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Présidentielles : que revendiquent les professionnels du tourisme ?


Rédigé par Michèle Sani le Mardi 20 Février 2007

Les « cols blancs » de la classe politique connaissent-ils le métier ? Quelles sont les revendications des professionnels du tourisme qui, pour l’essentiel sont des PME-TPE ? Quel bilan font-ils du quinquennat qui se termine ? Faut-il garder le cap ou le changer ? Au cœur de la campagne présidentielle et en amont de la campagne législative, revendiquer est d’actualité. TourMag.com enquête.



l[]l « Nous ne sommes pas des quémandeurs de subventions »
Georges Colson, président du SNAV
(Syndicat National des Agences de voyages et des tour-opérateurs). La responsabilité « de plein droit » des agences de voyages vis-à-vis du consommateur ainsi que l’exercice illégal de la profession sont deux de ses chevaux de bataille.

« Je souhaite que les pouvoirs publics prennent en compte l’existence d’une profession qui est régie par une loi. Nous ne sommes pas des quémandeurs de subventions mais l’industrie du tourisme doit être reconnue à sa juste valeur et disposer des moyens qu’elle mérite. »

A propos d’un ministère du tourisme :
« Tous les pays à vocation touristique ont des ministres à part entière. Notre ministère pourrait être rattaché à la Culture ou à l’Environnement, cela ne me dérange pas, l’important étant d’avoir l’écoute de Bercy.

Georges Colson
Georges Colson
Léon Bertrand a compris notre métier. Il nous a aidé en prenant des décisions sur les problèmes de transparence et de label. Malheureusement les grands sujets récurrents demeurent, à commencer par cet article 23 qui responsabilise les agents de voyages « de plein droit.»

A propos des droits et des devoirs :
« L’agent de voyages français ne peut pas être responsable de tout. Nous voulons un alignement sur la directive européenne. Il n’y a aucune raison que les agences de voyages françaises soient plus responsables que leurs collègues européens cependant le Garde des Sceaux Dominique Perben (sous le Gouvernement Raffarin) s’est opposé à une modification de l’article.

Nous refusons le nouveau régime d’habilitation proposé. Comment accepter des concurrents qui auraient les mêmes droits que nous sans avoir les même devoirs et sans offrir les mêmes garanties aux clients. Nous regrettons le manque d’intervention des Préfets qui ne font pas appliquer la loi et font trop souvent preuve de laxisme.

L’activité saisonnière des guides, la TVA qui défavorise les professionnels du réceptif par rapport à leurs confrères européens, le problème des visas et les lenteurs administratives de nos consulats qui freinent, (comme en Russie actuellement), d’importants marchés émetteurs sont quelques uns des dossiers en attente de réponses.

Je pense enfin qu’il faudrait revoir l’organisation du tourisme en France en la simplifiant. Il y a trop de cumul dans les instances et le message touristique et trop morcelé. »

Présidentielles : que revendiquent les professionnels du tourisme ?
l[]l « Les cols blancs ne connaissent pas nos métiers »
Thierry Schidler, président du SNET
(Syndicat National des Entreprises de Tourisme) qui fédère des entreprises directement intéressées au développement d’un tourisme par autocar.

Fiscalité, embauche des guides interprètes et accompagnateurs, sécurité, développement durable, classification, temps de travail des conducteurs etc… Dans le secteur, les textes administratifs, fiscaux et réglementaires sont légion.

« Le chef d’entreprise que je suis demande un assouplissement des régimes administratifs et moins de charges patronales. Je souhaite que les PME-TPE qui représentent la majorité de nos adhérents puissent avoir une bouffée d’oxygène.

Je voudrais un interlocuteur, ministre ou ministre délégué qui dispose d’un budget qui soit à la hauteur de notre poids économique et qui permettent de mener de véritables actions de développement ».


A propos de Bruxelles :
"Nous demandons davantage d’harmonisation et de concertation européennes. Sous couvert de sécurité Bruxelles impose des aménagements du temps de travail qui ne prennent pas en compte la spécificité du tourisme en autocar. Sans aucune concertation on nous impose trop de règles strictes.

