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Le tourisme actuel est-t-il une espèce en voie de disparition ?

L'industrie touristique obtient bien mauvaise presse. Au banc des accusés d'une multitude de problèmes environnementaux et sociaux, le tourisme semble parvenu à un point tournant, partagé entre développement durable, croissance et impératifs économiques. Voici un état des lieux qui incite à prendre action, à virer au vert rapidement et à redorer le blason du tourisme. L'Organisation mondiale du tourisme souligne, à ce titre, qu'il est désormais temps de joindre le geste à la parole, ce qui nous amène à nous demander de quoi sera fait le tourisme de demain. La discussion est ouverte !



« Les vacances salissent. Dégradent. Perturbent.»

Les journalistes Marion Festraëts et Julien Le Bot brossent un bien sombre portrait du tourisme dans un article intitulé «La planète malade du tourisme», publié dans LExpress.fr. En voici quelques grandes lignes.

Près de un milliard de gens se déplacent annuellement et sont responsables d'émissions globales de gaz à effet de serre (GES), pollution qui n'épargne aucun recoin de la planète, des déserts à la banquise, des fosses marines aux plus hauts sommets.

Au banc des accusés, tant le tourisme de masse que d'aventure extrême au bout du monde (près de 30 000 visiteurs par an en Antarctique), lesquels font souvent rimer excursion et dégradation quand ils ne signent pas carrément l'arrêt de mort des lieux qu'ils prétendent faire admirer.

Les déchets s'accumulent. Les espèces locales disparaissent ou sont concurrencées par l'introduction anarchique d'espèces exogènes. S'ajoutent la pollution visuelle sur certains sites et le mépris manifesté à l'égard des cultures locales.

Le problème majeur, l'eau! Qu'elle soit polluée, qu'elle fasse défaut ou que les eaux usées s'écoulent de n'importe quelle manière. Le touriste est un grand consommateur d'eau. Il en est de même des golfs et des piscines qui surgissent des sols.

Il y a une mer de détritus (canettes, sacs en plastique, ballons crevés…) qui voguent au fil de l'eau, jetés du pont d'un bateau, du quai d'un port ou abandonnés sur une plage. Le ratissage des plages pour obtenir un sable parfait perturbe les écosystèmes du littoral, quand ce ne sont pas les vagues qui finissent par les emporter.

Dix-neuf îles Galapagos (Équateur) viennent de quitter la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO pour allonger celle, plus triste, des sites menacés. Les animaux, dérangés, changent de comportement et tout l'équilibre écologique est en danger.

L'instauration d'une écotaxe dans un archipel du Brésil n'a pas réussi à faire diminuer le nombre de vacanciers, résultant en de graves conséquences pour l'environnement, et les autorités locales ont décidé de limiter le nombre de personnes autorisées à y séjourner.

La Machu Picchu (Pérou) pourrait bien intégrer, elle aussi, l'inventaire des chefs-d'oeuvre en péril, surtout depuis son récent classement parmi les sept nouvelles merveilles du monde par une fondation suisse.

On abat une partie de la forêt tropicale pour faire place à des routes, des hôtels, des boutiques, et cette déforestation entraîne l'érosion des sols et provoque des glissements de terrain.

Les «safaris cétacés» se multiplient en Méditerranée, pourtant on veut éviter de voir le comportement des mammifères marins se «détraquer», comme dans l'embouchure du Saint-Laurent où le bruit incessant des moteurs de navires contraint ces derniers à chanter de plus en plus fort pour communiquer.

Les cimes ne sont pas épargnées et l'Everest, déjà strictement réglementé, est devenu la plus haute décharge du monde. Les environnementalistes réclament qu'on en ferme l'accès. Un maire de la région de la Haute-Savoie souhaite l'instauration d'un permis pour l'ascension du mont Blanc en raison du passage d'un trop grand nombre de personnes.

S'ajoutent les souvenirs «défendus» et les végétaux rapportés dans les valises qui contribueraient à la dégradation de l'environnement.

Et ce n'est pas terminé car, en 2020, on estime que 1,6 milliard de touristes arpenteront la planète.

Alarmistes ou réalistes ?

Les journalistes se posent la question: «Faut-il, alors, se priver de vacances pour épargner la planète?» Ils y répondent par un «Pas forcément» et citent certaines initiatives de développement durable: regroupement d'une quinzaine de professionnels français au sein d'une association Agir pour un tourisme responsable, mise à niveau des bâtiments aux normes environnementales, sensibilisation des clients, incitation des voyageurs à compenser les gaz à effet de serre émis lors de leurs déplacements, etc.

