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II. Dubaï : derrière la city, le désert

Des excursions mass market aux sorties plus intimistes


Rédigé par Jean-François RUST le Jeudi 25 Août 2016

Hors la façade business et ultra urbaine de la ville, l’émirat est à plus de 90% recouvert de sable et de plateaux nus. L’occasion d’escapades originales, après les émotions du shopping et de l’architecture débridée.



L’excursion dans les dunes est l’attraction favorite des touristes dans le désert - DR : J.-F.R.
L’excursion dans les dunes est l’attraction favorite des touristes dans le désert - DR : J.-F.R.
Il ne faut pas chercher le désert très loin, à Dubaï. A peine quelques centaines de mètres derrière la skyline bling-bling et voilà déjà la poussière et le sable.

Les extravagances dubaïotes consommées, c’est le prétexte à une découverte décalée.

S’il n’est pas le plus grand des sept émirats - ce rôle échoie à Abu Dhabi -, Dubaï est situé comme les autres sur la corne arabique. Une péninsule grillée où il ne pleut que quatre à cinq jours par an. La route vers Hatta en témoigne.

Passés les derniers malls climatisés, la platitude désertique impose sa foudroyante nudité. Circulation rare, sur l’impeccable route asphaltée : des locaux en route vers la mer d’Oman et l’émirat de Fujaïrah, entre des 4x4 remplis de touristes pour l’excursion classique dans les dunes.

Trépidations dunaires

C’est l’attraction favorite du désert. Pneus dégonflés pour mieux « gripper » le sable, des bordées d’équipages motorisés se lancent dans un gymkhana dunaire. Spectaculaire et sportif, autant qu’anti écolo. En prime, l’estomac révulsé, pour les plus fragiles…

Au passage, on apprécie le coup de volant des chauffeurs pakistanais et indiens, pourtant pas nés avec un Range Rover dans les mains.

Un bon quart d’heure de trépidations plus tard et nous dominons l’erg émirati, du sable brun plein les chaussures. De loin en loin, deux à trois enclos à dromadaires pointent le bout de leurs clôtures, plantés au milieu du néant. Le lait, la viande, la laine…, tout est bon dans le camélidé.

L’excursion s’achève par l’immanquable dîner-spectacle au milieu du désert. Tentes de bédouins dressées, keftas et samoussas au menu (le sous-continent indien exporte ses bras mais aussi sa cuisine), assis sur des coussins façon berbère, le public masculin n’attend plus que la danseuse du ventre, un gigoteuse qui titille la libido des groupes Philippins, Indonésiens, Turcs ou Britanniques… Le plaisir des sens est universel !

La soirée est agréable, quoique trop marketée, façon fantasia marocaine à la mode dubaïote, pour touristes embedded.

« Experience Pure Arabia »

Changement de style au Al Maha Desert Resort & Spa, à mi-chemin entre Dubaï City et Al Ain. Dans ce repaire top luxe (la suite présidentielle s’affiche à plus de 2 500 euros la nuit), on vend à prix d’or l’exclusivité du désert.

« Experience Pure Arabia » : telle est « l’accroche » de la plaquette hôtelière. L’établissement brandit la caution écolo en valorisant le territoire qu’il gère en plus de son expertise hôtelière, soit la plus grande réserve dubaïote, 250 km² de dunes et de plateaux désertiques niché aux confins de l’émirat et de son voisin Sharjah.

Neuf kilomètres de piste conduisent, depuis la grande route, à ce lodge version safari. L’endroit est splendide.

Une quarantaine de tentes-suites au confort remarquable (bois exotiques, cuirs, lits immenses, piscine et terrasse privatives…) sont réparties sous la végétation, avec vue grand angle sur le désert.

Le matin, au réveil, de jeunes gazelles viennent gambader devant les fenêtres, sous le roucoulement des tourterelles…

L’hôtel et la réserve ont ouvert en 1999. Les clients passent ici plusieurs nuits et profitent des activités outdoor. Certains ne vont même pas jusqu’à Dubaï-city !

Dunes rouges

Il faut dire que ces activités sont bien encadrées. Dès… 6h du matin, chaque client a le choix entre une initiation à la fauconnerie, une randonnée à pied ou en jeep et une excursion à cheval.

Un peu plus tard, l’inévitable balade en 4x4 dans les dunes est au programme, dans une version nettement plus intimiste (l’exclusivité, ça se paye !).

Dans cette région, le sable est d’un rouge soutenu, virant au noir lorsqu’il se charge en magnésium. L’ascension des grandes dunes (350 mètres d’altitude), dans de puissants Toyota Land Cruiser, est un pur moment de bonheur. D’en haut, la vue porte loin, jusqu’aux montagnes pelées d’Oman.

Reste-t-il des bédouins à Dubaï ? « Il y a longtemps qu’ils ont échangé leurs chameaux contre des Bugatti et des Nike », s’esclaffe Shane, un des rangers sud-africains de la réserve, le genre d’anglo-saxon viril à la convivialité musclée.

L’esprit bédouin, en revanche, est toujours présent. En témoigne la passion des Dubaïotes pour la fauconnerie et les courses de dromadaires, ainsi que leur goût immodéré pour les sorties dans le désert, les fins de semaines.

Faune protégée

L’autre attrait d’Al Maha est la présence - protégée - de plus de 500 oryx d’Arabie. Une variété « d’antilope » au pelage blanc et longues cornes noires effilées.

L’animal va par petits groupes, majestueux et fier dans ce désert minéral. Mais gare à ne pas approcher les petits, la mère devient vite agressive.

« Al Maha abrite 400 gazelles de quatre espèces différentes, sept variétés de serpents - dont de très venimeux, ndlr -, des lézards, des renards rouges et des renards des sables », énumère Shane. On ajoute plus de cent variétés d’oiseaux, du perroquet au héron, en passant par le faucon et le hibou.

Entre les étendues désertiques, des bosquets d’arbres signalent la présence humaine. C’est la version émiratie de l’oasis. De tous temps, elles ont permis aux bédouins de survivre, les ghaf trees qui y poussent signant la présence de l’eau… et de l’ombre.

Les récits de l’explorateur Wilfred Thesiger, défricheur britannique de la corne arabique au mitan du 20ème s., ont très bien relaté les racines et le quotidien du vieux Dubaï. Quelques reproductions de ses photos trônent dans le luxueux lobby de l’hôtel.

Dommage que cette merveille de la nature ne soit accessible qu’aux plus aisés. Seuls les clients d’Al Maha Desert Resort & Spa peuvent en effet la visiter. La monétisation du paysage est aussi un business et le Dubaï low cost n’est pas encore pour demain.


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Tags : Dubaï
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