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"La plateforme idéale n’existe pas encore, mais on y tend"

Interview de Christian Sabbagh, président d’Orchestra


Rédigé par Rémi Bain-Thouverez le Jeudi 17 Octobre 2013

Les technologies, surtout dans le secteur du tourisme, ne cessent de se réinventer. Pas un jour sans l’apparition d’une application nouvelle ou d’une solution innovante censée révolutionner le secteur. Où est la limite ? Elle ne semble pas se profiler. Pourtant, la plateforme universelle serait la solution attendue pour satisfaire les plus exigeants et s’affranchir des développements incessants et financièrement ruineux. Réalité ou utopie ? Nous avons posé la question au leader du marché : Christian Sabbagh, président d’Orchestra.



Christian Sabbagh, PDG d'Orchestra - Photo DR
Christian Sabbagh, PDG d'Orchestra - Photo DR
Si l'on réfère au livre blanc de l’école Escaet, la plateforme idéale pour l’industrie du voyage n’existe pas. C’est la triste réalité avec pour conséquences de ne pas favoriser l’essor des projets et la compétitivité des entreprises.

Mais, il semble que celle-ci se dessine. Ce serait une bonne nouvelle pour tous les acteurs du tourisme.

La plateforme idéale serait indiscutablement le modèle qui permettrait à notre industrie de se moderniser et à chaque acteur de se centrer plus favorablement sur son cœur de métier.

"Hélas, regrette Marie Allantaz, directrice de l’Escaet, elle n’existe pas. À la place de cette plateforme, nous devons faire face à une multitude d’outils développant telle ou telle fonctionnalité qui complète les fonctionnalités de tel ou tel autre outil."

Quelle est la situation ?

Chaque outil ne cesse d’évoluer afin d’intégrer des fonctionnalités supplémentaires pour pouvoir couvrir celles des autres outils avec lesquels ils sont interfacés, l’objectif étant de proposer, in fine, une solution unique et complète !

On observe donc une réelle dispersion des efforts tant en termes de cohésion sectorielle que dans le domaine de la recherche et du développement.

Maire Allantaz poursuit: "Chacun essaie donc de proposer cette plateforme idéale sans se demander si les outils qu’ils développent sont plus aboutis que ceux développés dans d’autres secteurs et surtout s’ils pourraient s’entendre."

L’indépendance gauloise… Si elle favorise la diversité et la richesse d’expression, elle n’est pas toujours la plus appropriée pour donner naissance à des projets unitaires.

Évolution du paysage

La compétition exacerbée des acteurs entre eux et les regroupements stratégiques n’ont pas offert le meilleur des contextes pour parvenir à des solutions globales.

C’est ce qu’observe la directrice de l’Escaet: "Les rachats, fusions, et partenariats n’ont jamais autant été développés avec comme objectif une ultra maîtrise de la gestion et de la distribution de l’offre d’une part et une ultra maîtrise du client, de ses comportements, de ses sources d’inspiration d’autre part."

La priorité en ces temps difficiles étant la vente, tout est entrepris pour capter le plus rapidement possible les clients dans le processus de recherche et de l’inciter à consommer.

Alors, la convergence…. une autre fois.

Un secteur est-il plus avancé que les autres dans la quête du modèle idéal ?

Le livre blanc pose la question : Y a-t-il un secteur présentant une solution susceptible de correspondre aux autres secteurs ?

Marie Allantaz est catégorique. "La réponse est négative. Le secteur hôtelier a développé des outils sans réelle homogénéité.

Dans l’aérien on est au contraire passé d’une solution quasiment unique à des solutions qui se sont diversifiées afin de permettre aux compagnies de se distribuer sur des canaux différents et à des prix différents.

Les secteurs ferroviaire et de la location de voiture ont développé des solutions qui tendent vers des solutions uniques, mais, elles sont très intra secteur.
"

On tombe toujours sur le même constat : des développements toujours trop diversifiés et verticalités.

Et les GDS ?

Bien entendu, les GDS sont les mieux placés pour proposer une plateforme commune, car ils savent répondre à tous, mais, ajoute Marie Allantaz, "outre le fait que les solutions des GDS ne sont pas nécessairement connectées entre elles, certains sont basées sur des langages lourds et coûteux donc peu accessibles à tous."

Cependant, les évolutions sont rapides et les moyens mis en œuvre par les GDS sont importants sans oublier qu’ils sont en relation avec tous les acteurs, ce qui leur donne une légitimité naturelle.

Incontestablement, le secteur du tour operating présente des dispositions ‘’naturelles’’ pour tendre vers la plateforme idéale.

En effet, en développant des outils sur Internet permettant d’agréger l’offre de plusieurs TO et de la mettre à disposition des distributeurs, on se rapproche d’une solution dite universelle.

C’est à ce stade de la rédaction de ce dossier que nous avons interviewé Christian Sabbagh, directeur d'Orchestra.

"Agréger l’offre des Tour-Opérateurs"

i-tourisme : Si on en croit le livre blanc de l’Escaet, la plateforme idéale pour l’industrie du voyage n’existe pas. De ce fait, on ne peut que déplorer la dispersion des efforts de la profession qui nuisent à l’efficacité d’ensemble. Pourtant, l’évolution des plateformes de distribution, dont la vôtre, nous donne quelques espoirs d’un futur plus favorable. Pouvez-vous nous donner votre analyse ?

Christian Sabbagh : "Oui, la plateforme idéale n’existe pas encore, mais on y tend.

Nous constatons aussi que les acteurs du tourisme se sont équipés de solutions couvrant soit une grande fonction de type production, distribution ou gestion soit une famille de produits de type hôtel, transport ou package avec la nécessité de faire dialoguer ces systèmes entre eux.

