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Etrennes 2011 : le beurre, l'argent du beurre et le sourire du producteur ?


Rédigé par Jean da LUZ le Dimanche 2 Janvier 2011

Le cri du cœur de Léa, juste avant les fêtes de fin d'année, a marqué les esprits : "Je ne veux pas vendre que du TUI et du Thomas Cook", clamait-elle alors que l'on annonçait le dépôt de bilan de Best Tours en Belgique. Mais n'est-il pas déjà trop tard ?



Le petit et moyen producteur sera-t'il le maillon faible ou... le chaînon manquant de l'industrie touristique ?
Le petit et moyen producteur sera-t'il le maillon faible ou... le chaînon manquant de l'industrie touristique ?
Mince alors ! Moi qui pensais que les agents de voyages avaient fait une croix définitive sur leurs fournisseurs...

Mais alors, si ce n'est pas le cas, force est de constater que l'on marche sur la tête !

Car, il est incontestable que les agents de voyages ont une part de responsabilité dans la disparition des petits et moyens producteurs.

Qu'on le veuille ou non, chaque fois qu'un distributeur fait le métier d'un producteur, il contribue un peu plus à sa déconfiture.

Les agents de voyages seraient-ils donc les premières victimes d'un système qu'ils ont, eux mêmes, contribué à mettre en place ?

Ce serait un peu simpliste comme raisonnement, car cela reviendrait à oublier que, depuis des années, les producteurs ne se sont pas gênés pour faire le métier des distributeurs.

Cela a commencé avec les ristournes et rabais consentis aux CE et autres collectivités. Puis, estimant, pour certains, qu'ils n'étaient pas pas suffisamment bien vendus ils ont ouvert leurs propres points de vente.

Ensuite, l'arrivée d'Internet a débridé les mœurs. Même les producteurs les plus prudents n'ont pas hésité à ouvrir leur boutique en ligne au nom du sacro-saint principe du multicanal.

On a assisté en 2010 à une véritable hécatombe

Bref, nous sommes aujourd'hui parvenus à une déréglementation quasi totale des deux métiers.

On pourrait imaginer que la concurrence et le marché régissent désormais la situation et que chacun voit désormais midi à sa porte, laissant les mécanismes économiques naturels gérer la situation.

Mais est-ce bien comme cela que les choses se passent ?

Si l'on en croit la hausse de la mortalité des petits et moyens producteurs, on se dit que question tourisme, les équilibres keynésiens sont quelque peu grippés.

On a assisté au cours de l'année 2010 à une véritable hécatombe. Tant du coté producteur que du coté distributeur.

Pour mieux résister, les distributeurs se sont regroupés. Il n'en va pas de même du coté des producteurs où les synergies sont inexistantes ou presque.

La production fait aussi face à un autre défi : celui de la valeur ajoutée, du "plus" concurrentiel.

Autrement dit, qu'est que je propose de tellement particulier à mon client qu'il ne sera pas tenté, demain, de le faire lui-même ?

Troisième et dernier élément : les producteurs sont pris en tenaille entre la distribution et le Réceptif.

A l'heure d'Internet et de la désintermédiation, la pression est montée d'un cran. Les destinations et leurs hôteliers veulent se vendre en direct et ne plus avoir a subir le joug des producteurs.

Cela met automatiquement hors marché ceux dont la puissance financière est insuffisante pour continuer à négocier des tarifs compétitifs.

Les destinations veulent se vendre en direct

Même leurs anciens prestataires (réceptifs, guides, autocaristes...) sont devenus des concurrents puisqu'ils travaillent de plus en plus en direct avec les agences.

Les seuls TO qui parviennent à tirer leur épingle du jeu sont les industriels, ceux qui ont du stock et possèdent des hôtels et une "puissance de feu" pour résister encore à la déferlante.

Les petits et moyens producteurs, eux, n'ont plus les moyens d'aller se bagarrer sur les "fronts" (Tunisie, Maroc...) qui représentent plus de 70% du tourisme outgoing français.

