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Présidence Air France : pourquoi l'Etat se mêle de ce qui ne le regarde pas ?

La chronique de Jean-Louis Baroux


Rédigé par La Rédaction le Lundi 2 Mai 2016

Le comité des nominations va rendre son verdict en début de semaine et, sauf coup de théâtre toujours possible, nous connaîtrons rapidement le nom du nouveau président du groupe qui devrait être Jean-Marc Janaillac. Le JDD l'annonce dès aujourd'hui Tout cela paraît bien normal et pourtant, quel que soit l’heureux élu, on ne peut pas ne pas s’interroger sur le processus de nomination et ses conséquences.



Depuis 1990, Air France a épuisé 7 Présidents. Jean-Marc Janaillac serait le dernier en date. Il est issu de la promotion Voltaire de l'ENA. La même que François Hollande... (photo captation d'écran)
Depuis 1990, Air France a épuisé 7 Présidents. Jean-Marc Janaillac serait le dernier en date. Il est issu de la promotion Voltaire de l'ENA. La même que François Hollande... (photo captation d'écran)
D’abord, le poids de l’Etat dans la nomination.

Je n’ai rien contre Jean-Marc Janaillac, puisque c’est de lui qu’il s’agit, même si on sait que c'est un un ami du Président de la République.

Je me demande simplement pourquoi l’Etat, qui ne détient qu’une part très minoritaire du capital, se mêle de ce qui manifestement ne le regarde pas.

Car c’est bien ainsi qu’il faut interpréter la campagne médiatique en faveur de JMJ.

Voilà le mal qui ronge notre transporteur national, tout comme il a tué Alitalia. La politisation de la direction de la compagnie a plusieurs effets négatifs.

D’abord l’absence de continuité dans la gestion et même dans la stratégie. Au gré des alternances politiques, le management change et par conséquent aucune politique à long terme ne peut être suivie.

Prenons l’exemple du plan pluriannuel appelé Perform 2020, initié par le président sortant, Alexandre de Juniac.

Soit il est bon, et dans ce cas il doit être poursuivi, mais alors il faut nommer celui capable d’assurer la continuité : j’ai nommé Frédéric Gagey, ou il n’est pas bon et il faut changer l’équipe dirigeante, mais alors pourquoi il aurait fallu plusieurs années pour s’en apercevoir ?

La durée, facteur clef dans la gestion des grands groupes aériens

Depuis 1990, Air France a épuisé 7 présidents : Bernard Attali, Christian Blanc, Jean-Cyril Spinetta, Pierre-Henri Gourgeon, encore Jean-Cyril Spinetta, Alexandre de Juniac et Frédéric Gagey et le mode de gouvernance a été chamboulé par la création d’Air France Holding.

Dans le même temps, Emirates a gardé le même dirigeant : Tim Clark.

Le transport aérien est un très gros dévoreur de capitaux, lesquels ne peuvent s’amortir que sur du très long terme.

La durée est un facteur clef dans la gestion des énormes et complexes entreprises que sont les grands groupes aériens. Il est donc impératif de garder longtemps les équipes en place. En France, on fait tout le contraire.

Et puis il y a une composante qui ne semble pas avoir été prise en compte : les pilotes.

Ces derniers ont une forte tendance à s’immiscer dans la stratégie de la compagnie. On l’a bien vu lorsqu’il s’est agi de définir le périmètre de Transavia. Là encore il faut bien faire un choix.

Ou bien on considère que les pilotes, en tant que corporation, n’ont rien à dire quant à la politique de la compagnie et alors il faudra bien accepter un bras de fer. Un bras de fer qui devra être gagné par la direction quitte à essuyer un conflit social très dur.

Ou bien on considère que leur contribution est essentielle à la bonne marche de la compagnie, et alors ils doivent pouvoir donner leur avis sur le choix du président à venir.

Frédéric Gagey et Lionel Guérin, voilà qui aurait un peu de gueule !

On entend dire ici et là qu’on va nommer un président de transition. Transition de quoi ?

Le groupe Air France/KLM est confronté à une concurrence terrible qui risque de le faire disparaître s’il n’arrive pas à faire les réformes nécessaires. Celles-ci ont été initiées.

Pour réussir, il faudra des années en espérant que le cours du pétrole veuille bien rester au-dessous de 50$ le baril et que le transport aérien n’en profite pas pour baisser encore ses prix de vente qui ont tant de peine à couvrir les prix de revient.

Il convient donc d’avoir à la tête du groupe un management pour du long terme, capable à la fois de retrouver les marges de manœuvre financière et de lancer de grands projets susceptibles d’emporter l’enthousiasme des salariés.

Vu de l’extérieur, le nouveau président devrait être choisi au sein même de la compagnie. Et que l’on ne me dise pas qu’il n’existe pas ou qu’il n’y a pas de candidats.

Certes le poste pour prestigieux qu’il soit, n’est pas forcément enviable dans le contexte difficile que traverse le groupe, c’est probablement ce qui a amené Alexandre de Juniac à démissionner pour prendre un poste moins bien rémunéré que celui qu’il occupait.

Allez, je me risque : Frédéric Gagey à la tête de la Holding et Lionel Guérin à la Présidence d’Air France, voilà qui aurait un peu de gueule !

