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Croisière du futur : vers une offre personnalisée et modulable

Article extrait de l'édition spéciale "papier" IFTM Top Resa


Rédigé par Anaïs BORIOS le Lundi 26 Septembre 2016

A quoi ressemblera la croisière dans 10, 20, 30 ans ? Comment évoluera l’offre sur le marché français ? Difficile à dire, mais les professionnels du secteur interviewés ont chacun tenté d’apporter leur éclairage.



Il y aura d’un côté des paquebots géants, qui deviennent à eux seuls une véritable destination, et de l’autre, des navires à taille humaine, où l’itinéraire et les services font la différence - DR : Fotolia
Il y aura d’un côté des paquebots géants, qui deviennent à eux seuls une véritable destination, et de l’autre, des navires à taille humaine, où l’itinéraire et les services font la différence - DR : Fotolia
Mégaships et petites unités : pas de doute, la croisière du futur aura deux visages. Il suffit de regarder les navires en commande - 63 d’ici 2020 - pour s’en rendre compte.

« La croisière s’ouvre à tous, à travers deux segments : le mass market, avec des prix attractifs pour les familles, et les petits unités, qui proposent des services personnalisés », résume Corinne Renard, directrice commerciale de Compagnie Internationale de Croisières.

D’un côté, il y a donc ces paquebots géants, qui deviennent à eux seuls une véritable destination, et de l’autre côté, des navires à taille humaine, où l’itinéraire et les services font la différence.

Mais un même critère permet à ces deux secteurs de conquérir de nouveaux clients : la personnalisation de leur offre et, donc, la perspective de proposer aux croisiéristes une expérience unique, qu’il s’agisse d’une expédition en Antarctique ou de tester le nouveau toboggan du plus grand navire au monde.

Une diversité de produits grandissante qui permet aux clients de personnaliser leur voyage, jusqu’à composer leur croisière sur-mesure.

Des prestations exclusives

Chez Ponant, personnalisation rime avec luxe : Ladurée, Veuve-Cliquot, etc. Depuis que la compagnie a rejoint le groupe Artémis, la holding de la famille Pinault, les partenariats avec les marques haut de gamme se développent.

« En 2017, nous proposerons une croisière Château-Latour Artemis, avec un arrêt prévu au château, une dégustation de vins et une visite privée, » commente Hervé Bellaïche, directeur général adjoint marketing et commercial de Ponant. Une exclusivité qui permet à la compagnie de renforcer l’expérience client, en donnant le sentiment d’effectuer une croisière unique.

Les partenariats avec des marques prestigieuses ne sont pas que l’apanage de Ponant. Les croisiéristes multiplient notamment les contrats d’exclusivité avec des grands noms du spectacle pour leurs shows.

C’est comme cela que la comédie musicale Grease embarque à bord des navires de Royal Caribbean ou que le Cirque du Soleil développe un spectacle adapté à la scène des navires de MSC Croisières.

Dans le même esprit, les célébrités s’associent aux compagnies. C’est le cas pour Ponant, qui organise une trentaine de croisières par an avec des personnalités (Patrick Poivre d’Arvor, Claire Chazal, Olivier de Kersauson ou encore Éric-Emmanuel Schmitt), comme pour Costa Croisières, qui embarque la chanteuse Shakira en tant qu’ambassadrice.

« Elle peut sembler en décalage avec notre cible de clientèle supposée, mais elle nous permet justement de casser les codes, de rajeunir l’image de la croisière et de séduire des cibles différentes, » explique Georges Azouze, PDG de Costa Croisières France.

Casser les a priori sur la croisière

Costa a embarqué le robot humanoïde Pepper à bord du Diadema. Il aide les passagers au moment de l’embarquement et tout au long de leur croisière, fait des recommandations et donne des conseils à propos des restaurants, des événements et des excursions - DR : Costa Croisières
Costa a embarqué le robot humanoïde Pepper à bord du Diadema. Il aide les passagers au moment de l’embarquement et tout au long de leur croisière, fait des recommandations et donne des conseils à propos des restaurants, des événements et des excursions - DR : Costa Croisières
« Si les a priori à propos du mal de mer ont disparu d’eux-mêmes, il reste encore des obstacles. On pense toujours que la croisière est réservée aux seniors, mais le public d’été, plus familial prouve le contraire, précise Patrick Pourbaix, directeur général de MSC Croisières pour la France, la Belgique et le Bénélux.