Ils soulignent que les professionnels du voyage commencent à prendre conscience de la fragilité de leur outil de travail et multiplient les propositions en vue de développer une autre idée du voyage. Du côté des voyageurs, une sensibilisation se développe.

Et vous ? Afin de joindre le geste à la parole, quelles pistes d'actions suggérez-vous ?

« De quoi sera fait le tourisme en 2020 ? »

Les avancées technologiques se succédant à un rythme effarant…
Assisterons-nous à l'avènement du Web 10.0? Les complexes hôteliers seront-ils de véritables «usines», modèles écologiques de compostage, de récupération de l'eau de pluie, de traitement des eaux usées, etc.? Les avions bruyants, énergivores et pollueurs seront-ils interdits de vol ?

L'avenir est-il aux gros-porteurs comme le A380 qui permettent de transporter un grand nombre de personnes ? Gestion de la capacité de charge des sites, écotaxe et limite des accès étant déjà à l'ordre du jour…

Y aura-t-il de plus en plus de reproductions de sites célèbres comme c'est le cas actuellement des grottes de Lascaux? L'accès aux sites renommés mais fragiles sera-t-il contingenté et faudra-t-il réserver des années à l'avance pour les visiter, et ce, à prix fort?

Après le 11 septembre 2001, le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et bien d'autres…
Des catastrophes d'ordre climatique, sanitaire, politique ou terroriste viendront-elles régulièrement assombrir notre industrie et réussiront-elles à créer un grand climat d'insécurité?

Destinations et produits étant déjà confrontés à une vive concurrence…

De quelle façon les destinations arriveront-elles à tirer leur épingle du jeu ? Surenchère, démesure, originalité seront-elles l'avenir pour se démarquer ? Le tourisme de masse cédera-t-il le pas au tourisme de niche pour satisfaire le fanatique du golf, l'amateur d'ornithologie, l'amoureux du grand art, le dingue du vélo, le voyageur en quête de spiritualité, de sensations fortes, de farniente ?

La sensibilisation croissante des gens à l'égard de l'environnement étant indéniable…
De quelle façon, cela se traduira-t-il dans le comportement du voyageur ? Le boycott de l'avion par souci environnemental restera-t-il un phénomène marginal ou prendra-t-il de l'ampleur ?

Le poids des lobbys environnementaux changera-t-il le cours des choses (ex. bloquer le projet d'expansion d'un aéroport)? Existera-t-il des labels gouvernementaux ou même internationaux certifiant le comportement responsable d'une entreprise ?

Avec l'aimable autorisation de Veille Tourisme veilletourisme.ca/

Source:
- Festraëts, Marion et Julien Le Bot. «La planète malade du tourisme», LEXPRESS.fr, [www.lexpress.fr/mag/sports/dossier/tourisme/dossier.asp], 26 juillet 2007.

Vendredi 05 Octobre 2007 - 13:13
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1. Posté par Michel Goetschmann le 11/10/2007 09:57
Oui ceux qui participent à mes cours le savent (ESC Toulouse, ESSEC, ISC, Limayrac) car nous avons depuis 2 ans ouvert le débât à ce sujet:
- tout est à modifier dans l'industrie du Voyage
et je donne un certain nombre de clés pour y parvenir (suite à mes recherches pointues dans le domaine .... recherches dont personne ne parle !!! on va chercher des lumières au Canada ! merci) et sur le terrain cela commence à bouger. Sachez tout-de-même que bizarrement ce n'est pas le Tourisme de masse (celui-ci étant pour moi terminé) qui est un danger mais bien plutôt .... celui de découverte (qui va là où personne n'allait en dérangeant des siècles de vies) ainsi que celui de proximité effectué par les Vacanciers et non les Touristes 'étrangers' ! vous comprendrez qu'il m'est difficile en quelques lignes de résumer des centaines d'heures de recherches et de travail !!! je ne peux qu'inviter vous-même Tour Mag (c'est fait pour venir en parler à l'ESSEC mais .... je n'ai toujours pas votre réponse !!!) ainsi que les étudiants et futurs étudiants à venir fréquenter les bancs des amphis de certaines écoles.
affaire à suivre .........
Michel Goetschmann
arthttp://

2. Posté par Adeline le 11/10/2007 11:20
Certes, de nombreuses choses sont à modifier dans cette industrie. C'est toute l'éducation humaine qui est à revoir!
Quand assisterons-nous enfin à de vrais débats? Arrêtons d'incriminer toujours les mêmes industries... Oui, le transport aérien pollue, entre autres... La vraie question : que fait le transport aérien en matière de développement durable (avec tous les volets que cela revêt)?

