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I. Santiago du Chili, un air d’Amérique (du Sud) libérale

Le PIB le plus élevé d’Amérique latine, mais les écarts les plus criants


Rédigé par Jean-François RUST le Jeudi 21 Août 2014

Avec près de 6 millions d’habitants, la capitale chilienne est la vitrine du modèle capitaliste choisi par le pays. Quartiers branchés et résidentiels témoignent d’une croissance accélérée qui profite d’abord aux classes aisées.



Sanhattan. Le nouveau quartier d’affaires de la capitale n’a qu’une lettre d’écart avec Manhattan mais beaucoup d’espoir de ressembler un jour au quartier mythique de son immense voisine du Nord, les Etats-Unis, dont le Chili copie sans complexe le modèle libéral.

Bordant le fleuve Mapocho et ses eaux boueuses tristement canalisées, le Costanera Center est le futur totem de Sanhattan.

La tour de 300 mètres et 70 étages est le plus haut gratte ciel d’Amérique du Sud. Tout un symbole.

A côté d’elle trônent déjà des buildings conquérants, comme la tour Titanium.

L’ensemble du business district apparaît dans sa vigueur naissante depuis la route du cerro San Cristóbal, l’une des collines surplombant la ville.

Multilatinas

Il y a quelques années déjà que le Chili est en plein boom.

Son taux de croissance a atteint 6,5% en 2011, tiré par les secteurs de l’énergie (le pays est le 1er producteur mondial de cuivre), de l’agro-alimentaire et de l’environnement.

Le PIB par habitant y est le plus élevé d’Amérique latine. Mais les écarts sont aussi les plus criants du continent : les 10% des plus riches gagnent 35 fois plus que les 10% des plus pauvres…

Il n’empêche. Plusieurs entreprises US et européennes ont choisi Santiago du Chili comme tête de pont de leur expansion régionale.

Aux yeux d’investisseurs étrangers, la capitale est plus sûre que São Paulo et Buenos Aires. Des multilatinas (multinationales d’Amérique du Sud) émergent.

Beaucoup sont chiliennes et jouent les dragons économiques, à l’instar de Cencosud, leader de la grande distribution. Le groupe a racheté en 2012 les activités de Carrefour en Colombie.

Toutes ces raisons expliquent l’émergence d’une classe sociale aisée… et celle de quartiers voués à leur confort.

Au-delà de l’essor d’une classe moyenne, 3% de la population - soit 550 000 personnes - aurait des revenus supérieurs à 12 000 euros mensuels. Ceci dans un pays où le salaire moyen n’est que de 700 euros…

Books shops, cafés lounge…

Jouxtant Sanhattan, Providencia témoigne de la segmentation en marche des quartiers de la capitale.

Immeubles résidentiels gardiennés, boutiques de vêtements et de cosmétiques occidentales, restaurants et coffee shops lounge, clientèle urban chic, etc., Providencia n’a rien à envier aux arrondissements aisés de Paris ou de Madrid.

Le secteur de l’avenida Italia est ainsi devenu l’épicentre de la déco tendance et du design. Même les quartiers historiques se mettent au diapason.

Alors que Bellavista reste bohème avec ses bars et restaurants étudiants ou alternatifs (l’enclave du paseo Bellavista, îlot contemporain, fait exception), le petit barrio (quartier) Lastarria, en plein centre, étale ses magasins trendy, restaurants concepts et book shops branchés près de l’avant-gardiste musée des Arts Visuels MAVI.

Le tout à deux pas du Centro Arte Alameda et du centre Gabriela Mistral (d’architecture contemporaine), deux pôles culturels de référence.

« L’invasion » des shopping malls

Plus à l’est, la capitale se la joue ultra chic. Dans le prolongement de Providencia, voici le quartier de Vitacura.

A côté du musée de la Mode, l’avenida Alonso de Córdova, « version réduite de la 5ème Avenue de New York », selon un article du New York Times paru en 2012, s’affiche en temple arty haut de gamme, avec ses boutiques de luxe et ses galeries d’art.

Au-delà, la succession de quartiers résidentiels est scandée par la présence de centres commerciaux flambants neufs.

Des dizaines ont été construits ces dernières années à Santiago. Ils ont remplacé les plazas de Armas des villes chiliennes, où se retrouvaient jadis les habitants.

L’appétit de consommation chilien n’ayant pas de limites, ces shopping malls à l’américaine sont envahis le week-end par les familles de la classe moyenne.

Un véritable phénomène urbain intergénérationnel, que les médias locaux décryptent à longueur de colonnes.

Rêve américain

Encore plus à l’Est, une large autoroute urbaine grimpe à l’assaut des premiers contreforts de la cordillère des Andes - les CSP+ adorent y skier l’hiver.

Là habite le gratin des nouveaux riches chiliens. A La Dehesa, dernier quartier à la mode, les villas de l’avenida Parque de las Pataugas ont de francs airs de rêve américain, avec leur déco kitsch et tape-à-l’œil.

Ultra protégées, elles sont surveillées en permanence par les patrouilles d’entreprises de sécurité, dont le business est florissant.

Le quartier est situé à des années lumière des poblaciones du sud de Santiago, où résident les pauvres et les ouvriers.

La croissance du Chili, accaparée par les mêmes grandes familles que jadis - la vox populi prétend que 50 d’entre elles « tiennent » le pays depuis toujours - a élevé Santiago au rand de capitale « branchée ».

Elle n’a visiblement pas placé tous ses habitants sur le même pied d’égalité.

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