La nouvelle réglementation sociale européenne applicable à partir du 11 avril prochain implique une réorganisation complète des services des entreprises de transport routier de voyageurs et une planification plus complexe sans compter une hausse des coûts des voyages. Sortis des grandes écoles les cols blancs qui rédigent les textes ne connaissent rien à nos métiers…"

Présidentielles : que revendiquent les professionnels du tourisme ?
l[]l « Les pouvoirs publics ne valorisent pas assez les voyages à l’étranger »
Richard Vainopoulos, président du réseau Tourcom.
Sa position de distributeur le met en première ligne pour dénoncer toute forme de concurrence déloyale vis-à-vis des agences de voyages

« Je trouve que nos politiques ne valorisent pas suffisamment l’importance des voyages à l’étranger. Le flux des voyageurs à l’export reçoit à plus ou long terme sa contrepartie. De plus les agences distributrices représentent 25 000 emplois. Ce n’est pas négligeable. »

A propos de la transparence :
« La transparence et les labels ? C’est de la poudre aux yeux. Le secteur aérien doit sortir de sa forteresse. Ce qu’il faut c’est, à l’échelle internationale et en commençant par l’Europe, une caisse de garantie des compagnies aériennes. Si les compagnies européennes le font, les autres suivront et les consommateurs seront respectés. Il n’est pas normal que les agences de voyages aient une responsabilité dans les défaillances des compagnies aériennes.

Il faut Supprimer le label Horizon et élargir la liste noire dans une liste internationale de façon apolitique, sans distinction de continent ou de relation politique. »


A propos du Code du Tourisme :
« Les lois et les décrets se superposent sans répondre à nos revendications. Le travail fait sur le Code du Tourisme est bloqué jusqu’aux prochaines élections. La révision de l’article 23 est une nouvelle fois « enterrée ». Un nouvel énarque se penchera dessus. Qu’en fera-t-il ? »

A propos des concurrences :
« Je demande que la classe politique soit vigilante sur la libéralisation des services et sur la directive Bolkestein. Attention à une concurrence déloyale à l’échelle européenne étrangère qui aurait nos droits et pas nos obligations. En cas de sinistre, vers quel recours irait le consommateur ?

Il faut renforcer les obligations de transparence et d’information des pure players qui sont, pour près de la moitié d’entre eux, la source de nombreux litiges avec les consommateurs. »

Rapprocher le tourisme, la communication et la culture
L’Association des Agences de Communication événementielle (ANAE), présidée par Nathalie Morlot (WM Evénements) rassemble 70 entreprises. Elle milite pour un rapprochement des métiers de la communication, de la culture et du tourisme au service de l’économie et des entreprises.


L’ANAE fait campagne et interpelle les pouvoirs publics avec une série de questions. En voici quelques unes :

- Pourquoi le ministère du Tourisme dépend-il des transports réduisant ainsi le métier à sa dimension logistique alors que c’est l’une des principales ressources de la France ?

- Pourquoi ne pas réconcilier la promotion de la France en tant que territoire d’investissements (par l’AFII - Agence Française pour les Investissements Internationaux) et destination touristique (par Maison de la France), les décideurs du monde entier étant sensibles à installer leurs entreprises dans un pays où ils apprécient aussi de séjourner ?

- Pourquoi ne pas donner la possibilité aux employeurs du tourisme de faire travailler des intermittents du spectacle (beaucoup le font déjà dans le flou réglementaire), ces millions d’heures de travail contribuant à résoudre une partie du problème ?

- Pourquoi continuer à appeler « mécénat » la location occasionnelle et trop rare de lieux culturels publics, alors que la location d’un théâtre ou d’un musée privé relève d’une opération commerciale normale ?

