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Voyage d'aventure : Terres Oubliées, un voyagiste indépendant et fier de l'être

L'interview de Matthieu Flye Sainte-Marie, gérant et co-fondateur de Terres Oubliées


Rédigé par Céline Eymery le Dimanche 19 Mars 2017

Matthieu Flye Sainte-Marie, gérant et co-fondateur de Terres Oubliées, revendique son indépendance ! Ce voyagiste installé à Lyon met en avant son savoir- faire et son expertise pour émerger à côté des "acteurs majeurs" du secteur. Et ça fonctionne, avec un volume d'affaires en croissance de 11% en 2016 et un début d'année 2017 prometteur.



L'essence même de Terres Oubliées est de faire de beaux voyages qui reposent sur l'expérience de l'humain pour proposer des séjours hors des sentiers battus - DR : Terres Oubliées
L'essence même de Terres Oubliées est de faire de beaux voyages qui reposent sur l'expérience de l'humain pour proposer des séjours hors des sentiers battus - DR : Terres Oubliées
TourMaG.com - Comment Terres Oubliées se positionne-t-il vis-à-vis du secteur du tourisme d'aventure ?

Matthieu Flye Sainte-Marie :
Terres Oubliées est un voyagiste 100% indépendant et fier de l'être, qui a vu le jour en 2003.

A cette époque, de gros acteurs se sont positionnés sur le marché du voyage d'aventure, dans le but de l'ouvrir au plus grand nombre.

Nous avons vu apparaître, d'un côté, Huwans avec Atalante et, de l'autre, Voyageurs du Monde, avec des marques comme Terres d'Aventure, Allibert, puis Nomade.

Avec Stéphane Couturier, ex-directeur commercial d'Atalante, nous ne nous retrouvions pas dans cet esprit-là. Nous avons décidé de créer Terres Oubliées.

L'offre aujourd'hui est standardisée et stéréotypée. Les mastodontes du secteur jouent sur les prix, alors que nous jouons sur la créativité.

Matthieu Flye Sainte-Marie - DR : Terres Oubliées
Matthieu Flye Sainte-Marie - DR : Terres Oubliées
TourMaG.com - Qu'entendez-vous par créativité ?

Matthieu Flye Sainte-Marie :
Notre essence même est de faire de beaux voyages qui reposent sur l'expérience de l'humain pour proposer des séjours hors des sentiers battus.

Notre modèle économique repose sur notre personnel qualifié, qui dispose d'une forte expérience sur les destinations. Chez nous, le chef de produit est aussi le conseiller voyages.

Nous nous refusons à mettre en place des itinéraires sur des destinations que nous ne connaissons pas. Nous collaborons avec des réceptifs, mais c'est nous qui concevons les itinéraires. Nous ne travaillons pas sur des itinéraires pré-conçus.

Nous ne faisons pas de copier-coller. Nous souhaitons que les voyageurs aillent à la rencontre des destinations. Pour cela, il faut accepter parfois de dormir sous la tente ou chez l'habitant, cela n'empêche pas les hébergements de charme ou plus haut de gamme.

Nos groupes sont limités à 8 participants, et nous n'avons pas des millions de dates de départ, car la logistique est souvent lourde et complexe. Parfois, nous ne programmons qu'une seule date.

TourMaG.com - Comment voyez-vous évoluer le secteur du tourisme d'aventure ?

Matthieu Flye Sainte-Marie :
Le voyage d'aventure a 40 ans. Nous sommes en train de vivre ce qui s'est passé dans le voyage classique il y a des années.

Aujourd'hui, le voyage d'aventure est un terme galvaudé. Nous récupérons des voyageurs des voyagistes "majeurs" qui ne se retrouvent plus dans l'offre. Ces voyageurs cherchent des indépendants. Il y a un glissement de la clientèle.

Les acteurs importants du secteur attirent, eux, des clients qui viennent du tourisme classique. Certains de nos clients ont goûté à l'aventure chez eux, puis recherchent sur Internet des agences un peu différentes.

Enfin, il y a des voyageurs qui préfèrent des artisans car cela correspond à leur philosophie.

TourMaG.com - Vous ne faites pas partie d'ATR (Agir pour un tourisme responsable), pourquoi ?

Matthieu Flye Sainte-Marie :
Je ne veux pas surfer sur le green marketing. Lorsqu'on travaille dans l'univers du tourisme d'aventure, il y a forcément une dimension sociale qui est prise en compte, par exemple vis-à-vis des guides sur place.

Nous avons une charte en interne, mais nous n'avons pas besoin d'en faire un outil marketing. Nous avons notre propre éthique.

Dans nos relations avec les réceptifs, nous ne jouons pas sur les prix. Nous nous refusons aussi de faire un Vietnam en 11 jours, pour nous, c'est minimum 15 jours.

