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Everest : les guides de haute montagne népalais en grève jusqu'à fin mai 2014

Le versant tibétain de l'Everest toujours accessible


Rédigé par Pierre Coronas le Jeudi 24 Avril 2014

Après le décès d'au moins 13 de leurs collègues dans une avalanche, vendredi 18 avril 2014, les guides de haute montagne népalais sont en grève au moins jusqu'à la fin du mois de mai. Elles se poursuivent cependant sur le versant tibétain du "toit du monde".



Après une avalanche qui a causé la mort de 13 de leurs collègues, les guides de haute montagne népalais sont en grève au moins jusqu'à fin mai - DR : © blas - Fotolia.com
Après une avalanche qui a causé la mort de 13 de leurs collègues, les guides de haute montagne népalais sont en grève au moins jusqu'à fin mai - DR : © blas - Fotolia.com
Ils l'ont annoncé mardi 22 avril 2014 : à la suite de l'avalanche qui a causé le décès d'au moins 13 de leurs collègues, vendredi 18 avril 2014, les guides de Haute Montagne népalais sont en grève.

Contrairement à ce qui avait été annoncé dans la presse, ils ne mettent pas fin à leur saison.

Lionel Habasque, PDG de Terres d'Aventure, qui propose plusieurs sommets à plus de 8 000 mètres, précise : "Ce sont les 32 guides népalais de Haute Montagne qui sont en grève, dont 21 de l’ethnie Sherpa.

Ils ont cessé le travail par solidarité avec les porteurs sherpas. Par ailleurs, ils ont annoncé être en grève au moins jusqu'à la fin mai, mais pas du tout pour toute la saison."


Cet accident les a poussés à quitter le camp de base de l'Everest. Les ascensions du plus haut sommet du monde programmées jusqu'à fin mai 2014 avec leur aide sont ainsi toutes annulées.

Une décision qui ne concerne pas le versant tibétain de l'Everest. "A ma connaissance, les ascensions se poursuivent au Tibet", estime Bernard Muller, guide himalayiste et organisateur d'expéditions, qui a notamment fondé Stage Expéditions.

Cette agence propose des ascensions de l'Everest mais uniquement sur le versant tibétain de la montagne. Un choix pris "entre autres, pour des raisons de sécurité", précise Bernard Muller, qui a gravi 6 sommets de plus de 8 000 mètres, dont l'Everest en 2001.

"Je ne dis pas que c'est une aberration totale de monter par le Népal, mais c'est plus dangereux, poursuit-il. Pourtant, ce type d'avalanche est tout à fait exceptionnel. Comment souvent en montagne. Je pense que le bilan de l'accident aurait pu être beaucoup plus grave."

Cercle vicieux

L'annonce de l'annulation des ascensions provoque forcément la déception de nombreux voyageurs occidentaux qui en avait programmé une. Des Français seraient concernés.

Nous avons fait le tour des spécialistes de la randonnée sur le marché français, mais n'avons pas eu connaissance de clients touchés. Chez Terres d'Aventure, aucune expédition n'est programmée à court terme, seul un départ est confirmé en octobre prochain.

Chez Huwans‎ et Allibert Trekking, aucun client non plus.

D'ailleurs, Allibert ne programme aucune ascension à plus de 8 000 mètres. Un choix pris pour des raisons "éthiques et de responsabilité", nous répond-on.

Très peu de personnes sont capables de gravir l'Everest en autonomie. Ceux qui le font ont donc généralement besoin de l'aide de dizaines de porteurs sherpas.

Ces derniers doivent trouver toujours plus de clients pour vivre et se mettent en danger en montant avec des gens qui n'ont pas le niveau. C'est ce cercle vicieux qui a, en partie, entraîné le drame à l'origine de la situation actuelle.

Les sherpas népalais demandaient à leur gouvernement de verser 7 200 euros aux familles de leurs confrères tués et blessés qui ne pourront plus travailler. Ils avaient fixé l'ultimatum à lundi 21 avril 2014 pour une réponse des autorités.

"Je comprends la position des sherpas et leur colère vis-à-vis du gouvernement népalais qui gagne beaucoup d'argent avec les ascensions, explique Bernard Muller.

J'ai beaucoup d'admiration pour eux. Ils sont aujourd'hui capables de prendre parfaitement en charge leurs clients et de communiquer avec eux. Je les encourage à prendre en main leur destin mais je ne pense pas qu'ils prennent la meilleur décision.

J'ai peur que leur attitude nuise lourdement au tourisme népalais.
"

Force majeure ou modification du contrat ?

Un secteur économique extrêmement important pour ce pays pauvre. Il pourrait être lourdement affecté par l'abandon des ascensions qui causerait l'annulation de nombreux séjours programmés.

Le bruit court que le gouvernement népalais pourrait rembourser les grimpeurs occidentaux concernés. Mais pour le moment, aucune décision en ce sens n'a été officiellement annoncée.

Pour les agences de voyages françaises qui auraient des clients sur place ou des départs prévus, "on est plus dans le cadre d'une modification d'éléments essentiels du contrat que dans un pur cas de force majeure", analyse Me Emmanuelle Llop, avocate au Barreau de Paris, spécialisée dans le Tourisme (Equinoxe Avocats).

Selon elle, la partie « excursions » du séjour n'est pas extérieure au contrat, ni à l'agence qui l'organise. "Il est même possible que l'on considère qu'il ne s'agit pas d'un événement insurmontable, car l'on pourrait imaginer remplacer les sherpas par d'autres guides de haute-montagne", ajoute Me Llop.

En vertu de l'article L211-13 du Code du Tourisme, les agences doivent prévenir leurs clients entre résiliation sans frais et adaptation du contrat. "Si elle est hors du barème des frais pour les annulations, le meilleur conseil est encore d'annuler", estime l'avocate.

Pour celles qui ont des voyageurs déjà sur place, c'est l'article L211-15 qui s'applique. Il concerne les modifications après départ.

Le texte fixe les prestations de remplacement aux frais de l'agence sauf si cela est légitimement impossible. "Ce qui me semble être le cas", précise Me Llop.

Dans tous les cas, si le client estime qu'il subit des préjudices, il peut réclamer des dommages-intérêts. "Mais j'en doute, répond Emmanuelle Llop.

Surtout si l'agence de voyages fait tout ce qui est en son pouvoir pour pallier les conséquences de cet événement aux causes dramatiques."

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