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Bali : dans l'Ile des Dieux... les poubelles leur sont tombées sur la tête !

La chronique de Christian Orofino


Rédigé par Christian Orofino le Vendredi 11 Janvier 2013

D’un million de visiteurs en 2001, Bali a accueilli en 2011 plus de deux millions et demi de personnes à la recherche de l’Eden, et cela sans accompagnement social, écologique ni même sanitaire des pouvoirs publics. Aujourd'hui, l'île des Dieux est devenue une poubelle à ciel ouvert, avec des centaines de tonnes de déchets et d'eaux usées non traités rejetées chaque jour. Est-ce vraiment le tourisme que nous voulons pour demain ?



Bali, entre rêve et réalité… - Photo JdL
Bali, entre rêve et réalité… - Photo JdL
Les professionnels du tourisme pour la plupart, et quelle que soit leur nationalité, considèrent que la gestion que pratiquent les responsables politiques des pays qu’ils exploitent ne les regarde pas.

Leur activité a pour but d’envoyer un maximum de touristes pour optimiser l’économie de leur entreprise en limitant a minima leur responsabilité au respect des règles et des lois locales en vigueur.

Il est évident que le tourisme n’a pas vocation à l’ingérence dans le fonctionnement social ou économique des pays dans lesquels il s’invite, mais pour autant doit-il rester indifférent à des situations alarmantes que parfois il a provoquées lui même par son activité ?

Un exemple illustre cette responsabilité indiscutable : Bali ou « l’ile des dieux », cet ex-paradis, est en passe devenir un enfer pour les touristes mais surtout pour les populations.

Bali : l'activité touristique boulverse les conditions de vie des habitants

Ils sont nombreux les clichés que nous avons utilisés pour vanter les atouts idylliques de Bali : « splendeur des plages de sable blanc » , « patrimoine exceptionnel de ces temples hindous », « gentillesse légendaire de ses habitants » , « spectacle grandiose de ses paysages tropicaux, » etc..etc…

Mais le tourisme de masse sans foi ni loi est passé par là.

D’un million de visiteurs en 2001 , Bali a accueilli en 2011 plus de deux millions et demi de personnes à la recherche de l’Eden, et cela sans accompagnement social ,écologique ni même sanitaire des pouvoirs publics.

Ainsi cette explosion non maitrisée de l’activité touristique a-t-elle provoqué des bouleversements mettant en péril l’avenir du tourisme dans ce pays mais surtout les conditions de vie de ses habitants.

En effet chaque chambre d’hôtel à Bali - et il y en a des centaines - consomme 300 litres d’eau par jour (en France la consommation moyenne est de 150L par personne).

Cette consommation excessive par rapport au mode de vie local due aux exigences de confort d’une clientèle haut de gamme risque de provoquer une crise de ressource en eau potable dès 2015 selon certaines ONG.

Les déchets ne sont pas recyclés

Pour accueillir toujours plus de touristes, près de 800 hectares de terrains par an sont transformés pour construire des routes et hôtels de luxe, confisquant ainsi un potentiel agricole permettant la survie des populations.

Cette activité touristique génère chaque jour 13.000 tonnes de déchets qui, contrairement à ce qui se pratique dans les déchetteries occidentales, ne sont pas en partie recyclés (pour ordre d’idée en France ce sont environ 100.000 de tonnes de déchets par jour qui sont collectés et traités par les services publics).

Dans ces 13.000 tonnes de déchets provenant en majorité des établissements hôteliers de Bali , 5000 tonnes par jour sont rejetés dans les rivières et dans la mer provoquant
des dégâts considérables dans la faune sous marine et sur les récifs coralliens.

Parmi ces tonnes d’immondices certaines contiennent des produits toxiques et dangereux comme des acides, des soudes, du mercure, des huiles, de l’amiante.

Dans les pays occidentaux ces déchets toxiques sont tracés et traités.

A Bali, ils sont rejetés sans aucune transformation, provoquant bien entendu, d’énormes dégâts sur la faune et la flore de l’île mais surtout mettant en danger la santé des habitants sans couverture sociale.

Où sont les responsabilités ?

Christian Orofino - DR
Christian Orofino - DR
Ces Balinais qui perdent aussi leur identité culturelle et religieuse hindouiste qui faisait exception dans un continent indonésien à forte majorité musulmane car les temples, eux aussi, sont de plus en plus envahis par des environnements hôteliers au point où on se demande si un jour ils ne serviront pas d’abri pour planches à voile…

Alors où sont les responsabilités ?

