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HOP ! une vraie ou une fausse low cost régionale ?

la chronique de Jean-Louis Baroux


Rédigé par Jean-Louis Baroux le Mardi 2 Avril 2013

Tout d’abord, saluons la venue sur le marché régional français d’un nouvel acteur et pas le moindre. C’est le regroupement des filiales d’Air France : Airlinair, Britair, et Régional, réunies sous une nouvelle marque dynamique et la houlette de Lionel Guérin, sans doute la personnalité la plus à même de faire réussir cette nouvelle entité.



Il faudra bien à un moment ou à un autre unifier sous une seule société et non pas seulement une seule marque, l’ensemble des salariés de ces quatre entreprises, faute de quoi les économies réalisées d’un côté seront largement absorbées par les difficultés de gestion sociales et administratives. - DR Air France
Il faudra bien à un moment ou à un autre unifier sous une seule société et non pas seulement une seule marque, l’ensemble des salariés de ces quatre entreprises, faute de quoi les économies réalisées d’un côté seront largement absorbées par les difficultés de gestion sociales et administratives. - DR Air France
il faudra du talent pour passer d’un ensemble constitué de 3 compagnies, certes toutes filiales à des degrés divers d’Air France et opérant sous la marque du transport national, pour l’essentiel, à une unité tout de même composée non plus de 3, mais de 4 sociétés, dont 3 fournisseurs de services et une société de commercialisation et de stratégie.

Bref, on aurait voulu compliquer que l’on n’aurait pas fait autrement.

Je veux bien que c’était, au fond, la seule manière d’éviter de potentiels conflits sociaux, chaque compagnie possédant ses propres règles d’emploi salarié, mais outre que cela ne résout en rien les différences entre les personnels des compagnies régionales, cela va certainement créer une grande complexité administrative qui n’entrainera certainement une diminution des coûts.

Comment passer à une situation d’équilibre des comptes ?

Or c’est pourtant bien l’objet de la manœuvre.

Lors des exercices précédents, le pôle régional d’Air France a perdu bon an, mal an, près de 100 millions d’euros.

Ce n’est tout de même pas rien. Comment passer à une situation d’équilibre des comptes si ce n’est au profit, sans simplifier au lieu de complexifier ?

Certes dans un premier temps, la mise en commun des flottes et une refonte des programmes d’exploitation auront certainement des effets très bénéfiques.

A tel point que dès le début d’exploitation, l’ensemble « HOP » pourra rendre aux leaseurs un certain nombre d’appareils. C’est autant de gagné.

On peut d’ailleurs se demander pourquoi cela n’a pas été fait plus tôt, après tout le donneur d’ordre était bien uniquement Air France.

Certes également le nouvel ensemble va négocier âprement avec la compagnie mère le prix de l’assistance en escale, pour le ramener au tarif du marché.

Mais cela ne fera certainement pas les affaires d’Air France qui sera amenée à supporter les charges anciennes en recevant une recette fortement amoindrie.

Le transport régional à 55 €TTC par vol....

Mais il faudra bien à un moment ou à un autre unifier sous une seule société et non pas seulement une seule marque, l’ensemble des salariés de ces quatre entreprises.

Faute de quoi les économies réalisées d’un côté seront largement absorbées par les difficultés de gestion sociales et administratives.

La marque a été lancée à l’aide d’une campagne de publicité efficace.

Le site Internet est opérationnel et pratique d’utilisation. Mais je m’interroge sérieusement sur le message véhiculé dans les médias : le transport régional à partir de 55 € TTC par vol.

Alors, je suis allé voir sur le site internet en prenant comme exemple la première destination affichée : Aurillac-Paris.

J’ai cherché les tarifs sur la base d’un aller-retour sur une semaine. Et, j’ai effectivement trouvé un aller-retour à 110 euros… avec un départ le 12 juillet et un retour le 19 juillet.

Et c’est tout ! Pour l’essentiel le prix se situe aux alentours de 150 euros, avec un aller-retour journée entre 250 et 300 euros.

Hop sera-t-il un jour un transporteur Low cost ?

