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Fraudes carte bancaire : les escrocs ont un système de "poupées russes" bien rodé

de nombreux agents de voyages arnaqués


Rédigé par Pierre Coronas le Jeudi 12 Juillet 2012

Les fraudes à la carte bancaire se multiplient en France et de nombreux agents de voyages en sont victimes. Si les consommateurs se font pirater ou subtiliser leurs titres de paiements, c'est, en fin de compte les commerçants qui en pâtissent. Grâce à un mode opératoire très efficace, les escrocs parviennent à acheter des prestations qu'ils revendent ensuite à petit prix. Malheureusement, étant donné que la carte est utilisée de manière frauduleuse, le montant est retiré du compte de l'agence. TourMaG.com a mené l'enquête pour en savoir plus et informer les professionnels afin qu'ils évitent de tomber dans les pièges des arnaqueurs.



CLIQUEZ POUR AGRANDIR - Les fraudes sont toutes réalisés selon le même modèle - Easel.ly - DR P.C
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Ah la dématérialisation des paiements ! Grâce aux cartes bancaires (CB), finies les liasses de billets, finies les encombrantes petites pièces de monnaie...

Et surtout, fini le risque, pour les commerçants, de se faire dérober la caisse pleine de la recette d'une ou plusieurs journées.

Enfin, c'est ce qu'on croyait. Car, si tout le monde est conscient du manque de sécurité d'une transaction par chèque (le compte concerné peut ne pas être assez approvisionné), les agents de voyages commencent à comprendre que les réservations à distance via une CB peuvent aussi présenter des risques.

En effet, de nombreux points de vente en France ont été victimes de fraudes à l'issue de ventes de billets ou de forfaits par téléphone ou sur Internet.

Et ce type d'arnaque semble connaître une recrudescence ces derniers temps.

Certains escrocs parviennent à acheter des prestations touristiques sous une fausse identité et grâce à des numéros de cartes bancaires préalablement piratés ou subtilisés.

Et, à chaque fois, c'est l'agence de voyages qui y perd !

Usurpation d'identité et vol de codes de cartes bancaires

Le mode opératoire est presque toujours le même. L'agence reçoit un appel ou un message électronique de la part d'une personne qui souhaite réserver à distance une place sur un vol ou un séjour.

Le vendeur prend alors soin de lui demander des photocopies de ses papiers d'identité, un relevé d'identité bancaire (RIB) et, éventuellement, un bilan lorsqu'il s'agit d'une demande au nom d'une société.

Des documents qui permettent de vérifier la fiabilité du futur acheteur.

Une fois ces informations confirmées, la vente est réalisée. Le client donne un numéro de CB ainsi que le cryptogramme affiché derrière la carte.

Le terminal de paiement de l'agence délivre son ticket. La transaction est acceptée et les fonds sont crédités quelques minutes plus tard sur le compte du point de vente.

Jusque là tout va bien. Mais c'est après que ça se complique. Quelques jours plus tard, le directeur de l'agence est généralement contacté par sa banque qui lui signale que le titulaire de la CB en conteste son utilisation. Les fonds sont alors débités du compte pour être recrédités sur celui du plaignant.

L'agent tente donc de contacter le client avec qui il a traité. Mais c'est là qu'il se rend compte que ce dernier a usurpé une identité et qu'il s'est donc fait berner. Malheureusement, il est souvent trop tard : la prestation vendue a été assurée, l'agence n'a plus l'argent et le fraudeur s'est envolé dans la nature.

Système de "poupées russes"

Le système est parfaitement rodé. Selon Patrick Yvars, chef de la Brigade des Fraudes aux Moyens de Paiements (BFMP) de Paris, c'est un véritable réseau d'escrocs qui sévit dans ces affaires.

Ils agissent selon la logique des "poupées russes", explique le patron de la BFMP. Un premier acteur s'arrange pour obtenir des numéros valides d'une CB à l'insu de son titulaire.

Pour cela, il recourt souvent à l'utilisation de l'appareil photographique intégré aux smartphones pour capturer le recto et le verso de la CB.

Ce premier maillon de la chaîne de l'arnaque revend ensuite les informations ainsi obtenues à un autre escroc. Celui-ci se débrouille alors pour se doter des papiers d'identité falsifiés mais correspondant à une personne réelle avant de contacter l'agence de voyages et acheter les prestations.

A partir de là, l’enchaînement se poursuit en suivant les étapes précédemment décrites. Et les billets se retrouvent bien souvent en vente, à des tarifs défiant toute concurrence, sur des sites tels que LeBonCoin.fr ou encore Vivastreet.

Les terminaux de paiements à distance sont-ils efficaces ?

Parmi les nombreux agents escroqués, certains font entendre leur voix et mettent en cause leurs banques. C'est le cas notamment d'Hervé Audren, directeur de l'agence Z Tours (réseau Afat), à Morlaix dans le Finistère (29).

