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France, ton tourisme fout le camp... la faute à qui ?

La chronique de Michel MESSAGER


Rédigé par Michel MESSAGER le Mardi 22 Janvier 2013

A quand une grande et vraie politique tourisme, comme celle des décennies 1960 à 1980 qui furent notamment un facteur structurant du territoire français avec de vastes programmes d'aménagement, tant sur le littoral qu'à la montagne ? Michel Messager passe en revue les rendez-vous ratés du tourisme français.



« La France vit sur ses acquis et n’a pas su s’adapter », oui, mais les problèmes de l’accueil, la complexité des relations Public Privé, l’organisation en "mille feuilles", la fiscalité pénalisante, le déficit de promotion, la sous-utilisation technologique ou la non reconnaissance du rôle économique du tourisme… ne sont toujours pas résolus - Photo JdL
« La France vit sur ses acquis et n’a pas su s’adapter », oui, mais les problèmes de l’accueil, la complexité des relations Public Privé, l’organisation en "mille feuilles", la fiscalité pénalisante, le déficit de promotion, la sous-utilisation technologique ou la non reconnaissance du rôle économique du tourisme… ne sont toujours pas résolus - Photo JdL
La faute à qui ?

Mille milliards de dollars (809 milliards d’euros) !

En 2011, les recettes du tourisme international dans le monde ont dépassé pour la première fois cette barre symbolique.

Un milliard de touristes dans le monde en 2012 : nouveau record pour le tourisme international, secteur qui représente un emploi sur douze. ……

Et la France dans tout ça…

« La France vit sur ses acquis et n’a pas su s’adapter », a estimé dès son arrivée à Bercy, Sylvia Pinel, Ministre du tourisme.


La faute à qui ?

En commentant un des derniers baromètres de l’OMT, son secrétaire général, Taleb Rifai, semble y avoir indirectement répondu.

« La capacité du tourisme de promouvoir la croissance et de créer des emplois doit être accompagnée par des politiques publiques favorables et vigoureuses ».

Nos politiques, et pas des moindres, n’ont pas été avares de déclarations sur le sujet
: « le Tourisme est un secteur d’avenir et un secteur majeur pour l’économie française ».

Nicolas Sarkozy ; « plus que jamais, le tourisme doit être considéré comme une industrie exportatrice». Giscard d’Estaing ; « l'ambition du Parti Socialiste est de faire du tourisme un moteur de croissance et de création d'emplois pour tous » François Hollande… mais les actes n’ont pas été ou ne sont toujours pas au rendez-vous !

Dans un article du Point le regretté Jacques Marseille faisait déjà remarquer, quelques mois avant sa disparition : « Que la France, première destination touristique mondiale, délègue à un simple secrétariat d’Etat ou à un ministre multi-portefeuille la responsabilité de cette vitrine exemplaire en dit long sur les pesanteurs qui embrument les têtes de ceux qui nous gouvernent.

Alors que la France s’inquiète de l’avenir de son industrie, elle semble ignorer qu’elle possède ‘’une des plus belles pépites’’ qu’on puisse imaginer
».

Reconnaissons cependant qu’il a vraiment fallu attendre juin dernier, lors du G 20, pour que les dirigeants mondiaux réunis au Mexique reconnaissent enfin le voyage et le tourisme « comme un moteur de la croissance économique et de la création d’emplois ».

Il était temps, puisque d’après l’OMT, le tourisme compte pour 30 % des exportations de services et globalement 9 % du PIB mondial !

Pour ce qui est de notre pays, il faut savoir que le secteur du tourisme crée un emploi à partir de 50 000 € de chiffre d’affaires contre 150 000 € dans l’industrie.

Une politique dynamique de tourisme n’est pas toujours synonyme d’investissements importants

La faute à qui ?

« La France vit sur ses acquis et n’a pas su s’adapter », oui, mais les problèmes de l’accueil, la complexité des relations Public Privé, l’organisation en "mille feuilles", la fiscalité pénalisante, le déficit de promotion, la sous-utilisation technologique ou la non reconnaissance du rôle économique du tourisme… ne sont toujours pas résolus.

Le fait que nos Elus, de tous bords, considèrent que le tourisme soit un secteur qui "marche tout seul" en est la parfaite démonstration.

L’attitude visant à croire que notre pays est incontournable tant la France est riche en patrimoine, peut expliquer que celui-ci se trouve aujourd’hui en termes de retombées économiques au troisième rang, voire au quatrième si ce n’est encore fait, derrière la Chine.

Et que l’on ne parle pas uniquement de budgets, puisque selon l’OMT, une politique dynamique de tourisme n’est en outre pas toujours synonyme d’investissements importants.

Exemple : l’organisation travaille actuellement avec les ministres du tourisme du G20 afin que ces pays facilitent l’obtention des visas.

