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Tourisme collaboratif : pourquoi les pros du tourisme vont-ils devoir s'adapter ?

Les entreprises vont devoir évoluer


Rédigé par Laury-Anne CHOLEZ le Vendredi 16 Octobre 2015

Les professionnels du tourisme ne doivent pas craindre les nouveaux acteurs de l'économie collaborative, mais au contraire s'en inspirer pour faire évoluer leur offre et mieux coller aux attentes de leurs clients.



Au lieu de diaboliser le tourisme collaboratif, les professionnels du tourisme feraient donc mieux de s’en inspirer. « C’est une forme de capitalisme intelligent. On ne multiplie pas les biens, on les partage », explique Laurent Queige le directeur du Welcome City Lab - Auteur : Maksym Yemelyanov
Au lieu de diaboliser le tourisme collaboratif, les professionnels du tourisme feraient donc mieux de s’en inspirer. « C’est une forme de capitalisme intelligent. On ne multiplie pas les biens, on les partage », explique Laurent Queige le directeur du Welcome City Lab - Auteur : Maksym Yemelyanov
Ils sont accusés de tous les mots.

Airbnb, Uber ou encore Blablacar bousculent les monopoles économiques établis pour le plus grand bonheur des consommateurs, et bien souvent le malheur des professionnels du tourisme.

Enfants de l’économie collaborative, ces start-ups ont grandi très (trop) vite et sont aujourd’hui devenues des licornes, valorisées à plus d’un milliard d’euros.

Une croissance exponentielle qui effraye autant qu’elle fascine, car ces entreprises ont modifié inexorablement les habitudes d’achats des consommateurs.

« Ce n’est pas un effet de mode, ni un accident conjoncturel », assure Marc Lolivier, délégué général de la Fevad, lors d’une conférence sur le sujet organisée par Tour Hebdo au salon IFTM. « 60% des Français ont l’intention d’utiliser un mode d’économie collaborative ».

Au lieu de les diaboliser, les professionnels du tourisme feraient donc mieux de s’en inspirer. « C’est une forme de capitalisme intelligent. On ne multiplie pas les biens, on les partage », explique Laurent Queige le directeur du Welcome City Lab.

D'autant que tous ces acteurs ont déjà séduit la bourse. Uber a été valorisé à 50 milliards de dollars (43,9 M€) cet été. Celle d'Airbnb (25,5 milliards $ soit 22.4 M€) talonne le groupe Hilton.

Enfin Blablacar vaudrait désormais 1,6 milliard de dollars (1,4 M€).

Les acteurs du tourisme très lents face aux changements

Ignorer ces bouleversements conduirait immanquablement les entreprises à se faire « kodakisé ».

Un néologisme définissant la descente aux enfers de Kodak, leader dans la photographie argentique dans les années 70, qui a déposé le bilan en 2012, faute d’adaptation assez rapide au numérique.

Cette débâcle guette d’ailleurs certains acteurs du tourisme. « Ils ont pris conscience avec beaucoup de retard de ces évolutions, faute de bien connaître les attentes de la clientèle », poursuit Laurent Queige.

Il prend l’exemple des hôteliers parisiens, incapables de proposer une offre de chambres communicantes pour les familles. Celles-ci se jettent alors avec bonheur dans les bras d’Airbnb.

Pourtant, ces deux modes de consommation ne sont pas antagonistes mais complémentaires. Un client qui séjourne chez l’habitant n’est pas définitivement perdu pour l’hôtellerie classique.

Au-delà de l’hébergement, ce phénomène touche tous les acteurs de notre profession. Les guides touristiques, concurrencés par les plates-formes de mise en relation directe ou les restaurateurs, avec la multiplication des chefs à domicile.

La fiscalité et la législation peinent à suivre ces évolutions sociétales

Et les tour-opérateurs ne sont pas à l’abri, chahutés par de nouvelles start-ups, qui proposent par exemple de mettre en relation un passionné de shopping vintage avec un amateur à New York, avec lequel il ira chiner dans les friperies.

Une offre très rare chez les tour-opérateurs traditionnels. « Il ne faut pas forcément voir une concurrence, mais une porosité, une offre complémentaire », renchérit Laurent Queige.

Au lieu de dilapider ses forces dans une vaine bataille, certains ont choisi d'être offensif, comme la SNCF.

Concurrencée dans ses fondamentaux par le co-voiturage, l’entreprise a contre-attaqué en achetant la start-up Oui Car.

« Il faut redonner le pouvoir au client à l’image des GAFA, sans cesse en train de penser au prochain usage qui leur permettra de capter l'attention du client », expliquait Franck Gervais, le directeur général de Voyages-sncf.com lors d’une conférence sur l’Uberisation organisée au salon IFTM.

Une agilité qui n’est pas forcément dans la culture de certaines entreprises du tourisme. Mais face à l’inévitable, elles sont bien forcées d’évoluer.

Poussés par l'ogre Uber, les taxis se sont frottés au web, développant enfin des applications smartphones ou des offres pour les noctambules.

Reste une question : celle de la fiscalité. Car nombre de ces nouveaux acteurs ne paient aucun impôt, ni une quelconque taxe à l’Etat.

Si de timides progrès ont été récemment observés - Airbnb collecte désormais la taxe de séjour à Paris - ce flou législatif déplaît aux acteurs traditionnels. « Il faudra trouver un moyen de réguler le secteur sans le freiner », remarque Marc Lolivier.

Laurent Queige est en revanche plus critique. « Le législateur prend un retard considérable. La loi n’est pas du tout adaptée aux évolutions du marché.

Faut-il attendre un conflit pour changer les règles ? »

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