Je ne suis pas choqué des tarifs pratiqués, que finalement je trouve plutôt raisonnables, le transport aérien, particulièrement le transport régional, est sophistiqué et par conséquent coûte cher à opérer.

Mais je ne comprends pas dans ce cas la communication qui vise à promouvoir la compagnie « HOP » comme un transporteur « low cost », ce qu’il n’est certainement pas et qu’il ne sera jamais.

On voudrait frustrer durablement les clients potentiels que l’on ne s’y serait pas pris autrement. L’affaire peut être d’autant plus dangereuse que sur nombre de destinations, la compagnie « HOP » se trouvera en concurrence avec de vrais « low costs ».

Le transport aérien souffre d’un manque certain de transparence vis-à-vis de ses clients.

Il ne veut pas admettre qu’il coûte cher. Et au lieu de communiquer sur ses vraies valeurs : la praticité, la fiabilité et l’accueil, il s’acharne à mettre en avant des tarifs que les clients ne peuvent pratiquement pas trouver.

Mais ce faisant, il met dans la tête du public des références tarifaires qui ne permettent pas de payer les prix de revient.

Bref, tout cela n’est pas une raison pour ne pas souhaiter toute la réussite possible à « HOP » et à son Président Lionel Guérin.

HOP ! une vraie ou une fausse low cost régionale ?
Jean-Louis Baroux, est l'ancien président d'APG (Air Promotion Group) et le créateur du CAF (Cannes Airlines Forum) devenu le World Air Forum.

Grand spécialiste de l'aérien, il a signé aux éditions L'Archipel ''Compagnies Aériennes : la faillite du modèle'', un ouvrage que tous les professionnels du tourisme devraient avoir lu.

Les droits d'auteur de l'ouvrage seront reversés à une association caritative. On peut l'acquérir à cette adresse : www.editionsarchipel.com

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Tags : baroux, hop
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1.Posté par Christophe Hardin le 05/04/2013 11:27 | Alerter
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Avec encore pour l’instant et pratiquement trois ‘’sièges sociaux’’ trois types d’appareils trois accords d’entreprise, HOP n’est évidemment pas une compagnie Low Cost au sens du modèle économique.
Je suis cependant d’accord avec vous, il faut saluer cette volonté d’un pavillon français de commencer enfin à contre attaquer et reprendre des parts de marché au départ de France.
HOP, qui est pour l’instant plus une marque qu’une compagnie doit évoluer.
Cette mise en commun de moyens qui se renforcent entre eux est un bon début qui débouchera peut être non pas sur une compagnie Low cost mais une compagnie Hautes Synergies
Une ‘’High Syn’’ pour rester dans les anglicismes

2.Posté par Gilles le 05/04/2013 12:24 | Alerter
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Bonjour

Si la vocation de « Hop ! » était d’exploiter essentiellement des liaisons où il n’y a pas trop de monde, on pourrait se dire que là le concept est intéressant si c’est pour exploiter des liaisons comme Toulouse – Rennes, Lyon – Rouen, ou Nice – Clermont Ferrand, or malheureusement ce n’est pas principalement sur ce type de lignes que « Hop ! » compte se déployer.

Le problème avec « Hop ! » c’est ce n’est pas utilisé à bon escient. Par exemple et l’auteur de l’article « HOP ! une vraie ou une fausse low cost régionale ? » , Jean Louis Baroux, le dit très bien, on exploite des avions « Hop ! » sur des lignes en concurrences avec Easyjet, Nice-Toulouse et Nice-Bordeaux sont en soi révélateurs de cela, or c’est une très mauvaise stratégie de la part d’Air France. Quand Easyjet a ouvert Nice Lyon en novembre 2010, Air France a décidé de ne plus laisser sa filiale Brit Air sur cette liaison et mettre dans un 1er temps des A318, puis A319 et A320, cela a permis à celle-ci d’être boostée. Contrairement à la Nice Lyon, quand Vueling dans un premier temps a ouvert sa liaison Nice Toulouse en A319, Air France n’a pas bronché et a continué d’exploiter cette liaison avec des ATR 72 alors que l’on se serait attendu à une riposte du transporteur tricolore. Aujourd’hui, face à Easyjet, même constat sur Nice Toulouse et Nice Bordeaux, Air France ne semble pas avoir compris que ces deux liaisons doivent être opérées avec ses propres avions, A318, A319, A320 plutôt que des avions régionaux. C’était ce qui fut pourtant prévu en décembre 2011 de desservir Nice - Toulouse en A319/ A320, lors de l’annonce du lancement de la base AF de Nice, mais en février 2012, avant même l’ouverture, on a fait du bricolage d’amateur digne de nos chers dirigeants, et remit les mêmes ATR 72 au confort spartiate et inappropriés pour cette ligne, cela traduit bien un manque total d’audace sur le projet de base de Nice.