Une étude montre que plusieurs millions de personnes ont renoncé à leurs voyages pour des raisons de coût, de difficultés ou d’attente pour obtenir ce sésame.

Selon l’OMT, faciliter la délivrance des visas pourrait contribuer d’ici à 2015 à la création de 5 millions d’emplois supplémentaires et à 167 milliards d’euros supplémentaires pour les économies du G20.

Le tourisme bon indicateur du développement économique

La faute à qui ?

Comme le souligne Jean-Louis Caccomo, professeur d'économie à l'Université de Perpignan, dans le journal La Tribune du 21 décembre : « Le tourisme est, de ce point de vue, un bon indicateur du développement économique.

Quand les Japonais ont reconstruit leur pays et sont devenus une des premières puissances économiques de l'Asie et du monde, le Japon est devenu un pays émetteur de touristes à l'image des Allemands en Europe qui sont devenus après la Seconde Guerre mondiale une des premières puissances économiques d'Europe et une nation de voyageurs.

Aujourd'hui, les premiers touristes chinois sillonnent le monde, témoignant d'un dynamisme retrouvé de l'économie de la Chine. Mais les touristes français se feront rares... tant ils seront empêtrés dans d'autres soucis
».

A quand une grande et vraie politique tourisme ?

La faute à qui ?

A quand une grande et vraie politique tourisme, comme celle des décennies 1960 à 1980 qui furent notamment un facteur structurant du territoire français avec de vastes programmes d'aménagement, tant sur le littoral qu'à la montagne.

Toutes les données, soit professionnelles, soit de l’INSEE, soulignent, quelles que soient leurs imperfections, la dimension majeure du tourisme pour l’économie française, et en particulier dans le développement de certaines régions de notre pays.

Or les accidents ou incidents à répétition qui intervenaient de façon conjoncturelle ou les évolutions de comportement des touristes qui jouaient structurellement sur l’activité touristique laissent à penser que l’attention des pouvoirs publics sur la manière de piloter ou accompagner cette activité économique majeure au plan national, est encore insuffisante.

Les Etats Unis, par exemple ont bien compris que le tourisme est devenu une priorité nationale en raison de son rôle de moteur économique et des créations d’emplois qui en découlent.

Ainsi, depuis quelque temps, l'industrie touristique américaine se concerte et mobilise ses citoyens, les invitant à se rallier à la cause du voyage.

La campagne "Vote Travel" fait un usage astucieux d’un autobus similaire à ceux utilisés par les candidats en période électorale et à l’intérieur duquel une équipe de l’U.S. Travel Association réalise une tournée de lobbying à travers le pays, afin de sensibiliser le public aux avantages économiques de l’industrie et d’informer les législateurs à propos d’actions favorables à son expansion.

La faute à qui ?

Comme le faisait dire le regretté Michel Audiard à Jean Gabin dans le film de Jean Delannoy, Maigret et l’affaire Saint-Fiacre : « La culpabilité d'un seul n'exclut pas la responsabilité de tout le monde ».

Michel Messager
Michel Messager
Michel MESSAGER est directeur associé de Consul Tours, société de conseil travaillant pour une clientèle privée et institutionnelle dans les secteurs du tourisme.

Après avoir occupé les postes de Secrétaire Général du Tourisme Français, puis de Directeur Commercial de Touropa et Directeur du pôle tourisme du Groupe Verney , il rejoint en 1997 l’APST (Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme) en qualité de Secrétaire Général jusqu’à fin 2007, période à laquelle, encore jeune retraité, il décide de réactiver sa société de Conseils créée au début des années 90.

Nommé par le Ministre chargé du tourisme en 2005, puis en 2012, il siège au Conseil National du Tourisme en qualité de Président Délégué de la section économie touristique et fonde avec plusieurs personnalités du tourisme l’AFST (Association Française des Seniors du Tourisme) dont il assure la Présidence.

Il est l’auteur d’un livre sur le Tourisme Spatial publié à la documentation française et de plusieurs articles sur le sujet.

Il est considéré actuellement comme un de spécialistes en la matière. Il intervient fréquemment sur ce sujet à la radio et à la télévision, ainsi qu’au travers de conférences dans de nombreux pays, notamment au Canada où il réside quelques mois par an.

