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Air France-KLM, le changement de cap spectaculaire... et inéluctable !

l'édito de Jean-Louis Baroux


Rédigé par Jean-Louis Baroux le Lundi 28 Octobre 2013

Jean-Louis Baroux, expert aérien, revient, dans cette chronique, sur la décision de la direction d'Air France de ne pas souscrire à l'augmentation de capital d'Alitalia. Selon lui, ce n'est pas le moment de faire des investissements en dehors du périmètre de sécurité de la compagnie et des filiales du groupe Air France-KLM.



Au fil des années, les passagers d'Air France ont vu avec une grande régularité le niveau de leur produit baisser - Photo LEROUX, Christophe (Air France)
Au fil des années, les passagers d'Air France ont vu avec une grande régularité le niveau de leur produit baisser - Photo LEROUX, Christophe (Air France)
Sauf revirement de dernière minute, Air France a finalement décidé de ne pas souscrire à l’augmentation de capital d’Alitalia et par conséquent de voir sa participation diminuer de moitié dans le capital de la compagnie italienne.

Oh, bien sûr, elle restera l’un des tout principaux actionnaires, mais son influence sera, à l’évidence, bien amoindrie.

Et c’est peut-être ce que cherche la direction de la compagnie française.

Pour autant que je sache les débats ont été soutenus entre les partisans de la poursuite de l’aventure italienne et ceux du repli.

Ces derniers ont gagné. D’ailleurs pouvait-il en être autrement ?

Le suivi de l’augmentation de capital, pourtant votée par les administrateurs de la compagnie au premier rang desquels les représentants d’Air France, aurait obéré significativement les capacités financières et en particulier la trésorerie de cette dernière.

Or pour le moment la gestion de cette ressource réclame une attention toute particulière.

Il faut en effet gérer une dette considérable et financer à la fois le Plan de Départs Volontaires qui vient encore d’absorber 200 millions d’€ et la refonte du produit à bord qui nécessitera encore 500 millions d’€ supplémentaires.

Autrement dit ce n’est plus le moment de faire des investissements en dehors du périmètre de sécurité, je veux dire Air France et ses filiales et KLM.

Les passagers ont vu le niveau des produits baisser

Voilà un retournement complet par rapport à la politique suivie depuis plus de 10 ans.

Rappelons s’il en était besoin qu’il s’agissait de créer alors un transporteur global, agissant sur la planète entière et couvrant tous les secteurs du marché.

Les interventions de Jean Cyril Spinetta sur ce sujet ont été trop nombreuses pour que l’on puisse les oublier.

Eh bien, la stratégie actuelle consacre l’échec de cette ambition. Il faut dire qu’elle avait été financée finalement par les passagers qui, au fil des années, ont vu avec une grande régularité le niveau de leur produit baisser.

Ils en ont tiré la conclusion toute naturelle qu’ils n’étaient plus prêts à payer un prix susceptible de couvrir les charges et les ambitions de la compagnie.

Le changement de cap est spectaculaire. Il est inéluctable.

Reste que pour modifier la direction d’une maison aussi importante que la groupe Air France/KLM, cela demande une formidable énergie, du temps et la paix sociale qu’il faut bien acheter à coup de centaines de millions d’€.

Le fait de ne pas suivre l’augmentation de capital d’Alitalia aura certainement des conséquences sur la stratégie de la compagnie italienne qui devra bien chercher une solution alternative, sauf à se replier sur elle-même, et devenir une importante compagnie régionale, ce qui serait peut-être la solution de sagesse.

En attendant, pour Air France, ce n’est pas le moment de plomber des comptes qui n’ont pas besoin de pertes supplémentaires.

Une paix sociale achetée à prix fort

Petit à petit, on revient aux fondamentaux.

Un bon produit, adapté au marché, susceptible d’être vendu à un prix suffisant pour équilibrer les charges de la compagnie et de lui assurer son nécessaire autofinancement.

Cette stratégie vient à point au moment où le transport aérien se porte finalement très bien.

Sa croissance est soutenue, y compris dans les marchés matures et, de surcroît, Air France/KLM est présente dans tous les grands marchés en croissance. Il ne reste plus qu’à espérer que la paix sociale achetée à prix fort, soit solide et pour longtemps.

