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MH 370 : pour le patron d'Emirates, le B-777 était probablement sous contrôle jusqu’à la fin

Pourra-t-on vraiment tracker les avions un jour ?


Rédigé par La Rédaction le Lundi 13 Octobre 2014

Le crash du Boeing de la Malaysia Airlines suscite de nombreuses interrogations quant à sa disparition en mars dernier au large du Vietnam. Comment un appareil peut-il se volatiliser ? Dans une interview accordée au Der Spiegel, Tim Clark, le patron d'Emirates, s'étonne de la disparition de l'appareil, avec la perte totale des données de tracking. De son côté, Jean Belotti, expert aérien, revient pour TourMaG.com, sur les pistes étudiées pour éviter qu'un tel cas se reproduise.



© adriatix - Fotolia.com
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Sept mois après la disparition du vol MH730 de Malaysia Airlines, et les nombreuses opérations pour tenter de localiser l'épave, la compagnie et les familles des victimes attendent toujours une explication sur ce drame.

Dans une interview accordée au magazine allemand, Der Spiegel, Sir Tim Clark, PDG d'Emirates, souhaite que la lumière soit faite sur les causes de cette disparition.

Selon lui, quelqu'un a pris le contrôle sur l'avion.

"Nous devons savoir qui était présent à bord. Nous devons savoir ce qu'il y avait dans la soute de l'avion. Et nous devons continuer à faire pression sur les personnes en charge de l'enquête pour avoir davantage d'informations", ajoute Tim Clark.

Selon le patron d'Emirates - la compagnie qui possède la plus grande flotte de B 777 au monde - "il n'y a nullement besoin d'ajouter un système de tracking sur ces appareils", car les transpondeurs du MH370 n'auraient jamais dû être coupés, tout comme le système ACARS (Aircraft Communications Addressing and Reporting System).

Il recommande donc aux constructeurs de "trouver le moyen d'empêcher de couper le système ACARS depuis le poste de pilotage, comme les transpondeurs".

L'interview de Jean Belotti, ancien commandant de bord

TourMaG.com - Il est inadmissible que de nos jours on ne sache pas où a pu disparaître le Boeing de Malaysia Airlines, alors que les médias nous distillent, depuis sept mois, des informations floues, démenties le lendemain. Où alors que nous cache-t-on ?

Jean Belotti :
"Il est vrai que le manque total de cohérence entre toutes les déclarations publiées peut laisser supposer que tout ce qui était connu n’a pas été dit.

Entre les hypothèses les plus plausibles et celles les plus farfelues il y avait, probablement, des “non dit” pour diverses raisons également non dévoilées.

L’incompréhension unanime de constater qu’on ne soit pas en mesure de savoir où un avion à pu disparaître, a conduit à plusieurs réactions."

TourMaG.com - Justement quelles sont ces réactions ?

Jean Belotti :
"C’est ainsi que les experts de l’OACI (Organisation de l’aviation commerciale internationale) se sont réunis “en vue d’examiner l'utilisation de technologies existantes pouvant fournir les moyens d'assurer un suivi mondial des avions, à un coût raisonnable".

Pour ce faire, ils vont répertorier toutes les technologies existantes, notamment satellitaires, afin d'évaluer celles qui seraient plus à même de transmettre des données de base comme la position, l'altitude, la vitesse, le cap, etc.

Ayant consulté plusieurs entreprises (Globalstar, Inmarsat, Rockwell, Thales Alenia), ils auraient déjà reçu diverses propositions originales, dont une qui assurerait une couverture globale du monde, à moins de 100 000 €.

- L'un de ces industriels (le britannique Inmarsat), a proposé un suivi gratuit pour les "11 000 avions de ligne qui sont déjà équipés d'une connexion par satellite", soit la quasi-totalité de la flotte commerciale long courrier.

- Par ailleurs, certaines compagnies équipent déjà leurs avions d'un système de suivi, du type de celui des flottes de camions ou des transporteurs maritimes, capables de suivre, en temps réel, leurs camions ou leurs navires sur les océans.

- La proposition la plus originale est de dupliquer vers des serveurs distants les données enregistrées par les deux boîtes noires (le FDR enregistrant les données du vol : cap, altitude, vitesse, températures, accélérations, etc, etc... et le CVR enregistrant les bruits dans le cockpit, donc ce que se disent les pilotes) qui équipent actuellement tous les avions de ligne.

Serveurs qui pourraient alors être consultés par les organismes chargés de diligenter les enquêtes administratives et judiciaires. Il reste que l’importance des données à stocker impliquerait des coûts élevés qui seraient à comparer avec la nature du risque de perdre la trace d’un avion."

TourMaG.com - Autrement dit, dans quelle mesure le jeu en vaut-il la chandelle ?

Jean Belotti :
"En effet, ici, rappel peut être fait que dans l’industrie aéronautique, lorsque le risque estimé est de 10-9 (un sur un milliard), il n’est pas pris en compte.

Notons également que les compagnies aériennes - regroupées au sein de l'IATA (Association internationale des transporteurs aériens) - ont décidé de créer un groupe de travail sur le suivi des avions de ligne, avec l'objectif de formuler des recommandations dans les cinq mois à venir.

Enfin, à plus court terme, il convient de signaler que Téthys, une PME française, vient de mettre au point un dispositif permettant de localiser un avion qui s'abîme en mer.

Il s’agit d’une balise qui, éjectée au moment de l'impact remonte vers la surface, grâce à une bouée qui va se gonfler, puis émet, aussitôt, une position GPS, via le réseau satellite Cospas-Sarsat.

De surcroît, y sont stockés, également, 19 des principaux paramètres de vol, permettant de faire une pré-analyse des circonstances de l'accident.

La finalisation du projet devrait toutefois coûter encore plusieurs millions d'euros, Téthys est donc à la recherche du soutien des industriels.

Gageons que ces efforts déboucheront sur une solution satisfaisante pour toutes les parties prenantes."

*Ancien Commandant de bord, notre chroniqueur Jean Belotti est également expert auprès des tribunaux et écrivain. Voici une fiche bibliographique de ses ouvrages.

"Les accidents aériens, pour mieux comprendre". Frédéric COUFFY Éditions - 1999.
12, rue de Nazareth 13100 Aix en Provence. Tél : 04 42 26 18 08. Fax : 04 42 26 63 26

"Les Titanics du ciel". FRANCE-EUROPE-EDITIONS - 2001
9, rue Boyer BP 4049 06301 Nice Cedex 4

"Chroniques aéronautiques". VARIO - 2003
1034, rue H.Poincaré 83340 Le Luc en Provence

"Le Transport International de Marchandises". VUIBERT - 3ième édition en 2004.
www.vuibert.fr

"Une passion du ciel". NOUVELLES EDITIONS LATINES - 2005
1, rue de Palatine 75006 Paris

"Pour mieux comprendre… Le transport aérien", Editions VARIO. Préface de Gérard FELDZER, 2012


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Tags : belotti
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