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Prise d’otages : faut-il déprogrammer le Yémen ?

Les TO face à une destination à risque


Rédigé par Vincent de Monicault - redaction@tourmag.com le Jeudi 28 Septembre 2006

Les seuls coupables de l’enlèvement des quatre Français au Yémen sont les ravisseurs. Pourtant, qu’il s’agisse des ex-otages eux-mêmes, du voyagiste STI avec lequel ils sont partis, du Quai d’Orsay ou encore des autorités yéménites, les autres protagonistes de cette affaire ne sont pas irréprochables.



On sait depuis longtemps que des tribus n’hésitent pas à enlever des étrangers au Yémen. Une recrudescence des prises d’otages a même été constatée ces derniers mois (six depuis août). Les quatre français libérés hier, après quinze jours de détention, n’étaient pas sans ignorer le risque.

Bien sûr, quelque 3.000 touristes français se rendent au Yémen chaque année. La destination reste programmée par de nombreux voyagistes. De plus, les otages ont été enlevés sur la route reliant Aden à Mukalla ; celle-ci est fréquentée par des convois de touristes comme par ceux de Total se rendant sur le champ d'East Shabwa à l’est du pays.

L’escorte militaire n’est pas une garantie


Les quatre touristes français se devaient de mesurer les risques avant de partir au Yémen. Il serait choquant de les voir se retourner demain contre STI pour défaut d’information. Contacté hier par TourMaG.com, le voyagiste n’a pas souhaité faire de commentaires.

Ce spécialiste du Proche-Orient a de bonnes raisons d’être mal à l’aise dans cette affaire. STI, comme les autres TO d’ailleurs, a-t-il bien mesuré le risque de programmer, sinon le Yémen, du moins certaines des régions à risque de ce pays ?

La responsabilité de la profession n’aurait-elle pas de nouveau été engagée si la prise d’otages avait connu un dénouement tragique ?

Prise d’otages : faut-il déprogrammer le Yémen ?
Le ministère des Affaires étrangères n’est pas non plus exempt de tout reproche. Dans son échelle de recommandation, un voyage dans un pays ou une région à risque est soit simplement «déconseillé», soit «formellement déconseillé», soit «à ajourner».

Avant l’enlèvement, le Quai d’Orsay «déconseillait» de circuler sans guide local et sans escorte militaire dans la région où les Français ont été enlevés, et «déconseillait formellement» de circuler sans guide local et sans escorte militaire sur la route Aden-Mukalla.

«En fait l’escorte militaire a abandonné le groupe de touristes dès le premier coup de feu», constate l’un des responsables du Quai d’Orsay, lequel reconnaît que seules une escorte privée et surtout des «accords» avec les tribus garantissent une traversée sans souci de cette région.

Le site du Quai d’Orsay incontournable ?

Les TO étaient-ils informés par leurs réceptifs qu’une escorte militaire ne garantissait aucunement contre les enlèvements ? Ont-ils à leur tour relayé l’information à leurs clients ?
Après l’enlèvement, les Affaires étrangères indiquent « avoir tenu compte d’une nouvelle réalité sur le terrain». Il déconseille désormais «formellement » la région de l’enlèvement sur l’espace Conseil aux Voyageurs de son site internet, lequel accueille chaque mois plus d’un demi-million d’internautes.

Son travail est délicat : déconseiller une destination peut nuire gravement à l’économie d’un pays dont le tourisme est l’une des ressources essentielles. D’où de possibles pressions. Certains TO craignent pour leur part les clients procéduriers et évitent les destinations déconseillées.

En arrivera-t-on à la généralisation de la précaution adoptée par le voyagiste Acabao : le client y déclare à la fin du bulletin d’inscription avoir consulté sur le site diplomatie.gouv.fr les infos sur le pays qu’il va visiter. Cela n'est pas une garantie absolue mais ça peut constituer un début de preuve en cas de "pépin"...

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1.Posté par J.P. Simeon le 28/09/2006 08:51 | Alerter
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l'évolution de notre sté de surprotection, l'attitude des tribunaux, la rigueur des textes qui nous régissent confirment définitivement notre attitude :
Nous déprogrammons systématiquement toute destination, produit, activité... présentant un risque sérieux.
J'admet, c'est céder à la pression du terrorisme et assimilé, mais un patron doit assurer sécurité de ses clients, même malgré eux, et la pérennité de son entreprise.
Je ne pense pas que face à un vrai drame, les otages de Jolo, n'étaient encore que des "prolongations de séjour", le fait d'avoir fait signer une décharge soit de nature à exonérer l'agent de voyage de toute responsabilité.
Dans le doute, je m'abstiens.

