TourMaG.com, 1er journal des professionnels du tourisme francophone
TourMaG.com, 1e
Loading





Nouveaux critères : l'APST vent debout contre les diktats de IATA !

des critères inadmissibles pour les agents de voyages


Rédigé par Céline Eymery le Vendredi 1 Avril 2016

Alors que les nouveaux critères IATA doivent entrer en vigueur le 1er juillet prochain, Raoul Nabet, président de l'APST, souhaite mobiliser les instances représentatives de la profession lors du prochain Conseil d'Administration du SNAV. Il souhaite qu'une "position forte" soit prise sur le sujet.



Les agences de voyages devront dès juillet, justifier d’un EBITDA positif deux fois supérieur aux charges financières - Auteur : Mikael Damkier Fotolia
Les agences de voyages devront dès juillet, justifier d’un EBITDA positif deux fois supérieur aux charges financières - Auteur : Mikael Damkier Fotolia
De nouveaux critères d'évaluation des agences de voyages par IATA seront mis en place le 1er juillet 2016.

Ces nouvelles dispositions ne plaisent pas du tout aux agences de voyages. Si les ratios de liquidité disparaissent, c'est pour faire place à des "choses bien pires", souligne Christine Baal (American Express Voyages d'Affaires) représentante du SNAV au comité aérien de l'ECTAA.

Les agences de voyages devront dès juillet, justifier d’un EBITDA positif deux fois supérieur aux charges financières.

"C'est extrêmement pénalisant pour les entreprises, elles peuvent avoir un EBITDA négatif, en raison d'investissements, et être en parfaite santé financière", explique Christine Baal.

"Ce qui est d'autant plus pénalisant c'est qu'en cas d'EBITDA négatif, l'agence serait alors considérée comme une nouvelle agence par IATA qui exigera alors une caution à première demande, ajoute t-elle. C'est inadmissible."

Le deuxième élément pour lequel les professionnels sont "vent debout" concerne la cession et la transmission des entreprises. Les agences vendues qui changent de propriétaires vont également être "rétrogradées" et passer au statut plus sévère "d’agence accréditée depuis moins de deux ans".

IATA exigera la aussi une caution à première demande.

Raoul Nabet veut une position forte de la profession

"Cela va freiner la cession des entreprises, voire dévaloriser les fonds de commerce, et compliquer également les transmissions familiales", explique encore Christine Baal.

Raoul Nabet, président de l'APST souhaite faire bouger les lignes : "Je veux que la profession prenne une position forte sur le sujet. Ces dispositions prises de manière unilatérales par IATA sont inadmissibles".

"Il faut rester sur la logique des chiffres pour évaluer la santé financière d'une entreprise, il faut regarder plus loin qu'un EBITDA négatif. Idem pour la cession d'entreprises, la règle dictée par IATA ne peut en aucun cas être systématique !"

Le sujet sera abordé lors du Conseil d'Administration du SNAV mardi 5 avril prochain.


"L'APST est concernée, car ces nouveaux critères touchent à l'équilibre économique d'une partie de ses adhérents. J'espère que nous déterminerons mardi une position commune, mais de toutes les manières l'APST prendra ses dispositions !", conclut Raoul Nabet, remonté.

Le rendez-vous est pris pour mardi !

Le projet New Generation of IATA Settlement Systems (NewGen ISS).

Au delà de ces critères financiers, un autre élément sera modifié dès le 1er avril 2017. A cette date la fréquence de paiement passera en bi-mensuel.

IATA planche également le projet New Generation of IATA Settlement Systems (NewGen ISS).

3 niveaux d'accréditation seraient alors proposés. Le premier concernera les petites agences de voyages qui n'ont pas envie d'envoyer leurs états financiers tous les ans, et qui font peu de volumes. Elles seront autorisées à payer comptant en utilisant la carte bancaire de leurs clients, ou en utilisant un porte-monnaie électronique Easypay, pour émettre les billets.

Le second niveau ressemblera à ce qui existe actuellement. Les agences de voyages devront respecter les critères financiers de IATA ou disposer selon les cas d'une garantie bancaire.

Enfin, le dernier modèle s'adressera aux gros clients qui travaillent à l'international. Ils pourront bénéficier d'une accréditation au niveau mondial, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Pour les deux derniers niveaux, une couche supplémentaire s'ajoutera, en supprimant le crédit illimité aux agences de voyages. Ces dernières pourront émettre des billets jusqu'à un certain seuil, lié à l'encours client.

