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Le coût du pétrole va-t-il faire flamber les prix du tourisme ?

une fois de plus les agences de voyages sont pointées du doigt


Rédigé par Michèle Sani - redaction@tourmag.com le Jeudi 14 Septembre 2006

Le réseau Tourcom organisait hier à l’hôtel Bristol de Paris un Forum axé sur la répercussion du coût du pétrole sur les prix du tourisme. En ouverture de cette réunion Richard Vainopoulos, président du réseau, a regretté le manque de transparence et de clarté des compagnies aériennes et des tour-opérateurs à propos des répercussions des hausses sur les prix des billets d’avion.



Il semblerait que les Cies soient beaucoup plus rapides à dégainer les hausses que les baisses lorsque le prix du baril chute...
Il semblerait que les Cies soient beaucoup plus rapides à dégainer les hausses que les baisses lorsque le prix du baril chute...
« La hausse du coût du kérosène est celle qui se répercute le plus dans les prix des voyages. La quasi-totalité des compagnies aériennes appliquent une surcharge carburant sur le billet d’avion qui peut s’élever jusqu’à 70 euros pour un vol long courrier et 20 pour un moyen courrier.

Mais ce sont une fois de plus les agences de voyages qui sont pointées du doigt par les consommateurs alors qu’elles ne font que répercuter des décisions qu’elles ne maîtrisent pas » a déclaré Richard Vainopoulos. Pour lui répondre à la tribune, des représentants de l’aérien avec Jean-Pierre Sauvage (Iberia), du transport en autocar avec Aubry Ladouble (SNET) et du transport maritime avec Rémy Arca.

Le 7 août dernier le prix du brut atteignait un prix record de 78,64 dollars alors qu’il était de 25 dollars en 2002. La moyenne du coût pour l’année qui se calcule sur les neuf premiers mois devrait s’élever à plus de 70 dollars. Hier le prix du baril était à 64 USD. Il devrait, disent les experts, descendre à 55 USD d’ici trois mois.

Partira-t-on moins loin et moins souvent ?

La variation est un phénomène qui tient de l’imprévisible dans un contexte géopolitique qui n’a rien d’une science exacte. La preuve : depuis six ans le baril n’a cessé d’augmenter. Devant ce phénomène les transporteurs s’efforcent de limiter les coûts d’exploitation en trouvant de nouveaux moyens de faire des économies.

Les tour-opérateurs ont été amenés à demander des versements complémentaires avec la possibilité de revoir légalement leurs tarifs jusqu’à trente jours avant le départ, une procédure pas toujours clairement expliquée dans les brochures. Quant aux consommateurs, ils subissent ces augmentations avec une certaine méfiance, toute surcharge étant mal perçue surtout quand il faut l’associer aux autres taxes.

Les touristes de plus en plus sensibles aux tarifs ne risquent-ils pas de changer leur mode de transport et de modifier leur type de vacances ? Le tourisme bon marché est-il menacé ? Le président de Tourcom tire, comme il sait le faire, les sonnettes d’alarme, d’autant qu’un ralentissement des départs à l’étranger aurait été observé cet été.

Une enquête menée par Protourisme a révélé que les Français qui pensaient consacrer un budget de 1800 € par foyer avaient déboursé au final entre 2 200 et 2 400 € par famille du fait d’une augmentation de plus de 30 % en 5 ans des prestations touristiques et des transports aériens.

A 70 dollars le baril, le kérosène représente environ 33 % des coûts d’un vol long courrier. IATA prévoyait en juin 2006 une facture carburant supérieure à 100 milliards de dollars pour l’année en cours alors qu’elle était de 92 milliards en 2005 et 44 milliards en 2004.

Quand le jour du « pic » viendra…

Le spécialiste de l’aérien qu’est Jean-Pierre Sauvage a engagé le débat dans une prospective qui à court, moyen et long terme obligera les transporteurs à trouver des solutions alternatives.

Les appareils de la nouvelle génération tel l’A380 ont été conçus dans ce souci d’économie d’énergie. « A très court terme, horizon 2007, avec ces appareils nous allons passer de 4,2 litres au 100 km passager transporté à 3 litre aux 100 km passager transportés. Cela va se traduire par une baisse de l’ordre de 30 % », a expliqué Jean-Pierre Sauvage.

A moyen terme, horizon 2020, les compagnies aériennes auront, dans un contexte mondial, nécessité de réduire les émissions de CO2 qui interviennent dans le phénomène de l’effet de serre. « Des efforts seront faits sur la configuration des avions en terme de pénétration aérodynamique et de navigation sur des trajectoires plus compatibles avec l’économie d’énergie » a ajouté Jean-Pierre Sauvage

Enfin, à long terme, quand sera venu le pic pétrolier c'est-à-dire le maximum de production pétrolière et la baisse prévisible des réserves il faudra penser à des modes alternatifs de production, à du kérosène synthétique dérivé soit de matières fossiles soit de la biomasse.

Paquebots new look : générateurs électriques et peintures au silicone


Il faudra peut-être remettre au goût du jour le procédé Fisher-Tropsch qui date des années 1920 Utilisé par les Allemands et les Japonais durant la Seconde Guerre mondiale, il s’est développé à partir de l’exploitation des ressources énergétiques en charbon pour produire du carburant liquide.

Les experts les plus optimistes évaluent qu'il surviendra vers 2030 ou… après ! La croissance économique rapide de la Chine et de l'Inde incite d’autres experts à avancer cette date.
Le transport maritime reste, lui, relativement épargné par rapport aux autres transporteurs.

En prenant comme exemple l’activité de Carnival Corporation, numéro un sur le marché mondial de la croisière Rémy Arca a indiqué qu’entre 2003 et 2006, si la capacité de la flotte n’avait pas augmenté, la hausse du carburant n’aurait été que de +1,86 %. Elle est en réalité de 2,46 % en raison des onze navires qui sont venus compléter la flotte de la compagnie.

L’augmentation du coût du carburant des paquebots est faible tout comme est faible sa quote-part dans le coût global facturé aux croisiéristes. Pour conforter cette tendance et mieux amortir les coûts du fuel, les armateurs construisent des navires plus économiques et de plus grande capacité.

Les autocaristes touchés dans l’Hexagone comme aux frontières


Ils ajoutent des moteurs auxiliaires diesel ou installent des générateurs électriques dans les turbines à gaz diminuant ainsi les dépenses annuelles de carburant de presque 20 % par navire. Ils utilisent des peintures à base de silicone pour recouvrir les coques, réduisent leur vitesse de navigation etc.

La répercussion la plus importante sera dans…. le prix du billet d’avion inclus dans les prestations annexes de la compagnie.

Le gasoil représente 24 % des charges des entreprises de transport routier de voyageurs et l’impact de ses variations sur les coûts de revient est important. Les autocaristes français pâtissent par ailleurs de la concurrence des compagnies des zones frontalières qui peuvent profiter de coûts plus faibles des pays voisins moins taxés que la France.

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