2.Posté par Françoise BUKHARI le 28/09/2006 09:15 | Alerter
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Bonjour,
Je ne partage pas les propos tenus ci-dessus, c'est facile à dire quand on est une grosse société mais quand on est une petite structure, la diversification est nécessaire et indispensable à la survie. Je considère d'autre part que l'individu qui décide de voyager quelque part dans le monde est le premier responsable de ses actes et je trouve regrettable de priver certains pays de la venue de voyageurs qui sont parfois le seul lien avec des populations locales en détresse par rapport au confort de nos pays occidentaux. Tout comme l'agence citée dans votre article, nous avons ajouté dans nos conditions particulières de vente la mention suivante :
"Dans tous les cas, les clients reconnaissent avoir pris connaissance des informations diffusées par le Quai d’Orsay sur leur(s) destination(s) jusqu’au jour de leur départ. Ces renseignements sont également disponibles à notre agence sur simple demande".
Bien évidemment, nous n'allons pas envoyer des voyageurs dans des pays en guerre, où la situation est très précaire, mais à partir du moment où le quai d'Orsay ne se mouille jamais, pourquoi nous les agents de voyage devrions être les seuls responsables ?
Merci pour votre attention.

3.Posté par DESHURAUD CYRIL le 28/09/2006 10:00 | Alerter
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Bonjour

je partage les 2 avis ci dessus, en revanche tous le monde doit prednre ses responsabilités, l'agt de vge ne peut pas tjs prendre par la main son client en lui démontrant que l'eau ça mouille et que le feu ça brûle. mais il peut dire attention.....
A mon avis on ne peut pas tjs anticiper les risques c'est tout de même à l'état à faire du préventif voir à interdire tout déplacement quand cela semble "chaud, ou que la prudence est nécessaire, les distributeurs peuvent être responsables en partie seulement, on ne peut pas tjs écraser les TO et les agences..... le quai d'orsay et le SNAV, doivent être plus réactif à l'actualité que le simple agt de vge.
bonne journée.

4.Posté par DESHURAUD CYRIL le 28/09/2006 10:30 | Alerter
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Pour répondre aussi d'une autre manière, déprogrammer un site dès lors qu'il y a un risque majeur terrosriste ou militaire, c'est aussi renforcer la menace à destination, (en protégeant nos compatriotes) bien évidemment cela dépend de l'étendu des risques.
Dans tous les cas tout arrêter cela serait aussi donner raison à ces gens qui répandent la terreur, si l'on doit tout arrêter, au YEMEN mais aussi à londres, Madrid,...Paris, djerba, le Caire et tant d'autres lieux malheureusement, là ou il a existé des attentats un conflit
alors on risque aussi de développer la paranoïa. Pas si simple......

5.Posté par vuillaume michael le 28/09/2006 10:31 | Alerter
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bonjour,
le Yémen est devenu depuis 2 ans notre première destination (en nombre de clients). Nous avons conscience des risques qui existent sur place. La situation est la même depuis de très nombreuses années (au moins depuis la réunification des 2 Yémen et sans doute même avant). Le tourisme a très bien repris depuis 2 ans après de longues années de "disette touristique". L'accueil sur place est excellent, le pays magnifique et unique. Et qui dit plus de voyageurs, dit plus de risques d'enlévement. Mais que faire ? Dans tous les cas, chez ADEO les confins du monde, il n'est pas à l'ordre du jour de déprogrammer la destination et nous n'enregistrons d'ailleurs aucune annulation de la part de nos clients. Nos clients, comme nous, on conscience qu'on ne fait pas le même voyage quand on visite le Yémen et la République Dominicaine.
Cordialement

michaël Vuillaume

6.Posté par François Lapelerie le 28/09/2006 12:05 | Alerter
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Le peuple yéménite est très accueillant, mais la structure tribale du pays qui reste bien présente malgré la "démocratisation" du pays et des élections nationales et qui continue à en structurer la vie sociale, entraine des comportements tribaux ou claniques.Les enlèvements de touristes en sont un élément, destiné à faire pression sur le gouvernement central, pour de bonnes ou mauvaises raisons. Ils sont une des expressions - parmi d'autres- de cette organisation sociale. Ce n'est pas un retour au 17ème ou au 18ème ou au 19ème siècle ou même au moyen-age: on y est toujours, avec ce que cela entraine comme conséquences.
Etre enlevé est-il une grande catastrophe ou un bon souvenir? jamais les otages n'ont été maltraités et encore moins exécutés ou assassinés, si ce n'est lorsque les forcesde l'ordre sont intervenues intempestivement.Encore une fois les Yéménites sont tous accueillants et jamais xénophobes. Le tout est de savoir ce qui peut arriver avant de partir dans certains pays et de prendre avec philosophie ce qui ne sont que des vacances forcées supplémentaires.

