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La case de l'Oncle Dom : l'Etat actionnaire vole au secours d'Air France !

L'édito de Dominique Gobert


Rédigé par Dominique Gobert le Mardi 12 Mai 2015

Il nous reste quelques jours avant d'expédier à nos bons collecteurs d'impôts la déclaration qui va contribuer au bien-être de notre pays. Chacun d'entre nous va y aller de son obole… et accessoirement, participer à la survie de notre compagnie Air France, la bien-aimée…



Dans un élan extrême de solidarité, et surtout pour garder la mainmise à moindre frais, l'Etat français s'apprête à investir (euphémisme ou jeter l'argent dans un puits sans fond) entre 30 et 45 millions d'euros afin d'acquérir 1.7% des actions d'Air France. Pas grand-chose, finalement… - Photo Air France Photographe : Virginie Valdois
Dans un élan extrême de solidarité, et surtout pour garder la mainmise à moindre frais, l'Etat français s'apprête à investir (euphémisme ou jeter l'argent dans un puits sans fond) entre 30 et 45 millions d'euros afin d'acquérir 1.7% des actions d'Air France. Pas grand-chose, finalement… - Photo Air France Photographe : Virginie Valdois
Vous me direz, nous avons déjà contribué, grâce à l'argent de notre Etat-actionnaire, donc le fruit de notre travail et de notre volontaire contribution, à participer financièrement au bien-être de Renault.

Pour Air France, c'est quasi du pareil au même.

Dans un élan extrême de solidarité, et surtout pour garder la mainmise à moindre frais, l'Etat français s'apprête à investir (euphémisme ou jeter l'argent dans un puits sans fond) entre 30 et 45 millions d'euros afin d'acquérir 1.7% des actions d'Air France. Pas grand-chose, finalement…

45 millions d'euros pour 1.7% d'actions, c'est pas cher payé pour une compagnie qui, sans être moribonde, est loin de rapporter quelques sous.

D'ailleurs, aucun dividende n'a été payé aux actionnaires depuis des années et c'est pas demain la veille que la chose se produira.

En revanche, cet "investissement" peut rapporter (pas gros, je vous l'accorde) à l'Etat. Parce que, figurez-vous, il s'agit, en accord avec la Loi Florange, de "protéger" en quelque sorte Air France et de bénéficier, par un subtil jeu à coût réduit (le low cost de la finance, en quelque sorte) de droits de vote double lors de conseils d'administration.

Et, accessoirement, de disposer d'une majorité quasi indélébile... ou presque, ne serait-ce qu'une minorité de blocage !

La case de l'Oncle Dom : l'Etat actionnaire vole au secours d'Air France !
Ainsi, un actionnaire ne disposant que de 10 actions mais possédant le double droit de vote, pourra faire valoir 20 actions… et peser sur les décisions.

Pour mémoire, selon le "lexique financier" édité par notre confrère les Echos "L'action à droit de vote double, permet d'affermir le contrôle des actionnaires actuels en dérogeant au principe légal selon lequel le nombre de voix attaché aux actions est obligatoirement proportionnel à la quotité de capital qu'elles représentent (principe d' "une action - une voix")."

Emballez, c'est pesé !

Et, par ce tour de passe-passe digne du regretté Garcimore, l'Etat devient "majoritaire" de fait chez Air France.

A croire que le prochain conseil d'administration d'Air France risque d'être tendu, d'autant qu'une motion prévue lors de la prochaine Assemblée Générale de la compagnie, le 21 mai prochain, prévoit une opposition au droit de vote double.

Dans quel but, d'ailleurs ? On ne sait pas trop, mais les milieux autorisés laissent entendre que certains actionnaires pourraient se laisser tenter par une arrivée "sournoise" de certains opérateurs… pas nécessairement amis d'Air France.

Curieusement d'ailleurs, on assiste à quelques variations dans l'actionnariat d'Air France, surtout depuis quelques années.

L'actionnariat des salariés a baissé de près d'un point, tandis que d'autres acteurs, tels Rothschild par exemple font mouvement depuis le mois de février 2015.

