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Cap Corse : Nonza, un belvédère sur la Méditerranée

Un fief touristique de poids


Rédigé par Jean-François RUST le Dimanche 23 Juillet 2017

Perché en Corse au-dessus du golfe de Saint-Florent, Nonza se calfeutre autour de son l’église. Sous la protection d’une tour paoline, la commune a été le théâtre d’histoires fortes : Sainte-Julie, patronne de l’île, y aurait été martyrisée ; les canons ont pilonné le village en 1768, lors de la conquête française ; le commerce du cédrat l’a enrichi. Aujourd’hui, il s’accroche à ses arpents, tentant de relancer la culture des agrumes tout en profitant du tourisme.



Carrée et à trois étages, la tour paoline de Nonza domine majestueusement le golfe de Saint-Florent, à l’entrée ouest du cap Corse - DR : Pari(s) sur la Corse
Carrée et à trois étages, la tour paoline de Nonza domine majestueusement le golfe de Saint-Florent, à l’entrée ouest du cap Corse - DR : Pari(s) sur la Corse
Avec 70 habitants permanents, d’autres que Nonza, sur le continent, auraient peut-être fait le choix d’un rapprochement intercommunal, en fusionnant avec l’une de ses voisines.

Un fait administratif quasiment impensable en Corse, où l’on est d’abord du village et pas de celui d’à côté !

Nonza a de bonnes raisons de défendre son autonomie. D’abord, son urbanisme est singulier.

Alors que la majorité des villages de l’île éclatent en hameaux au-delà d’un noyau central, elle est construite d’un seul tenant, agglomérant sa poignée de résidences autour de l’église Sainte-Julie, dont la pointe blanche du clocher en ogive et le badigeon rose des ses murs tranchent avec le schiste sévère des toits des maisons alentours.

L’ensemble fait corps avec un piton rocheux, couronné par la tour paoline.

Assiégé par l’artillerie

Cette tour, justement. Enfin un donjon qui ne soit pas génois !

Fait rare sur une île qui a bardé ses côtes et ses éminences de centaines de tours crénelées lors de la domination génoise (1284-1768), afin de détecter d’éventuels assaillants, celle de Nonza a été relevée en 1760 sur les ruines d’une forteresse médiévale par le célèbre Pascal Paoli, « général de la nation corse » de 1755 à 1769.

Carrée et à trois étages, bâtie en schiste vert, elle domine majestueusement, à 165 m d’altitude, le golfe de Saint-Florent, à l’entrée ouest du cap Corse.

Ralliée à Pascal Paoli, Nonza subira les assauts de l’artillerie marine lors de la conquête française, en 1768.

Considéré comme un point stratégique d’implantation sur le cap, le village reçoit un déluge de feu le 24 août, pour faciliter la marche des colonnes d’infanterie du général Grandmaison.

On raconte alors qu’un homme, Jacques Casella, par un astucieux stratagème de tir, tint seul en respect les assaillants depuis les meurtrières de la tour, avant de capituler.

Fontaine Sainte-Julie

Cette anecdote illustre la troisième singularité de Nonza. De mémoire d’homme, le village a toujours été une vigie naturelle contre toutes sortes d’ennemis venus du large.

Ne dit-on pas que son nom provient d’un mot latin signifiant « annonciateur » ?

Un ancien camp romain se trouvait d’ailleurs là, Castrum Nuntiae. Ce belvédère aurait été choisi pour surveiller d’éventuelles tentatives d’incursions qui auraient pu menacer la colonie romaine de Mariana, située sur la côte orientale de l’île.

Au Moyen-Âge, le village s’organisera autour du château de la famille Peverelli. Il fut évidemment construit au sommet du piton rocheux et détruit en 1489 par les Génois, avant que Paoli n’édifie sa tour.

Enfin, comment imaginer vouloir rassembler Nonza avec une commune riveraine, lorsque l’on sait qu’ici, à la fin de l’époque romaine, naquit le premier culte à Sainte-Julie, patronne de la Corse ?

La bienheureuse y aurait été martyrisée, ses seins découpés et jetés contre un rocher, d’où une source miraculeuse aurait jaillie…

La fontaine est toujours là, sous la route, au nord du village, à côté d’une chapelle. Elle fait l’objet de dévotions. On peut s’y rendre à pied depuis Nonza en empruntant un chemin en escalier.

Cédrat, l’agrume fétiche

A raconter ainsi le déroulement des faits, on peut penser que Nonza n’a eu vocation qu’au martyr et à l’affrontement. Ce n’est pas tout à fait vrai.

Certes, aux 18e et 19e s, la pauvreté, le déclin agricole et le manque d’activité contraignirent beaucoup de Cap-Corsins à émigrer.

Une partie des habitants de Nonza se retrouva sur le continent, notamment à Marseille, d’autres traversèrent l’Atlantique jusqu’à Porto Rico et Saint-Domingue.

Mais un événement nouveau va venir renforcer, au début du 19e s., la production agricole : la mode des desserts fruités en Europe.

La production de cédrats, agrume de fort calibre utilisé en confit et pâtisserie, trouve un terrain favorable sur les terrasses exposées au soleil, face à la Méditerranée.

La culture s’intensifie. Nonza produit, trie et expédie par la mer ce fruit que lui commandent les marchands grossistes de Marseille, Nice et même les Italiens.

Mais la mode passe et l’activité décline. Aujourd’hui, la culture du cédrat fait l’objet d’une relance et un écomusée, ouvert l’été, présente l’histoire de cet agrume.

Sentiers d’hauteurs…

Ce qui était un fief défensif un peu batailleur est devenu, par la grâce de cette position stratégique… un fief touristique de poids.

La commune est opportunément traversée par la D80, qui fait le tour du cap Corse.

Aux beaux jours, ils sont nombreux à emprunter cette route de la côte occidentale, la plus spectaculaire, avec ses à-pics vertigineux et ses panoramas sur le golfe, la Balagne et le massif du Monte Cinto.

Au village, l’animation se concentre autour de l’église, à l’ombre d’une petite place fleurie. Nonza possède quelques restaurants et des chambres d’hôtes, parfaits pour une étape.

L’église Sainte-Julie (Santa Giulia), elle-même, vaut le détour. Elle abrite un autel en marbre polychrome (17e s.) et une peinture (16e s.) représentant Sainte-Julie crucifiée.

Le patrimoine se déniche aussi en direction de la mer : au sud, l’ancien couvent San Francescu ; au nord, les vestiges de terrasses agricoles et l’ancien port (marine) d’où partaient les agrumes - on peut le rejoindre à pied par des marches depuis la fontaine « miraculeuse ».

Il y a aussi la longue plage, formée de galets ; les ruines de la Sassa, ancienne demeure de seigneurs aux 16e et 17e s. ; et plusieurs chapelles, Sainte-Croix, Santa Maria Natività

Les marcheurs trouveront également leur bonheur sur ce terrain accidenté, en ralliant depuis Nonza, par un sentier tracé sur les hauteurs, Olmeta-di-Capocorso, en une heure trente. De la mer aux « cimes », l’histoire du cap Corse vous tend les bras.

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Tags : Corse, Nonza
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