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Le Seto et 400 décideurs ont déposé une plainte contre Google devant la Commission européenne

Réaction de René-Marc Chikli, président du Seto


le Vendredi 16 Mai 2014

Jeudi 15 mai, 400 éditeurs, dont le Seto, Lagardère Active, CCM Benchmark, ont déposé une plainte contre Google devant la Commission européenne. Lors d’une conférence à la Cité internationale de Paris, les membres rassemblés sous le nom « Open Internet Project » ont soulevé le problème de leur dépendance au moteur de recherche, et le souci du respect de la « neutralité d’Internet ». Ce grand principe garantit un traitement égal dans l’accès aux flux d’un utilisateur à l’autre.
René-Marc Chikli, président du Ceto, réagit sur la position dominante de Google et explique les raisons qui les ont poussés à se regrouper pour interpeller l’Europe.



René-Marc Chikli : "Notre but n’est pas de démolir Google mais d’exiger le respect de la libre concurrence. Il faut contraindre Google à modifier sa politique en matière d’Adwords, privilégier la qualité des liens plutôt que d’établir des contraintes indues sur les autres annonceurs" - Photo CE
René-Marc Chikli : "Notre but n’est pas de démolir Google mais d’exiger le respect de la libre concurrence. Il faut contraindre Google à modifier sa politique en matière d’Adwords, privilégier la qualité des liens plutôt que d’établir des contraintes indues sur les autres annonceurs" - Photo CE
i-tourisme - Pourquoi menez-vous cette fronde face à Google ?

René-Marc Chikli : « Depuis trois ans, il n’y a pas eu un forum qui n’a pas évoqué Google, qui ne s’est pas posé des questions à son sujet. Nous avons vu l’arrivée de Google Flight, Google Finder, Zagat, Room77. Nous avons vu les modules se rajouter.

Une concurrence de plus mais pas seulement. Il ne faut pas non plus être arrière-gardiste, nous sommes pour le libre-échange. La concurrence, ça stimule. »

i-tourisme - Voulez-vous dire que vous n’êtes pas non plus anti-Google ?

RMC : « Ce débat est délicat car au niveau de la nouvelle technologie, Google est fabuleux. Il fallait donc se demander sur quoi réagir.

Notre but n’est pas de démolir Google mais d’exiger le respect de la libre concurrence. Il faut contraindre Google à modifier sa politique en matière d’Adwords et privilégier la qualité des liens.

Il faut que ceux qui paient ne soient pas sur-traités par rapport au référencement naturel.

Je pense qu’on a touché le fond du problème. On ne fait pas l’anti-Google primaire. On veut juste retrouver la place que l’on mérite.

Internet est une formidable ouverture mais les opérateurs ne doivent pas s’approprier le net. L’objectif est que Google s’ouvre à nous.

Microsoft a dû le faire, condamné à plusieurs reprises par la Commission européenne (NDLR : la firme de Redmond s’est vu infliger une amende de 561 millions d’euros en 2013 pour ne pas avoir laisser suffisamment de place aux concurrents de son navigateur Internet dans Windows 7). »

"Un risque de disparition des acteurs importants"

i-tourisme - Quels sont donc les enjeux de votre démarche au sein de l’Open Internet Project ?

RMC : « Le constat est compliqué car tous les nouveaux services de Google arrivent, bien positionnés sur le moteur de recherche. »

i-tourisme: Si le consommateur y gagne, pourquoi pas?

RMC : «c'est tout le contraire car les prix des sites affichés en début de page sont plus chers de 25% en moyenne car ce sont les positions payantes.

Les autres, ceux du référencent naturel, descendent d’un cran sur la page de résultats, voire se retrouvent en deuxième page. Du coup, les prix qui apparaissent en deuxième page sans référencent payant sont les moins chers.

Il y a donc un risque de disparition des acteurs importants qui vivent dans Google et son client de Google.

Autre point critique : l’exploitation des données et des affinités des internautes. Voyageur du Monde a d’ailleurs était en procès contre l’exploitation de sa marque sur Google.

On se demande: comment va-t-on être traité ? Google a en France 90% des parts de marché.

Tout le monde va sur internet, ce n’est plus une question de limite d’âge ou de limite territoriale. Seulement 20% des Français vont à l’étranger, cela peut vraiment avoir de l’influence sur le business. »

i-tourisme - Quel message voulez-vous faire passer ?

RMC : « C’est un cri d’alarme à la profession. L’enjeu est d’exister sur le net. Un des acteurs connus du tourisme ne se disait pas concerné. Mais si 40% de ses clients ont une adresse Gmail, ils seront dans les mains de Google sans le savoir. C’est une machine de guerre.

La France aussi est concernée. J’ai été contacté par des gens de la finance. Le marché français peut être marginalisé sur Google. Qui détient l’information, le contenu, détient le business.

Si quelqu’un tape « voyage Europe », Google pourrait moins mettre en avant la France, proposer deux jours la France, trois jours l’Espagne, quatre jours l’Italie… Cela aurait de l’influence sur la durée de séjour et donc sur les recettes.

Il faut donc que l’Europe réagisse, se défende. Les Chinois ne se sont pas laissés mener par le bout du nez par Google. Sans compter le fait que le moteur de recherche paie très peu d’impôts en France. »

i-tourisme - Quelle ampleur prend ce projet ?

RMC : « Les plus grands acteurs du net nous ont rejoint.

Une petite histoire devient une grande histoire. Hier lors de la conférence, Montebourg a été excellent ; il a répété qu’il faut se battre à Bruxelles afin que Google ne devienne pas "un incontournable incontourné".

Ce projet prend un belle dimension, tous les grands acteurs du net sont là.

Pour la partie voyage, le Syndicat des Entreprises du Tour-Operating (Seto) est l’un des signataires de l'OIP. Nous avons été à l’origine du projet depuis des mois, avec le directeur du site" Comment ça marche ?" et celui du du Guide.com.

Olivier Kervella, pdg du groupe NG Travel, a été désigné comme représentant officiel du syndicat au sein du projet. Jean-François Rial, pdg de Voyageurs du Monde, est aussi impliqué. Nous avons une équipe forte.

Nous avons été rejoints par des Allemands et même par des acteurs américains.»

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