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Air Caraïbes fera-t-elle monter Corsair au 7ème ciel ?

Le groupe devrait conserver le personnel et les lignes exploitées


le Vendredi 20 Février 2015

Le groupe Dubreuil, propriétaire d'Air Caraïbes, a présenté son projet de rachat de la compagnie Corsair. Il a promis de conserver tous les salariés ainsi que les lignes actuelles et compte bien trouver de nouveaux relais de croissance. Le personnel devra toutefois consentir des efforts de productivité.



Marc Rochet, Jean-Paul Dubreuil, Pascal de Izaguirre et Paul-Henri Dubreuil ont présenté leur projet de rachat de Corsair par Air Caraïbes. DR-LAC
Marc Rochet, Jean-Paul Dubreuil, Pascal de Izaguirre et Paul-Henri Dubreuil ont présenté leur projet de rachat de Corsair par Air Caraïbes. DR-LAC
C'est officiel. Après plusieurs jours de rumeurs, le groupe Dubreuil, propriétaire d'Air Caraïbes, a officiellement présenté vendredi 20 février 2015, devant la presse son projet de rachat de la compagnie Corsair.

Ce rapprochement marque la naissance du premier transporteur aérien privé français, avec 2 000 collaborateurs, 2,4 millions de passagers, un chiffre d'affaires de 830 millions d'euros et 15 avions.

"Alors que le pavillon national a besoin d'être consolidé, nous sommes fiers de créer ce nouvel acteur 100% français" explique Pascal de Izaguirre, le PDG de Corsair.

Premier objectif : rendre Corsair profitable, sur le modèle de la très vertueuse Air Caraïbes.

En effet, la compagnie du groupe TUI peine à retrouver l'équilibre, malgré le plan de restructuration mis en œuvre depuis 4 ans par Pascal de Izaguirre, son PDG.

"Lorsque je suis arrivé, la compagnie frôlait la faillite. Nous avons réussi à en faire une entreprise performante et reconnue qui devrait retrouver la rentabilité d'ici cette année" assure-t-il.

La compagnie accuse toujours une perte de 8,6 millions d'euros en 2014. TUI est d'ailleurs obliger de la recapitaliser avant de la vendre et devrait injecter 17 millions d'euros.

Garder tous les salariés pour trouver de la croissance

Cela faisait 5 ans que le groupe Dubreuil s'intéressait à sa consœur et concurrente, avec laquelle il avait développé des accords de partage de codes en mars 2012.

L'un des points d'achoppement concernait le sort des Boeing B747-400, assez âgés, qui devraient quitter la flotte d'ici 2017.

Les deux opérateurs vont pouvoir ainsi renforcer leurs partenariats et se développer sur de nouveaux marchés.

Car Jean-Paul Dubreuil l'a certifié : pas question, du moins pour l'instant, de supprimer les lignes ou de réduire les dessertes.

Et malgré sa nouvelle position de leader devant Air France et XL Airways, il assure que les tarifs n'augmenteront pas sur les Antilles, un marché ultra concurrentiel, où les prix ont chuté de 2% l'an passé.

"Nous ne voulons pas réduire les fréquences, mais mieux les cadencer afin de séduire de nouveaux clients" assure Jean-Paul Dubreuil. Même les équipes commerciales devraient subsister pour aller conquérir de nouveaux de clients.

Il a également balayé l'idée d'un plan social, comme le craignaient les syndicats. (voir notre article dans TourMaG).

"Nous avons besoin de tous nos effectifs pour faire voler les avions et chercher de la croissance" renchérit Marc Rochet le président du directoire d'Air Caraïbes.

Mais le personnel devra quand même consentir des efforts de productivité. Aujourd'hui, les PNT d'Air Caraïbes volent en moyenne 750 heures par an. Un chiffre supérieur à celui de Corsair, que Pascal de Izaguirre n'a pas souhaité dévoilé.

Le groupe voudrait atteindre les 800 heures par an, une moyenne qui le rapprocherait des performances d'autres grands groupes européens, comme IAG.

Quant au personnel au sol, il devrait être intégré dans une filiale et pourra ainsi travailler pour d'autres compagnies.

Une troisième entité plus efficace et rationnelle

L'activité des deux compagnies est très saisonnière. Pour Air Caraïbes, élargir son panel de destinations lui permettrait de mieux rationaliser l'utilisation de sa flotte et des équipages et lui donnerait la possibilité de développer d'autres marchés - DR :
L'activité des deux compagnies est très saisonnière. Pour Air Caraïbes, élargir son panel de destinations lui permettrait de mieux rationaliser l'utilisation de sa flotte et des équipages et lui donnerait la possibilité de développer d'autres marchés - DR :
Dans tous les cas, les méthodes de travail ne pourront pas rester à l'identique avec l'arrivée des nouveaux Airbus A350, dont le premier sera mis en service en décembre 2016.

"Il faut choisir. Soit on construit l'avenir, soit on s'arc-boute sur le passé" s'exclame Marc Rochet, en référence aux craintes des salariés concernant leur contrat de travail.

Il est persuadé qu'il trouvera assez de volontaires pour intégrer la nouvelle structure, qui regroupera les 11 Airbus A350, les plus modernes de leur génération. Et le cas échéant, il signale au passage qu'il y a actuellement "1000 pilotes au chômage en France".

Cette flotte de 11 Airbus A350-900 et A350-1000, dont la moitié en propriété, sera intégrée dans une troisième entité qui revendra des heures de vols aux deux compagnies Corsair et Air Caraïbes. Son nom ne devrait donc pas être connu du grand public.

Le groupe Dubreuil compte ainsi dupliquer le même procédé qu'avec Air Caraïbes Atlantique.

Cette structure avait été créée de toute pièce en seulement 4 mois pour assurer le lancement des vols longs courrier en 2003 regroupant l'activité des trois compagnies de l'époque Air Caraïbes, Air Martinique et Air Guadeloupe.

A l'époque, ce montage lui avait permis de maîtriser ses coûts de production et de moderniser les méthodes de travail de trois opérateurs disparates.

Grâce ces arrangements, le groupe veut devenir plus productif et conquérir de nouveaux marchés dans l'arc antillais, mais aussi en Amérique du Nord, notamment au Canada où Corsair a déjà une ligne sur Montréal. Sans oublier les lignes dans l'Océan Indien.

En effet, l'activité de ces deux compagnies est très saisonnière. Élargir son panel de destinations lui permettrait de mieux rationaliser l'utilisation de sa flotte et des équipages et lui donnerait la possibilité de développer d'autres marchés.

De quoi poursuivre la success story d'Air Caraïbes.

Propriété d'un groupe familial, elle affiche 10 années d'exercices positifs (sauf 2011) et devrait publier prochainement un chiffre d'affaires de 360 millions d'euros pour un résultat net qui devrait avoisiner les 14 millions d'euros.

En dix ans, la compagnie a doublé ses parts de marché entre les Antilles et la Métropole, multiplié par trois son chiffre d'affaires et son nombre de passagers.

Avec un trésor de guerre de 290 millions d'euros, elle a pleinement les moyens de ses ambitions et devrait avoir largement de quoi racheter Corsair.


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