Les autres lignes du réseau et notamment le quotidien Nairobi-Amsterdam exploité conjointement par KL/KQ, ont tenu le choc grâce à une clientèle plus diversifiée. Il est vrai que la compagnie kenyane s’applique à faire de Nairobi le hub de l’Afrique de l’Est, un peu à l’image de la plate-forme d’Amsterdam de son actionnaire de référence, KLM. « 70% de nos passagers sont en correspondance à Nairobi », explique Titus Naikuni, « soit sur le réseau régional (Ouganda, Rwanda, Tanzanie, Congo, etc), soit sur l’Afrique de l’Ouest ».
Car Kenya Airways a construit patiemment sa « toile d’araignée » vers les destinations majeures de l’Afrique de l’Ouest. « Depuis cinq ou six ans, explique le patron de Kenya Airways, on assiste à un bouleversement des flux du trafic Affaires. Ce n’est plus sur un axe nord/sud, c’est désormais est/ouest, de l‘Inde et de l‘Asie vers le continent africain».
D’autres escales vont s’ajouter au réseau : bientôt Brazzaville. Mais dans un délai de trois à quatre ans, Kenya Airways prévoit aussi de s’implanter en Centrafrique, au Gabon, au Congo, en Angola, au Nigeria, en Libye, etc..
Car dans ce nouvel environnement économique, la compagnie kenyane veut jouer sa carte de transporteur africain « solide et sérieux ». Titus Naikuni qui est déjà actionnaire à hauteur de 49% de la compagnie tanzanienne Precision Air, se verrait bien renouveler l’opération avec un transporteur de la région Ouest du continent africain pour créer une seconde plate-forme de correspondances. La décision d’y aller ou pas, en consultation avec KLM, sera prise cette année.
« Puis, nous en référerons à Air France qui n‘a pas un pouvoir de décision sur ce projet, pour des raisons juridiques», explique TJ Heukelom, directeur commercial AF/KL de l’Afrique de l’Est.
Mais nul doute que Kenya Airways, membre associé de Skyteam depuis l’année dernière, trouvera une aide précieuse de l’expérience d’Air France dans la zone…