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La crise du tourisme tunisien est loin d’être conjoncturelle selon l’IAEC

Le tourisme banéaire tunisien a atteint ses limites


Rédigé par La Rédaction le Lundi 13 Juin 2011

Selon une récente étude de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), rapportée par Magheb Emergent, la crise de l’activité touristique en Tunisie, dont témoigne la baisse de sa contribution à la croissance du PIB, n’est pas une crise conjoncturelle.



Elle trouve son origine dans certaines caractéristiques du tourisme tunisien, à dominante balnéaire, mais aussi dans un schéma de développement basé sur l’extension des capacités d’accueil pour faire face à l’incapacité de générer des gains de productivité.

Ce schéma explique l’inquiétante aggravation de l’endettement des hôteliers. Le tourisme tunisien est en crise profonde, constate une étude de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) intitulée « Tourisme en Tunisie : constat du secteur, défis et perspectives ».

Si l’hôtellerie reste un secteur important de l’économie tunisienne, sa contribution à la croissance est en constant recul : 12% en 1983-1990, 5,1% en 1991-1998 et 4,7% en 1999-2008.

Ces chiffres montrent que cette crise n’est pas conjoncturelle et qu’elle est bien antérieure aux contestations qui ont abouti à la chute du président Ben Ali, le 14 janvier 2011.

Si la croissance des arrivées touristiques des années 1960 et 1970 a été soutenue (une moyenne de 29%/an), elle a enregistré 5% en moyenne pour la décennie 1990, à peine un peu plus de 4% de 1999 à 2004, avant de baisser à près de 3% pour la deuxième moitié de la décennie 2000.

Les causes du ralentissement

Pour les rédacteurs de l’étude de l’IAEC, il serait dû à « net recul du produit touristique de base du tourisme tunisien constitué par des séjours de moyenne gamme en bord de mer », mais aussi à la « sensibilité de ce produit à la conjoncture extérieure », notamment les attentats du 11 septembre 2001 et l’attentat d’El Ghériba, à Djerba, en 2002 ».

Cette sensibilité paraît plus grande que celle d’autres produits dans la région, comme ceux de l’Egypte, par exemple, où « un mois après les attentats de Charm El-Cheikh en 2005, le nombre de visiteurs atteignait 750.000, soit 30% de plus qu’un an auparavant ».

D’autres chiffres illustrent la baisse de la compétitivité du tourisme tunisien. Si la Tunisie a doublé le volume d’arrivées touristiques en 1990-2009, l’Egypte et la Turquie les ont, elles, quintuplées, gagnant de nouvelles parts de marché, celles tunisiennes continuant à stagner.

La comparaison avec la concurrence est aussi désavantageuse en termes de recettes qui, durant les 30 dernières années, n’ont augmenté que de deux fois et demie, alors que celles du Maroc ont augmenté de cinq fois et celles de l’Egypte de neuf.

La lente croissance des recettes touristiques tunisiennes s’expliquerait par la faiblesse « des prix moyens par lit loué » (1 à 5 entre la Tunisie et la Turquie et de 1 à 3 entre la Tunisie et le Maroc).

Cette faiblesse, précise l’étude, « découle de l’interaction de plusieurs facteurs structurels ». Parmi ces facteurs, il y a « la prédominance de l’activité balnéaire, qui s’appuie sur une forte saisonnalité et des pratiques de négociation des tarifs étalées sur toute la période de l’année et dominées par les grands tour-opérateurs disposant d’un pouvoir de marché et de négociation puissant ».

En outre, la saisonnalité de l’activité touristique oblige recourir à une main-d’œuvre temporaire, ce qui ne favorise ni la qualité ni, surtout, la productivité et, partant, la compétitivité.

Un autre facteur de la croissance lente des recettes du tourisme, selon l’IAEC, est la dépréciation de près de 50% de la monnaie tunisienne ces vingt dernières années, dans un contexte où « les prix négociés avec les grossistes du voyage demeurent libellés en dinars » et que « près de 40% des intrants hôteliers sont importés ».

Aggravation de l’endettement des hôteliers

L’étude de l’IAEC met en cause le schéma de développement de l’hôtellerie basé sur une croissance extensive, c’est-à-dire sur l’augmentation des capacités en lits afin de compenser « l’incapacité de générer des gains de productivité » et économiser sur les coûts de production.

