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Que resterait-il de l’industrie touristique si la Belgique éclatait ?


Rédigé par Michel Ghesquière à Bruxelles - michel.ghesquiere@skynet.be le Mardi 4 Septembre 2007

Une poignée d’excités en Belgique fait monter la pression depuis plusieurs mois en poussant à la partition entre Wallons et Flamands. Bien qu’il soit avéré qu’une minorité d’habitants du Plat pays approuve cette solution, le risque n’en est pas moins bien là. Michel Ghesquière a fait de la politique-fiction et imaginé les conséquences pour l’industrie touristique d’un pays coupé en deux.



Eté très chaud en Belgique. Non pas au niveau de la météo qui est restée maussade, mais au niveau politique. Et ce qui a été dit lors des négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral pourrait faire penser que d’ici les prochaines années, le royaume éclaterait en deux entités séparées. La célèbre émission de politique fiction de la TV belge deviendrait alors réalité.

Nous nous sommes penchés sur les conséquences de cet éclatement au niveau de notre industrie. Pour ce faire nous avons opté sur un scénario extrême : la Flandre indépendante, la région de Bruxelles-capitale devenant un district européen et la Wallonie se séparant elle-même : la province du Luxembourg et la région germanique se rattachant au Luxembourg et les autres provinces à la France.

Un changement des législations

Première conséquence, la législation flamande restera ce qu’elle est avec, comme base, les AGV uniquement responsable du conseil et de la bonne fin administrative des dossiers et les TO des produits vendus.

Par contre, pour les AGV francophones, ce serait la révolution puisqu’elles répondraient dorénavant aux législations françaises ou luxembourgeoises qui, comme on le sait, responsabilisent davantage les distributeurs.

Deuxième conséquence : la disparition de la Commission litiges-voyages (CLV). Il y a en effet tout à penser que la CLV dont le rôle d’arbitre entre les consommateurs les TO et les AGV, si elle se maintient dans le nouvel état flamand ne sera plus compétente pour les dossiers francophones. En cause, législations différentes et surtout compétence qui sera déniée par les Etats de tutelle.

Troisièmement, la disparition des Commissariats au tourisme bruxellois et wallon. Comme l’octroi de statut dépendra dorénavant des lois françaises et luxembourgeoises, il y a tout lieu de penser que les Commissaires actuels seraient remplacés par des « procurateurs » venus de Paris pour la partie rattachée à la France et sous tutelle immédiate pour la partie rattachée au Luxembourg.

Quatrièmement, la modification en profondeur des systèmes de payement. Contrairement à la France, l’utilisation des chèques comme moyen de payement est devenu archaïque en Belgique. Dans le royaume, ce sont les virements bancaires qui sont le plus utilisés pour les transferts financiers importants entre entreprises.

Et comme la plupart des opérations entre els AGV et les fournisseurs se font soit par virements bancaires, soit par domiciliation des factures…

Le personnel obligé de retourner sur les bancs de l’école ?

Non seulement le personnel des AGV francophones sera obligé d’apprendre la nouvelle législation, mais en plus il va se poser le problème de savoir si la formation actuelle de celui-ci correspond aux normes françaises et luxembourgeoises.

En jouant sur les mots, les ex-belges seraient mêmes obligés de retourner à l’école primaire pour réapprendre que 70 se dit soixante-dix et non septante…Et comme le français parlé en Belgique, n’est pas tout à fait le même que celui de la France, ce serait une rééducation en profondeur qu’il faudrait mener.

Des aéroports internationaux devenant régionaux

Pour Zaventem, il est assez difficile de prévoir ce qu’il en adviendrait. Mais logiquement comme cet aéroport ne desservira plus que Bruxelles et la région flamande, il serait pensable que sa chalandise se réduirait considérablement. La France faisant le maximum pour pousser en avant Paris CDG au sein de ses nouveaux départements.

Quand aux deux aéroports régionaux, Charleroi et Liège, vu leur degré de spécialisation, tout donne à penser qu’ils resteraient opérationnels. Tout au plus, on pourrait penser que Charleroi serait rattaché à Lille Lesquin (un peu comme les Aéroports de Paris qui contrôlent CDG et Orly).

Quant à l’aéroport de Liège, les Aéroports de Paris ont déjà une participation financière dans celui-ci.

La Brussels Airlines condamnée ?

Si l’on se penche sur les actionnaires de la SN Air holding, propriétaire de la Brussels Airlines, force est de constater que non seulement les Régions actuelles de Wallonie et de Bruxelles-capitale en sont actionnaires mais qu’en plus de nombreux groupes économico financiers francophones le sont aussi.

Il y a donc de fortes chances que ces actionnaires se déferont de leurs investissements au sein de la compagnie. Sauf dans certains cas où pour des raisons politiques certains groupes pourraient se maintenir. Comme, indirectement, par le fait de la fusion Gaz de France avec Suez, c’est le gouvernement français qui entrerait dans le capital de la compagnie ex-belge.

Position qui serait très mal perçue par la nouvelle République Flamande. Avec comme conséquence le démantellement de la compagnie.

L’autre solution étant naturellement la revente de la Brussels Airlines a un groupe étranger. Nous pensons par exemple à des capitaux indiens (Jetairways). Qui sont très actifs actuellement.

Les grands TO belges démantelés

Devant les nouvelles structures, il y a tout à penser que les maisons mères de TUI Belgium et de Thomas Cook Belgium décident la réorganisation de leurs filiales ex-belges. Si les entités flamandes continueront à exister comme telles, par contre, il serait tout à fait logique que les AGV francophones de ces groupes dépendraient de Paris. Il en serait de même en ce qui concerne les produits des TO de ces groupes qui seraient diffusés dans l’ancienne région wallonne.

Et en ce qui concerne les directions dans les nouveaux territoires français, l’histoire des fusions d’entreprises démontre que les cadres belges seraient très certainement remplacés par des responsables français.

Pour ce qui est des produits, en dehors des produits destinés aux clients flamands, la petite touche « belge » serait condamnée à disparaître des catalogues des grands opérateurs.

L’ex Belgique une sous-sous destination

Les grands musées bruxellois verraient leurs collections éclatées en trois ou quatre. Il suffit de penser à ce qu’il est advenu à la célèbre bibliothèque de l’université de Louvain lorsqu’il a été décidé la scission de cet établissement qui était l’une des plus anciennes universités européennes.

Pour la petite histoire, il a été décidé d’attribuer les ouvrages aux deux nouvelles universités créées sur les décombres de l’ancienne en fonction de la numérotation des livres. Les pairs à la KUL et les impairs à l’UCL…

Par ailleurs, si l’on s’en réfère à l’Histoire, force est de constater, qu’il y aura beaucoup de chance pour que les musées français s’enrichiront de pièces provenant des musées royaux belges qui auront été démantelés.

En effet une grande partie des collections du Louvre, par exemple, ne proviennent-elles pas des conquêtes napoléoniennes ou de l’époque coloniale ?

Quant aux Palais bruxellois, tout à fait logiquement, celui de Bruxelles pourrait très bien devenir la résidence officielle du Président de la Commission européenne et celui de Laeken, la résidence du futur président de la République flamande.

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1.Posté par Claude Boumal le 05/09/2007 12:03 | Alerter
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Bonne fiction, Michel... Le plus "fiction" de tout étant l'hypothèse d'un rattachement de la région germanophone et de la province de Luxembourg au Grand-Duché du même nom : leur a-t-on seulement jamais demandé leur avis, à ces pauvres Luxos? Quant au reste, qu'en pense Sarkozy? :-))


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