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Environnement et climat : à quand une conférence mondiale sur le tourisme durable ?

La chronique de Christian Orofino, co-président de l'OBGET


Rédigé par Christian OROFINO le Jeudi 5 Mars 2015

Christian Orofino, co-président de l'Observatoire Géo Politique et Environnemental du Tourisme (OBGET), souhaiterait que la France, qui organise une conférence sur le réchauffement climatique, à Paris fin 2015, soit également à l’initiative d'une conférence internationale sur le tourisme durable. Une conférence qui permettra de se fixer un cadre de travail professionnel et un calendrier d’objectifs à atteindre, afin de redonner au tourisme professionnel une image et une maîtrise qu’il a perdu au profit de visiteurs qui pensent être capables de voyager seuls, sans avoir besoin de professionnels.



La France pourrait être à l’initiative d'une conférence internationale sur le tourisme durable. Sans être le énième salon du bavardage, où des vœux pieux telles que des chartes grandiloquentes et stériles, seraient émis, elle devra se fixer un cadre de travail professionnel et un calendrier d’objectifs à atteindre - © Phot65 - Fotolia.com
La France pourrait être à l’initiative d'une conférence internationale sur le tourisme durable. Sans être le énième salon du bavardage, où des vœux pieux telles que des chartes grandiloquentes et stériles, seraient émis, elle devra se fixer un cadre de travail professionnel et un calendrier d’objectifs à atteindre - © Phot65 - Fotolia.com
La France accueille, en décembre 2015, une conférence mondiale sur le climat.

Cette conférence a pour origine « le sommet de la terre » qui a eu lieu à Rio en 1992, réunissant 197 pays qui ont signé une Convention sur le changement climatique.

Les signataires s’engageaient à travers cette Convention à stabiliser les émissions de gaz à effet de serre, principale cause du réchauffement, avant 2012…

La conférence s’est déplacée dans plusieurs villes : Berlin en 1995, Kyoto en 1997, Copenhague en 2009, Cancun en 2010.

Ces manifestations ont toujours donné des résultats mitigés puisque les accords qui suivaient fixaient des taux de réduction de gaz bien en dessous du taux efficace.

Et, par ailleurs, les principaux pays émetteurs de gaz comme la Chine et les Etats Unis étaient absents de ces réunions.

L’engagement doit être universel

Cependant, l’objectif de ces conférences internationales, même si elles ne sont pas à la hauteur des espoirs de certains, partent d’un principe de bon sens, car la pollution n’a pas de frontière et il serait vain que seuls quelques pays donnent un exemple en matière de politique écologique si leurs voisins frontaliers s ‘en désintéressent.

L’engagement aujourd’hui doit être universel, c’est-à-dire concerner, comme à Rio en 1992, les 197 pays de la planète, avec un degré différent selon leur activité industrielle.

La conscience et la vision de l’avenir sont des notions collectives qui ne deviennent palpables et tangibles dès lors que les individus se sentent touchés dans leur chair et dans leur esprit par des phénomènes concrets.

En clair, le réchauffement climatique cesse d’être un concept écologique qui ne concerne que quelques uns et devient réalité pour tous.

Dès qu’il n’y a plus de neige à Noël, l’inquiétude transforme alors le scepticisme en militantisme écologique populaire.

Et les politiques ne fonctionnent qu’à partir des opinions populaires. C’est là que résident les chances de réussite de la conférence de Paris, car les phénomènes climatiques ne sont plus hypothétiques mais réels et concernent les générations présentes.

Le tourisme est responsable de 5% des émissions de gaz

De plus, la Chine et les Etats-Unis acceptent enfin de participer à ce mouvement de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Cette dégradation de la qualité environnementale de la planète est due à l’activité privée et professionnelle des 7 milliards d’hommes qui la peuplent.

Dans ce contexte, l’activité touristique concerne à elle seule plus d’1 milliard d’hommes, soit 15% de cette population.

Cette migration saisonnière provoque des dégâts plus importants qu’une activité sédentaire. En effet, ce milliard de touristes contribue à des dommages environnementaux dus à des besoins d’infrastructures dans les pays récepteurs pour les accueillir.