Présidence Air France : pourquoi l'Etat se mêle de ce qui ne le regarde pas ?
Jean-Louis Baroux, est l'ancien président d'APG (Air Promotion Group) et le créateur du CAF (Cannes Airlines Forum) devenu le World Air Forum.

Grand spécialiste de l'aérien, il a signé aux éditions L'Archipel ''Compagnies Aériennes : la faillite du modèle'', un ouvrage que tous les professionnels du tourisme devraient avoir lu.

Les droits d'auteur de l'ouvrage seront reversés à une association caritative. On peut l'acquérir à cette adresse : www.editionsarchipel.com..

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1.Posté par MARCHAUD le 01/05/2016 16:48 | Alerter
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Bonjour,ce qui est dit plus haut est plein de bon sens. Mais que vaut le bon sens à la veille des élections
présidentielles???

2.Posté par Eric le 01/05/2016 19:02 | Alerter
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Air France est une compagnie qui néglige trop ses clients, conduite (mal) par une castre de privilegiés. N'oublions pas qu'Air France n'est pas dans l'excellence avec un ratio d'accidents/heures de vols derriere les bons élèves du transport aérien. Il y a suffisament de choix pour éviter cette compagnie que nos impôts supportent à bout de bras.... Comme pour Aréva, la Sncf et EDF l'état est le pire des boulets: se faire mousser et dilapider le bien public.
Eric (Gold sur une autre compagnie sans être low cost mais à l'ecoute du client).

3.Posté par CLAMA92 le 01/05/2016 21:23 | Alerter
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Vous semblez méconnaître le statue juridique d'Air France. Depuis 1997 ,Air France est une entreprise privée dans l'état est actionnaire à hauteur de 16% comme d'autres entreprises françaises ( Renault...). Les règles de la communauté européenne interdit aux états tout financement publique depuis de nombreuses années.

4.Posté par Eric le 01/05/2016 21:50 | Alerter
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Entreprise privée au même titre qu'Alstom que l'état a renflouée avec l'argent du contribuable pour donner du travail en Suisse (Bir) et en Allemagne (Manheim) avec un fiasco ... (C'est mon domaine pro, je sais de quoi je parle).
Eric

5.Posté par idress le 01/05/2016 22:24 | Alerter
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Bonjour

A 16 p cent du capital, je comprends qu'un actionnaire puisse imposer son poulain
Je comprendrais que la societe soit nationalisée tout comme ADP d'ailleurs.

Idress

6.Posté par ponset le 02/05/2016 08:38 | Alerter
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J'ai beaucoup de respect pour vous Mr Barroux et pour votre carrière mais avec cette "charge" contre l'Etat vous vous trompez de cible : quand l'Etat soutient une candidature il est dans son rôle d'actionnaire mais la décision finale appartient au Conseil d'Administration, lequel n'a aucune obligation de se plier au souhait d'un actionnaire minoritaire comme l'a fait le CA de Renault en validant la rémunération du PDG malgré l'oppositon de certains actionnaires au nombre desquels l'Etat. Il aurait été plus pertinent de fustiger le CA si vous estimiez qu'il a manqué d'indépendance à l'égard d'un actionnaire minoritaire.

7.Posté par PAT44 le 02/05/2016 10:55 | Alerter
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Un bon (ou mauvais selon le point de vue) résumé de l'état d'esprit du français moyen : l'état est juste là pour donner de l'argent.

8.Posté par idress le 02/05/2016 12:03 | Alerter
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Mr Baroux


en tant que contribuable, vous avez mis 3 fois de l'argent à la poche pour renflouer cette compagnie mal administrée......alors oui, il est normal que l Etat impose qui elle veut, et les autre actionnaires n'ont qu a la fermer ou revendrent leurs part.
Cela ne veut pas dire qu'il sera competent ( j'en doute fortement )...

Mr Baroux, vous voulez le demantelement de toutes les participations de l 'etat dans les entreprises ?
dans ce cas la, vous etes dangereux

Idress


9.Posté par Eric le 02/05/2016 13:18 | Alerter
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"Idress"
Oui, l'état étant toujours le sauveur en dilapidant "nos" impôts , particuliers et entreprises, il a son mot à dire.
La SNCM est l'exemple de son incompetence à prendre des decisions necessaires aussi douloureuses soient elles.
L'ENA, est une école d'administration pas de gestion, nous ne pouvons plus jouer aux regards des dettes colossales laissées à nos enfants.
Suisse-Air et Cross-air ont coulé, la Suisse est toujours là. Arrêtons l'acharnement, un pilote pilote mais ne fait pas de politique: ils ne sont pas élus. Chacun son boulot et ses interets ...😩.
Cordialement

10.Posté par Ménez le 02/05/2016 18:44 | Alerter
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Et encore un de la promotion (!) Voltaire. Houp le Président normal...

11.Posté par idress le 05/05/2016 10:52 | Alerter
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Eric


oui c est la ou ca merde. Mais c'est pas une raison. Virons nos elites, mais n'abandonnons pas AIRFRANCE.

Peut etre que ce monsieur ne va pas faire du bon travail, mais c'est à l'Etat de le surveiller.

Si on ecoute le marché, AIRFRANCE ne vivra pas longtemps. Il n est pas dans l'interet de la globalisation economique qu'AIRFRANCE vive.


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