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Sécurité, produits, management... les compagnies low cost vont-elles trop loin ?

Le point de vue d'un navigant long courrier


Rédigé par Jacques BIRON le Jeudi 5 Octobre 2017

Jacques Biron chef de cabine chez Corsair et délégué syndical CGT revient sur le déploiement du low cost long courrier dans le transport aérien. Pour lui, l'expression "low cost" s'apparente bel et bien à une pression patronale envers les salariés.



Low cost : l'opacité des prix permet, de façon détournée, à des opérateurs peu scrupuleux - présentant des prix d'appels relativement bas - de gonfler les prix des sièges par l'intermédiaire de recettes ancillaires - choix du siège, repas à bord, bagage en soute,...tout y passe ! Photo-Libre.fr
Low cost : l'opacité des prix permet, de façon détournée, à des opérateurs peu scrupuleux - présentant des prix d'appels relativement bas - de gonfler les prix des sièges par l'intermédiaire de recettes ancillaires - choix du siège, repas à bord, bagage en soute,...tout y passe ! Photo-Libre.fr
L'expression "low cost", au sens large du texte, ne s'apparente plus à une pression tarifaire, liée à un business model sans recul pour les compagnies aériennes long-courrier, mais bel et bien à une pression patronale envers les salariés, devenue la seule variable d'ajustement.

Effectivement, il apparaît une dérive du management sous le couvert de cette expression (low cost) dont l'arme absolue, disons-le, n'a d'utilité exclusive qu'un positionnement en matière de référencement sur le web pour les opérateurs : les moteurs de recherches !

Le manque de recul dans l'Histoire du long courrier low cost laisse place à un système non cadré par les associations de consommateurs. L'opacité des prix permet, de façon détournée, à des opérateurs peu scrupuleux - présentant des prix d'appels relativement bas - de gonfler les prix des sièges par l'intermédiaire de recettes ancillaires : choix du siège, repas à bord, bagage en soute,...tout y passe !

Je vous défie de voyager sur un vol long courrier d'une dizaine d'heures sans repas, sans bagages en soute et éloigné de vos petites têtes blondes en pleine nuit...

Il ne manque plus que le système de vidéo à la demande ! A-t-on véritablement le ressenti d'être en vacances ? C'est un contexte socio-comportemental inacceptable et inadapté pour le transport long courrier.

Nombre croissant de collisions et incidents au sol entre les aéronefs

De fait, l'expression low cost est une pression salariale qui n'est pas sans impact psychologique envers les salariés qui ont parfois la sensation d'être "chasseurs de prime" : gel des salaires mais augmentation du commissionnement des recettes ancillaires. La situation est anxiogène.

Du côté de la sécurité, les équipages salariés de compagnies low cost ne sont pas épargnés et les statistiques sont parlantes : nous assistons à un nombre croissant de collisions et incidents au sol entre les aéronefs due à une pression du timing pour augmenter les turnover de rotation.

Paradoxe du depackaging : la clientèle d'aujourd'hui exige des hôtels en mode all inclusive. Prenons l'exemple de l'Ile Maurice qui, jusqu'à présent chasse gardée d'une clientèle cadres sup', se targue de proposer dorénavant des resorts en formule tout inclus. Les compagnies aériennes low cost n'ont pas leur place sur la desserte.

Infine, les tarifs pratiqués par les compagnies aériennes se prétendant être low cost sont d'un niveau similaire à des compagnies legacy, sans les contraintes de celles-ci : remboursement total ou partiel en cas de retard, pouvoir être "reprotégé" sur le vol suivant sans pénalités (ou partiellement). Les legacy proposent une souplesse de modalités de vos conditions de voyage ainsi qu'une charte Qualité ce dont ne disposent pas les low cost !