Autre chose pourquoi exploiter des liaisons avec « Hop ! » c’est-à-dire des avions régionaux au départ de Paris; n’est-ce pas un non-sens absolu ?

Personnellement au départ de Paris exploiter des lignes intérieures avec des avions régionaux juste pour satisfaire une clientèle d’affaire qui veut toujours plus de fréquences par lignes est un luxe. Sur beaucoup de ces liaisons on pourrait limiter le nombre de fréquences et remplacer des avions régionaux par des A319 ou A320. Encombrer Orly avec 50 avions régionaux par jour est totalement inutile alors que ceux-ci seraient mieux utilisé sur d’autres lignes.

Mais le problème ne se limite pas seulement à la division régionale d’Air France, « Hop ! » n’est pas un cas isolé, car le court et moyen-courrier est aussi concerné, il faut avoir une vision plus globale, c’est la philosophie des dirigeants de la compagnie aérienne depuis une vingtaine d’années qui est à remettre en cause. La compagnie s’est lancée sur cette stratégie de « navettisation du transport aérien » : lignes aériennes exploitées avec des avions toujours plus petits pour offrir un maximum de fréquences possibles. Air France n’est pas seul à opter pour cette stratégie, Lufthansa, Austrian, KLM, Iberia, British Airways en font de même. Or cette « navettisation du transport aérien » a de nombreux revers, retards et annulations de vols, saturation des aéroports et couloirs aériens, voilà, selon moi, des raisons qui peuvent expliquer les difficultés d’Air France, comme des autres opérateurs européens. Pourquoi continuer dans cette stratégie suicidaire alors que l’on sait les conséquences sont désastreuses à long terme ?

(voir l’article de Tourmag

http://www.tourmag.com/DGAC-les-compagnies-a-l-origine-de-31-des-retards-de-plus-de-15-minutes_a57172.html

et

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=o4g930pm8Ms

Il serait temps de limiter le nombre de fréquences au départ de Paris en limitant le nombre de vols en monocouloirs aux seules destinations au faibles nombre de voyageur (Lorient, Lyon, Lourdes - Tarbes, Rodez , Quimper ou Nantes au départ d’Orly , et Rennes au départ de CDG) où l’on pourrait opérer ces liaisons en A321 avec une seule fréquence par jour en A321 soit 6 A321 seulement par jour au départ de Paris.
Il serait urgent de réintroduire de gros porteurs sur le réseau moyen-courrier en particulier les A330-300 ou B777-200, B777-300 et A380-800, cela décongestionnerait les aéroports parisiens et leurs couloirs d’approches, les risques de retards et annulations seraient réduits, et on diminuerait les pertes financières.

Mais cela ne semble pas l’orientation que prend Air France.

Le véritable problème est que les dirigeants d’AF, depuis presque vingt ans, continuent à manipuler l’opinion publique sur le diagnostic de leurs mauvais résultats afin de ne pas avouer que leurs stratégies étaient purement fantaisistes, mais cela risque de conduire la compagnie à la banqueroute, mais eux ils s’en fichent vu que ce ne sont pas eux, mais l’Etat et les salariés de la compagnie qui vont payer leurs irresponsabilités.

Cordialement

3.Posté par navigant le 05/04/2013 19:40 | Alerter
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Bien mais 3 sièges sociaux ,un à Morlaix ; a Nantes ,et orly c'est pas un peu trop pour une boite ? Il faut économiser sur le personnel de bureau ,pour info à AF un audit ,fait il y a 3 ans donnait 2000 personnes de trop dans les bureaux ....

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