« Pas moi chez moi » s’indigne le gouvernement dépassé par les évènements.

« Pas chez moi non plus » rétorquent les groupes touristiques internationaux qui argumentent leur apport économique dans le pays au niveau notamment de l’emploi.

Quand la terre et la mer seront complètement souillées, plus aucun touriste ne voudra séjourner à Bali.

Qu’adviendra-t-il alors des populations et de leurs environnements ?

Ce n’est pas notre problème : nous serons partis générer d’autres poubelles ailleurs, et ce ne sera toujours pas à nous de les ramasser !

Christian OROFINO
Président de TOURCONSEIL
Ex PDG et DG du TO VISIT FRANCE
Président de la commission Tourisme responsable du SNAV

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Tags : bali, orofino
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1.Posté par Anne Montion le 17/01/2013 09:29 | Alerter
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Je suis professionnel du tourisme et résidente à Bali. Je vous remercie pour votre inquiétude à propos de notre belle île. Mais pardonnez moi, je trouve dommage le constat alarmiste que vous faites et le peu de solution que vous apportez.

Afin que vous compreniez le contexte, je vous donne un exemple. Si vous logez ou possédez un hôtel reculé dans les terres, quelles sont les solutions mise à votre disposition pour le traitement des déchets? aucune. Il n'y a pas de services publics pour cela, mais uniquement de l'initiative privée.
Il n'y a pas ou peu de système de ramassage des ordures, chacun se "débarasse" des ordures comme il le peut, c'est à dire en général en brulant au fond du terrain. Admettons que vous fassiez le tri des ordures dans votre hôtel à Pemuteran ou Bedugul, que faites vous des déchets par la suite? et bien vous devez vous même les acheminer dans le sud de l'île à la décheterrie....


L'association Peduli Alam installée à l'Est de Bali essaie de mettre en place un système de tri et de ramassage dans les petits villages entourant Amed. Elle n'est financée que par des dons, aucune contribution du gouvernement, bien au contraire. Elle tente d'éduquer les habitants au tri, assure le service de ramassage et installation des poubelles (qui n'existent pas dans les villages, il faut le savoir).
En tant que professionnelle du tourisme, j'ai parfois eu la remarque de la part des clients à ce propos. J'ai a chaque fois, avec grande conviction, parlé de cette association et solliciter un don et je n'en ai jamais obtenu un seul.

Sentez vous libre de soutenir cette action en faisant un don : http://www.pedulialam.org

Le tourisme à Bali est récent et s'est développé très rapidement en peu de temps. Il faut mettre en place toutes les infrastructures pour permettre de gérer les flux (de personnes ou d'ordures), cela prend du temps. Il n'est pas question que les hôteliers considèrent que ca ne les regarde pas, il est question de comprendre que rien n'est mis à leur disposition.

Cependant cela est en train de changer. Pour exemple, nous avons maintenant un service de transports en commun dans le sud qui relie Batubulan à Nusa Dua. Cela permet de désengorger les routes et de préserver l'environnement, en limitant le recours aux déplacement en 2 roues.
Le gouvernement a lancé une campagne Bali Go Green in 2012, avec sensibilisation des provinces et des politiques dans tout Bali.

Bali n'est pas un ex paradis, Bali est en train d'apprendre à gérer ses touristes. Encore une fois cela prend du temps.

Le problème du traitement des ordures est un problème global et mondial. Cependant je ne comprends pas cette idée véhiculée que Bali est une poubelle à ciel ouvert. Vous êtes vous déjà rendue en Thailande? en Inde? au Vietnam? Sans vouloir est chauvine, je trouve personnellement Bali bien plus propre que beaucoup d'autres destinations.

Le respect de la nature est profondément ancrée dans la culture balinaise, vous pouvez leur faire confiance pour tout mettre en place afin de conserver leur île belle et propre. Sachez être patient.

