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Les villes d’eaux : des thermes romains à la naissance du tourisme thermal

Des locomotives couronnées à l’apparition du chemin de fer


Rédigé par Michèle SANI le Mardi 23 Septembre 2014

Les Romains y étaient déjà. Grands amateurs d’eaux thermales, ils exploitaient voici quelque 2 000 ans, de nombreuses sources de notre territoire gaulois. Le thermalisme doit en grande partie sa renaissance à Napoléon III et à l’apparition du chemin de fer.



Le succès et la notoriété des villes d’eaux arrivent avec l’arrivée du chemin de fer. Les premières desservies seront Enghien-les-Bains, Bagnères-de-Bigorre, Vichy, Luchon, Royat, La Bourboule - DR : Thermes de Luchon
Le succès et la notoriété des villes d’eaux arrivent avec l’arrivée du chemin de fer. Les premières desservies seront Enghien-les-Bains, Bagnères-de-Bigorre, Vichy, Luchon, Royat, La Bourboule - DR : Thermes de Luchon
Une trentaine de stations thermales françaises sont implantées à partir des sites et vestiges romains, à l’instar de Bourbon-Lancy ou Bourbon l’Archambault.

Autres exemples, Bourbonne (de Bomo, dieu des eaux chez les Celtes), Dax, Digne et Divonne (de Divonna, déesse des eaux sacrées).

Mais aussi Luchon, Vichy, Aix-les-Bains, Aix-en-Provence, Amélie-les-Bains, etc.

Dans l’Antiquité grecque ou romaine, les eaux thermales mêlaient la santé et le plaisir.

Les bains publics - souvent somptueux - étaient des lieux de jeux, de rencontres et de divertissements autant que des centres d’hygiène et de soins.

Des locomotives couronnées

Au fil des siècles, les thermes français connaîtront des fortunes diverses, entre éclat et éclipse suivant le bon vouloir, l’humeur ou les rencontres de personnalités de haut rang.

La vogue des eaux minérales doit beaucoup à Louis XIII, Richelieu, Louis XIV, Madame de Montespan, Boileau et quelques autres, qui ont joué un véritable rôle de locomotive.

L’obligation d’offrir un accueil et des services dignes de curistes aussi illustres, inciteront les plus grandes villes d’eaux à entreprendre d’importants travaux.

Après le temps de la croissance spontanée, viendra celui d’un nouvel urbanisme thermal aux caractères spécifiques.

Autour de la source et de l’établissement de bains s’agencent des édifices aux fonctions précises : hôtels, casino avec salle de spectacle, de concert et de bal.

Une constante : la « promenade » qui favorise la digestion de l’eau et complète la cure hydrominérale par une cure de… terrain !

La vitesse supérieure avec le chemin de fer

Au 19ème siècle, Napoléon III ordonne la métamorphose de sa station favorite, Vichy.

De son côté, Aix-les-Bains accumule les atouts et concurrence sa rivale pour attirer une clientèle européenne.

La station savoyarde inaugurera son hippodrome en 1872. Elle marquera des points sur ses concurrentes en équipant de rampes et de torchères à gaz ses salles de jeux, ses galeries, son café et le restaurant.

Avant la fin du siècle, le Grand Cercle sera même éclairé à l’électricité.

L’attrait du plaisir, la vie facile, une littérature romantique, la perspective de rencontres avec des personnages illustres étaient sans doute autant, sinon plus attractifs, que l’espoir d’une meilleure santé.

Le succès et la notoriété des villes d’eaux arrivent avec l’arrivée du chemin de fer. Les premières desservies seront Enghien-les-Bains, Bagnères-de-Bigorre, Vichy, Luchon, Royat, La Bourboule.

A partir des lignes existantes, des correspondances sont assurées en direction des centres secondaires.

La naissance du tourisme thermal

Avant la fin du siècle, le réseau thermal est pratiquement couvert et l’on voit apparaître des trains de luxe comme le Pyrénées Express, le Sud Express, le Luchon Express.

La compagnie Paris-Lyon-Marseille lance même un Paris-Vichy Express.

Chaque station atteinte par le train voit croître sa fréquentation de façon spectaculaire.

Des affiches suggestives et pittoresques vantent les attraits des stations et de leurs établissements. De grands dessinateurs en font leur spécialité.

En 1892, la suppression de l’impôt sur les billets donne aux compagnies de chemin de fer l’occasion de pratiquer une réforme tarifaire.

Il en naîtra une variété impressionnante de billets spéciaux incitatifs qui serviront de socle à une forme encore méconnue de tourisme : le tourisme thermal.

L’apparition de cette notion de tourisme dans le monde du thermalisme provoquera l’ouverture de débats, les partisans de la cure pure et dure s’opposant à ceux de la cure agrément.

Les distractions, la qualité de la vie sociale et artistique font désormais partie des arguments d’une ville d’eaux, au même titre que ses indications thérapeutiques.

Les cures médicales s’accompagnent d’options « bien-être ». Les Spas fleurissent aux côtés, voire à l’intérieur des centres de cures thermales.

Les buveurs d’eaux d’hier sont devenus des curistes et si le plaisir, la distraction, la recherche du bien-être ne suffisent pas pour guérir, ils aident grandement. C’est le corps médical qui le dit.

Source : « Cent ans de tourisme en France » de Paul Goujon (Cherche Midi éditeur).

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