Victime de ce type de fraude en 2010, il remet en question l'utilité et la fiabilité des terminaux de paiements à distance par CB souscrits par les commerçants auprès de leur établissement bancaire.

Il déplore que ce système "qui coûte très cher – entre 0,3% et 2,5% du montant de chaque transaction - laisse passer" ce genre d'arnaques.

"On respecte à la lettre les directives et quand un problème surgit, c'est quand même le commerçant qui paie, déplore-t-il. L'ennemi, c'est la banque. Ils sont tenus de restituer les sommes au titulaire de la carte donc ils prennent d'un côté pour rembourser de l'autre."

En effet, depuis la transposition en France, en juillet 2009, de la réglementation européenne du 13 novembre 2007, le titulaire d'une CB peut contester un paiement dans un délai de 13 mois.

Dans ce cas-là, la banque est obligée de procéder au remboursement intégral et immédiat des sommes engagées.

"Évidemment, le banquier va répercuter la perte sur le commerçant qui va se voir débiter des fonds initialement crédités, explique Me Frédéric Leplat, avocat à la cour et Maître de conférence à l'Université de Lille.

En l’occurrence, on parle d'une « rectification comptable ». Et, dans ce cas, c'est le commerçant qui perd tout."

"Aucune garantie face à l'utilisation frauduleuse d'une CB"

Le directeur de Z Tours a, lui, décidé d'assigner sa banque en justice. Mais, il a peu de chances de remporter cette bataille judiciaire. "La convention signée entre le commerçant et sa banque fixe l'ensemble des garanties relatives à la sécurité des transactions, précise Me Leplat.

Le système des terminaux de paiement à distance permet d'être sûr que le compte utilisé est suffisamment approvisionné. En revanche, la convention type n'offre aucune garantie face à une utilisation frauduleuse du titre de paiement."

Difficile, dans ces conditions, d’espérer obtenir une condamnation de l'établissement bancaire. Selon l'avocat, le seul recours pour l'agent victime est de porter plainte. Mais là aussi, la démarche paraît vaine.

En effet, à la BFMP, on explique que s'il est facile d'identifier la localisation des escrocs qui "officient souvent depuis des cyber-cafés d'Abidjan", selon Patrick Yvars, il est très compliqué de les interpeller à cause du manque de coopération entre les polices françaises et ivoiriennes.

Système 3D Secure

Pour en finir avec ces fraudes, des agents victimes commencent à se regrouper à l'initiative de Jean-Claude Journeau. Ce dernier s'est fait arnaquer selon la technique décrite précédemment. Il a subi un préjudice de près de 100 000 euros.

Il a créé le collectif Ave CB en novembre 2011 avec pour objectif de rassembler un maximum de dossiers.

Le but de sa démarche est d'être en mesure de "peser sur les autorités pour qu'elles fassent évoluer la réglementation et améliorent la sécurité des paiements à distance."

En attendant, le Groupement d’Intérêt Economique (GIE) des cartes bancaires préconise le recours à des systèmes de sécurité renforcé comme le 3D Secure.

Il a été mis en place par Voyages-sncf.com ou le site d'Air France.

Ce qui a permis à ces agences en ligne de considérablement réduire le nombre de fraudes grâce à l'envoi d'un SMS qui permet de vérifier que c'est bien le titulaire de la CB qui effectue le paiement.

C'est, pour le moment, la solution la plus efficace en la matière, même si certains constatent que le dispositif a tendance à décourager certains clients. Et, selon Me Leplat, ce système peut être adapté à une vente à distance par téléphone.

Mais, là aussi, attention ! Car, selon l'avocat, "il existe encore des moyens de modifier le numéro de téléphone sur lequel le message de vérification est envoyé."

Autant dire que les agents de voyages vont devoir encore redoubler de vigilance afin de ne pas continuer à tomber dans les pièges de ces fraudeurs chevronnés.

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1.Posté par Isabelle le 16/07/2012 10:35 | Alerter
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Expliquez moi comment des billets d'avion achetés en agence peuvent être revendus sur internet puisqu'ils sont nominatifs, et souvent non remboursables ? ? Si les personnes utilisent des faux papiers il y a peu de chance qu'ils puissent embarquer à cause des contrôles à l'aéroport... quelque chose m'échappe !

2.Posté par ELIE JEAN PIERRE le 16/07/2012 15:52 | Alerter
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Dans mon courriel de ce matin j'ai oublié de poser la même question d'Isabelle. Elle a tout a fait raison .
Dans mon dossier pour le Tribunal je pose la même question comment peuvent t'ils embarquer ?

Ce qui m'amméne à dire que les CB ne sont pas aussi volées que la banque veut le prétendre .

