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France : 2014, année de l’engagement des TO dans le tourisme durable ?

la chronique de Guillaume CROMER (*)


Suite à la victoire du groupe TUI Pays-Bas aux derniers Trophées Internationaux du Tourisme Responsable organisés dans le cadre du salon WTM à Londres par Responsibletravel.org, on a le droit de se poser cette question centrale : le tourisme responsable est-t-il en train de s’élargir (enfin) à l’ensemble des grands opérateurs touristiques ?



Pour répondre à cette question, nous devons déjà prendre conscience de la spécificité française dans ce domaine.

En effet, le tourisme responsable s’est développé en France grâce à l’engagement de petits opérateurs du tourisme équitable et solidaire (membres de l’ATES aujourd’hui) ou des opérateurs de tourisme d’aventure (certifiés ATR aujourd’hui).

Les grands opérateurs touristiques français ne se sont intéressés que plus tard à la question sin l'on excepte le Club Med dès 2005, Nouvelles Frontières et Voyages-sncf.com en 2007, pour des raisons différentes.

Depuis ce jour, les engagements en matière de développement durable de Nouvelles Frontières (racheté par TUI France) et de Voyages-sncf.com ont bien diminué, montrant que l’engagement de ces démarches étaient surtout portées par des individus et non par la direction des entreprises.

Aujourd’hui, des groupes comme Voyageurs du Monde, Thomas Cook France ou encore Transat France montrent une réflexion différente, intégrant le développement durable dans la stratégie globale de l’entreprise et non pas sur des actions purement philanthropiques et solidaires.

A l’international, cette question du tourisme responsable a été portée très rapidement par les « grands ».

Ainsi les stratégies de développement durable des groupes comme TUI Travel, Thomas Cook International, Transat ou encore Kuoni International ont été lancées depuis de très nombreuses années.

Alors que le tourisme responsable était porté jusqu’à aujourd’hui par les acteurs de l’alternatif (équitable et solidaire, aventure, participatif), arrive-t-on à une évolution du concept où l’ensemble des opérateurs touristiques pourront se définir du tourisme responsable demain, portés par les syndicats tels que le SNAV et le SETO ?
France : 2014, année de l’engagement des TO dans le tourisme durable ?

La victoire de TUI Pays-Bas porteuse de sens

Cocorico, c’est d’ailleurs une start-up française qui est leader en Europe, Blablacar (anciennement Covoiturage.fr). Elle recense aujourd’hui 3 millions de membres avec plus de 400 000 trajets proposés chaque mois.
Cocorico, c’est d’ailleurs une start-up française qui est leader en Europe, Blablacar (anciennement Covoiturage.fr). Elle recense aujourd’hui 3 millions de membres avec plus de 400 000 trajets proposés chaque mois.
La victoire de TUI Pays-Bas aux récents Trophées Internationaux du Tourisme Responsable devant de multiples petits opérateurs engagés dans les pays du Sud, tendrait à le démontrer..

Le jury composé d’experts de très haut niveau comme Harold Goodwin, chercheur britannique émérite sur ces questions de tourisme responsable, montre ainsi que la question du tourisme responsable doit être réfléchie par l’ensemble des opérateurs dans une vision de responsabilité sociétale des entreprises.

TUI Pays-Bas a montré son engagement à travers une réelle stratégie de responsabilité sociétale, intégrée au cœur de l’entreprise et validée en 2012 par la certification européenne Travelife pour les TO.

Cette stratégie se traduit par de nombreuses actions à la fois sur les questions d’implication des salariés, d’engagement environnemental fort et la mise en place d’un projet important pour la lutte du tourisme sexuel impliquant les enfants au Brésil en partenariat avec l’ONG ECPAT.

Ces dernières années, ce sont plus de 500 000 € que le tour-opérateur a dépensé pour soutenir le développement durable dans les destinations sur lesquelles le Groupe travaille.

L’arrivée en France de ce programme européen de certification Travelife pour les Tour-opérateurs et les agences de voyages, soutenu financièrement par l’Union Européenne pour les 2 prochaines années, précise d’autant plus ce revirement et la possibilité pour l’ensemble des tour-opérateurs et agences de voyage français de s’engager sur ces questions-là.

S’engager, ce n’est pas proposer des produits plus « nature » !

France : 2014, année de l’engagement des TO dans le tourisme durable ?
S’engager dans une démarche de responsabilité sociétale pour un tour-opérateur ou une agence de voyage, ce n’est pas juste changer ses produits touristiques pour des séjours plus « nature » ou plus « participatifs » à la rencontre des populations locales (ce sont des choix marketing en s’adaptant aux attentes des clients!),

C'est plutôt réfléchir à votre responsabilité et aux impacts par rapport aux relations avec vos salariés, vos clients, vos réceptifs et l’environnement de manière globale (changement climatique, eau, énergie, biodiversité, pollutions, etc.).

