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Maroc : les assises du tourisme mettent carte sur table

huitièmes Assises du Tourisme


Rédigé par Michel GHESQUIERE au Maroc le Lundi 16 Juin 2008

Depuis 8 ans, chaque année, le Maroc organise une grande-messe du tourisme. Objectif : faire le point sur les avancées de la politique volontariste décidée en 2000 par Mohamed VI. Contrairement à ce que l’on pourrait penser cette mise à plat est totale et la confrontation gouvernement / professionnels du tourisme est réelle.



Ce n’est pas nous qui le disons mais Gérard Brémond président de Pierre et Vacances lors de son intervention en clôture des assises. Fort d’une longue expérience de plus de quarante ans, il explique que certains responsables de pays européens feraient bien de suivre la leçon marocaine.

Traduction : les autorités politiques marocaines acceptent un vrai dialogue avec les professionnels du tourisme. Ce qui est comme on le sait loin, d’être le cas dans certains pays européens.

Il est également frappant de constater que les deux ministres en charge du tourisme et du transport le sont avec de vrais mandats.

Enfin, au niveau des données statistiques, les chiffres communiqués sont réalisés sur des bases fiables et non des extrapolations. Logique pour les ressortissants des principaux pays émetteurs européens ou américains, il n’existe que trois portes d’entrée : l’aérien, les croisières et les ferries.

Le plan Vision 2010

En 2000, Mohamed VI lance un plan ambitieux : faire passer de +/- 2 millions à 10 millions le nombre de touristes en 2010. Autant dire, tout est à faire pour accueillir autant de monde : infrastructure, libération du ciel aérien, création d’un plan coordonné pour la construction de nouvelles cités dédiées au tourisme (au Maroc, en dehors de Marrakech et d’Agadir, il n’existait pas, en 2000, de véritables cité outillée pour accueillir autant de touristes), etc …

En fait le plan Vision 2010 a provoqué une véritable mobilisation des énergies à travers tout le Royaume. Logique, car il est apparu très rapidement que l’objectif était double : économique et surtout social.

Autre caractéristique, les autorités marocaines ont voulu réaliser un partenariat entre secteur public et secteur privé. Chacun s’employant à réaliser sa part du travail. Ce contrat win-win fait que chaque année l’ensemble des protagonistes se réunissent pour faire le point. Cette année, le rendez-vous avait lieu à Tétouan.

Le bilan 2007

Le secteur du tourisme a connu au cours des dernières années une évolution plus favorable que celle de l’économie marocaine dans son ensemble. Sa part dans le produit intérieur brut représente actuellement entre 8 et 9 % et selon certains calculs dépasserait même en entrées de devises les rapatriements financiers des marocains de l’étranger.

En terme d’arrivées, le Maroc affiche une progression de 13 % en 2007 par rapport à l’année précédente. Le chiffre exact étant de 7,4 millions de touristes contre 6,6 en 2006. Les nuitées augmentent également mais à un rythme inférieur : 3 % contre 7 %. Ce qui indiquerait que le Maroc accueille également un nombre croissant de « city-trip-otteurs ». Les recettes augmentent de 12 % toujours par rapport à 2006, avec un résultat de 59 milliards de Dirhams.

Pour les capacités, si l’augmentation du nombre de lits est toujours importante (+ 9.700 en 2007) par contre tout donne à penser que l’objectif de 230.000 lits en 2010 ne sera pas atteint.

Les resorts

Par contre, il apparaît nettement que les nouvelles cités balnéaires ne seront pas prêtes pour 2010. Selon les chiffres donnés, seule Saïda, aménagée par le groupe espagnol Fadesa, aurait une petite chance d’être opérationnel début 2009.

Mais comme ce resort a pour objectif principal le marché espagnol, il n’intéressera guère les opérateurs français et belges. Les autres ne prévoyant une ouverture des premières unités hôtelières qu’à partir de fin 2009.

Ces retards pris par les investisseurs privés par rapport au planning de base, alors que l’Etat avait en grande partie réalisé tous ses engagements, ont fait que le gouvernement marocain a décidé de mettre des clauses pénales strictes aux prochaines concessions octroyées si les plans de route ne sont pas respectés.

