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Centres serveurs : le SaaS est-il l'avenir pour le secteur du tourisme ?

L'interview de Patrick Bleu, directeur Europe d'Accovia


le Mercredi 22 Mai 2013

Le leader mondial des systèmes d’information, j’ai nommé SAP, passe progressivement sa production en mode SAAS. Cela veut dire concrètement, que plutôt que d’acheter une licence d’exploitation, comme vous le faites couramment pour votre ordinateur avec Windows ou OS, vous allez louer un service sur un centre serveur. Vous ne serez plus propriétaire, mais l’avantage c’est de pouvoir bénéficier ‘’on demand’’, c’est le mot qui est utilisé, des services dont vous avez besoin. Vous n’êtes pas pénalisé par les investissements de départ, c’est modulable, adaptable, immédiatement disponible et évolutif. Enfin, vous êtes affranchi des contraintes de sécurité, le data center se charge de tout et pour cela, une simple interface Internet vous suffit. Est-ce l’avenir pour le secteur du tourisme ? Nous avons posé la question à Patrick Bleu, directeur Europe d’Accovia.



i-tourisme : Les systèmes d’information reposent désormais sur des technologies plus flexibles. C’est une évolution que l’on constate partout.

La raison essentielle provient directement de la demande des entreprises, surtout dans le secteur du tourisme, qui souhaite des implantations plus rapides.

On le comprend, car les marchés évoluent de plus en plus vite et il faut pouvoir être plus réactif. C’est aussi, semble-t-il, votre démarche chez Accovia. Vous allez passer sur du SAAS ?


Patrick Bleu : "Nous sommes déjà sur du SAAS, mais nous voulons l’être davantage afin d’être plus souple dans la réalisation des projets, et surtout de partir sur un socle qui puisse s’adresser à un plus grand nombre d’entreprises."

i-tourisme : C’est-à-dire ?

Patrick Bleu : "L’objectif est de mutualiser le logiciel. Plus il est compatible, plus vous augmentez votre base client. Il est donc plus accessible pour les entreprises, plus rapide à implanter et moins onéreux pour nous à développer et surtout à maintenir à la pointe de la technique.

C’est un cercle positif qui intéresse toute la chaine, de la production à la distribution. Ensuite, le SAAS devient le moyen le plus adapté pour diffuser la technologie."

i-tourisme : Pour que les entreprises puissent accéder ‘’à la carte’’ aux briques dont elles ont besoin...

Patrick Bleu : "Par exemple, mais pas seulement. En passant dans un système locatif, vous vous dégagez des contraintes de sécurité, de maintenance et surtout vous pouvez, en fonction de la demande, adapter votre capacité de production et gérer les pic d’activités ponctuels, sans avoir à maintenir en permanence une infrastructure ad hoc. Les avantages sont indéniables.

Reste à trouver le bon équilibre entre le socle qui convient à tout le monde et les spécificités propres à chaque métier. C’est justement le chantier que nous avons mis en œuvre chez Accovia."

Patrick Bleu, directeur Europe d'Accovia
Patrick Bleu, directeur Europe d'Accovia
i-tourisme : Vous cherchez le plus grand dénominateur commun sans nuire à la personnalisation des projets ?

Patrick Bleu : "Oui, et c’est très difficile, car avant même les contraintes strictement technologiques, la question commerciale se pose. Faut-il vendre peu de projets à forte marge ou le contraire ?"

i-tourisme : Le marché semble se diriger vers des solutions full compatibles.

Patrick Bleu : "Ce n’est pas certain justement, même si c’est la voie vers laquelle on se dirige. Ce qu’il faut comprendre, c’est de quelle façon se développent les entreprises technologiques.

Nous parlions de socle. La première étude à faire est de déterminer à quel niveau vous situez le curseur.

En étant plus ‘’universel’’, votre logiciel s’adresse à un grand nombre de clients. C’est un choix stratégique. Mais dans ce cas, il sera moins à même à traiter des demandes plus spécifiques."

i-tourisme : Pourquoi ?

Patrick Bleu : "Mais parce que votre plateforme a été développée pour répondre à des besoins généraux, classiques, communs et non à des situations originales ou particulières. Il sera plus difficile d’adapter une architecture informatique lourde pour un client dont le cahier des charges est très particulier.

Dans ce cas, il est préférable de partir de zéro et de créer un modèle qui correspond spécialement au brief de départ."

i-tourisme : C’est moins cher ?