2014, l’année de la responsabilité sociétale des grands opérateurs touristiques français

2014 devrait donc être l’année de l’engagement des opérateurs touristiques sur les questions de responsabilité sociétale et de développement durable.

A en croire les résultats positifs des opérateurs engagés, nous pourrions faire un lien facile entre l’engagement en matière de développement durable et la résistance à la crise qui frappe le secteur.

Oui, comme le disent les spécialistes du secteur, la responsabilité sociétale, c’est avant tout se poser les bonnes questions par rapport à sa responsabilité envers ses clients, ses salariés, ses réceptifs, l’environnement et… son chiffre d’affaires ! Avec ces réflexions, c’est bien le client qui y gagne, sa satisfaction et sa fidélité…

Et si le client y gagne, vous y gagnerez !


Pour découvrir les lauréats des Trophées Internationaux du Tourisme Responsable, lisez l’article sur le blog ici : http://blog.id-tourisme.fr/post/66271079821/retour-sur-les-trophees-internationaux-du-tourisme

Guillaume CROMER

Directeur Gérant ID-Tourism
Membre du Conseil d’administration Acteurs du Tourisme Durable (ATD)
Membre du Conseil d’administration Coalition Internationale pour un Tourisme Responsable (CITR)

Rédigé par Guillaume CROMER le Dimanche 24 Novembre 2013
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1.Posté par LAMIC Jean-Pierre le 25/11/2013 14:45 | Alerter
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Bonjour,
Je crois Guillaume qu'en France on a pris le problème à l'envers ! On créée des voyages classiques, et ensuite on veut les intégrer à une démarche de tourisme responsable, avec des critères flous, ne représentant aucun consensus en amont.
En France, à mon sens, seulement 2 réseaux connus ont procédé autrement et comme cela devrait être la norme :
Créer des voyages qui se veulent responsables, dès leur conception et leur production, avec un réel processus d'évaluations de terrain qui s'ensuit (un casse-tête, qui demanderait des moyens importants pour une mise en œuvre effective et élargie) :
L'ATES et V.V.E, cette dernière que tu oublies de citer, et qui est pourtant à ce jour le principal réseau d'acteurs de l'écotourisme, qui travaillent quotidiennement avec les parcs naturels régionaux et nationaux, de France et d'ailleurs.
J'ai suivi de très près des procédures de certification chez de gros opérateurs qui se sont résumées à retirer les pailles des verres de boissons gazeuses servies dans les bars (sauf si le client les demande !) des "all inclusive", et à mettre des affichettes pour limiter l'utilisation des serviettes pour les piscines et spas....
Tant que l'on prendra les consommateurs pour des idiots, incapables de faire la différence entre une vraie démarche et ces mesures de pur greenwashing, le tourisme responsable, restera, c'est mon avis, ce qu'il est en France. C'est-à-dire, un milieu porté par de toutes petites structures capables de se remettre en question sur les impacts de leurs propres voyages sur les territoires se battant avec leurs faibles moyens pour essayer de se différencier des mastodontes de la communication.
Aux opérateurs de voyages de me faire mentir ! J'en serai le premier heureux !
Cordialement
Jean-Pierre Lamic, auteur de Tourisme durable, utopie ou réalité?, co-organisateur du Forum National du Tourisme Responsable, directeur de l'Association des Voyageurs et Voyagistes Eco-responsables.

2.Posté par Guillaume Cromer le 26/11/2013 09:20 | Alerter
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Bonjour Jean-Pierre,

Je comprends ta vision mais je trouve que tu as une vision très centrée sur une forme de voyage spécifique.
Que voudrais-tu que de très gros opérateurs comme TUI, Thomas Cook, Kuoni ou encore Transat réfléchissent dans le sens que tu souhaiterais alors que ces entreprises et leur process ont été lancées bien avant que l'on parle des problématiques du développement durable et de la responsabilité sociétale. Il faut donc bien qu'ils adaptent leur stratégie générale au développement durable. Et ils le font de manière volontaire donc pourquoi serait-ce du greenwashing? Tu as bien vu les études sur le sujet... le touriste ne s'intéresse pas beaucoup à la question et n’achètera pas un voyage parce qu'il est "responsable"!

Les voyagistes membres à ce jour de VVE ou de l'ATES sont très petits et n'ont pas du tout les mêmes contraintes que les très gros opérateurs dont je parle. Engager une politique de développement durable pour ces petits opérateurs demande moins de contraintes que de l'intégrer dans des entreprises ayant des centaines de salariés et faisant partir des millions de clients...