3. Posté par Michel Goetschmann le 11/10/2007 12:52
OK mais pardon Adeline je n'incrimine absolument pas l'Industrie et ses acteurs !! mais lorsque je dis que tout est à modifier ce sont
- les relations clients, les propositions, la manière de les formuler, la façon de travailler, la structure, l'organisation, la présentation, les relations avec les destinations proposées, avec les chaînes d'hôtels, etc !!!!!!
Nous sommes entrés dans un siècle qui se veut qualitatif laissons le quantitatif là où il est et travaillons sur le qualitatif,
cordialement
Michel Goetschmann
arthttp://

4. Posté par YVES DEOLIBRA CONSULTING. le 11/10/2007 14:26
vaste problématique....il y a lieu avant tout d'éduquer les gens...comment un aoutomobiliste lambda qui vide son cendrier plein de mégots par la fenêtre, pourrait il ne pas balancer ses canettes dans la nature ?
La touristification détruit la tourisme, d'ailleurs ne confondons pas touriste et voyageur....il faut être respetcueux des autres, ne faut il pas méditer sur la responsabilisation individuelle?
W.Godwin parlait " d'autocontrainte" ....et c'était un penseur anarchiste !
le tourisme de niche serait t'il plus écologique que le tourisme de masse ?,
pas sur; si niche signifie riche, il serait seulement accessible à une clientèle fortunée....mais dont parfois la richesse d'esprit est inversement proportionnelle à sa richesse pécuniaire....voir le comportement "gougnaffier" des " nouveaux riches ( vous trouverez bien les exemples).
le changement de comportement demandera des années, voire des siècles, si la planète existe encore.
allez soyons fous, rêvons!

5. Posté par egizia le 11/10/2007 18:15
Je ne suis pas d'accord avec l'analyse de Michel qui pense que le tourisme de découverte est un danger. Il ne s'agit que de petits groupes qui logent dans des villages, qui empruntent des moyens de transport locaux, qui utilisent les guides nationaux et qui mangent ce qui existe sur les marchés et non ce que l'on importe. De même, les vrais voyageurs individuels "consomment et dépensent" sur place à l'opposé des clients des TO qui se contentent de marchander férocement des souvenirs à de pauvres types qui sont prêts à accepter n'importe quel prix parce qu'une roupie c'est déjà une fortune.
Ceux-là évitent les villages à touristes qui privent les riverains de poisson, les golfs au Sahel qui provoquent des coupures d'eau de plus en plus nombreuses et les autocars climatisés qui surconsomment parce que comme dit le péquenot en goguette: "c'est incroooooyable comme il fait chaud dans le Sinaï en plein été!"
Les voyageurs sont bien loins des bobos parisiens qui vont faire une thalasso à Bali et s'empifrent de bières avec des Australiens écarlates ou des criminelles québécoises en manque qui vont draguer des boys dominicains!
Mesurez l'impact du tourisme de masse au Sénégal, de ceux qui ne vont que sur la Petite Côte et celui des TO de niche qui permettent à certains parcs nationaux de survivre!
L'avenir du tourisme au Bénin, ce n'est pas de construire des palaces ensérie pour détriuire la Route des pêcheurs mais le développement de l'Atacora pour des petits groupes de vrais voyageurs à la manière de ce qui existe au Burkina. Des centaines d'heures d'études pour arriver à une conclusion inverse de celle de mes centaines d'heures de voyages et d'études!
Le vrai problème c'est que c'est bien l'industrie du tourisme telle qu'elle est développée par les grands voyagistes qui est dangereuse et ce ne sont pas quelques euros dépensés dans des projets durables qui vont changer la donne. Ici comme ailleurs, c'est la course à la croissance et au profit. Et ça, c'est totalement et définitivement contraire à la notion de tourisme durable! Mais je ne pense pas que cette critique soit fréquente à l'ESSEC ou dans les écoles de commerce!