Le calcul se basera sur les ventes les plus élevés des 3 derniers mois, à laquelle s'ajoutera une marge de 5%.

Au delà de ce niveau, les distributeurs auront 3 solutions : augmenter la garantie bancaire, payer une partie du montant de ce qu'ils doivent afin de faire baisser l'encours client, ou payer comptant en utilisant la solution de porte-monnaie électronique.

Une réunion préparatoire aura lieu sur le sujet en juin prochain, avant une présentation à la Passenger Conference de IATA prévue en octobre 2016 à Singapour. Si le calendrier est respecté le projet NewGen ISS pourrait entrer en vigueur dès le 1er janvier 2017.

Lu 3502 fois

Notez


1.Posté par msabord le 01/04/2016 11:37 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
La profession toute entière doit se mobiliser contre les diktats IATA. Il est grand temps de soulever la DEPENDANCE ECONOMIQUE des agences vis à vis de IATA devant un tribunal , pourquoi pas ? En effet les instances officielles représentatives des agences de voyages comme le SNAV , APST , SETO ECTAA ... peuvent plaider cette cause commune devant un tribunal , les 5 critères sont réunis . Cela pourrait calmer les ardeurs dictatoriales de IATA qui n'a plus de limite en imposant des critères financiers rigoristes. ( si les critères de liquidité sont supprimés ils sont remplacés par d'autres contraintes tout aussi rigoristes alors que les agences de voyages ne font que du commerce étant déjà une profession règlementée exigeant un e garantie financières de 200 000 euros imposée par Bruxelles !... Mais par sa position de monopole IATA impose ses propres règles commerciales dignes d'une dictature ... On ne s'étonnera pas si les "jeunes pousses" de la profession deviennent de plus en plus rares?
IATA n'a pas d'équivalence dans le monde elle représente 93% des compagnies aériennes qui via le BSP selon des critères unilatéraux collecte les fonds des agences de voyages qui peuvent être déconnectées des émissions sans préavis les laissant exsangues de toute activité sur l'instant sur la simple appréciation d'un agent administrateur des agences de voyages au sein de IATA et nommé par IATA... Ne pourrait - on pas voir là une position dominante abusive ?Le fameux adage , le pot de terre contre le pot de fer? Les juristes ont là pour en débattre.
Les patrons des agences de voyages, petites et grandes, accréditées IATA sont fragilisées plus que jamais par les diktats IATA qui a entamé sa marche en avant dès 2013.
Les agences qui fonctionnent avec des sous traitants ( eux mêmes obligatoirement accrédité IATA ) sont aussi pénalisées car elles payent plus chers leurs billets devant acquitter des abonnements et des frais de dossier à répercuter aux en plus de leurs propres frais de dossier. Qu'en est il de la compétitivité de la billetterie affaire dans ce cas?
IATA/BSP sont caractérisées par une position commune dominante, elles imposent aux agences accréditées d'appliquer leurs diktats avec la pleine complicité des 93% des compagnies aériennes.
IATA n'hésite pas à modifier la convention à son gré concernant les agences de voyages de façon unilatérale sans véritable concertation avec les représentants des agences de voyages.
IATA traite avec la plus parfaite condescendance les agences de voyages alors que la profession est l'un des meilleurs agents des ventes ces dernières n'ayant pas d'autres solution que de passer par les GDS pour émettre leurs billets c'est à dire passer par l'intermédiaire de IATA d'une manière ou d'une autre.!! puisque IATA facture via le BSP les agences à partir des GDS...
IATA n'a -t' elle pas fait 19 ,90 milliards de bénéfice en 2014 ?? et 33 milliards en 2015? Un record depuis10 ans!

2.Posté par AGVFAN le 02/04/2016 00:23 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
quid des agences de voyage étrangères (à minima européennnes ) ???? : même sujet ?, comment réagissent-elles ? les "instances officielles" (sic) pourraient peut-être nous éclairer voire (?) agir au-delà des frontières .....afin d'établir un contre-pouvoir sérieux ....

