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Tunisie : à Hammamet, on souffre... mais en pensant à demain !

les professionnels courbent le dos et attendent des jours meilleurs


Rédigé par Jean BEVERAGGI à Hammamet le Mardi 26 Juillet 2011

Si quelques frémissements attestent pour août d'une reprise sur Djerba et le sud du pays, les stations balnéaires du nord stagnent au cœur de la crise. Les professionnels se tournent déjà vers des lendemains qu'ils espèrent meilleurs.



Soleil, sable et peu de monde sur les plages d'Hammamet - Photo DR J.B TourMag.com
Soleil, sable et peu de monde sur les plages d'Hammamet - Photo DR J.B TourMag.com
A première vue à Hammamet, tout baigne.

La 47ème édition du traditionnel Festival International de théâtre connait un beau succès de fréquentation, et il est toujours aussi difficile d'obtenir une table « Chez Achour » !

Le soir venu, des familles entières envahissent la ville à l'assaut des glaciers et l'ambiance s'avère pour le moins tranquille. En tout cas, il n'y a vraiment aucun problème de sécurité.

Mais à y regarder de plus près, ce sont surtout, pour ne pas dire essentiellement, des Tunisiens en vacances ou en week-end que l'on croise sur des plages devenues trop grandes.

Des plages où les bains de soleil restent empilés à longueur de journée. Dans le souk de la médina, les vendeurs, généralement racoleurs et hâbleurs, ont perdu de leur superbe.

Car ici comme dans tout le Cap Bon, le touriste étranger -et surtout européen- est devenu une espèce en voie de disparition. On savait que les effets collatéraux de la Révolution allaient continuer à peser sur la saison estivale mais on imaginait certainement pas du côté des professionnels du tourisme que cela serait à tel point.

Des hôtels à moitié vides...

Habib Bouslama, le président de la Fédération des Hôteliers du Cap Bon - Photos/ J.B TourMag.com
Habib Bouslama, le président de la Fédération des Hôteliers du Cap Bon - Photos/ J.B TourMag.com
Les Français se font rares, c'est le moins que l'on puisse dire. Les Italiens aussi.

Même les Algériens boudent la destination. Dans les hôtels, on croise surtout des Russes, des Tchèques... et des Libyens venus à la fois en vacances et à l'abri.

« Sur l'ensemble de notre région, on dénombre 150 établissements environ. Ce qui représente un quart de la capacité hôtelière du pays et près de 30% des lits » rappelle sans nostalgie Habib Bouslama, le président de la Fédération des Hôteliers du Cap Bon.

Aujourd'hui, alors que le mois d'août se profile et la période du Ramadan avec, la moyenne d'occupation des établissements se situe aux alentours de 40% seulement.

Ce qui signifie que cela engendre un tas de problèmes en terme d'équilibres financiers, d'investissement, d'emploi...

Personnage emblématique du tourisme tunisien, Habib Bouslama -qui dirige le magnifique Nahrawess- aime user d'exemples simples pour montrer combien cette crise sans précédent est catastrophique pour les 100 000 emplois directs générés par l'activité touristique à Hammamet et Nabeul.

"Les Tunisiens font l'apprentissage de la démocratie"

Mais aussi pour tous les emplois induits. « Beaucoup moins de clients dans nos hôtels, c'est une baisse générale de la consommation de lait. Et je connais de petits agriculteurs possédant deux vaches laitières qui ne peuvent plus écouler leur maigre production à la centrale !

Tout cela pour montrer qu'à tous les niveaux nous sommes touchés.
»

Bouslama n'en démord pas : les médias étrangers et français sont pour beaucoup dans l'image qui est présentée de la Tunisie. Les manifestations et les sit-in sauvages, les grèves et autres phénomènes engendrés par le vent de liberté qui s'est mis à souffler sur son pays depuis cinq mois, ne doivent pas effrayer.

« Les Tunisiens font l'apprentissage de la démocratie. Laissez nous quelques temps, mais ne focalisez pas sur ces travers qui sont en fait un passage obligé.

Regardez, qui parle encore de l'attentat meurtrier de Marrakech ? En France, dès qu'un incident en Tunisie est rapporté par contre, c'est systématiquement de manière à effrayer le client et à lui faire croire que la sécurité n'est pas assurée. Faut-il rappeler que la Révolution tunisienne n'a touché aucune installation touristique ni aucun client !
»

Najib Boudhina, le jeune et dynamique directeur d'ETS (Emira Travel Service), est sur la même longueur d'onde.