6. Posté par Céline HOUDEMENT le 16/10/2007 10:44
Il me semble que dans chacun de vos propos il y a un peu de vérité pour tous :
difficile de dire qui du touriste de masse ou du touriste vacancier sur son propre territoire pollu le plus : l'un utilise de grands moyens de déplacement, visite à outrance des sites déjà en situation critique... l'autre se déplace plus souvent, moins loin, mais utilise des richesses locales.
L'industrie du voyage doit éduquer son client : consommer les produits du territoire, même si cela ne correspond pas à nos envies du moment, sinon à quoi bon voyager si, respecter la valeur du travail des personnes qui vous laissent admirer leur activité, ... mais ce travail là doit d'abord être en amont de la conception d'un séjour à destination du public, car on ne pourra pas demander à un client de prendre en compte ces notions si le circuit de base n'en tient pas rigueur. De plus, le développement des circuits libres favorise le non respect du client envers le site, les populations... le suivi d'un client est ce qu'il y à de plus primordial dans cette activité touristique : comprendre les populations, leurs habitudes, notre impacte.... n'est jamais acquis pour tout le monde.
Pour finir, hier, voyager dans le monde était un luxe, aujourd'hui c'est banal, ce qui l'est moins c'est de découvrir son propre territoire et de comprendre les retombées de ces pollutions au plus de proche de chez soi...

http://www.larpenteur-tours.com

7. Posté par Michel Goetschmann le 22/10/2007 21:39
Réponse à Egizia
Oui à l'ESSEC comme dans beaucoup d'écoles de commerce nous parlons de durable et ne défendons pas du tout mais alors pas du tout les TO qui polluent !!
Je pense que vous m'avez mal lu ou alors peu compris ? je suis totalement pour un Tourisme qualitifatif et je pense tout simplement que ce sont les Vacanciers qu'il faut éduquer (ceux qui font surtout du tourisme de proximité) et non ceux qui pratiquent un Tourisme de découverte mais ..... à tous vouloir faire du tourisme de découverte on va arriver à un Tourisme de découverte de masse ! c'est cela qu'il faut tenter également (ainsi que l'autre bien évidemment)d'enrayer. A tous vouloir jouer les écolos de Service on va envahir les Galapagos (c'est d'ailleurs déjà fait), l'île de Pâques ou les plateaux andins sous prétexte d'aller faire chez eux du Tourisme durable ! JE VOUS INVITE COMME D'AILLLEURS TOUS LES LECTEURS DE TOUR MAG A VENIR PARTICIPER A UN GRAND FORUM-DEBAT QUE J'ORGANISE JUSTEMENT (eh! oui vous vous trompez lourdement sur les ESC) A L'ESSEC LE
11 JANVIER 2008 SUR LE TOURISME DURABLE AVEC LA PARTICIPATION DE TOUS CEUX QUI COMPTENT DANS LE DOMAINE;
Tour Mag est également invité. Affaire à suivre sans tout mélanger et vouloir jouer absolument l'éthique et l'écologie en signant des chartes sans lendemain !
Le Tourisme de découverte doit impérativement s'organiser pour ne pas tomber dans des dérives que les plages ont connu !! Michel Goetschmann
arthttp://

8. Posté par Christine Lecomte le 27/10/2007 15:35
Cher Michel Goetschmann

J'ai hâte de découvrir " votre r"évolution sur tout est à modifier dans le tourisme " .
Merci de m'informer oimment assister au forum débat que vous organisez le 11/01/08, moi qui ne suis qu'un petit acteur du tourisme.
Salutations
C Lecomte
LEVACOMM
http://les5sensselonchristian.typepad.com

9. Posté par Michel Goetschmann le 01/11/2007 10:39
Bonjour,
Si vous désirez assister au forum débât de l'ESSEC laissez-moi simlement votre adresse e-mail et je me ferais un plaisir de vous inviter.
Dans le Tourisme il n'y a pas de petit ou de grand, il y a des Acteurs et généralement ce sont les petits qui font les tendances et les Grands qui jouent ensuite les opportunistes ! Sachez que nous sommes entrés dans une époque de flux tendu et non de stock. La gestion de tout stock est plus facile lorsque l'on est petit et l'on n'a alors plus besoin de brader en dernière minute par des promotions.
Si l'on continue en Tourisme (qui je le rappelle pour certains n''est pas une Industrie mais un état d'esprit, c'est le Voyage qui en est une)à vouloir 'toucher les extrêmes' il n'y aura bientôt plutôt qu'une clientèle haut de gamme et celle qui achète des promotions en dernière minute !! Réveillez-vous Messieurs les TO avant que tout craque ...... affaire à suivre
arthttp://

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