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Croisièristes : La crise ? Quelle crise ?

La chronique de François Weill


Rédigé par François WEILL le Lundi 4 Mai 2015

François Weill, chroniqueur spécialiste du marché de la croisière, revient sur la croissance irrésistible de ce dernier. Après les Etats-Unis et l'Europe, les compagnies s'attaquent désormais à l'Asie et à la Chine, plus particulièrement.



Les compagnies de croisières annoncent toutes la construction de nouveaux navires. Ici, l'Harmony of the Seas, dans les chantiers STX de Saint Nazaire - DR : A.B.
Les compagnies de croisières annoncent toutes la construction de nouveaux navires. Ici, l'Harmony of the Seas, dans les chantiers STX de Saint Nazaire - DR : A.B.
Le marché de la croisière continue de se développer, sans doute plus qu'aucun autre secteur du tourisme mondial.

Le dernier rapport de CLIA, l'association internationale des compagnies de croisières, en présente un panorama impressionnant.

Et pourtant, ce secteur est encore loin d'être parvenu à maturité, tant les opportunités de croissance se multiplient.

Après s'être établie de manière dominante aux États-Unis, l'industrie de la croisière s'est tournée vers l'Europe qui, à son tour, et avec plus de 6 millions de passagers, a été conquise.

Voici venir le tour de l'Asie, et de la Chine tout particulièrement. Costa fut à cet égard un précurseur : elle fut, à ma connaissance, la première compagnie à positionner un navire au départ de Chine, en 2006.

Et elle entend bien prendre sa part dans la croissance du marché chinois, en y ajoutant d'autres navires.

Il faut dire que tout le monde s'y met ! Et il y a de bonnes raisons. Les études spécialisées annoncent une progression fulgurante dans les prochaines années, passant de quelques centaines de milliers à quatre ou cinq millions de passagers pour 2020.

Les compagnies annoncent de nouveaux navires à tour de bras

Pour cela, il faudra des bateaux : qu'à cela ne tienne, on en construira.

Les chantiers européens n'y suffiront pas ? Qu'importe : on en créera de nouveaux, sur place évidemment.

Une tâche difficile car la construction de paquebots requiert un savoir faire très particulier et une quantité de sous-traitants pas trop éloignés des chantiers.

Alors les plus grands groupes unissent leurs forces avec les chantiers européens et chinois pour travailler ensemble à ce nouveau développement dans la construction navale. Des protocoles d'accord ont déjà été signés.

En attendant, les compagnies annoncent de nouveaux navires à tour de bras.

Ici, c'est Carnival (propriétaire de Costa et de nombreuses autres filiales) qui va faire fabriquer 9 nouveaux bateaux.

Là, c'est Royal Caribbean qui continue sur sa lancée de navires géants offrant à chaque fois une abondance de nouvelles activités à bord.

C'est aussi MSC qui entre dans une nouvelle phase de développement, et je ne vous parle pas de toutes ces compagnies, moins connues en France, qui font de même.

Sans parler des nouveaux entrants, avec le projet de Virgin Cruises et ses deux futurs navires pour le marché américain qui, selon le PDG du groupe, Richard Branson, devrait "faire des vagues" dans l'océan : on verra… car il n'est pas facile d'innover réellement dans ce secteur.

Un mode de vacances de masse

Le modèle américain, plus ou moins adapté aux spécificités des différents marchés, a gagné.

C'est lui qui tire la croissance de la croisière, de manière quasi universelle.

Un modèle fondé sur les plaisirs à bord, la consommation sous toutes ses formes, les loisirs standardisés, certes, mais où tout de même, et quoi qu'on dise, demeure le plaisir d'être sur un bateau, même si celui-ci est bien différent des plus anciens.

C'est ce modèle là qui à conquis les foules, de New York à Miami, de Londres à Francfort, de Rome à Paris, et maintenant de Tokyo à Pékin.

La croisière est devenue un mode de vacances de masse.

Et pourquoi pas ? Après tout, c'est bien aussi cette croisière-là que les agences de voyages vendent en majorité, et de plus en plus. Et avec raison, puisque les clients reviennent majoritairement très heureux de leur voyage.

On verra si les innovations promises par Virgin Cruises sont réelles ou anecdotiques : car pour le moment, j'avoue que les annonces du type "une nouvelle attraction" me paraissent un peu légères : ici, de nouveaux jeux vidéos encore plus rigolos, là, une meilleure connexion internet pour bien rester facebooké, une pizzeria sur le pont pour huiler les transats, un resto végétalien pour oublier sinon la mer du moins les poissons, une galerie centrale encore plus grande que dans mon hypermarché, des massages encore plus onctueux, j'en passe, rien de franchement bouleversant.

Pour tous les goûts

Heureusement, le secteur de la croisière plus intime, plus qualitative, plus chère aussi, se porte lui aussi très bien. Car comme toujours, les leaders tirent la totalité du marché, et les autres bénéficient aussi de cette croissance.

Le développement des "produits" les plus raffinés de la croisière fait plaisir à voir : Ponant se développe en France comme à l'international avec son superbe concept de yachting/découverte, Star Clippers semble proche de la construction d'un nouveau voilier de 5 mâts sur le modèle (agrandi et modernisé) du France II de 1911, comme ils l'avaient déjà fait pour le magnifique Royal Clipper construit sur les plans du Preussag de la même époque.

Même la croisière sur des navires traditionnels plus anciens a de beaux jours devant elle, avec une clientèle fidèle d'individuels mais surtout de groupes. Rivages du Monde semble avoir enclenché la vitesse supérieure dans ce domaine.

Et la croisière d'exploration, voire d'aventure, notamment arctique, sur de petits navires de quelques dizaines de passagers, fait un tabac auprès de ceux qui recherchent l'authenticité absolue comme chez la compagnie suisse francophone Grands Espaces.

Chacun trouve son plaisir où il veut… et chacun peut aimer ou détester telle ou telle forme de croisière : il n'en reste pas moins vrai qu'en étant devenue un secteur du tourisme aussi dynamique et performant, l'industrie de la croisière est une heureuse exception dans ce monde en crise.

Profitez-en !

Croisièristes : La crise ? Quelle crise ?
François Weill a effectué la plus grande partie de sa carrière dans le tour operating et la croisière. Une carrière qu'il a débutée, après des études de philosophie, en 1974 chez American Express puis aux Croisières Paquet, avant de faire de sa propre entreprise, Scanditours, le 1er voyagiste français spécialiste des destinations nordiques.

A la fin des années 90, il vend Scanditours à Kuoni et, après une parenthèse de quelques années comme consultant, journaliste, et enseignant à l'université de Marne-la-Vallée, il crée la filiale française de Hurtigruten dont il assure la présidence et la direction jusqu'en 2010 avec le succès que l'on sait.

En 2008, le Roi Harald V lui a décerné le titre d'Officier de l'Ordre Royal du Mérite de Norvège, pour les services rendus au développement de cette destination sur le marché français.

Président de l'AFCC durant plusieurs années, François Weill a repris ses activités de consultant.

Contact :fw@francoisweill.fr

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