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Les opérateurs touristiques parallèles, une menace pour la Distribution ?

La chronique de Josette Sicsic (Touriscopie)


Rédigé par Josette Sicsic le Vendredi 30 Novembre 2012

Intermédiaires, transporteurs, courtiers, bénévoles... la désintermédiation et la "déprofessionnalisation" des métiers du tourisme bat son plein. Difficile de lutter face au covoiturage, au couch surfing et autres greeters qui livrent, involontairement, une concurrence féroce aux professionnels. Revue de détail.



Les « Greeters » font œuvre de bénévolat dans quelques grandes villes. Mais, il existe aussi de plus en plus d’associations et d’individus organisant des visites à thèmes, souvent totalement insolites - DR : Parisien d'un Jour.
Les « Greeters » font œuvre de bénévolat dans quelques grandes villes. Mais, il existe aussi de plus en plus d’associations et d’individus organisant des visites à thèmes, souvent totalement insolites - DR : Parisien d'un Jour.
La crise aidant, l’économie touristique officielle est en prise avec une multiplication de prestataires « privés » qui, via internet, offrent toutes sortes de services.

D’un excellent rapport qualité-prix, qui plus est !

Ainsi, se démonétise une partie des prestations, mais se tissent aussi de nouveaux réseaux humains qui ne se dénoueront pas de si tôt, même la crise passée.

Pour en apprécier l’ampleur, imaginons le cheminement d’un touriste venu de province à Paris, pour passer un week-end.

Première étape : le transport en co voiturage

Monsieur M. vit à Lyon. Pour rejoindre la capitale, il n’est pas question pour lui d’acheter un billet de TGV dont le tarif dépasse largement ses moyens.

Tout naturellement, ce jeune homme se rabat donc sur les sites de co-voiturage afin d’atténuer sa facture de transport.

Sur l’un des sites consultés, aubaine, il découvre une annonce convenant à ses dates de déplacement et son budget : il lui en coûtera 30 euros pour l’aller-retour ! Payé de la main à la main !

Deuxième étape : la location de particulier à particulier

Josette Sicsic - DR
Josette Sicsic - DR
Une fois rendu à Paris, Monsieur M. a encore moins les moyens de s’offrir une chambre d’hôtel. De plus, il n’a pas d’amis ou de famille susceptibles de le recevoir.

Très au courant des nouvelles pratiques, il aurait pu échanger son appartement lyonnais. Mais, il n’a pas réussi à trouver preneur.

Quant au couch-surfing dont il connaît le caractère gratuit, il considère que ce n’est pas pour lui ! En fait, il n’a pas très envie de devoir faire la conversation à un inconnu, aussi sympathique soit-il !

Restent les locations d’appartements privés ou de chambres chez l’habitant. Mais, pas question encore de passer par une agence immobilière ou un site internet professionnels, tous deux jugés trop coûteux !

Monsieur M. n’a donc plus qu’une solution : partir à la recherche d’une location temporaire de particulier à particulier. Une solution qui n’est pas très difficile à trouver via quelques mots clés sur Google !

Ainsi, après plusieurs heures de recherche, le voilà logé, dans un quartier parfaitement adapté à son mode de vacances, à un tarif « parfaitement » adapté à son budget : 30 euros la nuit, toujours de la main à la main !

La table d’hôte

Les restaurants à Paris n’ont pas forcément bonne presse, à l’exception des restaurants gastronomiques et de quelques brasseries. Pourtant la France reste synonyme de bien manger.

Pour se régaler entre amis, les Français se sont mis aux fourneaux et éprouvent un immense plaisir à faire la cuisine. Mieux ! Certains ont décidé d’ouvrir leurs tables à des « inconnus », voisins ou touristes de passage.

La table d’hôte urbaine s’est donc propagée, toujours via des sites internet dédiés et sur les réseaux sociaux. On programme un repas, on diffuse l’information et on régale ses invités moyennant une addition largement moins onéreuse que celle d’un restaurant ayant pignon sur rue : de 30 à 50 euros, parfois plus !

Les soirées privées

Dans un autre genre, la vie nocturne a aussi établi ses pénates à la maison.

Ceux qui disposent d’appartements suffisamment grands pour accueillir des fêtes ne s’en privent pas.

Ils organisent une soirée, souvent à thème, afin de mieux cibler leurs participants, et en diffusent l’information sur les réseaux sociaux. Et puis, il y a ceux qui organisent ce type d’événement dans une salle privée.

Une pratique qui n’est pas vraiment nouvelle mais qui se développe d’autant mieux que l’usage de la toile permet de démultiplier la diffusion de l’information.

Les visites de la ville à la carte

Les guides officiels auront sans doute de plus en plus de mal à offrir des visites de ville payantes.

Les « Greeters » font œuvre de bénévolat, comme nous l’avons déjà dit, dans quelques grandes villes comme Paris ou Marseille ou Nantes… Mais, il existe aussi de plus en plus d’associations et d’individus organisant des visites à thèmes, souvent totalement insolites.

Impossibles à énumérer, elles ont parfois des programmes éphémères. Il n’empêche que, grâce à leur variété, elles ont des adeptes.

Pas d’échanges de facture. On paie parfois ce que l’on veut à un guide non officiel qui s’adonne à ce type d’activités par plaisir.

Initiation, apprentissage, cours privés

Découvrir la cuisine, la peinture, la chanson, l’art floral… coachés par des Parisiens, c’est aussi devenu possible.

Le site creativeparis.info en offre des quantités d’exemples. Certains sont officiels, d’autres un peu moins.

