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Carburant : chargez pas trop la mule… elle pourrait changer de bât !

l'agent de voyages, dindon de la farce ?


Rédigé par Jean DA LUZ le Lundi 21 Avril 2008

L’affaire des surcharges carburants provoque un joli rififi dans la profession. Une chatte n'y retrouverait pas ses petits, tellement le flou et les non-dits dans cette affaire sont nombreux. Mais le rôle de l’agent de voyage dans ce mauvais Marivaux ressemble, de plus en plus, à celui du dindon de la farce…



Carburant : chargez pas trop la mule… elle pourrait changer de bât !
Commençons par le commencement : qu’est-ce qu’une surcharge carburant ? C’est la répercussion par une compagnie aérienne d’une hausse due à un fournisseur. Elle est fonction de la conjoncture politique et/ou économique.

Les transporteurs s’en prémunissent grâce à des « couvertures ». En effet, ils s’engagent sur l’achat à l’avance à prix bloqué du carburant auprès du fournisseur en spéculant à terme.
Bien entendu, c’est un peu la loterie mais, quand ça fonctionne (comme pour Air France) c’est l’équivalent du Jack pot.

Autrement dit, la Compagnie va être en mesure de répercuter une hausse qu’elle n’a effectivement pas payée ou pas complètement. Elle est libre ou non de le faire, c’est ensuite une problématique commerciale et/ou marketing.

Il faut introduire également dans l’équation une variable, loin d’être négligeable, qui est celle du change, compte tenu de l’emprise croissante de l’euro sur le dollar. On peut donc poser l’équation comme suit : couverture+différentiel change=super bénef !

Dans le cas des charters, la marge est beaucoup plus étroite. En effet, leur activité saisonnière et aléatoire, ne permet pas de planifier outre mesure ce type d’aléa. Par ailleurs, les surcharges ne sont connues qu’à posteriori. Or, ce sont les charters qui assurent une majorité écrasante du transport dans le cas des forfaits.

Ceux-ci (les Cies charters) se retournent alors contre les producteurs, auxquels ils repassent le « relais. » En fonction du volume de ventes, cela peut représenter des jolies sommes pour le voyagiste.

Couverture+différentiel change=super bénef !

Philippe Sangouard rappelait dernièrement pour Look qu’« On ne peut pas se passer de 500 000 à 600 000 euros de marge mensuelle pour absorber totalement le surcoût du carburant ».

On passe alors à l’échellon inférieur : le distributeur.

Celui-ci est un peu le lampiste dans l’affaire, le fusible entre le TO et le client final. C’est à lui que reviendra de réclamer une hausse pour surcharge carburant, alors que son client a réglé au moins un acompte et qu’il est passé à autre chose… avant qu’on ne le rappelle à ses devoirs ( ?)

C’est un peu comme si à la pompe, après avoir fait et payé votre plein de carburant, on vous présentait de nouveau la note le lendemain afin de vous dire que ça ne suffit pas et qu’il faut régler un supplément pour cause de hausse subite du pétrole.
Dur, dur…

Bref, le rôle de l’agent de voyage dans cette affaire ressemble furieusement à celui de dindon de la farce. Surtout que, lorsqu’il s’agit d’un bon client, il préfèrera probablement passer par pertes et profits la surcharge plutôt que de la réclamer.

Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes surtaxés...

Sans parler de l’image commerciale, il faut noter aussi que pour une surcharge de 8 euros, la « sauce » (courrier LRAR+ temps passé) revient plus cher que le "poisson". Bref, c’est loin d’être la pêche miraculeuse...

Bien entendu, les difficultés techniques du dossier ne sont pas minces. D’ailleurs, le CETO planche toujours sur la question et au Snav on essaye de mettre autour de la table Producteurs et Distributeurs.

Bref, rien ne va plus. Ce qui trouble aussi dans cette affaire c’est son flou artistique, son côté bouteille à l’encre. On a l’impression que chacune des composantes y trouvait son compte (certains TO commissionnent ces surcharges) et que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes surtaxés.

Oui mais voilà, les mouches ont changé d’âne. Et les surcharges à répétition qui permettaient à certains de mettre du beurre dans les épinards ont, perte de pouvoir d’achat oblige, mauvaise presse avec une UE désormais réglée à l'heure du TTC !

Sans compter, pour rester dans l’image zoologique, que les clients ne sont pas des vaches à laits ni des cochons de payants et qu’il faut éviter de trop charger la mule... si on ne veut pas qu’elle change de bât !

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1.Posté par Cuisinofrais le 22/04/2008 12:18 | Alerter
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Pourquoi devoir payer des suppléments fuel, alors que le prix du pétrole est basé sur le cours du dollar américain qui ne cesse de se dévaluer par rapport à l'euro?

Cela me semble un leurre entretenu par les compagnies aériennes qui voient par là une possibilité d'augmenter leur marges bénéficiaires sans que le client ne puisse réagir

2.Posté par Marion / GEO SOLUTIONS le 22/04/2008 12:22 | Alerter
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Nous avons ce jour une nouvelle hausse d'Air France... Pour éviter de prendre à notre charge la hausse carburant de ce jour, pour nos ventes de forfait à moins de 30 jours, nous avions avant un délai de 24h pour émettre les billets sans la surcharge, qu'en est-il??? Quelqu'un connaît-il la manip pour l'éviter??? Aujourd'hui Air France ne se souvient plus de cela, de même qu'ils semblent ne pas connaître la loi interdisant toute hausse à moins de 30 jours, ce que respectent pourtant d'autres compagnies telles que British Airways...

3.Posté par maryse waille le 23/04/2008 16:03 | Alerter
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la British qui respecte les délais ? pour info j'ai subi une hausse de 77,49 € de taxes, surcharge.. à D-19J d'un départ Mexique x 44 pax = 3400 € de perte sèche car NOUS avons respecté la loi pour ne pas perdre le client en 2009... Notre courrier envoyé au responsable est, bien entendu, resté sans réponse.

4.Posté par bad le 04/05/2008 09:28 | Alerter
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Pour ton info Cuisinofrais le kerozene represente que 20a 30% des frais sur un avion.La parite euro/dollar compense un peu la hausse mais pas d autantCe qui est a craindre c est que le dollar reprenne des forces et alors la ce serait le cauchemar


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