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C. Orofino : "La République n'a pas droit de cité en Guadeloupe !"

La chronique de Christian Orofino, co-président de l'OBGET


Rédigé par Christian OROFINO le Dimanche 11 Décembre 2016

Christian Orofino, co-président de l'OBGET, s'insurge contre les problèmes récurrents d'accès à l'eau en Guadeloupe. Dans certaines communes de l'archipel, l’eau est coupée de manière régulière depuis 9 mois ! De quoi exaspérer les riverains... comme les touristes.



Pour des raisons techniques et politiques, l’eau est coupée d’une manière régulière dans la région de Saint-François, région touristique, et dans toute la Guadeloupe en général - DR : Fotolia, thomathzac23
Pour des raisons techniques et politiques, l’eau est coupée d’une manière régulière dans la région de Saint-François, région touristique, et dans toute la Guadeloupe en général - DR : Fotolia, thomathzac23
Depuis avril 2016, la Guadeloupe, et en particulier Saint-François, souffrent d’un manque d’eau dont sont victimes les habitants mais aussi les touristes.

En effet, pour des raisons techniques et politiques, l’eau est coupée d’une manière régulière dans la région de Saint-François, région touristique, et dans toute la Guadeloupe en général.

Plusieurs raisons sont avancées telles que :

- des travaux concernant le réseau, mais peut-on admettre des travaux perturbant la vie même des gens qui durent 9 mois ?
- des grèves qui n’osent pas dire leur nom, mais qui au final en sont ;
- des problèmes politiques de gouvernance après le rachat de la société d’économie mixte, rachat qui avait déjà provoqué il y a deux ans plusieurs semaines de coupure d’eau dues aux grèves.

Quelles qu’en soient les raisons, aucune ne justifie cette régression sociale à part peut-être des catastrophes naturelles mais qui n’ont pas eu lieu.

Comment peut-on admettre quand on est responsable politique ou fonctionnaire cette situation ?

Une atteinte manifeste à la dignité

Le manque d’eau est une atteinte manifeste à la dignité des femmes et des hommes qui en souffrent. Priver d’eau les êtres humains, c’est les reléguer au rang d’animaux.

L’eau est essentielle à la condition humaine. Sans elle, nous ne sommes plus en état de cohabiter avec nos semblables, car l’eau permet de satisfaire les besoins primaires d’hygiène, surtout pour les familles avec de jeunes enfants ou pour des personnes âgées.

Ceux qui se permettent d’en priver des citoyens aussi longtemps pour des raisons politiques ou techniques sont, soit des irresponsables, soit des incompétents qui doivent être révoqués.

Sommes-nous toujours en République et en France quand on supprime à certains habitants le droit fondamental à l’eau, et ce, parfois pendant 8 jours sans discontinuité ?

Où se terre l’autorité de l’Etat représentée par un préfet qui devrait assumer sa responsabilité en garantissant à tous les citoyens l’accès à la dignité ?

Où se terrent les politiques, députés, sénateurs, maires et conseillers départementaux et régionaux en tout genre qui, après avoir obtenu les mandats des citoyens, ne se préoccupent plus des besoins vitaux de leurs mandants ?

Manque d’eau pendant 8 jours sans discontinuer

Jamais en métropole, que ce soit en Vendée, en Alsace ou en Charente, une telle situation scandaleuse pourrait se produire.

Comment imaginer dans ces régions métropolitaines, comme cela se passe en Guadeloupe, un manque d’eau pendant 8 jours sans discontinuité ? Ce serait la révolution, la révocation des préfets, l’indignation des élus.

Rien de tout cela en Guadeloupe. Chacun se débrouille. Les plus riches se font installer des citernes d’eau de pluie ou utilisent l’eau de leurs piscines.

Quant aux plus modestes, c’est le système D avec, encore une fois, des risques d’hygiène et de santé.

Nous sommes bien en 2016 et en République Française !!!!

Et quel avenir pour le tourisme, ressource fondamentale de ce département français ?

Pour la plupart, ce sont des Français métropolitains, des Canadiens, des Britanniques et autres nationalités rencontrées.

Plus jamais cette galère de vacances sans eau qu’ils vivent chaque jour dans leur location, résidence ou hôtel !