Et des fonds de pension, tels Capital Group Company (6.85%), Donald Smith (5.85%), ou encore Rotschild et Cie de Gestion (5.01%) pourtant généralement peu soucieux d'investir "à risque", montent au capital…

Serait-ce à dire que notre belle et bonne Air France pourrait être la cible de prédateurs venus d'ailleurs et que la vente des Rafales aux qatareux ne serait que le premier volet d'une ultime tentative de lutte face à la débâcle annoncée ?

Et que Monsieur Macron, après avoir lutté contre les asiates pour sauver Renault, ne tenterait pas la même chose avec Air France ? Encore que faut savoir jongler entre la vente de Rafale et la survie d'Air France.

Quand la patate est chaude, faut avoir des gants isothermes, ce qui n'est pas forcément le cas au gouvernement aujourd'hui…

J'avoue que le doute est présent. En même temps, et je suis d'accord pour la solidarité, pour sauver nos pauvres et maigres emplois en France, est-il quand même raisonnable d'investir une partie de nos impôts pour devenir l'unique et majoritaire actionnaire d'Air France sans penser surtout à prévoir une véritable gestion moderne et adaptée aux réalités de notre marché ?

On a vu ce que donnaient les nationalisations en d'autres temps…

Et, sincèrement, au 21ème siècle, je crois que le protectionnisme financier n'est qu'un combat d'arrière-garde…

De même que la position défensive que semblent prendre d'un même élan, la compagnie et son état-actionnaire.

Quant à Juniac, il a encore du chemin à faire... Notamment pour faire admettre à l'état que la lutte contre les compagnies concurrentes du Golfe passe par une exonération des charges sociales de ses personnels navigants.

Tout ça est loin d'être gagné !

Avec la complicité de Laury-Anne Cholez


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1.Posté par ericbdx le 12/05/2015 01:37 | Alerter
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et vas y dont encore du fric de l etat qui part dans les caisses d air france apres ces gens viendront donner des lecons qui de plus n ont aucun sens sur la concurrence deloyale des compagnies du golfe vraiment tout cela est tres risible voir a la limite du ridicule

2.Posté par CDBSam le 12/05/2015 09:45 | Alerter
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Lorsque l'on demande à AF d'arrêter la desserte de Bangkok car Thai Airways n'arrive pas à remplir ses A380, c'est du protectionnisme?
Quand on accorde, sans contrepartie, des droits de trafic à Qatar, pour les remercier d'avoir acheté des Rafales, c'est du protectionnisme?
Quand Ryanair bénéficie d'aides américaines à l'export (première compagnie bénéficiaire de ce type d'aide au monde, plus de 6 M$...) et que l'on le refuse à AF, c'est du protectionnisme?
Quand on oblige AF à acheter des A380, dont on ne veut pas et qui ne nous serve à rien, sauf à bouffer 10 ans d'investissement dans des avions adaptés à notre réseau, c'est du protectionnisme?
Depuis des lustres, AF crève d'être une "annexe" du ministère des Affaires étrangères ou du ministère de l'industrie

3.Posté par FAFA le 12/05/2015 10:46 | Alerter
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C'est vrai, c'est de l'argent public dépensé pour Air France. Je vais vous surprendre, en tant qu'employé d'Air France, je ne suis pas pour cette injection. En fait, je pense que cette présence de l'état n'est pas bonne.
Mais si nous voulons éviter de donner de l'argent à Air France, évitons aussi de lui mettre tous ces bâtons dans les roues.
- Stoppons net les taxes Chirac.
- Arrêtons le braquage par ADP qui dégage des marges hallucinantes (et comment pourrait-il en être autrement pour une "entreprise" en situation de monopole) et qui facture ce qu'elle veut.
- Adaptons les charges sociales du personnel à ce qui se fait grosso modo auprès des compagnies concurrentes.
- Permettons à Air France de licencier et non pas d'en passer par de trop longs et trop coûteux PDV uniquement pour faire dans le social, en payant pour faire partir des gens qui partiraient tout bientôt de toutes les manières.
- Autorisons Air France à acheter des avions qui correspondent à ses besoins et non pas aux besoins d'Airbus.