Ce milliard de touristes puise dans les réserves en ressources vitales des populations, notamment dans la consommation d’eau souvent supérieure à celle des habitants.

Ce milliard de touristes provoque des émissions de gaz supplémentaires à cause de leur transport aérien, maritime ou routier.

Et d’autres conséquences qui font que le tourisme est responsable de 5% de la totalité des émissions.

Ce sont là des constats tangibles. D’autres, moins visibles, tels que la « déculturation », la prostitution, la déscolarisation sont des fléaux imputées au tourisme et le font apparaître comme une activité prédatrice.

Une conférence internationale sur le tourisme durable est nécessaire

Dans 10 ans, le tourisme représentera 1,5 milliard de visiteurs, soit une évolution de 50%, ce qui va automatiquement augmenter en 10 ans les empreintes négatives du tourisme aussi de 50%…

Et 10 ans, ce n’est pas la future génération, c’est demain !!

Il faut que les acteurs professionnels prennent conscience de la part de responsabilité qui est la leur dans le processus du réchauffement climatique et des prédations sociétales d’une activité touristique exercée sans vision.

Cependant, tout comme pour la conférence sur le réchauffement climatique, il serait vain qu’un pays seul établisse des règles déontologiques pour améliorer son empreinte environnementale et sociale.

Si des touristes français réservant par un TO français ayant pris des engagements durables, séjournaient en Thaïlande, ces engagements seraient sans impact si des touristes d’autres nationalités continuaient à pratiquer sans impunité l’exploitation sexuelle sur des enfants.

Une conférence internationale sur le tourisme durable et respectueux pourrait réunir les professionnels et les institutionnels du tourisme mondial.

Ainsi ce serait TO, agences, compagnies aériennes, autocaristes, croisiéristes, hôteliers, offices du tourisme, etc., qui tenteraient de mettre en place des objectifs de réduction des impacts négatifs de l’industrie du tourisme.

Le tourisme doit être à la hauteur de ses responsabilités

Ces professionnels, sous l’égide de leur organisme de tutelle, proviendraient des 50 pays récepteurs et en même temps émetteurs, qui réalisent 80% de la totalité du volume total du milliard de visiteurs.

Ces pays vont du plus important - la France qui accueille 86 millions de touristes - au Kazakhstan qui en accueille, lui, 4 millions.

Ces 50 pays récepteurs représentent 90 millions de km2, soit 60% de la superficie totale des terres émergées qui est de 149 millions.

C’est un terrain d’exercice touristique important, qu’il faut préserver afin de lui donner de l’avenir.

Cette conférence sur le tourisme durable et les décisions qui en suivraient permettraient, d’une part, de pérenniser les aspects positifs du tourisme, porteur de croissance, d’emplois et d’échanges entre les hommes, et d’autre part redonnerait au tourisme professionnel une image et une maîtrise qu’il a perdu au profit de visiteurs qui pensent être capables de voyager seuls, sans avoir besoin de professionnels.

C’est une des causes de l’accélération des comportements irrespectueux des touristes partis sans conseil et sans règle.

La France, à la suite de la conférence sur le réchauffement climatique, qui aura lieu à Paris en 2015, pourrait être à l’initiative de cette conférence internationale sur le tourisme durable, dans une autre ville que Paris.

Cette conférence ne devrait pas être le énième salon de bavardage, où des vœux pieux telles que des chartes grandiloquentes et stériles, seraient émis.

Cette conférence internationale sur le tourisme devra se fixer un cadre de travail professionnel et un calendrier d’objectifs à atteindre.

Le tourisme porte un message d’espoir et d’ouverture pour tous les pays qui accueillent les visiteurs : en cela il doit être à la hauteur de cette responsabilité.

Christian OROFINO
Président de TOURCONSEIL
Co-Président de l'OBGET
Ex PDG et DG du TO VISIT FRANCE
Président de la commission Tourisme responsable du SNAV
Co-Président de l'Observatoire Géo Politique et Environnemental du Tourisme (OBGET)

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Tags : OBGET, orofino
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