2.Posté par Jean-Charles Le Coz le 21/01/2013 09:11 | Alerter
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Chers lecteurs,

L'article de M. Orofino soulève les problèmes suivant :
- Liens et responsabilités des pouvoirs public et des professionnels du tourisme dans la gestion des déchets
- Traitement des déchets à Bali
- Impact du tourisme sur l'environnement physique, culturel et religieux
- Tourisme de l'avenir
- Futur du tourisme dans l’île

Malheureusement, nous n'y voyons pas d’éléments de réponse.
Il y manque :
- Une comparaisons avec des îles ou destinations qui font mieux que Bali dans ce domaine et pourquoi il en est ainsi
- Des critères de références pour faire des comparaisons et juger les résultats des mesures prises à Bali ou ailleurs
- Des statistiques pertinentes
- Une recherche approfondie sur le sujet (aucune référence)
- Une analyse dynamique dans le temps et l'espace car il s'agit d'une situation en évolution assez rapide (ou et quand s'aggrave ou s’améliore t-elle?)
- Des exemples concrets ou des modèles

En fonction de ces carences, je ne peux donner que quelques indications anecdotiques, qui je l’espère, aiderons les lecteurs à se faire une opinion :

J'ai été trois ans à la tête de "Bali Hotels Association" et suis depuis quelques jours son vice-président.
A "Bali Hotels Association", nous travaillons depuis plus de 10 ans à améliorer l’environnement dont nos membres sont responsables:
- contacts constants avec des organisations telles que Green Globe, Earth Check, TUV Rheinland pour développer des standards de qualité environnementale (pour nos membres qui peuvent se permettre de payer les différents " examens" de ces organisations
- développement (souvent en accord avec les organisations ci-dessus) de manuels qui sont à la disposition de tous nos membres (nous sommes un peu plus de cent) pour mettre en place des standards plus "light" ou plus adaptes à la réalité du pays
- campagnes annuelles de prise de conscience pour employés, leurs familles, leurs proches, les villes ou villages dans lesquelles nos membres sont établis, ainsi que nos clients à travers des journées de ramassage des ordures ou autres
- liens permanents avec les autorités locales du tourisme pour les garder le plus possible informées des nouvelles demandes des visiteurs et du besoin impérieux de prendre les affaires d’environnement plus sérieusement, ce qui a résulté, entre autres, dans la campagne “Bali Go Green”, citée dans le commentaire ci-dessus.
- initiative comme celle décrite dans le communique de presse (en anglais) ci-dessous.
- pour les années 2012/2013, nous travaillons a la réduction significative de consommation d'eau et nous sommes en très bon chemin pour y parvenir.

Voila quelues exemples de ce que nous faisons de façon quotidienne pour améliorer les conditions liées à l’environnement.

Essayons de voir la vie autrement que par le « petit bout de la lorgnette ». Ce n'est pas en fustigeant une île/destination qui, grâce au tourisme, se développe que cela aidera celle-ci.

Il serait temps pour les responsables mondiaux du tourisme, de cesser de jouer le double jeux du « paradis perdu » (qui l'a découvert et développé en un marche de tourisme de masse si ce n'est les tours opérateurs qui maintenant s’étonnent que « ce n'est plus comme avant » ?) et du « nous (les élites du monde développé) voulons aider les populations indigènes, car le tourisme participe au développement durable ».
Les populations locales sont seules responsables de leur avenir et nous devons respecter leur choix de développement, même si, parfois, nous ne sommes pas d'accord.

Bien cordialement,




Communique de presse (en anglais)
In 2011 the Bali Hotels Association (BHA) created the “BHA Green Team” as a sub-committee of it’s Environment Division.  The Green Team serves as a venue for green suppliers, both international and local, to present their services and solutions to BHA members in order to assist the hotels in reducing, reusing and recycling.  The Green Team meets regularly on a monthly basis.
Each year the Green Team also selects a key strategic initiative.  In 2011/12 the “Say No to Disposable Plastics” campaign resulted in a 20% reduction of disposable plastics, equating to approximately 5,000kg per month, across 47 participating hotels.
In 2012/13, recognizing that water consumption per room on average in Bali exceeds that of more developed tourism destinations, the BHA Green Team selected as its key strategic initiative “Water Benchmarking and Conservation”.  The set target for this initiative is to reduce water consumption across participating hotels by 15% within the first 12 months.  
In addition, the BHA has taken a leading role in encouraging all of its member hotels to participate in internationally recognized environmental management and certification programmes for sustainable tourism such as EarthcheckTM  and Green GlobeTM, which assist the hotels in saving energy and water resources, reduce operational costs and positively contribute to local communities and the environment.  The BHA has also taken this one step further and strongly encourages all of its member hotels to give preference and select both local suppliers and other local partners who participate in these programs and have a published Responsible and Sustainable Tourism policy in place.

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