7.Posté par vainopoulos le 28/09/2006 14:32 | Alerter
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Le Yemen est connu depuis de nombreuses années pour ses "enlèvements", comme la Thaïlande pour ses "dissolutions" de gouvernements, et je rejoins totalement mes confrères lorsqu'ils reviennent sur les attentats dans de svilles protégées comme Londres, Madrid ou Paris.

Dans tous ces cas, le client est largement au courant des riques qu'il encourt.

La seule manière qui nous premettra de nous en sortir est la décharge de responsabilité.

Aujourd'hui, elle n'est pas acceptée par les Tribunaux d'instance, maisleurs décisions sont-elles vraiment sérieuses.

Bien que cet écrit soit une preuve concrète de la bonne information donnée au client.

Je suis persuadé que, le jour où une agence acceptera que son dossier aille jusqu'en cassation, alors, nous pourrons un peu moins nous flageller!

TourCom est prêt à prendre en charge financièrement ce dossier.


8.Posté par valerie DERRAY le 28/09/2006 18:26 | Alerter
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Si l'on doit informer les clients des risques encourus, faut il parler des risques de tremblements de terre, des risques de cyclones, D'ouragans, d'inondations, des risques de crash aériens, d'épidémies , d'accidents de la route etc etc .... car tous ces risques existent dans le monde entier, et notre métier consistera alors à décourager les clients de partir si nous commençons par leur énumérer tous les risques encourus et inhérents aux voyages. A partir du moment où un TO programme une destination dans une brochure, dans quelle mesure devons nous déconseiller cette même destination?

Et dans ce cas je ne vois aucune destination sûre à l'heure actuelle ,y compris la FRANCE puisque la FRANCE est une destination visée par le terrorisme. Dans quelle mesure ne suis je pas aussi irresponsable de réserver un forfait à DISNEYLAND PARIS à mes clients qu'une croisière en EGYPTE?
Pourquoi serais je davantage coupable si un de mes clients meurt dans un attentat en EGYPTE qu'à PARIS?
Comment prouver que le client était davantage au courant des risques encourus à PARIS qu'en EGYPTE?
Tout cela est trés subtil et je pense qu'il faut à tous prix trouver un coupable et étant donné que l'agent de voyages est "responsable de plein droit" de son client
le coupable est vite trouvé.
Il faudrait savoir si l'agent de voyage doit passer une heure à énumérer et à écrire à son client tous les risques encourus ou si une fois pour toute il est dégagé de cette obligation car ce n'est pas clair et on pourra toujours lui reprocher d'avoir omis quelque chose.
Bonne soirée à tous

9.Posté par Gaelle Lunven le 05/10/2006 23:57 | Alerter
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Je suis d'accord avec votre commentaire ci-dessus et pourtant je suis touriste ... Jusqu'à cet été, j'ai toujours voyagé seule, sans TO, que ce soit en Inde, Vietnam, Thailande, Indonésie, Chine etc... et cet été, pour la première fois, je suis partie 4 semaines au Yemen en juin, 2 semaines en trek dans les montagnes de l'Ouest avec une agence locale via un TO français, un bonheur, puis 10 jours dans l'Hadramaout en négociant en direct avec l'agence locale, un chauffeur et une escorte militaire lorsque cela était nécessaire. Tout s'est parfaitement passé. Le risque zéro n'existant pas, je savais les risques que j'encourais mais qu'ils étaient limités, et étant donné que c'était mon choix de découvrir cette partie du pays, j'assumais les risques. Personne ne me forçait à m'y rendre...
Enfin, je pense que les risques existent aussi en France lorsque je prends chaque matin métro et RER pour me rendre au travail avec les attentats potentiels. On ne s'arrete pas de vivre pour autant.
Il y a une différence entre partir en vacances dans n'importe quelle destination avec un risque zéro impossible quoi qu'il en soit, et partir dans un pays tel que l'Irak non ? Le Yemen est un pays magnifique et ses habitants très accueillants. Libre aux gens de prendre le "risque" d'en tomber sous le charme. Enfin, chacun est responsable de ses choix je crois et libre de s'informer avant.


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