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Bretagne : le charme discret de Quimper

Le Festival Cornouaille draine en juillet plus de 300 000 spectateurs


Rédigé par Jean-François RUST le Mardi 18 Juillet 2017

L’attrait de la préfecture du Finistère tient autant à la beauté de son centre historique qu’à son passé maritimo-fluvial et artisanal. Un concentré de culture bretonnante qui surprend les visiteurs. La ville « d’Art et d’Histoire », en fusion chaque mois de juillet lors du festival Cornouaille Quimper, mérite sans doute une plus grande attention.



Entre la médiathèque et le Théâtre de Cornouaille, l’esplanade formée au cœur de cet ensemble prend les jours de spectacles des allures de place Beaubourg - DR : J.-F.R.
Entre la médiathèque et le Théâtre de Cornouaille, l’esplanade formée au cœur de cet ensemble prend les jours de spectacles des allures de place Beaubourg - DR : J.-F.R.
Je ne connaissais pas Quimper. J’en avais une image assez flottante, moins nette en tout cas que celle de Brest ou de Saint-Malo.

J’ai découvert une cité très élégante et toute en retenue. La ville possède ce charme habituel des localités provinciales où les pouvoirs civil et religieux ont longtemps influencé deux quartiers rivaux, le « ducal » et celui des « chanoines ».

Une dualité visible pour qui sait lire le paysage médiéval quimpérois, épargné par les destructions de la guerre.

Je l’appris vite aussi, Quimper est une ville de traditions. Locomotive d’une identité très bretonnante, le Festival Cornouaille Quimper, spectacles de danses, chants, bagadoù et nouvelles cultures entremêlées, draine chaque mois de juillet plus de 300 000 spectateurs.

Autre surprise, Quimper est une cité de la mer. Oui, de la mer ! L’Odet et ses hautes marées la relient à l’océan et le fleuve a durant des siècles accueilli goélettes, sloops et vapeurs sur ses quais. Il a favorisé aussi, grâce à l’eau et à l’argile de son lit, un artisanat faïencier toujours vivace.

Enfin, Quimper ne s’endort par sur son passé. Comme toute préfecture désireuse d’incarner le dynamisme de son territoire - malgré la concurrence de Brest -, la cité de 65 000 habitants se dote d’équipements nouveaux. La rénovation du Palais des Congrès et l’ouverture du Pôle des Musiques Actuelles, près du théâtre Max Jacob, en témoignent.

Faïencerie de Locmaria

Pour bien comprendre Quimper, il faut remonter à sa source. Précisément à Locmaria, le quartier fondateur, sur les berges de l’Odet.

C’est là, dans ce secteur villageois en voie de rénovation, proche du centre-ville - une liaison piétonne ou cycliste serait bienvenue - qu’a débuté au 1er s. après J.C. la fabrication de poteries culinaires.

La faïencerie arrivera quelques siècles plus tard, importée par un artisan provençal qui y créa la première fabrique. 300 ans après, l’activité est toujours représentée par la faïencerie Henriot, qui a retrouvé une seconde jeunesse et perpétue le style quimpérois, inspiré de Moustiers, Nevers et Rouen.

Le musée de la faïence, lui, a élu domicile dans un ancien atelier. Ses superbes pièces rappellent les périodes fastes de cet artisanat : les années 1850, la période 1870-1880, l’entre deux-guerres… Aux pics de l’activité, plus de 500 personnes travaillaient dans les trois grandes faïenceries de la ville.

La présence à Locmaria d’une ancienne abbaye bénédictine, devenue prieuré, d’une église romane (11e s.) et d’un jardin médiéval, ajoutent au sentiment de « village rattrapé par la ville », alors qu’il en est au contraire le berceau.

Cité de la mer…

Nous disions que Quimper était une cité de la mer. Marcher le long de l’Odet à différentes heures du jour en apporte la preuve.

A marée haute, les mulets folâtrent dans les eaux saumâtres. A marée basse, la vase livre ses plaques visqueuses.

Ce flux et reflux a fini par condamner le port de Quimper à l’envasement, en même temps que les bateaux, de plus en plus gros, peinaient à remonter l’estuaire.

Le spectacle des quais encombrés de navires et de marchandises devait pourtant être fameux, lorsqu’aux 18e et 19e s. les embarcations apportaient vin, sel et charbon et croisaient celles chargées de faïences, céréales, pommes de terre, toiles de Locronan…

Le port sablier de Corniguel, construit en aval, est aujourd’hui le dernier vestige de cette activité. Dès la fin du 19e s., les berges de l’Odet prirent le virage de l’embourgeoisement élégant.

Rive gauche, face au quai longeant les anciens remparts médiévaux, de belles demeures furent construites. L’accès en ville de leurs propriétaires se fit par des passerelles privatives, jetées au dessus de l’Odet. Elles sont toujours visibles, élégantes et étroites arches fleuries enjambant le fleuve.

