pense néanmoins que nous devons néanmoins être plus fermes avec les adhérents dont les bilans sont les plus fragiles et au pire, aller jusqu’au rejet avec les adhérents dont la situation provoque des interrogations.

Il faut faire plus de prévoyance de façon à ce que nous n’en arrivions pas à la dernière résolution qui serait d’avoir à augmenter la cotisation de tout le monde parce que les sinistres sont de plus en plus lourds."


TM.com - Où en est le projet de formation des agents que vous voulez mettre en place avec le SNAV?

Raoul Nabet :
"Il est quasiment abouti et nous avons l’intention de le présenter avant la pause estivale. Il se trouve que ce projet tombe à pic avec les obligations de la nouvelle loi qui régit l’activité des agents de voyages.

En effet, la loi Novelli stipule que le BTS n’est plus une condition sine qua non pour ouvrir une agence de voyages mais qu’à la place, une formation de 300 heures est obligatoire, stage en entreprise compris.

C’est cette formation que la profession doit contrôler. Nous devons avoir notre mot à dire non seulement sur la qualité du programme qui sera mis en place mais également sur son coût . Le projet que nous avons mis au point avec le SNAV va dans ce sens."

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1.Posté par alexis selinger le 15/06/2010 14:43 | Alerter
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Raoul Nabet, qui rappelons-le a été élu à la présidence de l'APS en avril 2009, a affirmé dans Tourmag avoir découvert à l'occasion de la cessation de paiement de Marsans France, que l'association de garantie professionnelle était dans l'ignorance qu'en 2007 une procédure de nomination d'un mandataire judiciaire fut mise en mouvement à l'encontre de Marsans France à la demande de certains de ses actionnaires.

Que Bruno Gallois ait cherché à minimiser cet incident, voire à l'occulter, est dans l'absolu compréhensible, ce qui ne l'est pas du tout c'est qu'il ait réussi. Cela dénote un manque total de contrôle par la présidence de l'époque et son staff managérial de la situation des entreprises à qui l'APS accordait la garantie professionnelle.

Autre sujet d'étonnement, en Juillet 2009 alors qu'en 3 mois d'exercice Raoul Nabet n'était pas familiarisé avec les dossiers, des mandataires ont accepté la demande de Bruno Gallois d'un réajustement de la garantie de Marsans France à la baisse et ce malgré que ses bilans laissaient apparaître un CA en chute d'environ 3O% depuis 2006 et un résultat net en 2008 de 31.801 € pour un volume d'affaire de 117.194.257 €.

Si ce traitement de faveur est déjà surprenant l'identité de la société qui était caution solidaire à hauteur de 3,5 millions d'euro l'est tout autant.

Il s'agissait de la SA Teinver partenaire attitrée de la société Viajes Marsans dont la trésorerie était de notoriété publique "plombée" par la cessation de paiement en décembre 2008 d'Air Comet.

La logique aurait voulu que les dits mandataires de l'APS avant d'accorder le réajustement sollicité s'interrogent sur la valeur de la signature du garant compte tenu des difficultés financières de ce dernier.

APS : Un manque de réaction qui laisse pantois

Selon l'interview que Raoul Nabet a accordée le 4 mai 2010 au portail "tourmag", en juillet 2009 il a demandé que Bruno Gallois fournisse les comptes sociaux de la holding Marsans. La logique aurait voulu que ce dernier s'exécute dans les délais les plus courts.

Comme Marsans a une comptabilité informatisée il est raisonnable de penser qu'un délai d'un mois est suffisant pour permettre à ce dernier de fournir les pièces demandées, or à la date de l'interview Raoul Nabet affirme les attendre toujours :

"Fin novembre nous avons fait une demande d'entretien auprès de M. Gallois avec plusieurs rappels dont le dernier par lettre RAR qui a abouti à un entretien le 11 janvier dernier".

En clair cela veut dire qu'au lieu de tirer les conséquences de la non présentation des comptes sociaux l'APS a mis 5 mois avant de réagir et sa réaction s'est traduite non pas par une suspension à titre conservatoire de la garantie accordée mais par l'envoi de quelques lettres simples de rappel et d'une lettre RAR.

Nous ne connaissons pas la teneur des différents courriers, mais force est de constater que celle-ci ne devait pas avoir une tonalité suffisamment contraignante pour inciter Bruno Gallois à y répondre sur le champ.

Il s'en suit qu'au reçu de A/R il lui a fallu encore 2 mois avant qu'il accepte enfin la demande d'entretien sans qu'étonnement cela suscite de réaction particulière des mandataires de l'APS.

Raoul Nabet a résumé ainsi l'entretien qu'il a eu avec Bruno Gallois en janvier 2010 "Il nous a alors informé d'une vente imminente (de Marsans France) à Dinaqua. Depuis, nous attendons les informations écrites promises que nous n'avons jamais reçues. Pas plus que nous n'avons été informés du changement de gérant, alors qu'il s'agit dans nos statuts d'un motif de radiation".