Autre circonstance favorable, les grands concurrents européens Lufthansa et le groupe IAG sont eux-mêmes en proie à des difficultés sérieuses.

Ils n’ont ni l’un, ni l’autre le désir de profiter des difficultés du transporteur français pour mettre la main sur ce qu’il pourrait laisser de côté.

Il est parfois utile de regarder en arrière et de revenir sur ses pas si on a fait fausse route.

Cela est douloureux, mais cela vaut certainement mieux que de s’enfoncer dans un chemin qui ne peut déboucher que sur des embûches...

Air France-KLM, le changement de cap spectaculaire... et inéluctable !
Jean-Louis Baroux, est l'ancien président d'APG (Air Promotion Group) et le créateur du CAF (Cannes Airlines Forum) devenu le World Air Forum.

Grand spécialiste de l'aérien, il a signé aux éditions L'Archipel ''Compagnies Aériennes : la faillite du modèle'', un ouvrage que tous les professionnels du tourisme devraient avoir lu.

Les droits d'auteur de l'ouvrage seront reversés à une association caritative. On peut l'acquérir à cette adresse : www.editionsarchipel.com

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Tags : baroux
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1.Posté par Cédro le 05/11/2013 09:31 | Alerter
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Paix sociale achetée au prix fort!.... Ça veut dire quoi Monsieur le Grand spécialiste?!....

2.Posté par pascal le 05/11/2013 17:05 | Alerter
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Air France reste malgré tout une entreprise très rentable , j'ai fait plusieurs voyage les avions était complètement plein ....moi je pense que cette entreprise souffre plutôt d'une mauvaise gestion (trop personnel , masse salariale ...etc )

3.Posté par Patrick le 07/11/2013 07:34 | Alerter
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Le problème d'Air France est chronique : les avions sont pleins, mais les marges ne sont pas la!
- La faute à la conjoncture qui accentue la problématique : l'augmentation du coût du pétrole, la montée en charge de Lowcosts, la mise en œuvre de politique de savings chez les principaux clients professionnels (moins de déplacements professionnels, plus de vidéoconférences..) qui remplissaient historiquement les classes "qui rapportent". Cela s'appelle la concurrence!
- Mais aussi et surtout, les conséquences des aveuglements de certains personnels, des syndicats qui les supportent dans cet aveuglement : On peut parler aux gens du Sol.. c'est de la faute des PNC, des PNT.. On peut parler aux PNT, c'est de la faute des PNC.. . etc etc..
Ce n'est pas moi, c'est l'autre... ce n'est pas a "moi" a faire des efforts.. excès de corporatisme!!!

Pendant ce temps la concurrence s'organise, se repositionne efficacement.
Il n'est pas question chez eux de mesurettes, d'accords particuliers, de subventions destinées a acheter la paix sociale.. (par opposition aux extensions des bases province dont tout le monde comprendra bientôt que l’équilibre financier de sera jamais atteint... la paix sociale ayant été obtenue a grand coups de financements de mesures particulières dont nos amis syndicalistes sont si friands). Lorsque la situation l'exige, il faut accepter les mesures draconiennes.

A force de ne pas vouloir regarder les choses en face... tout le monde continue a tirer sur la bête... bientôt elle sera à bout à l'agonie et c'est la totalité des personnels qui auront à affronter le chômage.

Air France est sur le fil du rasoir : les "bijoux de famille" ont dors et déjà été cédés, (les avions sont à de rares exceptions désormais des contrats de leasing), les protections financières contre les fluctuations du carburant qui ont produit des bénéfices par le passé ne sont plus la...
La convalescence s'annonce longue et difficile.. : la situation est critique c'est une réalité.. encore faut t'il l'accepter.. et prendre les actions nécessaires au niveau individuel...

L'Etat français ne pourra plus voler au secours d'AF comme il l'a fait par le passé... L’état n'en a pas les moyens, et AF est désormais une société privée, régie par des règles de concurrence internationales..

Enfin, sur le fond ce n'est pas quand une société va mal que l'on fait les modifications de stratégie/structure et les ajustements stratégiques nécessaires.. c'est quand elle va bien, que l'on a du cash et une capacité a agir...
L'action plutot que la réaction..: C'est difficile à comprendre/encaisser au niveau individuel.. mais c'est la dure loi de l'offre et de la demande!!

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