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Présidence Selectour-Afat : trois candidats pour un (seul ?) fauteuil

les enjeux et les forces en présence


Rédigé par JdL/DG le Vendredi 19 Avril 2013

La question est désormais sur toutes les lèvres : y aura-t-il un troisième larron pour briguer la candidature de la présidence du plus grand réseau de distribution français ? Poser la question c’est un peu y répondre...



Pour l'instant, seul François-Xavier de Boüard s'est déclaré candidat. Contrairement à Jean-Pierre Mas, fin matois qui attend certainement la dernière heure et Bernard Vairon, lequel entretient un suspense insoutenable (?) - Photo DR Thierry Samuel
Pour l'instant, seul François-Xavier de Boüard s'est déclaré candidat. Contrairement à Jean-Pierre Mas, fin matois qui attend certainement la dernière heure et Bernard Vairon, lequel entretient un suspense insoutenable (?) - Photo DR Thierry Samuel
Au cours des dernières semaines, Bernard Vairon, co-président qui semblait assigné au rôle de “potiche”, s’est rebiffé.

Un peu comme le “cave” d’Audiard mais dans le bon sens du terme.

Ben oui, il semblerait que le jeune homme soit capable d’endosser un autre costard que celui de faire-valoir ou de remplaçant de luxe pour lequel il semblait tout taillé...

Un élément nouveau qui risque quelque peu de changer la donne. En effet, quel était le scénario initial ?

Flash back.

Lors des élections de juin 2013 Jean-Pierre Mas, “bête” politique et bénéficiant sur le papier d’un net avantage en terme de “licences” (immatriculations), devait logiquement l’emporter sur un François-Xavier de Boüard intelligent mais... quelque peu sanguin.

Pourtant, “protégé” par Philippe de Saint-Victor, cheville ouvrière de l’union des réseaux, le patron de Selectour Préférence, a tenu bon 3 ans face aux coups de boutoir du “clan Mas”.

Mais les relations entre co-présidents se détériorent à vue d’oeil en 2012 et les incidents au sein du conseil d’administration se multiplient. Au congrès de Valmorel à la fin de l’année 2012, la tension est à son comble.

Privilégier la marque Selectour par rapport à Afat ?

Tenants et opposants pensent que la gestion du dossier de la marque n’a pas été menée de manière suffisamment démocratique. Une “poche” de irréductibles Selectour menace même de faire scission.

De manière plus générale, les adhérents s’estiment peu ou pas suffisamment consultés dans une affaire qu’ils considèrent de la plus haute importance.

Le choix est (presque) cornélien :

1) privilégier la marque Selectour par rapport à Afat, compte tenu de la plus grande notoriété de la première. Politiquement incorrect pour J.-P. Mas à quelques mois des élections.

2) privilégier Afat par rapport à Selectour. Impensable et objectivement non plaidable.

3) Créer une nouvelle marque de toutes pièces ? C’est l’option qui semble la plus simple car elle permet de régler d’un trait de plume l’aspect politique. En revanche, économiquement, le réseau y laisse sa culotte.

Une sorte de jugement de Salomon

C’est finalement une sorte de jugement de Salomon qui l’a emporté.

On allait associer les deux marques rassemblant, comme clamait jadis le slogan d’Afat : le meilleur des deux mondes.

La solution a enchanté les adhérents et permis de dégonfler l’abcès. Il restait à se pencher sur les modalités graphiques et techniques de l’ensemble.

Mais cela n’a pas le don de calmer pas les ardeurs des administrateurs. Au fur et à mesure que les semaines passent les “règlements de comptes” se durcissent.

De la guérilla rampante on passe aux escarmouches et on dégaine couteaux et dossiers.

Chaque camp se renvoie à la figure ses casseroles : Voyages 31, vrais-faux dossiers de Formation, rémunérations et salaires outrageux des dirigeants, conditions d’acquisition douteuses de certains mini-réseaux...

La politique de la chaise vide n’a jamais séduit les électeurs

Bref. On en passe et des pires. Le tout à grand renfort de lettres (emails) anonymes passées d’ordinateur en ordinateur et dont il est très facile de retapisser les “corbeaux”....

