TourMaG.com - Comment expliquez-vous cette baisse d’intérêt pour la destination ?
Philippe Brieu : "Les raisons sont essentiellement économiques. Toutes les destinations souffrent cette année et pas seulement celles d’Afrique du nord.
Et pourtant Air Mauritius a réalisé un bel exercice 2010 avec une reprise du trafic, une maîtrise des coûts et une certaine agressivité commerciale mais tout s’est ralenti avec la nouvelle année budgétaire. Il ne se passe plus rien.
Bien sûr, il y a aussi quelques appels d’air de destinations immédiatement concurrentes de Maurice comme l’ouverture de grosses unités hôtelières aux Seychelles avec des tarifs promotionnels.
Les hôteliers maldiviens ont également fait des efforts et comme les prix sont calculés en dollar, la zone Euro y gagne encore un peu plus grâce au change favorable."
TourMaG.com - Craignez-vous une certaine fragilité économique chez les producteurs au regard de la saison été médiocre qui s’annonce ?
Philippe Brieu : "Non, parce que le BSP dispose maintenant d’outils d’analyse qui devraient prévenir les catastrophes mais surtout, quand les temps sont durs, il faut au contraire aider les tour-opérateurs et les agences à pousser les ventes."
TourMaG.com - Air Mauritius inaugure son vol vers Shanghai. Comptez-vous commercialiser ce vol en France ?
Philippe Brieu : "Non. Même les vols que nous opérons vers l’Australie qui, d’un point de vue temps de trajet, sont très compétitifs avec 11 heures de vol de France à Maurice et 8 heures de Maurice à Perth et une dizaine d’heures pour le vol de Sydney, ne sont pas entrés dans les mœurs en France.
Un ou deux vols par semaine, ce n'est pas suffisant pour imposer une desserte. Mais pour en revenir aux vols vers l’Asie, les quatre destinations que nous desservons en Inde sont en forte progression avec du trafic dans les deux sens.
Nous opérons également sur Hong Kong et Singapour. L’ouverture de Shanghai va permettre, comme pour les deux autres lignes, de faire du volume avec les touristes chinois intéressés par l’île Maurice."