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Les femmes sont-elles l’avenir du tourisme ?

La chronique de Josette Sicsic (Touriscopie)


Rédigé par Josette Sicsic le Vendredi 29 Avril 2016

La DGE a lancé en partenariat avec l’association Femmes du tourisme, une grande enquête destinée à faire le point sur la place des femmes dans le secteur touristique. Les résultats seront publiés le 7 juin 2016, à l’occasion de la journée Entreprendre et Innover. Mais, au fait qu’en est-il du tourisme au féminin ?



Pour ce qui est de la création d'entreprises, les femmes françaises accusent un certain retard par rapport à leurs homologues britanniques, américaines ou allemandes © Kaspars Grinvalds - Fotolia.com
Pour ce qui est de la création d'entreprises, les femmes françaises accusent un certain retard par rapport à leurs homologues britanniques, américaines ou allemandes © Kaspars Grinvalds - Fotolia.com
Étrangement, lorsque dans les années d’après-guerre, le tourisme français a commencé à se construire, les pionniers dans la plupart des domaines, étaient des hommes.

Seul le Club Méditerranée comptait deux femmes parmi ses inspirateurs : l’épouse et la sœur de Gérard Blitz.

Nouvelles Frontières, le tourisme associatif et autres Carrefour des Voyages ou Pierre & Vacances étaient le fait de visionnaires, certes, mais appartenant au sexe fort.

Pourtant, dès les années 60, les femmes sont entrées massivement à l’université et dans le monde du travail.

Aujourd’hui, les bachelières sont plus nombreuses et les diplômées d’études supérieures également. Et cela dans la majorité des pays d’Europe, en Chine ou en Iran.

Mais, pour ce qui est de la création d'entreprises, les femmes françaises accusent un certain retard par rapport à leurs homologues britanniques, américaines ou allemandes.

Seulement 3% des femmes âgées de 18 à 64 ans ont créé une entreprise ou sont aujourd'hui propriétaires d'une entreprise récemment créée.

A quoi les effectifs féminins peuvent-ils servir ?

Dans le secteur qui nous concerne, née il y a 10 ans, l’association Femmes du Tourisme réunit une centaine de membres réparties sur tous les métiers.

On y retrouve donc aussi bien la créatrice du Label Tourisme & Handicap que la directrice de la RN2D, que la directrice générale adjointe de Voyageurs du monde ou celle de la Fédération Nationale des Gîtes de France.

Quelques chaînes d’hébergement dont Choice et le groupe Pierre & vacances ont également des femmes à leur tête, tandis que CRT, CDT et offices de tourisme nationaux ou locaux sont souvent dirigés par des femmes et que Thalys France a une femme à sa barre, tout comme Voyages-Sncf.

Mieux, dans le secteur du tour-operating, l’élément féminin est probablement dominant. Tandis que la presse touristique est le fait d’une majorité de femmes journalistes…

Mais, à quoi les effectifs féminins peuvent-ils servir ? Et, le débat est-il une simple question de parité, de droit du travail, de défenses salariales ?

A moins qu’il ne soit qu’une question d’aménagement des temps de travail afin de garder un œil sur les enfants ?

Le tourisme comme vecteur d’émancipation

Josette Sicsic - DR
Josette Sicsic - DR
A priori, le regard féminin dans une entreprise touristique est un moyen non négligeable de défendre quelques droits et d’obtenir des améliorations de conditions de travail, souvent lourdes à supporter pour les mères de famille.

Car, être femme c’est encore très souvent être maman. Mais, ce n’est pas tout. Le tourisme a beaucoup à apprendre et à gagner en termes d’innovation, de la participation plus nombreuse de femmes, surtout à des postes de décision.

Quelques exemples : c’est à Michelle Demessine, ministre du tourisme dans le gouvernement de Lionel Jospin que l’on doit le très attendu label Tourisme & Handicap, dont le tourisme français avait tant besoin.

Plus tôt, au début des années 50, alors que dans des villages frappés par l’exode rural, les fermes commençaient à se reconvertir en habitat touristique, les agricultrices ont trouvé non seulement une activité de complément, mais un revenu leur permettant de gagner leur indépendance.

Formées grâce aux programmes de formation mis en place par le premier Secrétariat d’état à la condition des femmes, dirigé par Françoise Giroux, maîtrisant ainsi de mieux en mieux gestion, comptabilité, ou décoration et aménagement, ce sont elles qui ont donné aux Gîtes de France la touche d’hospitalité qui fait leur toujours leur succès.

Tandis que, se mettant aux fourneaux, elles ont fait revivre tartes, confitures, plats du terroir et recettes condamnées sans elles, à l’oubli.

