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Boulogne-sur-Mer : de la mer à l’autel, il n’y a qu’un pas...

L’appel du Nord


Rédigé par Jean-François RUST le Mercredi 16 Décembre 2015

Qui connait vraiment Boulogne-sur-Mer ? Les Français ont entendu parler de son port de pêche, très actif. La ville marque aussi l’entrée de la Côte d’Opale et des célèbres caps Gris-Nez et Blanc-Nez. L’aquarium Nausicaá, lui, fait recette auprès du public. Mais sait-on que cette cité populaire cache un centre ancien fortifié de remparts, où trônent basilique, château-musée et beffroi ? Rencontre avec une ville surprenante, qui vous prend dans ses filets sans crier gare.



Que sait-on de Boulogne, cette cité populaire an centre ancien fortifié de remparts, où trônent basilique, château-musée et beffroi ? - DR : J.-F.R.
Que sait-on de Boulogne, cette cité populaire an centre ancien fortifié de remparts, où trônent basilique, château-musée et beffroi ? - DR : J.-F.R.
La pêche. Depuis des décennies, c’est le moteur de Boulogne-sur-Mer.

La ville enrichie par le hareng est le premier port européen pour la transformation du poisson.

Près de 400 000 tonnes y sont traitées chaque année, découpées, filetées, fumées….

Toutes ne sont pas pêchées par les bateaux boulonnais. Il y a deux ans, ceux-ci ont ramené 38 000 tonnes de poissons frais.

Le reste provient d’armateurs d’autres ports normands, belges et néerlandais, mais aussi de transporteurs routiers venus de Grande-Bretagne et des pays nordiques.

Cinq heures du matin dans la zone Capécure, vaste quartier logistique et de négoce de marée, construit sur les ruines des bombardements de 1945.

Dans la criée électronique en forme « d’amphi », ont pris place une poignée de mareyeurs, transformateurs et poissonniers.

Derrière des vitres, des hommes enregistrent les apports en poissons et fixent les prix de départ.

Au pupitre, en bas, les anciens crieurs enregistrent les achats. Sur les écrans les prix et les espèces (lieu noir, merlan, turbot, chinchard, maquereau, cabillaud, roussette…) défilent à vive allure.

L’atmosphère est silencieuse, méthodique. En dix minutes, ce jour là - petite pêche -, tout est plié.

Pêcheurs côtiers, chalutiers et navires-usines

« Nous traitons 85 espèces de poissons. Ici à Boulogne, une centaine de bateaux sont actifs, éclaire Gildas Dubois, chef de service de la criée.

Les pêcheurs côtiers vendent essentiellement sur les quais, au public. Les artisans chalutiers, eux, partent 2 à 4 jours en Manche et en mer du Nord et vendent à la criée.

Nous avons aussi des navires industriels qui restent jusqu’à deux mois en Atlantique Nord, pour le lieu et le cabillaud
 ».

Une fois les cargaisons déchargées, triées, pesées, classées et empaquetées à bord - une spécialité de Boulogne -, l’habitude, bien qu’en perte de vitesse, est d’aller à la brasserie Le Chatillon, dans Capécure.

Dès quatre heures du matin, les pêcheurs y côtoient les mareyeurs.

Les chauffeurs routiers bataves, suédois, écossais ou irlandais s’attablent près des ouvriers de la marée, autour d’énormes sandwiches.

Certains ne rechignent pas de boire une petite « bistouille » (café-calva) ou un « roustintin » (chocolat-kirsch).

L’ex-quartier matin de la Beurière

L’activité de pêche trouve son prolongement dans la basse ville.

Face à la gare maritime désaffectée (aucun ferry ne dessert plus l’Angleterre), au pied des quatre buildings du Quai Gambetta labellisés « Patrimoine du 20ème s. », les étals de poissons constituent un point de rendez-vous des Boulonnais.

Les épouses des marins y écoulent la marchandise dans une ambiance conviviale.

Ces traditions s’opèrent sous le regard bienveillant de « Batisse » (Baptiste) et « Zabelle », deux statues emblématiques du folklore et des revues patoisantes de Boulogne, postées sur le Quai Gambetta.

Un peu plus loin, place au quartier de la Beurière. Deux à trois rues en escaliers rappellent qu’il s’agissait là du cœur du quartier des marins.

Il en subsiste un brin d’atmosphère et de rares maisons de pêcheurs, de la fin 19ème s., dont celle de la Beurière, au mobilier reconstitué.

La ville haute et ses remparts

Tournée vers la mer, Boulogne a comme des scrupules à dévoiler son arrière-scène. Et pourtant…

Depuis les berges de la Liane aux quais aménagés en promenade, la rue de la Lampe monte à l’assaut de la vieille cité.

Traversant le cœur commerçant sans grand intérêt de Boulogne, elle longe la place Dalton et son église Saint-Nicolas (13ème s.), avant de devenir Grande Rue et de rejoindre la ville haute.

Quelle surprise alors de découvrir des remparts plus vrais que nature, un quadrilatère presque parfait enserrant un noyau urbain quasi inconnu des touristes !

La cité qui a vu grandir Sainte-Beuve et accueilli Dickens peut se flatter de posséder ce patrimoine.

Dans l’enceinte percée de portes défensives, reliées par les fortifications du 13ème s. (remaniées au 16ème s.) et accessibles aux marcheurs, l’architecture bourgeoise des 18ème et 19ème s. est à l’honneur.

Les rues étroites aux noms religieux, les constructions en grès, les hauts murs et jardins clos dessinent le paysage de ce quartier d’anciens chanoines, où suinte un catholicisme bon ton.

Trois monuments majestueux en émergent : le beffroi, le château-musée et la basilique.

Le premier, tour carrée du 12ème s., est le donjon d’un ancien château comtal.

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 2005, comme 23 autres beffrois de la région, il domine de son ultime étage octogonal, à 35 m du sol, la façade classique 17ème et 19ème s. de l’hôtel de ville.

Notre-Dame, « phare de la catholicité »

A l’angle sud-est des remparts, le château-musée d’époque médiévale est le premier exemple de forteresse construite sans donjon.

Il forme un polygone à neuf côtés renforcé de tours dont quatre restent visibles. Autour de la cour intérieure en anneau, les salles comtales abritent des collections archéologiques et de beaux-arts.

La visite conduit enfin à la basilique Notre-Dame, du 19ème s. Avec son dôme géant culminant à 101 m, elle a des allures d’Invalides ou de Saint-Pierre de Rome…

C’est dire l’importance du culte voué à Notre-Dame de Boulogne, une histoire d’apparition remontant au 7ème s.

Ce « phare de la catholicité », fréquenté jadis par les rois de France, s’anime chaque année en août lors d’une grande procession.

De la mer à l’autel, il n’y a qu’un pas, qui sépare une ville partagée entre les incertitudes de la pêche et celles de l’au-delà.

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