Lorsqu'un produit est importé en Europe, et a fortiori en France, il passe par la case "Douanes" ce qui lui permet d'être taxé immédiatement et le rend un peu moins compétitif avec les produits européens et surtout Français. Dans le cas d'Air France, la concurrence est beaucoup plus directe : pas de douanes. Facile, alors, pour les compagnies étrangères d'être plus compétitives. Sauf à casser les salaires de tous les français et surtout leurs charges sociales, et tout le pays aussi d'ailleurs (soyons fous !...) nous serons tous plus chers que tout le monde.

Lorsque Qatar ou Emirates proposent des vols à des prix moins élevés qu'Air France, c'est avant tout parce que leurs subventions le leur permettent. Les américains ne s'y sont pas trompés et ont compris le problème : aujourd'hui, les compagnies du golfe peuvent dors et déjà prévoir la fin de leur expansion aux US. Si la France ne souhaite pas en passer par les subventions massives à Air France (et je le comprends bien), qu'elle en passe au minimum par un contrôle des droits de trafic !

Le discours récurrent du "oh non, pas encore de l'argent pour Air France" ne tient plus. Il y a 30 ans, il pouvait encore avoir du sens car donner de l'argent à une société qui n'a pas de concurrence et qui malgré tout est un puits sans fond, c'est un gâchis. Mais le contexte a changé. Si le pays ne veut pas donner les bonnes armes à Air France, alors il ne faut pas s'étonner du résultat. Et il ne faut pas s'étonner du fait que la seule solution est le recours aux aides. Comme y ont droit les principaux concurrents.

4.Posté par ericbdx le 12/05/2015 12:01 | Alerter
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pour fafa et pour info il va falloir arreter de croire le premier neuneu venu si emirates a recu des aides a sa creation tout comme air france d ailleurs depuis 27 ans emirates est beneficiaire et degage chaque annee des benefices entre 500 et 800 millions je ne pense pas qu une compagnie qui degage ce type de resultat est besoin de subventions mais les legendes ont la vie dure

5.Posté par baudoin le 12/05/2015 12:17 | Alerter
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FAFA écrit:"- Adaptons les charges sociales du personnel à ce qui se fait grosso modo auprès des compagnies concurrentes". Bonne idée ,mais avec à la sortie le même traitement social que dans les autres compagnies---

6.Posté par TDLKB_le vrai le 12/05/2015 20:04 | Alerter
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7.Posté par Fred158 le 14/05/2015 10:12 | Alerter
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@erichdx : parce qu'une compagnie qui ne fait que des benefices depuis sa creation c'est naturel peut etre ? Emirates et consort sont gavées d'aides diverses, pendant ce temps Air France croule sous les taxes, les emplois fictifs ((tiberi, baroin...), l'obligation de faire du social.
si rien n'est fait AF passera sous controle d'une compagnie du golfe dans moins de 5 ans.
Et cette participation de l'etat, c'est juste le temps de faire passer la motion sur les droits de vote double pour les actionnaires non speculatifs, apres l'etat pourra revendre sa participation s'il a envie.

Facile de se foutre de la gueule d'Air France en permanence mais visiblement vous n'avez pas compris qu'AF est une vache a lait de notre république bananiere.

8.Posté par baudoin le 14/05/2015 11:29 | Alerter
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""Facile de se foutre de la gueule d'Air France en permanence mais visiblement vous n'avez pas compris qu'AF est une vache a lait de notre république bananiere.""Certes,mais est-ce que les personnels d'AF se sont manifestés pour essayer de changer le système?? --AF a absorbé UTA qui était bénéficiaire,la logique aurait dû être différente. AF a absorbé Air inter qui était bénéficiaire,celle ci n'avait pas de concurrence dans les airs et il n'y avait pas le TGV ,mais il y avait un art consommé de la bonne gestion--
AF vit dans un système dépassé,ce n'est pas aux contribuables de payer.

9.Posté par Book le 20/08/2015 18:18 | Alerter
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Le groupe Air France est composé de plusieurs compagnies indépendantes les une des autres dont Air France Industrie qui dégage des bénéfices record et est la deuxième entreprise mondiale de maintenance aéronautique.
Les actionnaires touchent des dividendes sur les bénéfices de ces sociétés mais â aucun moment proposent de renflouer les caisses de l'entreprise mère qui les fait travailler, par contre depuis Mr Attali, les montages financier sont tellement bien fait....que c'est toujours nos impôts qui renflouent les caisses dAir France

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