Je pense que tu as totalement tort en pensant que les politiques de responsabilité sociétale de ces entreprises sont du greenwashing. Quand je regarde de près l'engagement de certaines structures, leur politique va bien plus loin que ce que tu expliques. Après, comme je le dis dans mon article, la volonté n'est pas du tout de changer les produits touristiques et de passer du balnéaire à des produits de tourisme solidaire. Ca n'a rien à voir. L'idée est bien de réfléchir aux impacts de l'activité de ces agences: les impacts sur l'environnement (changement climatique, biodiversité, eau, énergie, etc.), sur les hommes (salariés, réceptifs, populations locales, clients, actionnaires, etc.) et sur les destinations (impacts économiques locales, gouvernance, etc.) et non pas à la typologie des séjours proposés.

Je serais très heureux de voir demain un gros TO rejoindre VVE mais malheureusement je pense que tu le refuserais car tu es simplement contre les grosses structures alors que l'intérêt d'une responsabilité sociétale est bien d'être adaptable à tout type de structure d'un Transat ou un Thomas Cook à un petit voyagiste comme Cheval en Pyrénées ou E-Changeons le Monde...

3.Posté par Marie-Hélène le 27/11/2013 23:51 | Alerter
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Bonjour,

Je souhaite avec vous que 2014 soit un année encore plus manifestement engagée vers toutes les formes de tourisme durable !

Sur IKINAT.com, nous mettons en avant des structures (gîtes, chambres d'hôtes, centres éco-touristiques, ...) qui sont dans cette démarche de tourisme et de développement durable.

Beaucoup de propriétaires ont choisi de ne pas obtenir de label ou de certification pour accréditer leur démarche, ou encore de s'affilier à des réseaux. Ils sont dans cet esprit car ils ont un sens aigu de leur responsabilité en temps qu'individu, et cela de manière sincère et désintéressée, pas "business", ou alors à la marge. Ils sont très conscients de l'impact sociétal de leur activité sur leur territoire.

Cela leur suffit. Ils ont envie de le faire partager auprès de leurs clients bien sûr, en s'adaptant à l'ouverture d'esprit de la clientèle, qui, elle, arrive souvent chez eux par hasard. Parfois même leurs sites web sont discrets par rapport à cette forme d'engagement.

Bien sûr, par rapport au choix d'une non recherche d’obtention d'un label quelconque, il y a aussi comme freins, le coût d'une certification, la lourdeur du process, le doute quant à la rentabilité à l'obtention du label, ... (surtout quand on sait, vous l'avez rappelé dans votre article, que cela ne constitue pas un critère de choix pour les vacanciers, ou si peu ...). Il y a aussi des rebelles qui ne veulent pas entrer dans une sorte de système.

Je ne dis pas que les certifiés le font par greenwashing ou par pure opportunité business. Eux ils ont plutôt envie et besoin d'une reconnaissance, d'une légitimité. Et c'est très bien aussi.

Alors évidemment ce sont des petites structures de locations de vacances, avec ou sans label. Ils n'ont pas le même impact que les énormes TO cités, mais à leur échelle, ils font le job, comme on dit, et loin de tout greenwashing, ils contribuent eux-aussi à ce que la destination France, soit la plus verte et la plus respectueuse possible. Il en faudrait de plus en plus c'est sûr !

Les petites rivières...

Cordialement.

Marie-Hélène Piovano
www.ikinat.com

4.Posté par salih le 28/12/2013 16:35 | Alerter
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monsieur, par hazard jais constater que je veut partager et faire sortire des tourise en tunisie mes le coin de reve ces lille douce de djerba mois est le résponsable du tourisme seront heureux de faire votre conaissance et partager avec vous et cotribuent a ce que la destination soit aussie djerba ci vous le vouler transport hotel promenade visite accompagner en vous remerciant je vous pris d,agree nos salutation distingues . BONNE ANNE 2014!

5.Posté par ATR le 04/08/2014 09:54 | Alerter
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A la mi temps de l’année 2014, il est intéressant de revenir sur cette chronique de Guillaume CROMER dans TourMag !

Comptez sur ATR pour devenir l'opérateur pivot du "tourisme en transition", aux côtés de l'ATES, du SETO, du SNAV mais aussi des réseaux ATD et EARTH.

Pour télécharger le dossier de presse des 10 ans d'ATR, c'est ici :
- en HD
https://www.dropbox.com/s/mu0a215ftrgjra5/dossier%20de%20presse%20ATR%20juillet%202014%20HD.pdf
- en BD
https://www.dropbox.com/s/ntjlc7wk7v436ob/dossier%20de%20presse%20ATR%20juillet%202014%20BD.pdf

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