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''Le tourisme n'a toujours pas acquis ses lettres de noblesse''

1er ''Rendez-Vous des Décideurs'' à Saint Tropez


Rédigé par Jean DA LUZ à St Tropez - jdaluz@tourmag.com le Lundi 3 Octobre 2005

Le ''Rendez-Vous des Décideurs'', organisé par la ville de Saint Tropez, Maison de la France et notre confrère "Stratégos", s'est tenu vendredi dernier à Saint Tropez. La manifestation qui succède aux "Rencontres du tourisme français", a été l'occasion pour les professionnels du réceptif mais également pour les TO, les Réseaux et les distributeurs, d'évoquer les lacunes mais également les opportunités et le potentiel de la Destination France. Un premier "Rendez-Vous" de bonne tenue, dommage que la vente de la France en agence n'ait quasiment pas été abordée.



Ashwini Kakkar (Inde), Jean-Michel Harzic (MDF Chine) et Vladimir Kantorovitch (Russie), 3 marchés porteur d'avenir pour la France
Ashwini Kakkar (Inde), Jean-Michel Harzic (MDF Chine) et Vladimir Kantorovitch (Russie), 3 marchés porteur d'avenir pour la France
Jean-Michel Couve, député-maire de St Tropez mais également Rapporteur pour Avis de Budget du Tourisme et responsable de la Commission éponyme à l'UMP, a planté le décor avec un discours musclé : "La plupart des dirigeants et des élus ont une vision passéiste du tourisme, a-t-il rappelé ajoutant que "Le tourisme chez nous n'a toujours pas acquis ses lettres de noblesse".

Pour illustrer ses propos il a cité tour à tour les "méthodes de mesure des flux touristiques qui ne sont pas claires (...) le foisonnement d'actions non concertées en matière de promotion (...) et le "Mille feuilles administratif" qui entre CDT, CRT, SLA, OT, SI aboutit à des redondances et des concurrences qui n'ont plus lieu d'être dans le contexte de concurrence actuel.

"Avant la présidentielle, a-t-il souligné, il faudrait se mettre en ordre de marche pour proposer un grand projet touristique pour la France." Un discours qu'Emmanuel Fusiller, représentant le ministre délégué au Tourisme, a repris indirectement à son compte, évoquant les lacunes de la Destination France face à une concurrence de plus en plus féroce.

Que ce soit sur la durée moyenne de séjour (en baisse depuis une quinzaine d'années), sur la qualité de l'équipement touristique et de l'hébergement, sur la réforme des stations classées ou sur la cohérence du découpage administratif, sur la baisse prévisible des fonds FEDER pour le développement avec l'arrivée des nouveaux adhérents de l'Union européenne, notre pays a besoin de réagir.

De gche à droite : Jean Korcia (Manor), grand témoin, Christophe de Chassey (Direction Ingénierie et Projets, ODIT France), Emmanuel Fusiller (représentant le ministre délégué au Tourisme) et Pascal Visintainer (Maison de la France)
De gche à droite : Jean Korcia (Manor), grand témoin, Christophe de Chassey (Direction Ingénierie et Projets, ODIT France), Emmanuel Fusiller (représentant le ministre délégué au Tourisme) et Pascal Visintainer (Maison de la France)
Une anecdote de Pascal Visintainer (Maison de la France), qui a passé en revue les clientèles de l'Hexagone, suffit à illustrer les problèmes de compétitivité face aux pays émergents : en Europe le prix moyen d'un Coca-cola est de 2 euros. En France, il est de... 4 euros ! Une image de destination chère qui passe mal la rampe face aux difficultés économiques de l'Allemagne ou des Pays Bas dont la désaffection pour l'Hexagone va croissante.

Certes, la situation n'est pas dramatique. Globalement, la France a maintenu sa position "emblématique" de 1ère destination mondiale même si en termes de revenus elle est depuis longtemps battue par l'Espagne et les États Unis.

Par ailleurs, si des pays comme la Chine et l'Inde attirent de plus en plus de visiteurs, le mécanisme fonctionne à double sens. Chinois et Indiens constituent des réservoirs de croissance non négligeables, même si pour ce qui est des premiers une prudente réserve succède aux annonces quelque peu optimistes des débuts...

En revanche, l'Inde s'annonce comme le prochain "El Dorado", si l'on en croît Ashwini Kakkar, patron indien de Thomas Cook qui a acheté pour 1 million de nuitées (!) à Accor. La croissance géométrique de ce pays qui pointe déjà à la 4e place des économies mondiales est porteur d'espoir pour le tourisme français.
D'une part en raison de la langue (les indiens parlent anglais) et d'autre part, 92% des touristes qui voyagent passent par une agence de voyages.