Les banques ont conscience des failles de leur systéme et c'est pour cela qu'elles se surprotégent par des contrats huper ficelés totalement en leur favaur ne faisant rien pour contrer les escrocs.

Ce sont bien les banques et le systéme bancaire qui arment en toute conscience le bras de ces criminels sans chercher à les poursuivre. Pourquoi voudraient elles les poursuivre alors qu'arbitrairement elles se donnent le droit de prélever sur nos comptes malgrés toute interdictions formulées par les gérants d'agences, c'est tellement plus facile.

je reste a la disposition de tout ceux qui souhaitent parler de cette affaires .

On m'a dit que l'on ne pouvait pas savoir ou ils sont, faux j'ai fait une expérience et je les ai en ligne quand je veux , preuve en main la banque refuse d'entendre.

3.Posté par Michael le 16/07/2012 18:50 | Alerter
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C'est un probleme planetaire.
Je vends sur internet ici aux US et un peu partout dans le monde, je dois prendre beaucoup de precautions car en cas de litige c'est mon entreprise qui passse a la caisse.
Chase Manhattan Bank a des outils simples et efficaces (mais payants) pour lutter contre les fraudes, pourquoi les banques francaises ne proposent pas la meme chose ?
Si des personnes veulent en savoir un peu plus sur les moyens de verification, je pourrai eventuellement donner qqs indications qui permettent un controle un peu plus serre avant la delivrance d'un numero d'autorisation.
Bon courage a tous.


4.Posté par Tchangang Roger le 18/07/2012 01:22 | Alerter
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Je ne comprends rien. Il y a des assurances sur les cartes de crédit, que je sache.

Pourquoi ne pas se faire assurer tout simplement ? Et comment font les sites de vente à distance ?

5.Posté par sophie le 16/08/2012 16:39 | Alerter
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Même réflexion qu'Isabelle, je ne comprend pas comment on peut revendre des billets d'avion nominatifs. Ma fille vient de se faire escroquer pour 4200 euros de billets d'avion acheté avec sa CB par un escroc et ce, depuis le début de la semaine. Nous avons été très réactifs et avons contacté toutes les agences de voyage et la banque bien sur.

Une des agences vient de nous appeler, l'aller d'un billet acheté est consommé mais pas le retour. Ils ont un nom, nous allons aller déposer plainte dès aujourd'hui pour que l'agence se retourne contre cette personne. Mais si on suit le schéma donné plus haut dans l'article, il y a fort à parier qu'il s'agisse d'un simple acheteur de billet revendu à bas prix par les escrocs.

Pourquoi ne pas généraliser l'utilisation des systèmes style "vérified by visa", je ne comprends pas que les agences n'en viennent pas toutes à ce système.

6.Posté par Yann le 15/01/2013 21:35 | Alerter
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100 000 euros de billets? Heuuuu nan mais ce m. Audren, je ne met pas en doute son professionnalisme mais sans déconner, comment ne pas prendre de précaution avec quelqu'un (ou une société) quand elle commande pour 100 000 euros de billets... Je suis jeune agent de voyages, mais je sent quand c'est une arnaque... Ils n'ont jamais la possibilité de passer à l'agence.... Et quand on demande pourquoi, la reponse est souvent la même : "je suis en déplacement la " ... Pourquoi interroge t.il notre petite agence en particulier? Surtout dans le cas de ce monsieur audren implanté à morlaix, je n'ai rien contre le Finistère mais franchement ALLO QUOI !!!

7.Posté par troumelin le 21/03/2015 04:53 | Alerter
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Bonjour,
Je ne comprend pas comment les fraudeurs s'y prennent, ils récupère le numéro par x solutions, ils commandent sur internet jusque la ok, mais pour retirer leur achat,ils ne se font pas livrer à domicile, et même un point relais demande une pièce d'identité, donc c'est facile de remonter aux fraudeurs non?
Moi j'ai porté plainte à la gendarmerie pour un achat en ligne de plus de 500 euros, pourquoi ne remonte t'il pas jusqu'au fraudeurs???
Amicalement

8.Posté par Nono le 27/03/2015 16:18 | Alerter
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vous n'avez pas compris. Ils achètent les billets sur le net ou au téléphone avec une fausse identité. Mais ils revendent surment le billet sur des sites internet, donc ils n'embarquent pas, et ne passe pas les contrôles aéroportuaire!

Ensuite pour se faire livrer dans un point relais: fausse pièce d'identité! Ça coûte 400€ à Barbes, et je sais de quoi je parle, j'ai voulus vérifier la véracité d'un reportage et suis aller moi même acheter un permis a 300€... Ca a pris 2 jours en discutant avec le 1er jeune devant la station de métro, j'étais livré 48 heures plus tard!!!!!!!!

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