Il y a aussi la crainte du grand navire, la peur de se retrouver les uns sur les autres. Nous avons besoin de communiquer fortement là-dessus, en particulier sur le marché français, d’expliquer que plus le bateau est grand et plus il y a d’espace pour chacun, que la vie ressemble à celle d’une ville, avec ses restaurants, ses salons, ses espaces car le développement de la croisière devra aussi passer par le combat des idées reçues ».

L’idée qu’une croisière coûte trop cher peut aussi être un frein. « Les gros navires permettent aux compagnies de réaliser des économies d’échelle et donc de proposer des tarifs plus abordables. L’arrivée de nombreux bateaux sur le marché aura-t-il un impact sur les tarifs ? », s’interroge Pierre Pélissier, directeur général de Croisierenet.com.

Son agence en ligne dédiée aux ventes de croisières détient 11% de parts sur le marché français.

2017 - 2022 : le marché français en forte croissance

Pierre Pélissier s’attend à une forte croissance du marché de la croisière en France entre 2017 et 2022. « On note une forte évolution des 2 armateurs principaux : Costa et MSC, précise-t-il.

Le premier va réduire ses capacités en Europe et se développer sur le marché asiatique, tandis que le deuxième investira énormément dans la flotte et le marché européen d’ici 2026. »

Les chiffres publiés par l’Association internationale des compagnies de croisières (CLIA) semblent confirmer cette tendance à la hausse. En 2016, l’association estime la progression à un million de passagers supplémentaires (soit 24,2 millions).

En France, le marché croit de près de 10% par an en moyenne depuis 2010, avec 615 000 passagers maritimes enregistrés en 2015.

Il a dépassé l’Espagne et représente 9% des parts de marché en Europe. Des chiffres enthousiasmants, mais bien loin des scores des marchés anglais (1,7 million de passagers et 27% des parts de marché) et allemand (1,8 million et 28% des parts de marché).

En effet, le taux de pénétration stagne à 0,9% de la population. Mais les armateurs sont optimistes. « Tous les feux sont au vert pour le développement de la croisière, qui est une valeur sure et refuge dans le contexte géopolitique actuel, » affirme Patrick Pourbaix, dont la compagnie, MSC Croisières, devrait mettre sur le marché pratiquement un navire par an jusqu’en 2026, en complément des 12 navires actuels.

« Le regard des vacanciers sur la croisière change, ajoute Georges Azouze pour Costa Croisières, qui a passé commande pour 7 nouveaux navires d’ici 2021. En 20 ans, le secteur a connu une révolution dans son offre, avec des paquebots qui sont devenus de vrais villages flottants, des “resorts“ avec une multitude de profils de clients. »
MSC a investi dans une île aux Bahamas. L’objectif est double : créer une réserve marine privée et proposer une nouvelle destination unique aux passagers. Ocean Cay MSC Marine Reserve disposera de 6 plages, un amphithéâtre de 2 000 places, un village typique des Bahamas, avec restaurants, bars et boutiques. Elle sera accessible en octobre 2018 - DR : MSC Croisières
MSC a investi dans une île aux Bahamas. L’objectif est double : créer une réserve marine privée et proposer une nouvelle destination unique aux passagers. Ocean Cay MSC Marine Reserve disposera de 6 plages, un amphithéâtre de 2 000 places, un village typique des Bahamas, avec restaurants, bars et boutiques. Elle sera accessible en octobre 2018 - DR : MSC Croisières

Le wifi à l'abordage !

L’un des défis à relever pour les croisiéristes sera celui de la connexion, surtout lorsque le bateau est en mer. Peu de progrès ont été réalisés depuis l’arrivée d’Internet à bord des navires.

Mais là aussi, les choses évoluent, notamment chez Royal Caribbean, qui vient de lancer la connexion à très haut débit à la fin du printemps 2016, grâce à un système de satellites qui suivent les navires en permanence (VOOM).

La compagnie propose une connexion journalière à partir de 12,99$ par appareil pour l’offre Surf (8.99$ pour le package famille, soit 5 appareils connectés) et jusqu’à 17.99$ par jour et par appareil pour le package Surf and Stream (11.99$ pour plus de 5 appareils).