''Le tourisme n'a toujours pas acquis ses lettres de noblesse''
Autre vecteur d'espoir : la Russie. Vladimir Kantorovitch, patron de l'un des plus gros TO du pays et spécialiste de la France, a pointé le doigt sur la croissance du marché qu'il estime pour lui à 22%. Dommage que les attributions de visa, même s'il constate des améliorations, ne suivent pas. Dans tous les cas, l'engouement des visiteurs de ce pays pour le notre ne se dément pas.

On pourrait croire, à la lecture de ces lignes que les choses ne vont pas si mal et, qu'après tout, la France tire plutôt bien son épingle du jeu. Mais ce serait oublier que ses compétiteurs les plus féroces (l'Espagne par exemple ou même les pays de l'Est), possèdent aujourd'hui un réseau de lignes low cost qui a fait exploser leur fréquentation. Une étude effectuée par Maison de la France établit très nettement la corrélation entre les deux facteurs, même si on s'en doutait tout de même un peu...

Rien de tel dans l'Hexagone, où la compagnie nationale a fait l'objet d'une "protection rapprochée" par les gouvernements successifs face à la déreglementation de l'aérien. Un problème mis en exergue également par Patrick Malval, patron de British Airways en France et dont la Compagnie subit depuis plusieurs années une concurrence à outrance sur le marché britannique.

Autre épine dans le pied du réceptif français, relevée tour à tour par Marie-Christine Duboscq (SNAV), Brigitte Jeanjirard (Cediv), Pascal Lieutaud (Autocars Lieutaud) et Christian Orofino (Visit France) : la question de la fiscalité avec une TVA à 19,60% et le problème du stationnement des autocars, véritable casse-tête pour les organisateurs. Si l'on veut développer les groupes, est-il concevable de repousser de plus en plus loin ceux-ci ?

Et la vente de la France en agences ?

(gche à dte) Brigitte Jeanjirard (Cediv), Pascal Lieutaud (Autocars Lieutaud), Michel Barraud (ParisVision), Marie-Christine Duboscq (SNAV), Christian Orofino (Visit France), Maxime Tissot (Club Grandes Villes, Maison de la France)
(gche à dte) Brigitte Jeanjirard (Cediv), Pascal Lieutaud (Autocars Lieutaud), Michel Barraud (ParisVision), Marie-Christine Duboscq (SNAV), Christian Orofino (Visit France), Maxime Tissot (Club Grandes Villes, Maison de la France)
Si cette première édition du ''Rendez-Vous des Décideurs'', a tenu toutes ses promesses, on peut regretter que le thème de la vente du produit France dans les agences n'ait été abordé qu'à propos de la mise en place de Resinfrance. En effet, il aurait été intéressant que des patrons de réseaux comme J.-P. Mas, Adriana Minchella (CEDIV) ou Sandrine Billière (Leclerc Voyages) puissent s'exprimer sur la question et faire part de leurs réflexions.

Sans ressortir le couplet des difficultés habituelles (manque de structuration, interlocuteurs non qualifiés, produits non commercialisables...) il apparaît que la vente de la France peut s'avérer extrêmement rentable. La Grande distribution en fait ses choux gras et Vacances Lagrange par exemple, commercialise 83% de ses produits France par le biais des AGV. Cela mérite qu'on en discute, non ?

Bien entendu, notre pays attend toujours le fameux "GDS" qui permettrait aux agences de vendre facilement et rapidement des séjours, des hôtels et des circuits en France. Làs, il semble qu'il faille encore attendre Resinfrance (*) quelques mois, comme l'a expliqué Philippe Demonchy, qui pilote le projet.

Après plusieurs années de gestation, on vient de s'apercevoir (il vaut mieux tard que jamais) qu'il y a une cohérence entre franceguide.com qui reçoit chaque mois 1,2 millions de connexions et Resinfrance qui permettrait de transformer l'information en réservation directe. Bien entendu, ce retard profitera plutôt à la vente directe qu'à celle en agences (CQFD).

Actuellement, l'ODIT planche sur la faisabilité juridique et financière et le calendrier de mise en route définitif a été fixé à... juin 2006 !

(*) Resinfrance ( www.resinfrance.fr est à la fois accessible au grand public et aux pros. Il enregistre chaque mois 100 000 connexions mais n'a toujours pas atteint sa vitesse de croisière.

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