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Tags : messager
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1.Posté par Phil2mars le 24/01/2013 09:32 | Alerter
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Tous coupables !
L'etat qui s'en fout à voir la pauvreté des moyens et des outils de promotion depuis 25 ans et son incapacité à investir
Les collectivités locales qui ont basé leurs strategie sur la concurrence avec l'institution voisine, et le vieil adage qu'un touriste ne votant pas, mieux vaut ne pas deranger-papy-mamy-en-laissant-lesterrasses-des-bars-ouverts -tard-le-soirplutot --que-de-satisfaire-le-touriste-de-passage
Les acteurs privés sans vision prospective et trop souvent à lesprit boutiquier
Les banques qui passent leur temps à couper les tetes et décourager les initiatives
Les directeurs financiers des TO qui ont pris le pouvoir sur les createurs , la primauté du benefice immédiat plutot que l'initiative e t la prise de risque
Les restaurateurs et les commerçants , les taxis peu accueillants, qui servent de plus en plus dans les zones touristiques de la soupe en sachet à prix d'or en oubliant le service et le sourire
Et enfin les français, nous tous , qui n'ont pas compris que bien accueillir un touriste ce n'est pas etre servile
Aux lobby air France qui bloque la caraibe, la polynesie, et le teansantlatique...

Allez j'arrete!

J'attends quand meme la suite , car les coupables pas responsables on le sait il y en a plein , mais alors qu'elle est la clé pour la suite ? on va rester là assis , le cul parterre à se lamenter non ?

2.Posté par marilyn elkan courteaud le 24/01/2013 09:51 | Alerter
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michel....tu es le meilleur...vont ils t'écouter..un jour??biz

3.Posté par jean le 24/01/2013 21:35 | Alerter
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dans le mille Michel!!!
après avoir été directeur de CDT et de CRT, j'ai acquis la conviction que le problème majeur du tourisme français c'est son organisation. Peut on me citer un seul secteur de notre économie dont la gouvernance serait autant dépendante des pouvoirs publics? tant que le tourisme ne sera pas structuré sur des principes d'organismes professionnels (piloté de fait par des professionnels du secteur) en lieu et place d'organismes institutionnels (piloté de fait par des élus qui se prennent pour les chefs des territoires touristiques ) on n'avancera pas. Songez quand même que le premier pays touristique au monde ne dispose d'aucun organisme en capacité de calculer son taux de croissance annuelle. L'INSEE ne donne en effet que l'évolution des nuitées en hôtels et en camping. Rien sur le non marchand, rien sur la consommation... C'est lamentable.
La cohabitation de 3 fédérations institutionnelles (celle des Offices de tourisme, des CDT et des CRT) traduit à elle seule une organisation dépassée, et incapable de s'adapter à une nouvelle situation de concurrence. Aucune entreprise au monde ne serait capable de progresser sans poser la problématique de l'organisation au coeur de sa réflexion stratégique...le tourisme français si.
Pour moi ce n'est pas l'argent public qui fait défaut, c'est sa collecte et son usage.
Mais comme tout secteur économique incapable de se réformer et de s'adapter à la conjoncture, le tourisme va connaitre, à fortiori en temps de crise, des vraies difficultés.Ceux qui trinqueront, en particulier dans le secteur institutionnel, n'auront qu'à s'en prendre qu'à leurs dirigeants aveuglés depuis des années à faire du lobby pour défendre leur existence et leur notabilité. Ce ne sera pas faute de les avoir prévenu.

4.Posté par Phil2mars le 25/01/2013 09:20 | Alerter
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Jean... bonne approche...Le Mille feuille instituttionnel et surtout les différents de financements locaux ne favorisent pas l'efficacité... d'autant plus que bien des elus en sont restés à Clochemerle et que bien peu ontla clairvoyance que de comprendre qu 'il est bien plus logique de raisonner en destination globale que plutot en multipliant les clochers invisibles des clienteles visées.

Il n'empeche que ramener les difficultés du tourisme à la seule responsabilité des elus locaux c'est un peu réducteur à mon avis.
D'abord c'est oublier que la partie " outgoing" est , utilisons un euphémisme, " en grande difficulté " fracassée de fait par l'absence d'initiative pendant des années en ronronnant sur un business model qui a été défoncé par la révolution numerique
C'est oublier que les hôteliers français ont bien du mal avec l'ére numerique, le yield et le Revenue Management ( 50 % d'entre eux ne saent meme pas ce que c'est ) et se retrouvent aujourd'hui en totale dépendance avec des monstres digitaux qui commencent par leur dicter leurs prix et la couleur de leur dessus de lit
Je ne m'attarderais pas non plus sur les metiers " peripheriques" : restauration, taxis, commerces...
ni meme sur le fait que Maison de la France et maitenant Atout France disposent de moyens de prmotion parmi les plus nuls d'Europe
Je n'en rajouterais pas non plus sur l'absence de reconnaissance de cette activité par les politiques ( pas de ministre et surtout pas de moyens et de strategie long terme) , pas de reconnaissance meme par le monde économique .. j'en ai marre de remplir des formulaires où l'on trouve aucune case à cocher pour définir notre secteur : tourisme !!! On trouve de tout " Sylviculture, transport , mais un secteur appelé Tourisme , y a pas ...C'est certes anecdotique , mais révélateur .
"

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