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L’Adour, une frontière vivante

TourMaG.com fait son tour de France


Rédigé par Jean-François RUST le Vendredi 8 Juillet 2016

TourMaG.com part à la découverte des régions de France. Aujourd'hui, nous partons le long de l'Adour, trait d’union entre le Pays basque et les Landes. Jalonné de villages paisibles, l’itinéraire glisse, depuis Bayonne, des maisons labourdines aux demeures navarraises jusqu’à Bidache et ce territoire mi-basque, mi-gascon, nommé le pays charnegou.



L'Adour prend sa source dans les Pyrénées et se jette dans l’océan à Bayonne, après 300 km de parcours - DR : J.F.R.
L'Adour prend sa source dans les Pyrénées et se jette dans l’océan à Bayonne, après 300 km de parcours - DR : J.F.R.
Voilà une région du sud-ouest que les touristes visitent rarement.

Un espace tampon, sous influence basque mais aussi gasconne, très discret au regard de l’animation de la côte et de ses stations balnéaires.

C’est pourtant là que bat un des poumons du territoire, le fleuve Adour. Sans lui, le commerce n’aurait jamais atteint une telle prospérité.

Petit rappel : l’Adour prend sa source dans les Pyrénées et se jette dans l’océan à Bayonne, après 300 km de parcours.

Depuis des lustres, il est navigable dans sa partie aval, où l’influence des marées se fait sentir jusqu’à Dax.

Les marins d’eau douce remontaient même jadis jusqu’à Saint-Sever, aux confins de la Chalosse.

Au passage, l’Adour reçoit les eaux des Gaves Réunis, de la Bidouze et de la Joyeuse.

Autant d’affluents également navigables et qui irriguent des territoires isolés. Tout bon pour les échanges !

L’Adour, autoroute commerciale

C’est exactement ce qui s’est passé pendant des générations.

Un petit monde de bateliers, de charpentiers de marines, de calfats (ouvriers de la construction navale), d’aubergistes et de passeurs « naviguait » entre Bayonne et l’arrière-pays.

Au début du 20ème s., plus de mille galupes (barques à fond plat) et de couralins (embarcations plus courtes) étaient en activité sur le fleuve.

Tout à Bayonne arrivait par l’eau. Tout, c’était les vins de Chalosse, l’Armagnac, les volailles… et la pierre calcaire de Bidache.

Celle-ci était utilisée pour bâtir les maisons bourgeoises et quelques châteaux de bord de fleuve, à l’image de ceux du Bec de Gave, au confluent des Gaves Réunis et de l’Adour, et des Roll de Montpellier, rive droite, face à Urt.

Dans l’autre sens, remontaient depuis le port de Bayonne, barils de poissons salés, harengs, morues, sardines, poivre, safran, huile, étoffes d’Angleterre...

Un va-et-vient permanent, observé de près par une communauté de pêcheurs-agriculteurs qui n’avaient d’yeux, eux, que pour les saumons, anguilles, lamproies, aloses et civelles.

La navigation commerciale ne s’est éteinte qu’au début des années 1990, avec les derniers transports fluviaux de pierres.

Maisons chaulées de blanc

Lahonce marque l’entrée du bas-Adour. Comme tous les villages de la rive gauche, il est séparé en deux, le hameau du port d’un côté, le bourg sur la colline de l’autre.

Un vent frais et une odeur de vase mouillée indiquent à coup sûr que passe ici un fleuve.

L’eau maronnasse d’après la pluie coule largement, puissante, charriant des bois flottants.

Le ciel presque aquitain, d’un bleu laiteux tâché de nuages, couvre un paysage plat agricole, émaillé de bosquets boisés et, rive droite, de grosses maisons chaulées de blanc, avec pontons et barques.

Dans ce ciel, hérons, martins-pêcheurs, aigrettes, spatules, cigognes lorgnent sur les poissons, les ragondins et les rares tortues cistudes.

Ce paysage a en réalité été aménagé. Au 18ème s., des Hollandais installés dans la région – l’un d’eux, négociant, fit construire le château du Bec de Gave - ont rehaussé la rive droite de digues.

Rive gauche en revanche, les terres cultivables ont été laissées ouvertes à l’eau pour réguler les crues de l’Adour. On appelle ces terres les barthes.

Un tour sur l’île de Lahonce, l’une des cinq du bas-Adour, démontre à la fois la richesse de ces parcelles maraîchères alluviales et leur vulnérabilité en cas de montée des eaux.

Pêcheurs professionnels

Plus en amont, passé Urcuit et sa belle église blanche, voici Urt.

Le village a été fondé par une communauté de pêcheurs vers l’an 1 000. Il s’est développé autour de cette activité, toujours vivace - il reste près de 150 pêcheurs professionnels - et celle des passeurs de bacs fluviaux.

Depuis le 13ème s., Urt est le port naturel de la Basse-Navarre et aujourd’hui le seul point de passage sur l’Adour entre Bayonne et Peyrehorade, par son pont de style Eiffel.

Les maisons blanches à volets rouges signent le caractère basque de la commune. Mais tout juste !

Car après, démarre le fameux pays charnegou, mi-basque, mi-gascon, qu’incarnait le sémiologue Roland Barthes, l’enfant du pays, né il y a tout juste un siècle et enterré à Urt.

Le village et sa jolie cale à gradins empierrée (pour la mise à l’eau des bateaux) est l’un des points d’escale du Coursic, ce petit navire fluvial qui effectue des croisières agréables au départ de Bayonne.

Bidache, fief des Gramont

Vers l’est, voici la Bidouze, affluent de l’Adour, à hauteur de Guiche et du château des ducs de Gramont.

Les ex-princes de la principauté de Bidache ont marqué de leur empreinte ces terres, tour à tour navarraises et gasconnes.

Dans un paysage de collines vertes et de prairies, leur château en ruine, à Bidache, brûlé en 1796, dresse ses vestiges fantomatiques aux faux airs écossais par-dessus la Bidouze.

Une rivière qui vit passer jusqu’à la fin du 20ème s. des chalands chargés de blocs calcaires, extrait des célèbres carrières de pierre de la commune.

L’ultime avatar d’un trafic sur des rivières désormais rendues à la navigation de plaisance et à la pêche.

Adresses utiles

Office de tourisme du Pays de Bidache
tourisme-pays-de-bidache.com

Association Val d'Adour Maritime
valdadourmaritime.com

Retrouvez tous les articles sur notre Tour de France 2016 en cliquant ici.

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