3.Posté par Sandra le 05/04/2016 11:23 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
@ pour AGVFAN: j'habite et je travaille à Londres. Ici il n'existe pas d'équivalent d'APST et pour cause: les garanties se font soit par la caution bancaire (c'est la banque qui se porte caution pour le montant du business), soit par le versement d'un "deposit". Vu d'ici, l'APST n'a pas plus de valeur dans le trading international qu'un vieux billet de 100 francs. En résumé, elle ne garantit pas que les fournisseurs seront payés en cas de défaillance de l'agence. Si sur le marché français l'APST, le SNAV, le CETO et autre association peut avoir un quelconque interêt, à l'étranger c'est perçu comme (au mieux) un club de business où les patrons se rencontrent ou (au pire) comme un bidule superflu (pour éviter de dire inutile). Et comme le marché français n'est qu'un morceau du grand puzzle international, il faut s'y faire à l'idée de la mondialisation du business: tant que le gros des ventes aériennes est fait sur des pays comme l'USA, le LATAM (LATin AMerica) ou APAC (Asia PAcific) et Inde - des régions où on prend l'avion comme on prend le taxi, le poids des agences françaises est trop léger. De plus, le marché européen est lui-même un monde à part dans les yeux de la profession (les agences utilisent Amadeus, alors que le gros de ventes se fait sur Sabre).
A partir de ces constats, il n'est pas surprenant que IATA fait ce qu'elle doit faire: défendre les intérêts commerciaux de ses adhérents. Une compagnie aérienne ne peut pas prendre le risque de se faire planter par un réseau d'agences comme Wasteels il y a quelques années. La guerre de prix étant tellement féroce, l'équilibre financier des compagnies se joue à chaque vente.

Pour ceux qui n'ont pas encore compris qui est en réalité IATA: c'est une association de compagnies aériennes au sein de laquelle les adhérents mettent d'un côté leurs à priori pour trouver un interêt commercial commun. Avant, pour aller de CDG à LAX via JFK, il fallait acheter 2 billets: un de CDG à JFK et un autre de JFK à LAX. Comparer sur les deux segments quelle compagnie offre le meilleur prix et les meilleures conditions. Parfois, Air France allait jusqu'à LAX, parfois il fallait jouer avec Delta ou AA. Avec IATA, on réserve un billet et c'est le travail du système de proposer soit le meilleur prix (parfois ça peut être via Miami au lieu de NYC ou via Londres). Le job de IATA c'est de rémunérer les compagnies qui assurent le transport sur chaque segment. La question est de savoir chez qui on va réserver l'ensemble du parcours. Car c'est bien la compagnie "mère" (c'est à dire Air France par exemple) qui payera les autres compagnies à qui soustraite le transports sur les segments JFK-LAX. Mais comme c'est une sous-traitance, la commission est versée par AiFrance (ou la compagnie chez qui on a réservé le billet) selon les contrats commerciaux établis entre celles-ci. Et comme le vendeur a toujours une part plus grosse que les sous-traitants, la concurrence est féroce.

Pour revenir à la question d'AGVFAN, ici on fait avec: pas question de faire une révolution ou mettre en place un contre-pouvoir. C'est du temps perdu (pour les politiques qui ont perdu la guerre commerciale devant la mondialisation) et pour les agents qui sont ravis de pouvoir travailler en direct avec les compagnies. En ce qui nous concerne, le cas de Lufthansa est une opportunité et une alternative de se débarrasser d'IATA. On se sert beaucoup chez eux et on ne comprend pas pourquoi les agences françaises ont fait tant débats devant la décision de Lufthansa de facturer des frais de GDS pour récupérer du business en direct sur leur site BtoB.

4.Posté par AGVFAN le 06/04/2016 11:54 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
@sandra : intéressant d'avoir un éclairage extérieur avec donc du recul et de la hauteur : ce serait bien que APST/SNAV/CETO s'expriment dans ces colonnes sur les différents points soulevés (ou que tourmag les fasse s'exprimer via un article ou un billet bien senti ! )

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur.

Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 2 Décembre 2016 - 16:15 Selectour : le congrès s'ouvre ce lundi à Québec


PUBLICITÉ
Fabien DA LUZ
fabien@tourmag.com
+33 4 91 58 61 97
+33 6 43 65 15 92


Dernière heure
















Le groupe TourMaG.com publie également Brochuresenligne.com, 1er portail de brochures électroniques de voyages
et DMCmag.com, 1er portail Destination Management Companies.

TourMaG.com Légal Utiles
Emploi
I-tourisme
Groupes / CE
International
Travel in France
Brochuresenligne.com
DMCmag.com
Signaler un contenu illicite
Plan du site
Contact
Publicité
La presse en parle

cookieassistant.com