Alors il se sont retirés. Pour certains sur la pointe des pieds, pour d'autres de manière plus fracassante. Car sur ces produits, hors spécialisation et savoir faire pointus, point de salut !

Leur problème n'est pas réglé pour autant. Il n'est que déplacé. Car d'autres pays, et non des moindres, veulent aussi prendre leur destin commercial en main.

Qu'en sera-t-il alors du paysage de la production hexagonale demain ?
Ne nous restera-t-il en tout et pour tout que deux ou trois grands producteurs industriels qui régiront, comme en Belgique, 80% de la production ?

Serons-nous en mesure de conserver au tour operating tricolore la diversité qui en fait aussi la richesse ?
Pouvons-nous encore changer quelque chose à la mutation en cours ?

"L'avenir n'est écrit nulle part", paraît-il. Aussi, en ce début d'année 2011 que je vous souhaite aussi heureuse et prospère que possible, il n'était pas inutile de nous interroger sur les grands enjeux de notre secteur et le monde du tourisme que nous voulons pour demain.

A bon entendeur...

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1.Posté par D. van Herk le 03/01/2011 10:27 | Alerter
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1. 'Enlevons' les parasites....no risc, no gain, ils sont déloyales vers les autres, petits ou grands, n'importe ! Chaque personne à droit au travail.
2.Commençons à travailler avec la conscience.
3. Arrêtons à casser le prix.
4. Adaptons la garantie financière obligé de 100.000 au type d'entreprise et ses CA, cette nouvelle loi imposée et complétement déloyale pour ceux qui démarrrent.
4. Corrigons VITE les banques (+ assureurs) qui doivent REVENIR VITE à leur travail de base: prêter l'argent pour pouvoir se sdévelopper ( on va pas prêter chez 'Déc ou Car^, la fleuriste, le médécin, la mairie.. n'est-ce pas.. pour pouvoir développer son entreprise).
5. Controllons plus les associations qui s'occupent des subventions...ils s'occupent plus d'eux-mêmes QUE LES AUTRES et ils ne s'en connaissent pas du tout, j'ai l'impression.
6......
7......

Je vous souhaite tous et toutes une Bonne Année commerciale équitable ! Il faut pas seulement écrire ce mot, mais aussi le faire ! Sinon c'est le ''Marketing Bidon'.

Bien cordialement,

2.Posté par stephane le 03/01/2011 13:13 | Alerter
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Depuis plus de 30 ans maintenant j'ai vu notre metier changer . A l'époque ou le producteur produisait,le distributeur distribuait le receptif recevait l'autocariste conduisait et les cies aériennes volaient ..certes tout cela etait dans l'ordre des choses et puis ca a changé . Pas forcément en mal mais la machine s'est emballée du fait même que le client a changé . je fais partie de ces "petits producteurs" qui ont dû quitter la place non pas du fait de la concurrence ( normale et saine a mes yeux) mais par la frilosité des banques, par la versatilité de la clientèle et par dessus tout parce que nous ne faisons plus rever ...Autrefois les clients avaient "leur"agence de voyage comme leur boulangerie ou leur medecin . Aujourdhui ils consomment et ne sont pls fideles mais le somme nous nous même dans nos actes de tous les jours ?
Quand je dis que nous ne faisons plus rever je signifie que trop de frilosité, de manque d'imagination, de peurs en tous genres font que l'offre est sèche, plus adaptée aux véritables demandes de la clientèle . Quand certains "petits" comme nous devellopons de nouvelles destinations, de nouveaux genres de voyages nous sommes inconnus sur le marché et par conséquent nous n'avons pas la force économique pour aller de l'avant .Mais il reste encore de nouvelles pistes a decouvrir et a develloper. A quand donc une charte ethique ou chacun s'engagerait a ne faire que son coeur de metier et accepterait que le producteur produise,le distributeur distribue, le receptif recoive, l'autocariste conduise et les cies aériennes volent !!!!

3.Posté par Tasset José le 08/01/2011 09:07 | Alerter
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Excellente analyse de la situation par Jean da LUZ. A méditer !

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