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Désintermédiation : Directravel, le salon B2C qui va énerver les pros...

Le salon se tiendra à Paris les 1er et 2 octobre 2016


Rédigé par Anaïs BORIOS le Mardi 26 Avril 2016

Quelques jours après l'IFTM Top Résa, un nouveau salon du tourisme verra le jour à Paris, les 1er et 2 octobre 2016. Il s'agit de Directravel qui, comme l'indique son nom, sera un rendez-vous B2C. Il permettra, en effet, à des réceptifs étrangers de rencontrer les clients finaux. Mais ce projet, initié par Christophe Sentuc, soulève une nouvelle fois la question de la légalité de la mise en relation directe de sociétés non immatriculées en France avec des voyageurs lambda...



Organisé les 1er et 2 octobre 2016, le salon B2C Directravel devrait accueillir entre 50 et 80 agences réceptives du monde entier, à la Cité de la Mode et du Design, à Paris - DR : Capture d'écran Directravel
Organisé les 1er et 2 octobre 2016, le salon B2C Directravel devrait accueillir entre 50 et 80 agences réceptives du monde entier, à la Cité de la Mode et du Design, à Paris - DR : Capture d'écran Directravel
Après 25 années à la tête de Fleuves du Monde et de Terre Voyages, Christophe Sentuc a décidé de s'aventurer sur une autre voie : celle de l'organisation d'un salon B2C.

Il a donc créé sa propre entreprise, Act&Go, et s'est associé avec une société spécialisée dans l'organisation de salons, Arcance, ainsi qu'une plate-forme de référencement de réceptifs à l'étranger, TripConnexion, afin de créer Directravel.

« Ce salon est voué à promouvoir les structures locales, appelées réceptifs, mais qui sont devenues de véritables voyagistes délocalisés, explique Christophe Sentuc.

Il s'inscrit dans la désintermédiation du tourisme et va permettre aux exposants de renforcer la confiance avec le grand public grâce à cette rencontre, mais aussi de diminuer les pertes dans le traitement des demandes et d'améliorer le taux de transformation de leurs devis ».

Les 1er et 2 octobre prochains, le fondateur de Directravel s'apprête donc à recevoir entre 50 et 80 agences réceptives du monde entier, à la Cité de la Mode et du Design, à Paris.

« Plutôt que de parler de salon, je préfère employer le terme de "rendez-vous", ajoute-t-il, car il s'agira avant tout d'un lieu de rencontres et de contacts ».

"L'avenir du tourisme est dans les mains de ces sociétés locales"

6 000 à 8 000 visiteurs sont attendus, sur les 1 500 m2 d'exposition.

Il s'agira principalement de voyageurs, qui auront été informés par des campagnes de communication, l'envoi de newsletters mais surtout grâce au partenariat avec Trip Connexion, qui permettra de cibler les internautes.

« Le salon pourra aussi intéresser des professionnels, peut-être des agences indépendantes, à la recherche de nouveaux produits à présenter, avec une vraie valeur ajoutée en termes de souplesse et de qualité », précise Christophe Sentuc.

L’entrée sera payante, entre 5€ et 7€ environ. Les visiteurs accéderont ainsi à un espace central, une sorte de « village des opérateurs locaux », réparti en stands de 4 à 9 m2, équipés d'écrans plats.

« La présentation devrait être assez sobre, mais pour l'instant, l'offre destinée aux exposants est en cours de définition », ajoute Christophe Sentuc.

Des ateliers et des conférences sont également au programme.

Pour l'heure, Christophe Sentuc s’attelle plutôt au choix des réceptifs.

« Je souhaite qu'il y ait une grande diversité de pays représentés, mais toutes les structures auront fait l'objet d'une sélection : elles devront être en règle vis-à-vis de la législation de leur pays, avoir une responsabilité civile, etc., précise Christophe Sentuc.

J'en connais un certain nombre, pour les avoir fréquentées quand je travaillais à la production de Terre Voyages.

Mon passé de voyagiste B2C me permet de les rassembler et de comprendre leur intérêt envers le consommateur. J'ai toujours eu cette idée en tête : l'avenir du tourisme est dans les mains de ces sociétés locales.

Avant, je les voyais comme des concurrents, mais maintenant que je suis libéré de cette position de voyagiste, je travaille ardemment pour rechercher ces structures
 ».

"Directravel n'est pas une foire avec des stands de vente"

Christophe Sentuc, fondateur de Directravel - DR : Christophe Sentuc
Christophe Sentuc, fondateur de Directravel - DR : Christophe Sentuc
Toutefois, cet événement relance le débat autour de la participation de sociétés étrangères à un salon du tourisme en B2C.

Il fait écho aux protestations de certains exposants au Salon Mondial du Tourisme, qui s'indignaient de voir des agences réceptives non immatriculées en France vendre leurs prestations sur un salon grand public.

L’intervention du SNAV auprès de Comexposium, la société organisatrice du salon, a permis, en 2016, de « faire évoluer les articles 2 et 18 des dossiers d'inscription des exposants de l'édition 2016 du Salon Mondial du Tourisme », comme le rappelait Jacques Judéaux, responsable de la délégation "Pratique illégale de la profession" du SNAV dans nos colonnes.

Interrogé à ce sujet, Christophe Sentuc semble opter pour la même position : « les exposants de Directravel ne signeront en aucun cas des contrats de ventes lors de l’événement. Cela leur sera rappelé dans les conditions de participation.

Ils seront là pour rencontrer des prospects particuliers et professionnels, ainsi que des internautes, afin de promouvoir leurs compétences dans le cadre de leur conformité professionnelle liée au pays de leur activité et dûment vérifié lors de leur inscription.