La croissance extensive des capacités d’accueil a eu pour effet un endettement accru : « De 1983 à 2008 l’encours total de la dette a pratiquement explosé, passant de 178 millions de dinars à plus de 3,176 milliards, soit une multiplication par plus de 17. (…) La majorité de cette dette bancaire, soit près de 70%, est constituée de crédits à moyen et long terme contractés pour financer le besoin d’investissement».

Plus inquiétant encore, ajoute l’IAEC, « il semblerait que la moitié de cet endettement soit composée de crédits à court terme » destinés à couvrir des dépenses immédiates.

Les hôteliers tunisiens voient s’étendre les périodes nécessaires au remboursement de leurs dettes. De 17 mois de chiffre d’affaires en 1983-1990, cette période est passée en 1999-2004 à 33 mois !

La restructuration de l’industrie hôtelière tunisienne apparaît, à la lumière de ce constat, comme une urgente nécessité. Elle devrait avoir deux axes principaux, recommande l’IAEC.

Le premier est l’assainissement immédiat de la situation financière du secteur hôtelier. Le second est la transformation de l’activité touristique de façon à ce qu’elle ne soit plus une activité quasi-strictement balnéaire, dont hôtellerie est le cœur (près de 90% de la capacité d’hébergement, contre 5% pour les villages de vacances, 5% pour les hôtels non classés et seulement 0,6% pour les pensions de famille).

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1.Posté par DHAOUADI Mohamed le 14/06/2011 13:26 | Alerter
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Ce constat "tragique" est bien l'aboutissement logique d'un appareil de gouvernance composé d'une bande de mercantilistes, confortés par l'infiltration mafieuse de la "Famille" qui a failli exterminer la poignée de rares professionnels authentiques...Des Réceptifs et hôteliers Tunisiens d'un professionnalisme sans équivoque existent...mais ils se comptent sur le bout des doigts.
Les "Marchands de loisir" qui ont bâti leur fortune sur la générosité naturelle de ce pays ont été longtemps dopés par les années de vaches grasses, sans scrupules ni soucis pour les effets collatéraux de pratiques déloyales, de gestion confuse, de dumping...
Au cours des deux dernières décennies aucun diagnostic sérieux n'a été opéré pour mettre à nu les insuffisances du Secteur face aux mutations profondes qui affectent le Tourisme mondial. Mais cette transparence était bannie par le système, qui aveuglait les tunisiens et le monde par une surabondance statistiques inodore et incolore...simplement de la poudre aux yeux dont a aussi besoin la Profession, c' est une nouvelle génération des jeunes professionnels engagés, longtemps marginalisés par la Mafia du Tourisme à l'ombre de la Dictature, et la libération de ces vétérans qui ont été asphyxiés par l'interventionnisme et la prolifération perverse par les artisans du secteur qui n'avaient d'autres atouts que l'autorité qui les a protégés pour amasser leur fortune.
Ceci étant, force est de constater que c'est la première fois dans l’histoire du Tourisme Arabe qu'une étude sensée est menée par un organisme arabe, et l'on ne peut que saluer ce travail.de l'IACE

2.Posté par Romdhana youssef le 16/06/2011 08:50 | Alerter
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Lettre ouverte à Mr le Ministre du Tourisme
*Mr le Ministre : -Votre passage dernièrement dans les médias d’une part et mon expérience dans le tourisme Tunisien en tant que guide professionnel pendant près de 25ans, d’autre part m’ont encouragé à vous écrire ces quelques lignes qui ne sont qu’une modeste contribution de ma part pour expliquer d’avantage la situation difficile dans laquelle se débat l’activité Touristique dans notre pays et qui est devenu préoccupante.
-Les remarques et suggestion que je viens vous soumettre…se réfèrent à 2 aspects différents…
D’une part
-L’infrastructure hôtelière et les agences de voyage,
D’autre part
le facteur humain et l environnement .
-Hôtelier ou agent de voyage ? -Le point de la situation -Hôtels et agences de voyages ont connu une grande prolifération, certains patrons se sont rangés du cote de l’ancien pouvoir pour faire ce que bon leur semble. –Les syndicats professionnels et les associations ont été marginalisées voir même sévèrement opprimées, les lois faites ont été la plus part du temps ignorées ou déviées.
Le résultat tout le monde le sait ; une destination bradée et les pratiques se sont croisés et sont devenu peut transparentes. On voit souvent agent de voyage et hôteliers recourir à des subterfuges de tout genre exemple, L’hôtelier qui usurpe l’activité de l’agence de voyages vente et organisation d’excursions, l’hôtelier vend les produits de l’épicerie et de l’artisanat , les prix des boissons au bar sont exorbitants, L’hôtelier courtise, chamelier et cocher .D’autre part l’agent de voyage conclu des contrats Tacites et louches avec les propriétaires des magasins de vente de produits d’artisanat pour toucher des commissions illégales car elles rendent les prix des produits trop élevés et hypothèque ainsi leur vente.
Tout cela pour compenser une perte consentie à l’avance en bradant le prix de la destination Tunisie au départ et que rien ne justifie.
Cette situation des hôtels et agences de voyages va déterminer la situation encore plus médiocre du facteur humain.
Le Facteur Humain :
La situation se caractérise par :
-Un faible taux de recrutement de personnels qualifiés dans toutes les branches de l’activité hôtellerie restauration et agence de voyages.
-Anarchie chez les taxistes et chauffeurs de louages.
-Prolifération de « bezness » et racoleurs dans les villes d’art surtout Tunis.
-Les guides une profession marginalisée usurpée par des intrus et en quête de réhabilitation.