« Un grand Ministère de la Culture, de la Communication et du Tourisme, légitimement rattaché au Ministère de l’Economie pourrait affirmer la volonté d’utiliser ce levier pour le développement de la France » déclare l’association par la voix de sa présidente Nathalie Morlot. »

Présidentielles : que revendiquent les professionnels du tourisme ?
Enquête à suivre…

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1.Posté par Faouzi SEBBANE le 21/02/2007 09:54 | Alerter
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Bonjour,

Il serait bon qu'un jour, ces messieurs du SNAV qui devrait plutôt s'appeller le SNPAV (pour Syndicat National des Patrons d'Agences de Voyages) comprennent aussi que notre métier se perpétue grâce à l'expertise de ceux qui l'exercent au quotidien ; à savoir les agents de voyages .
Par exemple, est-il besoin de noter que le salaire minimum figurant dans la convention collective est infèrieur au SMIC légal ?
Repensez les grilles de salaires messieurs, en vous basant sur la valeur ajoutée "Conseil" ainsi que le l'aspect chargé clientèle de notre métier .
Je me tiens à votre disposition pour tout complément d'information .
Je précise que mon cas personnel est plus que satisfaisant mais je trouve halucinant que vos démarches auprès des autorités ne vont jamais dans le sens de la valorisation de ceux qui vous rendent légitimes . NOUS LES AGENTS DE VOYAGES .

2.Posté par Lionel Lebrun le 21/02/2007 10:35 | Alerter
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Bravo Mr Colson,
vous avez bien résumé les combats que devront livrer la profession.
j'espére que cela ne sera pas qu'un voeux pieux, mais que le SNAV sera dans l'action dés maintenant auprés des présidentiables, et dés le mois de juin dans les ministére.
Lionel Lebrun

3.Posté par NATHALIE le 21/02/2007 19:20 | Alerter
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Je suis tout à fait d'accord avec le commentaire de Faouzi...
L'agent de voyages fait souvent partie des meubles et encore... Les bureaux et les systèmes informatiques sont rénovés bien plus souvent que les fiches de paie !

4.Posté par Antoine GEORGE le 22/02/2007 08:38 | Alerter
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Mr Colson réclame plus de flexibilité pour favoriser l'embauche. J'ai travaillé pendant des années comme accompagnateur de voyages d'aventures. On me demandait pendant trois semaines de travailler pratiquement 24H/24. Je devais préparer le voyage et faire un rapport après afin de permettre aux responsables à l'agence d'améliorer le circuit. Pendant le voyage je devais m'occuper parfois moi-même des réservations d'hôtels. On me demandait de parler plusieurs langues. Nous étions très nombreux dans la même situation et on nous payait entre 400 et 2000 euros le voyage non déclarés. Par la suite nous avons été très nombreux à être rayés de la carte au profit de diplômés (Accompagnateurs en Moyenne Montagne), sacralisation du diplôme à la française oblige, et de guides locaux, sous prétexte de participation au développement local (mais en réduisant du coup par deux la facture de l'accompagnement, sans baisser les prix des circuits bien sûr !).

Au bureau les "chefs de produits" et autres "responsables de secteurs géographiques" se consolent de leurs conditions de travail en se prenant pour des aventuriers professionnels. J' ai vu certains d'entre eux se tuer au travail 12 heures par jour pour un salaire qui atteignait à peine les 1300 à 1500 euros net par mois. La majorité du travail est faite par des stagiaires, trop fiers de travailler pour un prestigieux tour opérateur d'aventure.

Concernant les prestataires des pays d'accueil j'ai pu voiir aussi comme il était facile de les écraser en leur demandant l'exclusivité pour pouvoir ensuite leur faire baisser au maximum les prix par un chantage à l'abandon, tout en faisant la promotion d'un tourisme responsable dans leurs brochures.

J'arrête là provisoirement le réquisitoire la liste serait trop longue. Nous pourrions parler des salaires et des conditions de travail dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, et je m'étonne qu'un Zola du 21° siècle ne se soit pas encore penché sur la question. Alors lorsque je vois l'objet de vos petites réclamations mesquines je ne peux que rire. C'est bien connu les exploiteurs se plaignent toujours d'être les victimes.

Messieurs les petits épiciers du tourisme je ne vous prie d'agréer l'expression de mes salutations méprisantes.


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