En tous les cas, presque tous les cours sont payants mais, qui déclare de tels revenus ?

Les petits services

La liste des multiples prestataires d’une économie parallèle pourrait être allongée par celle des nombreux chanteurs de rue et autres saltimbanques que le touriste gratifie d’une pièce.

Ou par celle de ces nouveaux venus que sont par exemple : les masseurs en plein air.

Officiant près des parcs, sur les marchés du dimanche, leurs prestations sont officiellement gratuites mais sont généralement compensées par quelques euros.

Une centaine d’euros par jour ?

En étant larges, on peut donc estimer à une centaine d’euros les dépenses d’un touriste achetant l’ensemble de ses prestations auprès d’opérateurs parallèles.

C’est autant qui échappe à l’industrie touristique qui, pour le moment, admet que ces pratiques ne lui font pas d’ombre : elles ne sont pas concurrentielles avec l’offre officielle et ces touristes sont marginaux.

Mais, le resteront-ils ? Là est la question.

Selon nous, les habitudes prises en période de crise économique perdurent d’autant plus qu’elles sont dotées de qualités recherchées par le « mainstream ».

Or, de nos jours, nul n’en doute plus, les attentes dominantes concernent la convivialité, le lien, la rencontre, le partage, l’échange, bref les autres… !

Pour en savoir plus, abonnez-vous à Touriscopie - version papier et www.touriscopie.biz

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1.Posté par BUKHARI FRANCOISE le 06/12/2012 10:23 | Alerter
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Triste constat effectivement mais je me demande vraiment pourquoi l'Etat ne réagit pas. Vu les têtes qui nous dirigent, cela ne me surprend pas vraiment mais tout de même à une époque où l'argent manque cruellement à tous les niveaux, où le monde du travail passe son temps à surfer sur des réseaux sociaux pour la grande majorité vides de sens et tellement futiles, à créer des blogs où les commères du XXIème siècle étalent leurs ragots, pourquoi ne pas taxer à la source tous les sites internet, toutes les ouvertures de blogs, l'envoi de mails (tout est devenu tellement facile et gratuit pour diffuser de l'information) ? Dans ces conditions, il est certain que le monde du travail se remettrait à travailler et à produire pour enrichir le pays et participer à l'effort collectif plutôt que de le contourner en utilisant des moyens gratuits pour développer une économie parallèle où le cash circule à flots. L'Etat pourrait ainsi récupérer beaucoup d'argent tout en remettant les gens à travailler plutôt que de les voir se disperser dans toutes sortes d'activités qui nuisent à la réelle croissance de l'économie.

2.Posté par Louis le 06/12/2012 13:28 | Alerter
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Comme vous le dites dans votre commentaire Mme BUKHARI, l'argent manque cruellement à tous les niveaux. Cet article met en évidence le fait que de nouvelles façons de voyager se développent grandement pour répondre à cette réduction du budget voyage. Je pense que ces nouveaux moyens touchent une clientèle différente que celle qui se rend en agences de voyages. Ce sont principalement des relations entre particuliers, je ne vois pas du tout en quoi l'état devrait intervenir ? Pour taxer ce tourisme "alternatif" pour le tuer dans l'oeuf? Un client qui va faire du couch surfing n'as pas du tout les motivations / exigences / besoins qu'un client qui réside habituellement dans du 2-3 étoiles.

3.Posté par Vraze le 06/12/2012 14:18 | Alerter
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Internet, dictature du Low-cost.
Rien ne se paie: tout est gratuit !!

4.Posté par daniel le 06/12/2012 14:54 | Alerter
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bonjour
Mme Bukhari, je rejoins un peu Louis, en disant que ce genre de touriste, n arpente pas habituellement les AGV, par contre quand je lis votre réaction, je relis pour la X et Nième fois, cet esprit pleurnichard, à courber la tête sous les coups de bâton....et bien sûr...de suite taxer...taxer ...taxer...et ainsi faire fuir la minime partie de voyageurs qui utilisnet ce principe....
Pourquoi ne pas prendre votre bâton de pélerin, aller sur Internet, et sur quelques grandes villes offrant un intérêt, monter de petits programmes, à des tarifs très alléchants, et les placarder , les mettre en évidence dans votre agence ...ex / Visite de Xville à tarif lowcost mais offrant toute garantie etc etc...., de plus vous offririez une garantie à vos clients, de voyager avec des gens offrant toutes garanties , car pour le covoiturage, rececvoir des etrangers à dormir chez soi, ou les nourrir, mieux vaut avoir une assurance !!!! a vous de jouer !!! ok
A moins que ces messieurs des réseaux trouvent qu il n y a pas moyen à s'engraisser, et vous en empêche !!!! en trouvant 1000000 tonnes de raison !!
bonne journée

5.Posté par Ayla le 06/12/2012 15:12 | Alerter
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Pincez moi, je rêve... de lire les commentaires de mme Bukhari et de Vraze.
Après, on se demande pourquoi l'industrie touristique française est en crise!
Comment ne le serait-elle pas devant un tel monolithisme, devant une telle rigidité et un tel manque de vision ?
Plutôt que de blamer les autres de son propre immobilisme et de faire un caprice auprès de « papa et maman l’état », essayez donc de comprendre pourquoi de tels marchés émergent et tentez de trouver les moyens de vous adapter à l’évolution des communications.
Il faut dire bravo à ces entrepreneurs et à leurs initiatives.
Et pourquoi ne pas taxer l'air qu'on respire pendant qu'on y est ?

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