Directravel n'est pas une foire avec des stands de vente... mais un lieu d'exposition et de promotion.
 »

La promotion autorisée sur les salons B2C

Car, si le code du tourisme interdit aux exposants étrangers de réaliser des ventes en direct sur le territoire français, elle ne leur interdit pas de faire la promotion de leur production.

« Toute personne ou société faisant acte de vente en France d’un produit figurant dans l'article 211-1 du code du tourisme doit être immatriculée et donc disposer d’une assurance RCP et d’une garantie financière.

Cette même société peut, par contre, venir sur un salon et faire de la promotion dès lors qu’elle ne se livre pas à un acte de vente, mais dans ce cas, nous pensons que cela à peu d’intérêt pour un acteur étranger de venir exposer en France…
, » explique Jean-Marc Rozé, secrétaire général du SNAV.

« Les opérateurs en règle et membres de l'Union européenne peuvent demander une autorisation temporaire et occasionnelle de vente auprès d'Atout France, dans le cadre de la Libre Prestation de Service (LPS), » poursuit-il.  

« Ils peuvent aussi obtenir une autorisation permanente, dans le cadre de la liberté d'établissement, ajoute Me Emmanuelle Llop, Avocat à la Cour (Equinoxe Avocats). Pour cela, les sociétés européennes devront disposer d'une RCP et d'une garantie financière délivrées par un opérateur européen reconnu en France, et déposer une demande d'autorisation auprès d'Atout France. »

Quant à Directravel, « si des ventes sont réalisées sur le salon, a priori, cela pourrait être considéré comme illégal par le SNAV, précise Jean-Marc Rozé. D'ailleurs, le syndicat se réserve le droit de faire opérer des constatations sur place.

On a toujours l'impression que beaucoup d'intermédiaires ont inventé la roue dans le tourisme, mais on oublie que la profession est réglementée. Le SNAV ne défend pas la vieille économie, il fait seulement la lecture de la loi.

Les acteurs traditionnels ne veulent pas garder leur pré carré, mais que tout le monde soit au même niveau. Le SNAV est ouvert à toutes formes de commerce, du moment que c'est légal
 ».

La promotion sur les salons B2C, une vaste hypocrisie ?

Mais pour certains acteurs, en règle vis-à-vis de la législation française, cette frontière entre promotion et vente est une « vaste hypocrisie », comme le martèle Philippe Humbert, fondateur du TO All Ways on Wheels.

« Il y a la loi d'un côté, et la pratique de l'autre. Un réceptif qui fait sa promotion depuis son pays, je n'y vois pas d'inconvénient. Mais s'il la fait sur un salon grand public, ça n'est pas normal ».

Philippe Humbert, spécialiste des voyages à moto, notamment aux USA, cite son exemple personnel. Exposant sur le salon mondial du tourisme, il ne tolère pas de voir, face à son stand, des réceptifs non immatriculés en France, démarcher les clients en direct.

« Il ne s’agit pas d’un office de tourisme mais d’un réceptif, qui ne fait pas uniquement de la promotion avec un stand de 20 m² minimum, 6 personnes sur son stand, des promotions et circuits affichés, des plaquettes avec des tarifs remises aux visiteurs, des prises de contacts par écrit impliquant des envois de courriels postérieurs avec des devis et programmes…, s'insurge-t-il.

Bref, qu’on ne se moque pas du monde, ils vendent bien en direct ! A quoi sert dans ce cas d’avoir encore une licence et la garantie financière ? On peut vraiment se poser la question... »

En attendant, sur la page d'accueil du site web de Directravel, le texte de présentation conclut sur cette phrase "Soyez nombreux et nous saurons alors adapter les budgets !"...

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1.Posté par WESTAR le 26/04/2016 14:02 | Alerter
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Bonjour


Honnetement, il ya receptif et receptif........

la desintermediation a donné vie à des charlatans

allez sur facebook et vous allez voir : plein d escroqueries ont lieu tous les jours


quelle honte pour nous

2.Posté par AGVFAN le 26/04/2016 15:28 | Alerter
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+1 vs réaction Philippe Humbert ; à force que le SNAV se trompe de combat (ou ne voit pas la réalité ) c'est à se demander si ils ne le font pas exprès .....; (comme si "acheter" un voyage le plus souvent sur mesure auprès d'un réceptif local était un achat d'impulsion ....)
-si le salon est un succès, on peut aussi se demander si toute l'argumentation classique licence-garantie n'est pas devenue complètement obsolète (dit autrement, c'est le cadet des soucis du consommateur : ce qui l'interesse c'est d'avoir confiance en ce qui va se passer "qualitativement "sur place, davantage que se prémunir contre une éventuelle faillite du TO/Agence en France par qui il est susceptible de passer ) (de toute manière, si c'est la compagnie aérienne qui prend l'eau, il ne sera pas protégé alors ....)
-à quand la définition de véritables "critères" d'évaluation des réceptifs locaux (que ce soit pour un salon ou autre) : quitte à dépenser de l'énergie ce serait quand même plus productif que de se battre pour savoir si un exposant a une immat atout france ou pas .... (mais bon faut se réunir, réflechir etc ...)

3.Posté par fred le 27/04/2016 09:42 | Alerter
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Les agences françaises sont des pigeons. Elles sont saignées par les taxes et les réglementations alors que les agences étrangères qui en sont exonérées sont autorisées à les concurrencer... C'est affligeant

4.Posté par reta le 27/04/2016 16:00 | Alerter
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Je n'arrive plus à suivre le mouvement.
Je doute que la confiance sera plus forte de la part des particuliers envers des sociétés réceptives étrangères... déjà que la plupart croit qu'on les arnaques en raison de toutes les offres alléchantes et low-cost qu'ils dénichent sur le net (sans intermédiaire ...)
Quelle est la vision à long terme sur l'emploi en France?

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