Le coût du travail est la genèse de l'expression low cost

Jacques Biron chef de cabine chez Corsair - DR
Jacques Biron chef de cabine chez Corsair - DR
Le coût du travail est la genèse de l'expression low cost : comment expliquer que la compagnie Air France/KLM et Thaï Airways puissent proposer des tarifs identiques sachant que le niveau de charges sociales est quasiment nul en Asie ?

Plus récemment, le dirigeant d'une compagnie aérienne long courrier s'exprimait en mettant en avant que l'avenir du long courrier était de voyager de point à point et non de transiter via les pays du golfe "aéroports low cost" pour acheter sa bouteille de parfum et ainsi rejoindre sa destination...après 16 heures de voyage...Suis tout à fait en phase !

Le business model low cost arrive à son apogée : Ryanair vient d'annuler 2000 vols pour "soigner" son image de marque en rapport avec son taux de ponctualité inacceptable, des fonds d'investissement se retirent d'une compagnie émergente nordique, les résultats financiers de compagnies aériennes du golfe s'effondrent...

"Low cost", dans la pratique, rime avec "prix d'appel".


Ne nous éloignons pas du principal : low cost ne rime pas avec low salary !

Jacques BIRON,
Délégué Syndical de la CGT

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1.Posté par rick sailor le 06/10/2017 08:56 | Alerter
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Cher Monsieur

Votre vision franco franchouillarde du transport aérien est risible pour ne pas dire d'un passéisme éhonté ! Votre position même de délégué d'une organisation syndicale qui refuse tout accord laissant aux autres le soin de signer des textes qu'elle valide sur le terrain vous disqualifie d'avance.

Pour construire, il faut s'engager. Dénigrer est l'arme des faibles.

Que dite-vous ? Que le low cost arrive à son apogée. Erreur, il change et modifie son business plan. S'adapter, avec les conséquences immédiates parfois négatives, ne veut pas dire disparaître. Vous oubliez le client pour qui le meilleur rapport qualité prix n'est pas dans les PNC qui, désolé de le dire crument, ne sont que des "personnels de service à bord", des barman et hôtesses dont le cadre de travail demande une technicité particulière mais qui ne saurait, à ce titre, être surpayée.
Le client veut un prix. Un bon prix. Point.

L'erreur est de croire que le transport aérien est toujours construit sur un passé où les excès de tout genre étaient permanents. Nous parlons aujourd'hui "d'autobus des airs" qui vont d'un point à un autre en cherchant le meilleur prix, la meilleure rentabilité... Car quoique vous en pensiez, sans argent il n'y aurait pas d'avions !

Vous évoquez les incidents au sol. Erreur là aussi. Allez faire un tour sur le site de IATA, ils ont diminué de 6% en 2016 ! Pourquoi ? Meilleure procédure aéroportuaire. Mais vous avez raison, tout est améliorable.

Vous ressassez de vieux arguments sur les poids des charges… Mais qui a voulu de l'ultra social permanent ? Quand j'achète un produit, je le paye ! Idem pour un service. Il ne s'agit pas d'ultralibéralisme comme le diront certains mais d'un constat de la réalité du marché. Réalité est un mot qui vous échappe !

Je ne pleurerais pas sur votre statut et le "toujours plus" que vous voulez. Là où vous trompez c'est dans les raisons pas les causes. La votre, en l'état, me semble perdue. Tant mieux.

Le client, le client, le client… Voilà les faits.

Désolé d'être un peu dur et excessif mais il faut arrêter les plaintes lascives infondées. Comme le disait Jacques Marseille, regretté économiste proche du PC "nous sommes riches et nous ne le savons toujours pas".

Bien à vous

2.Posté par Gomes le 06/10/2017 09:49 | Alerter
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Qu'était Corsair Minerve et Pointair à leurs début en France ? Des "low-Cost" de leur époque :

Et encore eux ne commençaient pas leurs opérations avec des avions neufs ou quasi neuf (ref : French Blue- Xl et Bientôt JOON ...quand ils auront remplacé leurs antiques A340 par exemple)

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