Patrick Bleu : "J’en reviens au niveau du curseur. C’est de lui dont dépendra la pertinence de votre modèle économique. Si vous devez procéder à des adaptations ‘’light’’ de votre logiciel de base, ce sera toujours moins cher pour votre client, car les développements de départ sont déjà amortis.

Par contre un projet ad hoc sera toujours d’un coût plus élevé, car il est spécialement conçu pour un client, sans bénéficier d’une quelconque mutualisation. Après, c’est une question de calcul.

Faire de très grosses modifications d’un méta-logiciel sera plus onéreux qu’une création. Faire des modifications ‘’raisonnables’’ sera plus rentable pour le client."

i-tourisme : Comment justement situer le niveau du curseur ?

Patrick Bleu : "C’est bien la question. Regardez l’échec de Travel Tainment. Il a imposé XFT à tous vos clients comme langage universel. Très bien, mais c’est rigide comme postulat et forcement limitatif.

Tous les TO ne l’ont pas adopté et Travel Tainment n’a pas décollé. A l’inverse la plateforme d’Orchestra, plus ouverte, accueillant les TO XFT et les autres est une réussite."

i-tourisme : Nous venons de faire une interview de Christian Sabbagh. Il a déclaré que la moitié des TO de sa plateforme ne sont pas XFT. Pour tous les autres, il a été obligé de développer des API spécifiques.

Patrick Bleu : "Et ça marche. Mais la question se pose également pour lui. Plus il ira chercher des clients plus éloignés de son cercle de base et plus ses API seront complexes, et la rentabilité sera moindre.

Toutes les entreprises de technologies sont soumises au même dilemme. Quel est le marché ? À quel niveau situer la mutualisation des systèmes, quel sera votre cercle de prospection, quels seront les coûts de développement pour vous et vos clients si vous agrandissez le cercle de départ ?

Vous voyez, ce n’est pas simple."

i-tourisme : Pas simple d’être une entreprise technologique !

Patrick Bleu : "Vous savez, ce n’est pas simple non plus pour les DSI. Sachez qu’il y a seulement 40% des projets informatiques dans les entreprises qui atteignent leurs objectifs initiaux."

i-tourisme : 40%, c’est … peu.

Patrick Bleu : "Oui, mais ça ne se sait pas. Les patrons n’ont pas intérêt à s’en vanter. Ce n’est pas très bon pour l’image de leur société."

i-tourisme : Comment expliquer un tel taux d’échec ?

Patrick Bleu : "Plus ça va, plus les projets sont complexes. En tant que consommateur vous ne vous en apercevez pas. Je dirais même, au contraire, que pour vous tout est de plus en plus simple.

Jamais il n’a été aussi facile de réserver un billet d’avion, un séjour, un hôtel, etc. Mais pour les éditeurs c’est un défi technologique immense. Comme le disait Leonard de Vinci, « la simplification est la difficulté ultime ».

C’est le cas pour nous. Derrière la facilité d’usage il y a des développements informatiques d’une grande sophistication."

i-tourisme : Ça n’explique pas le taux d’échec ?

Patrick Bleu : "Si, car des projets complexes exigent du temps. Pour des systèmes de plusieurs millions d’euro, il faut compter deux à trois ans de développement.
Rien ne vous dit que pendant ce laps de temps, de nouvelles technologies ne sont pas apparues et rendent vos solutions obsolètes avant même qu’elles ne soient opérationnelles."

i-tourisme : Franchement, à vous entendre, on hésiterait à se lancer …

Patrick Bleu : "Et pourtant l’innovation paye. Regardez le succès d’Apple ! Rien n’est plus simple pour l’utilisateur. Regardez comme il est facile de faire une requête sur Google !

C’est bien pour cela que ses algorithmes n’ont jamais été imités. Il faut oser l’innovation. Mais je suis d’accord avec vous, tous ne réussissent pas."

i-tourisme : Pour en revenir au SAAS, vous limitez les risques. C’est ce que vous recherchez chez Accovia.

Patrick Bleu : "Plus que de limiter les risques, c’est surtout pour abaisser les temps de développement afin d’être plus réactif et de permettre à nos clients une plus grande réactivité.

Les marchés exigent des réponses plus immédiates. Observez ce qui se passe dans l’aérien. Les prix étaient au départ annuels, puis biannuels, maintenant ils changent tous les jours et même toutes les heures. Les technologies doivent suivre cette cadence."

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Tags : Accovia, SaaS, SAP
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