C’est dans ce contexte délétère et passionné que Philippe de Saint Victor, directeur général, démissionne sur un coup d’éclat.

La tête du directeur général réclamée depuis longtemps au bout d’une pique par le “Clan Mas” vient de tomber.

Le salaire mirobolant de PSV, sa prime, sa particule et son golden out parachute, ne passaient pas.

François-Xavier de Boüard, outré, emboîte le pas à son directeur général et démissionne aussi dans la foulée.

Une erreur tactique car la politique de la chaise vide (même pour reprendre sa liberté de parole) n’a jamais séduit les électeurs.

A partir de ce moment là, on peut penser que les carottes sont cuites.

Les 3 candidats dans un mouchoir de poche.

Mais peut-être les carottes ne sont-elles pas totalement étuvées. Car n'oublions pas que pour pouvoir postuler à la Présidence, il faut déjà remporter un siège d'administrateur.

Et là, rien n'est joué, ni pour les uns, ni pour les autres...

Pour l'instant, seul François-Xavier de Boüard s'est déclaré candidat. Contrairement à Jean-Pierre Mas, fin matois qui attend certainement la dernière heure et Bernard Vairon, lequel entretien un suspense insoutenable (?).

Qu’en pensent les futurs électeurs ? Le sondage en cours cette semaine dans votre journal préféré (col' de droite dans ttes les pages) apporte quelques indications fort intéressantes.

Et principalement le fait que les 3 candidats à la course présidentielle sont dans un mouchoir de poche, même si JPM se détache progressivement.

En effet, François-Xavier de Boüard remporte 13.33% des suffrages, Jean-Pierre Mas 19.05% et Bernard Vairon13.81%.

En revanche, la réponse "aucun des trois" est particulièrement intéressante : 43.81% des voix. Le tout sur 210 votants ce dimanche soir.

Une réforme salvatrice sortie des cartons ?

Une tendance qui en dit long même sur l'état d'esprit qui règne même si on ne peut l'attribuer exclusivement au corps électoral du réseau.

Reste également à savoir si les administrateurs sortants, anticipant le danger d'une éventuelle scission politique, ne sortiront pas des cartons une réforme salvatrice.

Par exemple, rien n'interdit de penser que les nouveaux statuts, en abolissant définitivement les deux "collèges", c'est inéluctable, ne préserveront pas une sorte de Co-Présidence, un Chef pour la Coopérative et un Chef pour la partie AS Entreprises.

Un moindre mal, dans un sens, mais qui malgré tout, donnerait la prépondérance au patron de la Coopérative, "actionnaire" de Entreprise.

Subsistent néanmoins quelques inconnues de taille. Quelles sont réellement les forces en présence ? Et surtout, quel sera le programme présenté par chacun (ou chacune) ?

Pour François-Xavier de Boüard, la réponse est claire : joint par nos soins, il ne souhaite pas "reprendre la parole", pour le moment mais reste ferme et maintient sa candidature.

Jean-Pierre Mas, tel le malin matou, esquisse un fin sourire et ne se dévoile pas. Mais il est évident que tout est prêt pour la campagne et qu’il n’y pense pas qu’en se rasant le matin...

Des électeurs lassés par les querelles intestines

Reste à savoir pour qui Bernard Vairon va-t-il rouler ?

Pour lui-même, comme on peut le supputer chaque fois qu'il prend la parole en public ? En sous-marin (il est Selectour), en attendant le retour au discours de de Boüard ? C'est extrêmement probable.

Ce qui est très clair c'est que chaque parti va présenter "ses" listes.

Et là est la grande question : les consignes de vote des deux partis seront-elles suivies réellement ?

Rien n'est moins sûr et bon nombre d'électeurs, lassés par les querelles intestines et par le grand déballage d'affaires pas forcément reluisantes, pourrait voter, en son âme et conscience sur un programme économique clair et transparent.

Transparence, c'est tellement tendance… Et les adhérents, fatigués de tout ce bruit pourraient enfin exprimer leur volonté de manière drastique et pragmatique.

Il reste à savoir qui sera à même de l’incarner. Car, pour l’instant, personne n’abat ses cartes.