Le tourisme pour accéder au monde du travail

Dans la foulée, dans de nombreux pays, les fonctions de simples réceptionnistes, accompagnatrices, guides, ont aussi aidé des femmes à accéder au monde du travail, à sortir de leur isolement et à s’émanciper.

Que dire également des tout petits métiers d’artisans, cuisinières de rue, commerçantes, qui ont permis à quelques unes de subvenir aux besoins de leur famille, de mieux éduquer leurs enfants, tout en leur permettant de gagner un peu de liberté et de s’ouvrir au monde ?

Plus présentes dans certaines professions, les femmes ont également décidé d’apporter des solutions à leurs besoins. Ainsi, ont-elles aménagé des étages pour femmes dans certains hôtels spécialisés sur le tourisme d’affaires.

Par ailleurs, le boom du tourisme de bien-être, de celui du développement personnel ou du tourisme de beauté sont la résultante d’une présence intensifiée des femmes parmi les postes de décideurs.

N’est-ce pas également des femmes qui ont insisté sur la nécessité de prendre en compte les publics familiaux dans l’offre touristique et qui ont développé services, informations, aménagements divers en direction des familles avec enfants ou des mères de familles monoparentales ?

Certes, on pourrait objecter que leur montée en puissance dans les rangs de la profession s’est limitée à des domaines purement féminins. Mais, pourquoi pas ?

Une tradition d’aventurières

De plus, n’oublions pas que l’histoire du voyage compte un fort élément féminin. Outre la célèbre Alexandra David Neel qui devait se déguiser en homme pour traverser l’Himalaya, elles ont été quelques unes à braver le danger, et cela depuis le XVIIème siècle.

Qui connait Lady Ann Fanshawe, qui dut se travestir en mousse pour affronter des pirates ?

Isabella Bird, 200 ans plus tard, qui prit des risques immenses pour aller visiter le Japon ?

Et, bien plus tard encore, se souvient-on de ces grandes littératrices que furent Edith Wharton, ou l’Anglaise Vita Sacksville-West, qui ont publié de petits chefs d’œuvres sur leurs voyages en Orient, alors que George Sand a laissé des pages inoubliables sur son voyage à Venise et son séjour aux Baléares ?

Autant de témoignages des capacités des femmes à voyager comme des hommes, tout en étant menacées et stigmatisées comme des femmes !

Dans la foulée de ces pionnières, nombreuses sont aujourd’hui les femmes sillonnant la planète, parfois seules, souvent en duo ou en groupes de « filles », mais aussi en véritables baroudeuses alors que dans certains pays, leur liberté n’est pas toujours vue d’un bon œil par les populations locales !

Mais, que fait-on pour les sécuriser ?

Le débat sur le genre est-il opportun ?

Une question qui pourrait nous amener à instruire le débat sur le genre.

Dans un monde fait par les hommes, mais dans un siècle qui devrait être féminin, la réalité féminine constitue-t-elle une spécificité suffisante à prendre en compte ?

Doit-on entrer dans une bataille sur la théorie du genre lorsque l’on pose certaines questions comme la réalité des différences hommes/femmes au niveau des pratiques de loisirs par exemple, dont on sait, qu’elles sont sexuées, dès les premières colonies de vacances ?

Indéniablement, les femmes sont plus férues de lecture et pratiques artistiques que les hommes ! Indéniablement, un ballon de foot suffit à contenter des petits garçons alors que leurs compagnes de jeu raffolent de danse et de chant.

Des préférences qui subsisteront toute la vie, d’ailleurs. Y compris parmi les vacancières et touristes seniors.

Sans vouloir attiser le feu d’un théorie née dans les années 1970 dans les milieux féministes américains, affirmant que l’identité sexuelle est une construction sociale, tout cela est de bonne guerre.

La montée en puissance des femmes dans les professions touristiques et leur influence, vont aussi dans le sens de l’Histoire.

Elles ont un rôle à jouer et le jouent bien. Cela tombe sous le sens. Mais, en tant que voyageuses, malheureusement, la situation est plus complexe et ne dépend pas que d’elles.

Le 7 juin. Entreprendre et Innover dans le tourisme. Cité de la mode. Paris. Programme et inscriptions : www.entreprises.gouv.fr/EIT2016

Pour en savoir plus, abonnez-vous à Touriscopie - version papier et www.touriscopie.fr

Contact : touriscopie@gmail.com

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1.Posté par DANY Carole le 29/04/2016 11:19 | Alerter
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Merci Josette de tes éclairages toujours hyper pertinents.

Carole DANY

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