Cathédrale « gothique flamboyant »

Nous parlions des pouvoirs civils et religieux. Petite piqûre de rappel.

Au 13e s., un évêque fait construire la cathédrale Saint-Corentin sur les fondations d’une église romane. Le Palais des Évêques voisin (aujourd’hui musée départemental breton), plusieurs fois remanié jusqu’au milieu du 17e s., sert de résidence aux prélats.

Ce petit monde de chanoines s’enserre dans des fortifications, dont il reste de rares vestiges (la tour Nevet). La ville épiscopale est née.

Face à elle, de l’autre côté du Steïr - affluent de l’Odet -, se tient l’autorité ducale, qui installe ses propres attributs de pouvoir : la prison, l’auditoire de justice, les fours banaux, un moulin. Une corporation de commerçants profite de cette concentration d’intérêts et prospère.

La balade en cœur de ville dévoile cette dichotomie et livre un patrimoine joliment préservé. La cathédrale Saint-Corentin (13e-15e s.) trône au milieu du quartier religieux. Symbole de Quimper, ses flèches de pierre de 76 mètres de haut datent de 1856 et dominent majestueusement la ville.

Mais la curieuse déviation de la nef, sans doute un acte volontaire pour solidifier son assise, est d’origine. La restauration menée pendant vingt ans, de 1989 à 2008, a restitué l’éclat du « gothique flamboyant » de la cathédrale.

Le roi Gradlon, posé sur son cheval entre les deux tours, peut enfin se consoler d’avoir perdu sa fille Dahut et sa belle cité d’Ys, engloutie au large de Douarnenez…

Colombages colorés

Le pouvoir municipal a rejoint au 19e s. celui des chanoines et s’est installé autour de la cathédrale et de la place Laënnec. Cette agora profite, avec l’hôtel de ville et le musée des Beaux Arts, d’une belle animation.

En face et au nord, les rues Kéréon et Fréron, jalonnées de splendides demeures à pans de bois, témoignent des richesses commerçantes de jadis.

La première regroupe les plus photogéniques, avec leurs colombages colorés au-dessus des commerces. Mais nous avons un faible pour l’itinéraire sautant de rues en passages entre les axes Fréron et de Pichery.

Places au Beurre, Le Coz, Mesgloaguen, rues du Lycée, du Sallé, Kergariou, Brizeux, des Gentilshommes, Saint-Nicolas, venelle Saint-Antoine… l’atmosphère moyenâgeuse (petites fenêtres, linteaux d’échoppes, chaussées étroites) est juste tempéré par l’inclusion de maisons bourgeoises (17e à 19e s.), telles l’enfilade des façades classiques à trois niveaux de la rue Brizeux ou l’hôtel « entre cour et jardin » de Boisbilly, ancienne résidence de chanoine.

Les ruelles, remplies de passants et de crêperies, y côtoient des passages étonnement tranquilles.

Pôle culturel des Ursulines

Halles Saint-Antoine comprises, l’ensemble de ce quartier converge vers les places Terre au Duc et Médard, soit la fameuse frontière du Steïr.

Côté ducal (aujourd’hui le quartier Saint-Mathieu), il ne reste plus beaucoup de vestiges, hormis un moulin.

Les deux places sont aujourd’hui des aires pacifiées, rendues aux piétons et aux terrasses de cafés, agréables aux beaux jours. L’affluent, bordé de maisons et de fleurs, a d’ailleurs une vague ressemblance avec Annecy.

En poursuivant à l’ouest par la rue commerçante du Chapeau Rouge, prolongement ducal de la « chanoinesque » rue Kéréon, Quimper oublie un temps son passé pour se projeter vers l’avant.

Voici le principal pôle culturel de la ville. Au bout de la rue trône la médiathèque, aménagée dans l’ancien couvent des Ursulines et agrémentée de deux extensions modernes.

A ses côtés est venu s’ajouter en 1998 le Théâtre de Cornouaille. L’esplanade formée au cœur de cet ensemble prend les jours de spectacles des allures de place Beaubourg.

Le nouveau Centre de congrès du Chapeau Rouge complète ce quartier, témoin d’une vivacité culturelle.

Une preuve encore ? Le pôle des Musiques Actuelles, sur les rives de l’Odet, à côté du théâtre Max Jacob. Dans ce qui est appelé à devenir un autre épicentre culturel, une nouvelle salle de 250 places dédiée aux concerts a été livrée. Elle jouxte le vieux théâtre Max Jacob rénové.

Danses et musiques bretonnes

De retour à l’hôtel après ces pérégrinations urbaines, je croisais deux jeunes femmes en costume folklorique se changeant à l’arrière d’une voiture.

Le photographe saisit cette scène insolite. Les deux dames venaient d’achever leur représentation des « Jeudis soirs de l’Evêché », spectacles de danses et de musiques bretonnes donnés chaque été au public.

Comme un clin d’œil dans cette ville fière de ses gênes bretons, qui les entretient sans fanfaronner tout en essayant de les régénérer.

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