Ils jurent qu’on ne les reprendra plus, ils iront ailleurs ! Les habitants, quant à eux, n’auront pas le luxe de ce choix...

Christian OROFINO
Président de TOURCONSEIL
Co-Président de l'OBGET
Ex PDG et DG du TO VISIT FRANCE
Ex-Président de la commission Tourisme responsable du SNAV
Co-Président de l'Observatoire Géo Politique et Environnemental du Tourisme (OBGET)

Page Facebook de l'OBGET

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1.Posté par baudoin le 12/12/2016 10:15 | Alerter
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Il est écrit ci-dessus;"Le manque d’eau est une atteinte manifeste à la dignité des femmes et des hommes qui en souffrent. Priver d’eau les êtres humains, c’est les reléguer au rang d’animaux."
Jamais au grand jamais je n'ai lu cela concernant le sud Soudan et les 2 000 000 000 d'individus qui sont privés d'accès à l'eau potable de par le monde.
Il faut qu'un quidam ait ses vacances perturbées,pour sortir une philippique 'hors sol'.
Beaucoup de guadeloupéens supportent mal le tourisme envahisseur consommateur d'eau en excès,ont ils tort?
Les drames semblent commencés quand on ne se renseigne pas sur les réalités locales avant de partir.

2.Posté par Pontault Nicolle le 12/12/2016 10:21 | Alerter
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Bonjour,
C’est un vrai scandale pour les touristes, ils ne comprennent pas cette situation, on ne sait pas quoi leur dire, souvent quand ils nous appellent, on leur ment, on dit « ce doit être une panne » « on s’informe ». le comité du tourisme dépense des sommes folles pour faite venir des tourismes étrangers, de novembre à mai on reçoit des américains de New York avec les vols directs de Norvégian airlines.
Ce sont des touristes qui ne viendront plus, c’est sûr et en plus on leur demande à leur arrivée de s’affranchir d’une somme de 3 euros par personne et par nuit ( pour la taxe de séjour qui est censé être là pour bien accueillir les touristes).
On achète des pacs d’eau par centaine pour distribuer de l’eau aux touristes, ils se lavent à l’eau minéral, ils évacuent leurs excréments en prenant des seaux de 10 litres dans les piscines pour les verser dans les cuvettes…..
On vient de faire des devis pour alimenter les 16 villas touristiques, pour une cuve de 20 000 litres, on va devoir dépenser entre 50 000 /65 000 euros pour simplement la tranquillité de fournir de l’eau potable pour les touristes !!
Les gros responsables sont les politiques, les syndicats, l’état qui ne fait rien pour obliger tous ces dirigeants à s’entendre, pour avoir la dignité de pouvoir au 21 ème siècle s’offrir un droit fondamental « l’eau potable ».

Nicolle , de l’agence de voyages « Villas Boubou » à Saint François Guadeloupe

3.Posté par Jean Paul le 12/12/2016 11:34 | Alerter
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Nous avons effectivement des coupures d'eau tournantes en Guadeloupe dûes à la vétusté du réseau. Cela ne concerne pas toute la Guadeloupe et quand cela arrive nous sommes généralement prévenus par voie de presse. La présentation qui est faite dans cet article est plus qu'exagérée et ne représente pas la réalité. Les touristes continuent à venir en Guadeloupe et y passent de très bonnes vacances.

Enfin, la plus part des structures d'accueil professionnelles ont mis en place un système de cuves qui solutionne le problème.

CONTINUEZ A ENVOYER VOS CLIENTS EN GUADELOUPE . IL Y A DEPUIS QUELQUES ANNEES MOINS DE GREVES QU'EN FRANCE METROPOLITAINE ET LES TOURISTES SONT DE PLUS EN PLUS NOMBREUX Y COMPRIS EN PROVENANCE DES USA.

4.Posté par Yves Brossard - Primeahotels Guadeloupe le 12/12/2016 13:11 | Alerter
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Bonjour Christian,

Tu as raison de dénoncer une situation qu’on aurait sans doute pas connue en métropole, à ceci près tout de même que si l'on considère que les bouchons sur le périphérique parisien (par exemple, sans faire de parisianisme) constituent également une gêne majeure pour les populations, on ne peut pas dire que ceux-ci aient vraiment fait diligence - en métropole - pour résorber ces problèmes d'embouteillages. Nous avons de l’eau, mais aussi des problèmes de circulation engorgée et de pollution, non résolus !