APS : une omission à 3 millions d'euros

La "revente" en janvier 2010 de Marsans France au "fonds d'investissement" Dinaqua aurait dû être l'occasion d'une remise à plat des conditions de garanties accordées à Marsans France, au lieu de cela l'APS s'est contentée des déclarations péremptoires de Bruno Gallois alors même que nul ne disposait d'information précise sur ce "fonds d'investissement".

Habituellement ces fonds sont soutenus par des banques ou des assurances dont la surface financière est indiscutable, Dinaqua lui était contrôlé par un actionnariat privé qui n'avait rien pour inspirer confiance.

La société Agroinversiones Montejurra qui prétendait avoir acheté Marsans France et apporté à cette dernière 1,5 million d'euros en trésorerie était une société à responsabilité limitée madrilène au modeste capital social de 3.100 euros alors que celui de Marsans France était de 1 million d'euros.

Sa gérante une certaine Isabel Juan Escrig semblerait être aussi celle d'une autre société à responsabilité limitée au capital de 3.100 euros basée à Tolède - Guttengroup Espana SL dont l'objet social serait la fabrication, la conception, l'assemblage, l'impression de livres, magazines et de catalogues.

Compte tenu du changement d'actionnariat la logique aurait voulu que le comité d'administration de l'APS s'inquiète enfin sur la valeur de l'engagement de garantie solidaire qu'avait signé la SA Teinver et exige du repreneur qu'il fournisse une garantie du même niveau, et bien là encore il n'en a rien été. Une omission qui a un coût financier d'environ 3 millions d'euros pour l'APS.

Epilogue

Le 1er mars 2010 alors que depuis 8 mois il était demandé à Bruno Gallois de produire les comptes sociaux de la holding Marsans, celui-ci s'est enfin décidé à enfin présenter à l'APS une déclaration du volume d'affaires 2009.

Problème de taille, ces dits comptes n'étaient pas certifiés par l'expert comptable et par conséquent n'avaient aucune valeur légale. Malgré cela l'APS "bonne fille" n'a pas estimé devoir suspendre sur le champ la garantie professionnelle.

Le 15 avril la "messe est dite" Marsans France est déclarée en cessation de paiement et là on apprend :

1- Marsans France n'aurait pas été vendu mais « donné » en contre-garantie pour couvrir une dette que le groupe Marsans Espagne aurait contractée ;

2- Dinaqua qui connaissait le besoin de trésorerie de Marsans France, n'a jamais voulu renflouer l'entreprise. Son objectif était de décrocher un prêt bancaire et de renégocier les contrats avec les fournisseurs pour créer un peu d'oxygène ;

3- Face aux demandes de règlement de son fournisseur transporteur la compagnie XL Airways, Dinaqua lui aurait présenté un faux virement bancaire. Ce dernier n'ayant pas apprécié la plaisanterie a alors pris la décision d'arrêter net le programme de quatre vols par semaine assurés pour Marsans France qui représentait environ 2.000 pax.

Bilan de cette mascarade, l'APS a sur les bras les réservations de l'été, soit 17.000 clients. Selon Raoul Nabet il s'agirait "d'un sinistre entre 2 et 3,5 millions d'euros, soit l'un des plus chers que notre association ait connu".

A la question de TourMag.com "Allez-vous mettre en place un véritable dispositif préventif, quand et quelles en sont les limites d'efficacité ? " Raoul Nabet répond :

"Le dossier Marsans va nous faire réfléchir à accélérer la mise en place de notre dispositif de prévention dont j'avais déjà rappelé la nécessité lors de mon premier mandat. (avril 2009 à avril 2010). Nous allons nous y mettre dès cet été avec des propositions concrètes faites aux membres du CA qui décidera".

La question que nous nous posons pourquoi cela n'a pas été fait plus tôt alors que dès octobre 2008 à l'occasion de la cessation de paiement de Switch / Partirpascher nous tirions déjà la sonnette d'alarme sur la nécessité de vérifier la sincérité des bilans présentés fut ils validés par un commissaire au compte


Cordialement


alexis Selinger

porte parole associationsosvoyages.com


2.Posté par Michel yves Labbe le 15/06/2010 22:49 | Alerter
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Juste une précision: la cessation de paiement d'Air Comet date de decembre 2009 et non de 2008

3.Posté par alexis selinger le 16/06/2010 08:15 | Alerter
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Merci de votre précision effectivement Air Comet a été en cessation de paiement en décembre 2009. Toutefois cela n'affecte pas ma démonstration concernant la SA Teinver dont les comptes étaient plombés par les mauvais résultats d'Air comet depuis 2008.

Cette compagnie aerienne low coast dont la SA Teinver fut l'actionnaire principale faisait déjà l'objet d'une procédure de saisie conservatoire portant sur une créance de 17,2 millions d'euros. En juin 2009 elle s'est trouvée dans l'incapacité de faire face au paiement des salaires des personnels et arrivait tout juste à régler le kérosène de ses avions.

Comme les faits étaient de notoriété publique, avant d'accorder à Bruno Gallois le réajustement sollicité, les mandataires de l'APS auraient dû s'interroger sur la valeur de la signature du garant.


Cordialement

alexis Selinger



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