L’Open Sky : une réussite

Si jusqu’en 2003, la RAM régnait en maîtresse incontestée sur le ciel marocain, par contre, le nombre de passagers stagnait lamentablement aux alentours de 5 millions. Grâce à l’ouverture du ciel, dès 2004, le nombre de passagers internationaux dans les aéroports du pays n’a fait que croître : 6 millions en 2004, 7 millions en 2005, huit en 2006 et 10 millions l’an passé.

A l’analyse, il apparaît clairement que ce succès est dû principalement à l’arrivée des compagnies low cost sur le marché. (RyanAir et EasyJet précédant les compagnies locales Atlas Blues et Jet4you).

Les chiffres donnent d’ailleurs : +48 pour les vols réguliers, + 129 pour les low cost et …. – 27 pour les compagnies charter. Ce qui indique que les vrais perdants dans la bataille du ciel ne se situent pas dans les compagnies régulières mais au niveau des compagnies charter et donc des tours opérateurs.

Soit les tours opérateurs ont réorienté les capacités charter vers les vols réguliers, soit, ils ont perdu des parts de marché en faveur des réservations individuelles. Les chiffres provenant des TO belges semblent le confirmer. Ils enregistrent pour le 1er trimestre 2008 une baisse de 7% des réservations pour le royaume Chérifien.

M.Benhima, président de la RAM : « Il serait ahurissant de contester encore l’impact des compagnies low cost sur l’augmentation du tourisme au Maroc. Ce n’est pas la RAM qui a soutenu l’arrivée des low cost et l’ouverture du ciel. Par contre nous avons été l’une des premières compagnies nationales au monde à réagir de manière pro active en créant une branche à bas coûts : Atlas Blues.

Les compagnies low cost nous ont permis de dégager des capacités de transport de lignes peu rentables et de les réorienter vers des destinations plus profitables. Ainsi, si notre réseau en Afrique a cru de 19 % au détriment de l’Europe. Nombre de destinations européennes étant dorénavant opérées par Atlas Blue »


Et de marteler : « Suite à la disparition prochaine de plusieurs compagnies et à l’explosion de prix, il faut se préparer à une révolution très importante dans le futur de l’aérien. »

Conséquence directe : nombre de professionnels marocains envisagent très sérieusement de passer de l’internet passif vers l’internet actif et de proposer directement des réservations pour leurs hôtels.

Comme nous l’a expliqué le responsable d’une mini-chaîne : « Si les voyagistes européens en plus de nous imposer des prix planchers et d’exiger de nous les frais de publications de nos hôtels dans leurs brochures, ne font pas leur travail, je ne vois pas pourquoi je devrais me passer des réservations via internet. »

Les petites phrases entendues

M Boussaïd, ministre du tourisme : « La hausse des prix pétroliers aura un impact moindre pour le royaume : ce que nous risquons de perdre en touristes, nous le regagnerons par ceux qui abandonneront les pays de la zone Caraïbes devenue hors de prix suite aux suppléments fuel ».

« Le tourisme sanitaire (ndlr: entendez par là le médical) est un marché sur lequel nous entendons nous placer. Nous allons prochainement casser les verrous qui le bloquaient. A savoir l’obligation que les cliniques privées appartiennent à un médecin et revoir les autorisations d’agréations des médecins étrangers ». poursuit-il.

« Nous allons déclarer la guerre aux riads clandestins qui prolifèrent à Marrakech, Fez et ailleurs. En ne se déclarant pas et en ne respectant pas les règles minimales de garantie de sécurité, ces propriétaires font une véritable concurrence déloyale vis-à-vis des professionnels du secteur »

Pierre Brémond (PDG de Pierre et Vacances : « Depuis 2 ans nous n’investissons plus en France et en Espagne. En cause la spéculation dans l’immobilier dans ces deux pays. Par contre le Maroc a retenu notre attention grâce aux prix de revient encore raisonnables ».

A la question et l’Italie, la réponse a fusé : « non ! » A la question le réchauffement climatique a-t-il des conséquences sur les stations de sports d’hiver dans le groupe ? « Non car nos stations sont toutes à plus de 1.800 mètres » Quant à savoir si le groupe envisagerait de s’implenter en Autriche ou en Allemagne, c’est clair et net : « Jamais ! »

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