TourMaG.com - Combien faites-vous voyager de personnes par an et comment se porte votre entreprise ?

Matthieu Flye Sainte-Marie :
Entre 1 200 et 1 500 voyageurs par an, pour un volume d'affaires à 3,344 M€. En 2015-2016, il a progressé de 11,09% par rapport à l'exercice précédent.

Sur l'année 2016-2017, après 5 mois d'activité, nous avons d'ores et déjà engrangé en départs le même chiffre qu'en 2015-2016.

2017 devrait être une bonne année.

TourMaG.com - Avez-vous de nouvelles destinations ?

Matthieu Flye Sainte-Marie :
Nous allons lancer l'Inde du Nord-Est et la Colombie.

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1.Posté par BUOT le 20/03/2017 15:32 | Alerter
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Bonjour cher Matthieu,
et bravo pour le parcours de Terres Oubliées.

En quoi faire la démonstration de son engagement autour d'un référentiel reconnu et permettant de parler un langage commun en matière de tourisme responsable est-il du green marketing ?
Afficher ses engagements envers ses clients, ses prestataires et ses équipes, et les faire contrôler par un organisme indépendant, n'est-il pas le meilleur moyen de garantir l'éthique des entreprises du voyage ?
Et pourquoi tomber dans les travers du green hushing et ne pas faire savoir aux voyageurs les actions mises en place pour un tourisme responsable alors-même qu'ils sont de plus en plus nombreux à y porter attention, comme le démontre l'enquête récente menée par ATR ?
> http://www.tourisme-responsable.org/actualites/

Au plaisir de se revoir et d'agir ensemble pour un tourisme responsable.

Julien
_
Julien BUOT
Directeur d'ATR

2.Posté par FLYE SAINTE MARIE le 22/03/2017 11:07 | Alerter
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Cher Julien,

La démarche d’ATR est tout à fait louable surtout depuis que l’organisme de contrôle qui attribue le label est devenu indépendant ce qui je vous le rappelle n’était pas le cas durant de très nombreuses années. Je ne remets donc pas en cause votre démarche Julien et faire la démonstration de son engagement environnementale et sociétale ne me gêne absolument pas à partir du moment ou tout ce que j’entreprends est fait à 100 % dans ce sens, mais surtout, que la promesse que je fais se traduit sur le terrain et dans mon entreprise.

Or il me semble que certaines entreprises adhérentes à ATR ne peuvent prétendre à cela ! Alors oui elles font certainement des efforts en suivant vos préconisations, en menant des actions durables et sociales par leur propre initiative et qu’elles mettent en avant ou pas sur les différents canaux de communication dont ils disposent et c’est très bien ! Mais qu’en est-il des écueils dont on ne parle jamais et qui ne font surtout pas l’objet d’une communication transparente. Je pense aux réceptifs locaux lâchés du jour au lendemain parce qu’il ne peuvent plus baisser leur prix pour mieux répondre au marché, aux salariés historiques remerciés là encore du jour au lendemain pour diminuer les charges, aux méthodes de ventes agressives où l’on pousse les conseillers en leur donnant une carotte de 10 € si ils arrivent à orienter « les clients » sur la destination de la semaine parce qu’il faut remplir les allotements sur lesquels on est engagé, aux voyages de 12 ou 13 jours France - France à l’autre bout de la planète qui en fait pour le voyageur se traduisent par 9 ou 10 jours plein sur place, à l’ éco lodge dans une vallée du Maroc où les touristes s’enchainent les uns après les autres semaine après semaine durant la période estivale réduisant ainsi considérablement l’approvisionnement en eau des populations locales etc.

Pensez-vous sérieusement Julien que cela soit éthique, responsable et durable ?

Toutes ces méthodes ont les a vécus pour ne pas dire subies et on le vit encore par " procuration "et je ne vois pas comment cela pourra s’arrêter car comme je le dis brièvement dans l’article ci-dessus le marché du voyage d’aventure a énormément changé ces 15 dernières années avec une approche industrielle qui n’a cessé de prendre le dessus ces dernières années par la motivation première des gros groupes du voyage d’aventure à proposer les voyages toujours le moins cher pour répondre au plus grand nombre dans l’unique but de s’enrichir toujours un peu plus et de rendre la mariée un peu plus sexy pour une éventuelle revente !

Terres Oubliées est précisément née de cette « dérive » la première fois que l’idée a germé c’était en 2001 quand Terres d’Aventure a été racheté par des financiers qui ont crié haut et fort dans la presse touristique qu’ils allaient révolutionner le voyage d’aventure en le faisant passé de l’âge de pierre à celle de l’industrialisation. Le coup de grâce est arrivé en 2002 sans prévenir on nous a demandé lors d’une réunion de production de faire des voyages pour x €.