Et cette dépense d’énergie les éloigne en effet de leur métier."

i-tourisme : Comment imaginer le futur ? Toujours en se référant au livre blanc de l’Escaet, les plateformes multi-TO représentent la plus belle avancée vers la plateforme idéale. Si l’on prend votre plateforme, correspond-elle aux attentes de tous les acteurs du tourisme ?

C.S. : "Si je répondais oui, je mentirais. Par contre je peux vous affirmer qu’on s’en rapproche.

Après une première phase qui a principalement consisté à agréger l’offre des Tour-Opérateurs, nous avons entamé depuis 3 ans un nouveau cycle avec pour vision de disposer d’une plateforme loisirs unifiée."

"Il faut couvrir la production, la distribution et la gestion"

i-tourisme : Vous nous expliquez que vous pouvez ‘’brancher’’ sur un socle générique existant autant de développements que nécessaire, et ce sans coût excessif ! Ce n’est pas un peu trop beau pour être vrai ?

C.S. : "Je vais vous surprendre mais c’est déjà le cas aujourd’hui. Si vous m’aviez posé la question en 2005, je n’aurais pas pu vous répondre par l’affirmative.

Mais depuis près de 10 ans, nous avons su répondre aux demandes de nos clients dans des domaines nombreux et variés en développant une solution générique, qui, par sa conception, permet aussi d’intégrer toutes les personnalisations et spécificités de chacun d’entre eux.

Compte-tenu du service apporté, les coûts sont en effet faibles."

i-tourisme : Et pour des clients sur un secteur nouveau ?

C.S. : "Une plateforme loisirs doit par construction répondre aux besoins de tous les acteurs du secteur du loisir."

i-tourisme : Vraiment ?

C.S. : "En termes fonctionnel, il faut couvrir la production, la distribution et la gestion.

En termes de typologie de produits, il faut couvrir l’hôtel, le vol, le train, le package, la croisière, l’hébergement et le package dynamique sans oublier l’assurance et la location de voiture.

Enfin la distribution doit se faire via tous types de canaux et supports avec une focalisation particulière depuis 18 mois sur les tablettes et le mobile.

i-tourisme : Peut-être que de nouveaux besoins vont encore apparaître !

C.S. : "Oui, c’est la seule chose dont nous pouvons être sûrs ! Nous devons aussi initier les nouvelles tendances de par notre propre innovation avec comme ligne directrice l’expérience utilisateur."

2M d'euros d'investissement par an

i-tourisme : Quel est le montant de vos investissements ?

C.S. : "2 millions d’euros par an. "

i-tourisme : C’est colossal !

C.S. : "C’est clé si nous voulons innover. Au-delà du montant, cela implique l’anticipation et la remise en cause.

i-tourisme : Vous avez un exemple à nous donner ?

C.S. : "Nous avons investi dans le pré-packaging il y a plus de 4 ans. Il était certain que les attentes seraient fortes dans ce domaine.

C’était bien de l’anticipation, car dans les années 2009/2010, nous n’avions pas encore énormément de demande. Aujourd’hui nous sommes heureux de disposer de ce nouveau mode de production."

i-tourisme : Vous parliez aussi de remise en cause ?

C.S. : "En effet, car les technologies évoluent. Si, quand tout va bien, vous n’investissez pas en recherche et développement, vous risquez de vous retrouver avec des technologies dépassées.

Il est aussi essentiel de faire régulièrement évoluer des fonctions existantes afin de les rendre plus performantes."

"Cela va leur permettre de se focaliser sur leur métier"

i-tourisme : Pour conclure, revenons sur Orchestra et notre sujet de départ. Sachant que la technologie coûte cher, quelle est votre promesse pour les acteurs du tourisme qui souhaitent bénéficier de votre plateforme et éviter pas la même de dégager un lourd budget en développement ?

C.S. : "La promesse est triple : ils disposeront d’une meilleure solution, avec des coûts plus bas et ça va leur permettre de se focaliser sur leur métier.

i-tourisme : C’est quoi ‘’un petit ticket d’entrée’’ ?

C.S. : "Je ne peux pas vous donner un prix sans le rattacher à un brief spécifique.

Mais notre fonctionnement en mode SaaS cumulé avec le fait que nous disposons d’un budget d’investissement plateforme important permet de proposer des tickets d’entrée bas compte-tenu de la couverture fonctionnelle."

i-tourisme : Et un développement ça peut couter combien ?

C.S. : "Des développements spécifiques réalisés en interne peuvent nécessiter des investissements de plusieurs millions deuros pour répondre à un brief identique."

i-tourisme : Mais comment vous-rémunérez vous, pas uniquement avec ‘’le ticket d’entrée‘’ je suppose ?

C.S. : "Bien entendu, non. Notre modèle économique est principalement basé sur des frais transactionnels attachés aux réservations réalisés à travers Orchestra ce qui fait que nous sommes en convergence d’intérêt avec nos clients."

i-tourisme : Alors la plateforme idéale, ce n’est pas une utopie ?

C.S. : "Je dirais, pour conclure, que ce n’est plus une vue de l’esprit."

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1.Posté par baudoin le 26/10/2013 11:44 | Alerter
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Investissement , 2 000 000 € par an cela fait 3,33 pour 1000 comparé au volume d'affaires.Le CA étant la marge brut.. Ce n'est pas colossal ,c'est normal. Dommage que la ventilation de cette somme ne soit pas précisé. --Un petit ticket d'entrée sans somme indicative ce n'est pas de l'information.Un 'brief spécifique',tout étant modélisation ,le journaliste est très complaisant en acceptant cette non réponse.Le journaliste aurait pu demander des infos sur les frais transactionnels ,cela éclairerait la convergence d'intérêts avec les clients !!

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