*LE GUIDE DE TOURISME :
Tout le monde sait que les premiers guides des années soixantes étaient des gens recrutés sur le tat parmi ceux qui avaient vécu à l’étranger et fait la guerre avec les allemands ou les français et anglais ensuite il y a eu les décrets lois de Bourguiba 1973-1974 ces décrets même si elles ont constitués un cadre légal qui a servi pendant plusieurs années sont devenues insuffisantes aujourd’hui. La période du régime déchu s’est caractérisé par un silence très lourd suivi d’un étouffement de toute activité associative crédible, capable d’encadrer les guides et de défendre leurs intérêts et ceux de la profession.
Le résultat est que la profession est devenu pour beaucoup une activité secondaire leur servant a tirer un maximum de profit des clients par des pratiques frauduleuses.
Ainsi la corporation peut comprendre

-des guides de carrières ayant fait des études pour en faire une profession
-Des professeurs du secondaire.
-Des retraités
-Des professeurs du supérieur.
-Des agents de la fonctions publiques ( Douanier , police politique , inspecteurs de l’enseignement seucondaire . etc
-.
-Et même des étrangers s’installer à leurs propres comptes et offrir des services de guidage et d’hébergement en dehors de toute légalité sachant que pareille opportunité est strictement interdite au guide Tunisien.
Tout ce monde évince souvent les guides professionnels de carriére en prêtant leur service à bas prix leurs faisant en cela une concurrence déloyale .
Ces intrus étant assurés de leurs salaires et leurs retraites acculent les guides à un chomage forcé et injustifié pendant une saison touristique qui n’a cessé de se rétrécir d’année en année comme une peau de chagrin pour se limiter à 5 ou 6 mois dans la meilleure des hypothèses.
Pour toutes ces raisons j’estime de mon devoir d’attirer votre attention sur la nécessité d’engager sans plus tarder des actions concrètes pour limiter les dégâts et réhabiliter la profession de guide en Tunisie pour donner aux personnes qui en ont fait un choix de carrières des raisons de ne plus désespérer.
CONCREMENT :
Nous avons besoin d’un nouveau cadre juridique qui répond à nos aspirations légitimes.
*Un cadre moderne, flexible et spécifique.
-Un cadre juridique moderne :
c'est-à-dire compatible avec le tourisme d’aujourd’hui notamment l’usage de plus en plus fréquent de nouvelles technologies de l’information et de la communication donnant au guide le droit de proposer ses services directement pour une e clientele dont le nombre ne cesse d’augmenter a travers le monde .
-Un cadre juridique flexible :
qui permet au guide de tourisme d’évoluer et d’améliorer ses capacités d’adaptation pour faire face aux phénomènes de la globalisation en d’autre terme être un agent actif qui agit sur la demande en imaginant et en concevant de nouveaux produits alternatifs et de ne pas rester assujetti au diktat des agences de voyage plutôt transporteurs touristiques (voir étude stratégique Roland Berger) et des tours opérateurs.
-Enfin un cadre juridique spécifique :
Qui reconnait l’activité de guide touristique comme une profession libérale a part entière interdite aux intrus et qui débouche sur une carrière riche et variée avec la reconnaissance de l’ancienneté et des promotions ouvrant ainsi au guide de tourisme de nouveau horisons dans son intérêt propre et celui du tourisme en général
Romdhana Youssef : guide professionnel de tourisme
Diplôme : institut supérieure d’hôtellerie et tourisme de Sidi Dhrif 1981

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