Les autres grandes compagnies ont, quant à elles, revu leurs offres. MSC Croisières a sorti, en avril 2016, des nouveaux packages (Social Package ; Surfer Package ; Streamer Package), en partenariat avec Marlink, spécialiste des solutions de communication, qui permet d’opérer dans des endroits difficilement accessibles. Depuis l’été 2016, l’ensemble de la flotte en est équipée.

De son côté, Costa Croisières a déployé le programme « I love Surfing », avec différentes formules (pack Social Media ; offre Costa par Minute ; Costa 250 Mo ; Costa 500 Mo ou Costa 3 Go).

La croisière, le nouvel hôtel club ?

Le futur Norwegian Joy, qui naviguera en Chine, sera équipé d’une piste de karting sur 2 étages - DR : NCL
Le futur Norwegian Joy, qui naviguera en Chine, sera équipé d’une piste de karting sur 2 étages - DR : NCL
Résultat : la croisière vient aujourd’hui concurrencer aussi bien l’hôtel club traditionnel, que le circuit, car elle répond aux attentes d’une clientèle plus large.

Et cette tendance s’accentue d’année en année, avec le développement de l’offre bien-être, la multitude de choix des restaurants, la diversité des
divertissements à bord (patinoire, simulateur de surf ou de chute libre, cinéma 4D), ou encore le renouveau des excursions.

« Les croisiéristes de 30 ou 40 ans ne sont pas toujours intéressés par un tour de ville classique, explique Cédric Rivoire-Perrochat, directeur général de CLIA France. D’où le rajeunissement des programmes, avec des excursions plus sportives, plus actives ou culturelles, mais en plus petit groupe.

Depuis 2 ans, l’économie collaborative fait aussi son apparition, avec des rencontres chez l’habitant, des cours de cuisine, etc. Il n’y a jamais eu autant de diversité proposée à un vacancier qu’aujourd’hui
».

A bord de l’Harmony of the Seas, dernier né de Royal Caribbean - et accessoirement plus gros navire au monde, les espaces ont été divisés en 7 quartiers différents, pour apporter davantage de choix, d’intimité et de confort aux passagers.

Sur les futurs navires de la classe Meraviglia de MSC Croisières, les espaces deviennent modulables, à l’image de l’espace multimédia polyvalent, utilisé à la fois comme Comedy Club, bar karaoké scène de concert, et studio TV, qui diffusera des jeux, des quiz et des concours de talent sur les écrans du navire.

Les cabines seront elles-aussi modulables : trois cabines pourront être reliées et combinées pour accueillir jusqu’à 10 personnes. Les cabines familiales quadruples pourront, quant à elles, accueillir, chacune, quatre personnes, grâce au canapé de l’espace de vie transformable en lit.

Les bateaux se renouvellent et s’améliorent

Le Bionic Bar est l’une des exclusivités de l’Harmony of the Seas de Royal Caribbean. Ici, ce sont des robots qui conçoivent et servent les cocktails que les passagers ont préalablement commandés en utilisant l’application mobile de la compagnie - DR: P.C.
Le Bionic Bar est l’une des exclusivités de l’Harmony of the Seas de Royal Caribbean. Ici, ce sont des robots qui conçoivent et servent les cocktails que les passagers ont préalablement commandés en utilisant l’application mobile de la compagnie - DR: P.C.
Cette personnalisation des espaces chez MSC Croisières va jusqu’à proposer “un navire dans le navire“ avec le concept luxe du Yacht Club, qui sera étendu sur les futurs paquebots.

Chez Ponant, c’est le bateau qui s’adapte à la destination et non l’inverse. « Les 4 prochains navires en commande, dédiés à l’expédition, seront plus petits que la gamme actuelle, précise Hervé Bellaïche.

Ces futurs Ponant Explorers seront conçus pour naviguer sur les océans, les mers, mais aussi les fleuves comme l’Amazone ou l’Orénoque. Ils seront davantage ouverts vers l’extérieur, avec des balcons plus larges. Nous avons choisi d’accueillir moins de passagers, sans pour autant augmenter le panier moyen, mais en réduisant les coûts écologiques. »

Car ce dernier enjeu sera également de taille. « L’ensemble des armateurs investissent 1 milliard d’euros par an dans la R&D pour trouver de nouvelles technologies », indique Cédric Rivoire-Perrochat.