Je suis allé à Saint-François en novembre 2016, et sur une semaine complète de sept jours, je n’ai eu qu’une unique interruption du service des eaux, pendant cinq heures exactement puisque la coupure a duré de 6h du matin à 11h du matin. Mais je reconnais qu’il y a eu une série malheureuse d’interruptions beaucoup plus grave en octobre 2016 ; et que je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve.

Les coupures d'eau sont organisées de manière intermittente par le syndicat mixte de distribution d’eau, en l'occurrence ce syndicat de service public se prénomme « SIAEAG », de sorte que toutes les communes de la Guadeloupe sont affectées à tour de rôle, de manière équitable - normalement - en termes de coupures d'eau. Il est évident que ces coupures ne correspondent nullement à des grèves mais correspondent réellement à l'exécution de travaux sur les réseaux d'alimentation en eau.

Chacun sait que les réseaux d'alimentation en eau de la Guadeloupe connaissent des fuites importantes de sorte que plus de 50 % de l'eau récoltée est perdue en raison des fuites des réseaux. Il convient aussi de savoir que les autorités locales ont déjà entrepris de réaliser de nouvelles structures de production d’eau, l’une d’entre elle ayant été récemment achevée au Moule, à 15 km de Saint-François. Des travaux de barrage, de réfection de réservoirs, de châteaux d’eau, ont été entrepris.

Les autorités locales élues, comme les représentants de l'État, sont parfaitement conscients du trouble causé aux populations comme aux visiteurs de la Guadeloupe, en raison des coupures rendues nécessaires par l'exécution des travaux de réparation des réseaux.

Trois réflexions de ma part :

- d’une part, il convient de ne pas exagérer la situation au risque d'une interprétation excessive de la part de visiteurs potentiels de la Guadeloupe ; en tant qu’opérateur du tourisme, tu sais mieux que quiconque le danger d’une communication externe excessive ; il y a parfois des problèmes d’eau, mais souvent pas ; c’est donc cette imprévisibilité qui est une source (sans jeu de mots) de problème supplémentaire, malgré la politique de communication régulière du SIAEAG ;

- d’autre part, même s’il est tout à fait naturel d’être exaspéré par cette situation, c’est à dire d'être exaspéré par le fait qu’il n'y ait pas eu d'anticipation, et que ces travaux n’aient pas été exécutés de manière continue au cours des 20 dernières années, il est désormais impossible de procéder autrement pour la réalisation des travaux ; les coupures sont nécessaires, et elles sont faîtes dans toutes les communes, à tour de rôle ;

- et enfin, tu ne poses qu’indirectement le problème de l’indemnisation du préjudice subi, qui pourtant est fondamental dans le sujet. Car si les populations locales, comme les visiteurs, comme les entreprises locales, avaient pu engager des procédures pour obtenir réparation des préjudices subis, alors il est fort probable que cette situation ne serait jamais survenue. Les responsables du service public de l’eau auraient fait la balance entre le coût de réalisation régulier des travaux et le risque de devoir indemniser les « bénéficiaires » d’un service public défaillant.

Et donc, c’est à nous tous, métropolitains comme guadeloupéens, de solliciter le législateur, métropolitain le plus souvent, pour obtenir une nouvelle législation efficace en termes d’obtention de réparations financières importantes en cas de dysfonctionnement des services publics. Les réparations financières doivent être rapides et importantes, voire dissuasives. Pour ma part, je l’ai fait, sans résultat apparent ! On en revient au débat - non abouti - sur les actions de groupe (« class actions ») en France.

Beaucoup d’eau (avec jeu de mots cette fois) coulera encore sous les ponts avant qu’une telle mesure soit prise. Je conclurai avec une pensée pour Guillaume Apollinaire : « Sous le pont Mirabeau coule la Seine, Et nos amours, Faut-il qu'il m'en souvienne. La joie venait toujours après la peine. »; la joie de découvrir ou de redécouvrir la Guadeloupe ! Amitiés Christian !

Yves Brossard
Primeahotels Guadeloupe

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