Lui aussi parle de la nécessité d'apprendre aux Tunisiens la pratique de la démocratie. Lui aussi voit ses hôtels afficher des chiffres bien inférieurs à ceux des hautes saisons précédentes.

Dans certains établissements comme le Nesrine, c'est la clientèle tunisienne (locaux et résidents à l'étranger) qui vient sauver ce qui peut l'être.

Des TO montrés du doigt

Najib Boudhina, le directeur général d'Emira Travel Service  Photos/ J.B TourMag.com
Najib Boudhina, le directeur général d'Emira Travel Service Photos/ J.B TourMag.com
Mais comme quasiment tous les hôteliers que nous avons rencontrés, pas question de brader comme le suggéraient certains TO français. Des prix serrés, des promotions d'accord. Mais il faut veiller à conserver un certain équilibre entre les objectifs et les moyens.

Alors que l'on annonce une petite reprise pour août sur Djerba et le Sud selon ces mêmes TO français, le nord et tout le Cap Bon semblent rester à l'écart. « Ils avaient tellement revu leurs plans de vols à la baisse ... » expliquent certains professionnels.

Peut être aussi, de l'avis de ces mêmes personnes, parce qu' « à Hammamet on n'a pas tenu à mettre un genou à terre ». Question de fierté et de détermination, histoire de montrer que l'on croit en l'avenir et dans les atouts que l'on a en mains.

Et l'avenir justement? Le sentiment qui prédomine (et les réservations qui rentrent...) semblent démontrer que l'arrière saison sera meilleure.

« La clientèle des Seniors est une clientèle d'habitués, qui connait bien notre région, nos hôtels et qui ne se laisse pas berner par des histoires à la télé... » assure Habib Bouslama.

A plus long terme, tous espèrent que le secteur touristique tunisien ne sera plus enfin verrouillé et politisé dans sa représentation.

Et que l'État aidera concrètement le secteur privé pour qu'il résiste à la crise et soit en mesure d'investir. Ré-échelonnement des dettes, report des charges sociales et autres formes de soutien ont été annoncés mais encore faudra t-il pour les appliquer que les administrations concernées -au plan national et régional- cessent de pratiquer la politique de l'autruche !

Quel tourisme demain ?

En attendant, à Hammamet on pense à demain. Au cœur des entreprises touristiques on réfléchit aux possibilités de créer de nouveaux mobiles d'attraction permanents susceptibles d'enrichir le produit touristique tunisien tout au long de l'année et de le voir s'imposer sur les marchés étrangers.

Libération du tourisme résidentiel, ouverture du ciel, créations de golfs, de centres de bien être et de centres de congrès, développement de la plaisance et des marinas, les projets ne manquent pas.

Et sont d'autant plus importants qu'ils peuvent permettre de revoir à la hausse des prix de commercialisation tirés vers le bas par les TO depuis quelques années.

Reste à passer ce cap difficile de l'été 2011 et à dépasser les évènements. A quelques semaines des élections, Habib Bouslama est catégorique: « si celui qui va gouverner le pays sait donner sa place et sa véritable valeur au tourisme, alors il réussira à la fois à développer notre économie et à réussir son mandat ! »

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Tags : Hammamet, tunisie
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1.Posté par HAMMAMI MANEL le 26/07/2011 11:17 | Alerter
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Très objectif.

2.Posté par kamel Bouaouina le 26/07/2011 13:32 | Alerter
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C'est vrai que Hammamet est déserté par les européens. Mais les tunisiens étaient là pour soutenir ce secteur sinistré. Nos hôteliers ont cru à cette niche et ont proposé aux estivants locaux de bons tarifs ( 30 à 40 euros) C'est encourageant pour les inciter à partir en vacances. Les libyens ont participé aussi à améliorer le taux d'occupation. Il suffit de sillonner Yasmine Hammamet pour voir de près leur présence. Août s'annonce bon car les VDM vont animer nos hôtels et septembre ne sera pas catastrophique selon la déclaration de la représentante de l'ONTT de Paris. Reste maintenant à mieux communiquer sur la Tunisie par les médias français.

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