Où est passé l’âme des pionniers du voyage d’aventure dans tout cela, elle semble bien loin des motivations premières des Hervé Derain, Daniel Popp, Christophe Leservoisier ou encore Philippe Allibert qui avaient une approche bien différente ! Je serai curieux de connaître aujourd’hui leur sentiment sur l’évolution du voyage d’aventure…
En tous les cas pour nous à ce moment-là nous savions que plus rien ne serez comme avant et que le seul moyen de continuer à être créatif et de proposer des voyages avec du sens était alors de créer notre propre structure.

Vous le savez comme moi Julien ou alors vous êtes un grand idéaliste à force de tirer un marché vers le bas ceux sont les employés, les prestataires qui finissent par payer les pots cassés. Regardez ce qui se passe dans l’industrie du textile et ne me faites pas croire que vous êtes de ceux qui pense que l’industrialisation du voyage d’aventure échappe pas à cette règle !

Je ne juge pas le positionnement des majors du voyage d’aventure, sans eux nous ne serions pas là et la concurrence fait toujours avancer car elle est facteur de différenciation. Mais au fond je vais vous faire une confidence, nous ne les considérons pas véritablement comme des concurrents tant la finalité et l’esprit qui nous animent sont différents. Ils ont fait un choix, nous avons fait le nôtre !
Mais je m’écarte de votre question au sujet du green marketing. Je vais essayer d’être aussi bref que possible, car cette question de savoir si oui ou non il faut faire la démonstration aux voyageurs de son engagement pour un tourisme responsable par un référentiel reconnu pourrait à elle seule monopoliser un débat au long cours.

La première réponse que je vous donnerai Julien est que le simple fait de vouloir estampiller d’un label « vert » une marque cela s’apparente effectivement à du green marketing puisque celui qui le met en avant cherche ainsi à justifier sa façon de produire pour se différencier des autres. Donc si cela ne s’appelle pas du green marketing comment appelez-vous cela ?
Mais au-delà du green marketing ce qui me dérange le plus c’est qu’on rentre dans un monde du tout « Label ». ? Et là, je ne parle pas uniquement de tourisme car les labels fleurissent un peu partout ! Je me pose donc une question : qu’en est-il de celui qui n’a pas de label et qui pourtant intègre toutes les valeurs éco responsable dans sa façon de produire ? Son offre est-elle moins légitime parce qu’il n’a pas de label affiché sur son catalogue ou sur sa vitrine.

C’est ce que vous laissez pourtant penser dans votre réponse Julien en parlant de green hushing est vous ne faites pas preuve d’humilité en pensant que seul un label n’a de valeur pour faire passer un message éco responsable dans sa façon de produire. Heureusement que l’on n’a pas attendu que vous existiez pour véhiculer nos valeurs auprès de nos voyageurs.

Alors oui Julien chacun a le droit de défendre ses positions mais quoi qu’il en soit, seul le voyageur est le décideur final, il choisira avec qui il veut partir en fonction de ses attentes, de ses valeurs. Une chose est sure cependant c’est que de plus en plus de voyageurs nous font confiance et la réitèrent et ce même en étant pas labellisé ATR.

En conclusion Julien et je le répète, je n’ai absolument rien contre vous, votre action que je trouve juste et constructive c’est plutôt la façon qui me dérange et votre réponse qui laisse penser que seul la labellisation par un organisme indépendant est la solution pour véhiculer des valeurs auprès des voyageurs. Je connais certains membres d’ATR que je respecte énormément humainement parlant et pour le combat et l’énergie qu’ils mènent. Ce n’est pas agir avec vous qui me dérange vous l’aurez je l’espère lu entre les lignes. Cependant me concernant quand je vois la liste des membres d’ATR qui ne compte que 21 membres labellisés ou en cours de labellisation dont 1/3 des marques appartiennent aux mastodontes évoqués ci-dessus l’interrogation et le doute qui subsiste est le suivant : Le Green Marketing : Démarche responsable ou opportunisme ?

Ceci étant Julien et je terminerai en vous disant que je trouve assez ironique que vous réagissiez à ma position sur le green marketing et que vous m’adressiez donc la parole spontanément par écrit sachant que l’on s’est croisé et que l’on a été présenté une ou deux fois sur des salons où des festivals sans que vous preniez pour autant le temps de venir me rencontrer, savoir qui nous étions, présenter ATR où pour que l’on échange ensemble sur le sujet…peut-être aurait-il fallu commencer par-là, non ?
Mais dois-je comprendre que mon franc parler vous dérange ? Ne soyez pas timide Julien et venez prendre un café à l’occasion de vos venues à Lyon on vous accueillera avec plaisir et vous pourrez apprendre à nous connaître un peu mieux car comme vous l’aurez sans doute compris Terres Oubliées et les hommes et femmes qui la composent ont tous une histoire.

Matthieu Flye Sainte Marie

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