Cela va de l’amélioration des moteurs ou des systèmes de propulsion, à l’éclairage des navires en LED, à la peinture de la coque sous-marine, non polluante et non adhérente, pour limiter les frictions. » Et les avancées se font sentir : entre 2010 et 2015, les compagnies ont réduit de 25% leur consommation de carburant.

De même, dès 2019, les nouveaux navires de Costa Croisières et d’Aida Cruises navigueront au Gaz Naturel Liquéfié (GNL), un combustible qui ne génère pas d’émission d’oxydes de soufre, quasiment aucune émission de matières particulaires (réduction de 95 à 100%) et qui permet de réduire la quantité d’oxydes d’azote de 85%.

En 2021, ce sera au tour de MSC Croisières de mettre à l’eau le premier des quatre navires de la “World Class“, équipé en GNL.

Y’aura-t-il trop de mégaships ?

Le premier navire de la classe MSC Meraviglia, qui sortira en 2017, abritera une promenade intérieure de 96 mètres, dont le plafond sera un dôme de 80 mètres de long composé de LED. Le plus grand en mer ! - DR : MSC Croisières
Le premier navire de la classe MSC Meraviglia, qui sortira en 2017, abritera une promenade intérieure de 96 mètres, dont le plafond sera un dôme de 80 mètres de long composé de LED. Le plus grand en mer ! - DR : MSC Croisières
Malgré ces avancées, les armateurs sont encore très souvent pointés du doigt quant au niveau de pollution de leurs navires.

Pourtant, de la gestion des stocks de nourriture au recyclage des déchets, les croisiéristes travaillent en permanence à réduire l’impact environnemental des navires. « Nous améliorons chaque nouveau bateau par rapport au précédent », confirme Emmanuel Joly, directeur commercial de Royal Caribbean France. Nous avons pris une série de 80 initiatives en ce sens, qui touchent aussi bien l’hydrodynamique, que la réutilisation de l’énergie pour alimenter l’air conditionné et les réfrigérateurs. »

La croisière du futur devrait donc connaître un développement important mais raisonné. « Les armateurs ont toujours une vision maîtrisée de leur développement, ils ne construisent pas de navires s’il n’y a pas de demande, » indique Cédric Rivoire-Perrochat.

« L’avenir de la croisière ne va pas vers le gigantisme, conclut Emmanuel Joly. La vocation des armateurs n’est pas de construire des bateaux géants, qui ne correspondent qu’à une partie de la demande, mais de proposer une palette de navires différents ».

Les agences de voyages, qu’elles soient traditionnelles et on-line, vont avoir du pain sur la planche et un beau potentiel de ventes à l’horizon !

Zoom sur la croisière fluviale

La croisière fluviale suit la même tendance à la hausse que la croisière maritime - DR : Rivages du Monde
La croisière fluviale suit la même tendance à la hausse que la croisière maritime - DR : Rivages du Monde
La croisière fluviale suit la même tendance à la hausse que la croisière maritime. 250 000 passagers naviguent chaque année sur les fleuves français, et 147 000 Français ont opté pour ce type de vacances en 2014, selon les chiffres de la CLIA.

D’ailleurs, sur les 28 navires livrés en 2016, 17 étaient destinés au fluvial. Parmi les compagnies les plus présentes sur le marché français figurent Rivages du Monde, CroisiEurope et Lüftner Cruises.

« Aujourd’hui, le fluvial est un grand produit croisière, extrêmement confortable, qui allie détente et découverte, alors qu’il était autrefois considéré comme confidentiel », précise Alain Souleille, directeur général de Rivages du Monde.

Si l’armateur est toujours à l’affût de nouveautés, il n’en oublie pas les programme classiques, pour continuer à séduire différentes clientèles.

Chez CroisiEurope justement, « il y avait longtemps que les fleuves historiques, comme le Rhin ou le Danube, n’avaient connu un tel engouement », commente Éric Collange, le directeur commercial France. Un succès lié en partie au contexte international et au besoin des clients d’opter pour des destinations plus sécurisantes.

La compagnie n’oublie pas d’innover, avec de nouveaux navires (sur le Mékong, le Zambèze, la Loire ou encore l’Elbe) et des excursions dynamiques (rando à vélo, tour en hélico ou balade en 2CV).

« Nous croyons réellement à l’avenir des navires à taille humaine, qui continue à générer une forte demande, pour de l’affrètement comme pour les individuels », ajoute Éric Collange. Le secteur a de beaux jours devant lui.

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