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Germanwings : le crash du vol 4U9525 est dû à "une action volontaire du copilote"

la boite noire a parlé


Rédigé par Pierre CORONAS le Vendredi 27 Mars 2015

Le Procureur de la République de Marseille, en charge de l'enquête pour "homicide involontaire" après le crash de l'A320 de Germanwings dans les Alpes-de-Haute-Provence, a dévoilé la teneur des enregistrements de la boite noire retrouvée. On y apprend que c'est le copilote, seul dans le cockpit, a délibérément activé la descente de l'avion. Le commandant de bord était sorti de la cabine de pilotage pour aller aux toilettes. Il n'a jamais pu y rentrer.



Brice Robin (au centre), Procureur de la République de Marseille, est en charge de l'enquête sur le crash de l'A320 de Germanwings dans les Alpes-de-Haute-Provence - Photo P.C.
Brice Robin (au centre), Procureur de la République de Marseille, est en charge de l'enquête sur le crash de l'A320 de Germanwings dans les Alpes-de-Haute-Provence - Photo P.C.
Le crash du vol 4U9525 de Germanwings, mardi 24 mars 2015, dans les Alpes-de-Haute-Provence (04), "n'est pas un accident, c'est une action volontaire du copilote" de l'appareil, selon Brice Robin, procureur de la République de Marseille.

C'est lui qui est en charge de l'enquête pour « homicide involontaire » en France. Elle pourrait d'ailleurs bientôt être requalifiée en « homicide volontaire », au regard des nouveaux éléments révélés ce jeudi 26 mars 2015.

On connaît désormais le déroulé des 30 dernières minutes avant le drame grâce à l'analyse de la boite noire retrouvée par le Bureau Enquêtes et Analyses (BEA). La deuxième reste toujours introuvable.

Pendant 20 minutes, les échanges entre le pilote et le copilote "étaient normaux et enjoués", décrit le procureur de Marseille.

Ensuite, sur l'enregistrement des voix du cockpit, on entend le commandant de bord préparer le briefing d'atterrissage à Düsseldorf. C'est alors que l'attitude du copilote semble changer comme l'explique Brice Robin : "ses réponses deviennent laconiques".

Copilote seul dans le cockpit

Le commandant ne paraît pas alors inquiet puisqu'il décide de quitter la cabine de pilotage, certainement pour aller aux toilettes. Sur l'enregistrement, "on entend un siège qui recule et la porte qui se ferme", selon le procureur de Marseille.

Le copilote se retrouve alors seul dans le cockpit. A ce moment, l'avion est sur pilotage automatique. Juste après la sortie du commandant, le copilote modifie volontairement les paramètres de vol et lance la perte d'altitude de l'avion. "Une action qui ne peut être que volontaire", assure Brice Robin.

Quand le pilote cherche à revenir dans la cabine de pilotage, il le signale au copilote resté à l'intérieur. Mais ce dernier ne lui donne aucune réponse. Le commandant de bord reste donc bloqué à l'extérieur et se retrouve impuissant face à la descente de l'appareil.

Pendant ce temps, sur l'enregistrement de la boite noire, on entend le copilote respirer. Une respiration que le procureur qualifie de "normale" et qui laisse penser qu'il est resté en vie et conscient jusqu'au crash.

Au bout d'un moment, les alarmes avertissant l'équipage que l'appareil se rapproche dangereusement du sol s'enclenchent. Le pilote tente d'enfoncer la porte du cockpit. Mais c'est impossible.

En effet, depuis les événements du 11 septembre 2001, les cabines de pilotage des compagnies du groupe Lufthansa ont été changées. "Désormais les portes sont blindées. Même avec une arme, on ne peut pas les ouvrir", précise Carsten Spohr, PDG du groupe.

Le commandant de bord disposait d'un code pour ouvrir la porte au cas où le copilote se serait évanoui à l'intérieur. Mais le mécanisme peut être bloqué en maintenant un bouton sur la position « Lock ».

Impossible donc d'empêcher l'avion de percuter la montagne à une vitesse de 700 km/h. Il volait à une altitude d'environ 1 500 mètres alors que les montagnes du Massif des 3 Évêchés où il s'est écrasé dépassent 2 500 mètres.

Les passagers n'ont compris qu'ils allaient s'écraser que quelques instants avant le crash.

"Volonté de détruire l'avion"

Dès lors, deux hypothèses restent envisageables : un suicide ou un acte terroriste.

"Au vu de nos investigations, à ce jour, l'interprétation la plus plausible est que le copilote, par une abstention volontaire, a refusé d'ouvrir la porte de la cabine de pilotage au commandant de bord et a actionné le bouton commandant la perte d'altitude pour une raison qu'aujourd'hui nous ignorons totalement mais qui peut s'analyser comme une volonté de détruire l'avion", conclut. le procureur de la République de Marseille.

Celui-ci a également révélé le nom du copilote : Andréas Lubitz. Il s'agissait d'un Allemand de 28 ans qui travaillait pour Germanwings depuis septembre 2013 et avait 630 heures de vol sur A320.

Il avait été formé à l'école aéronautique de Lufthansa à Brême (Allemagne). "Il était 100 % apte à piloter un avion, assure Carsten Spohr. Nos pilotes sont les meilleurs au monde. Ils sont excellents."

Le PDG de Lufthansa ajoute que le copilote avait arrêté sa formation de pilote avant de la reprendre ensuite. Ce qui, selon lui, n'est pas rare. En revanche, il assure ne pas connaître les raison de cette interruption.

Mais, selon le journal allemande Der Spiegel, elle serait due à une dépression.

Une enquête est actuellement menée en Allemagne pour connaître l'environnement personnel d'Andreas Lubitz. Mais "à ce jour, rien ne dit qu'il s'agit d'un attentat terroriste", précise le procureur de la République de Marseille. Ce que confirme Carsten Spohr : "Il n'y a aucune raison de penser qu'il puisse s'agir d'un acte terroriste."

Le PDG du groupe rappelle que "la sécurité a toujours été la priorité de Lufthansa" et que "malgré toutes les normes que nous appliquons, aucune système au monde ne peut empêcher ce qui est arrivé."

Il affirme par ailleurs que "Lufthansa fera face à ses responsabilités" et qu'une aide financière est prévue pour les familles des victimes.

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