Et pourtant, l'enjeu est de taille. On ne construit pas un réseau de distribution, le plus grand et gros en France, une petite puissance économique, en s'appuyant sur des fondations branlantes.

Il faut re-fon-der ! Et ce d’autant plus qu’avec les flux financiers en jeu, il n'est pas question pour les adhérents de se tromper.

Les temps des petites "affaires entre amis" est révolu et Selectour Afat va devoir envisager une véritable politique économique et une gouvernance digne de son rang… s'il tient, bien évidemment, à le conserver !

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1.Posté par Rick Sailor le 22/04/2013 09:37 | Alerter
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Bonjour

Bravo pour ce texte assez complet même si il fait l'impasse sur un élément essentiel : quel programme complet sera proposé aux votants ? Car au final, les agences (quel que soit le nom) doivent vendre ! Nous sommes aujourd'hui dans une spirale dangereuse qui conduit essentiellement à la survie de nos entreprises, puis à terme, au développement de nos points de vente !

La bataille des candidats, déclarés ou non, ressemble à cette campagne qui oppose Leclerc, Auchan et carrefour sur le thème "qui est le moins cher.com". La question est qui peut nous assister dans la sortie de crise ? Et avec quelles idées réalistes et solides.

Les batailles de personnes ne servent à rien. Au contraire. Elles polluent. Monsieur de Bouard a indiqué qu'il souhaitait reprendre la parole... Et se tait. Bernard Vairon a fait un beau discours et hop le voila Président. JP Mas ne dit rien mais il est donné gagnant. Avouez que les affectifs sont exacerbés sans pour autant que l'on aborde le fond !

Mes questions :
- qui va nous permettre de gagner plus
- qui va faire ressortir la marque dans le grand public
- qui aura des idées pour faire évoluer le réseau et rendre de la sérénité à la coopérative
- qui écoutera le réseau
- qui aura une réelle vision d'entreprise dans le temps

Voilà, aujourd'hui tous attendent les réponses
Bien à vous

Rick

2.Posté par Pedro Maoula le 22/04/2013 12:21 | Alerter
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Bonjour,

Effectivement, cet article constitue une bonne synthèse de la situation.
Et les questions d'avenir posées par Rick correspondent exactement aux attentes des patrons d'agence. On est loin aujourd'hui de la simple notion de centrale d'achat, puis par la suite de centrale de règlement, qui ont prévalu à la création des réseaux volontaires.
La grande espérance se résume à "faire entrer des clients dans les agences", que ce soit physiquement ou virtuellement, et que cette visite se conclue par un acte d'achat.
Les principes et les outils existent : nouvelles technologies, CRM performante, fidélisation (tiens tiens la carte de fidélité...), marketing, webmarketing, communication forte sur la marque...
Le réseau n'est pas en retard dans l'acquisition de ces outils, ni dans leur mise en œuvre, même si, actuellement, à part la labellisation, les chantiers sont un peu en sommeil dans l'attente des élections (dommage, mais compréhensible).
Mais une des questions complémentaires est : quel futur Président pourra consacrer le temps nécessaire pour déployer l'énergie nécessaire ? Son entreprise en souffrira, obligatoirement. Président ce n'est pas un métier, même si l'indemnité est largement supérieure à la rémunération moyenne d'un patron d'agence, et c'est en principe une situation éphémère.
Vous me direz que le quotidien c'est le boulot du Directeur Général. Certes, encore faut-il qu'il ait une vraie sensibilité (et un vrai respect...) pour ce difficile métier d'agent de voyages. Et qu'il n'en fasse pas qu'à sa tête en se moquant des décisions du C.A. qui les représente.
Cher Rick, les programmes et autres déclarations d'intentions diront tous la même chose, chacun dans son style. Sauf à ce qu'un génie trouve une botte secrète pour sortir la profession de la crise, je ne vois pas ce que les candidats vont pouvoir annoncer de vraiment très innovant. Sur la méthode peut-être ?
En tous cas, des candidats, mon petit doigt me dit qu'il va y en avoir pléthore. Et la dispersion des voix, en général, ça favorise les anciens. Ce serait un suspens passionnant si les enjeux ne touchaient pas la survie des agences.
Bien à vous
Pedro

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