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Hop ! : l'autre cocotte minute sociale d'Air France

Les conventions collectives des salariés vont devoir être renégociées


Rédigé par Laury-Anne CHOLEZ le Jeudi 22 Octobre 2015

La fusion des trois compagnies régionales Airlinair, Britair et Regional sous la bannière de Hop ! le 1er avril prochain entraînera un plan de départs volontaires ainsi qu'une refonte des contrats de travail de l’ensemble du personnel. Face aux écarts de rémunérations entre les trois compagnies, les négociations syndicales s’annoncent d’emblée très compliquées.



La question sociale chez Hop ! pourrait faire des vagues à son tour au sein du groupe Air France - Photo : g_grandin
La question sociale chez Hop ! pourrait faire des vagues à son tour au sein du groupe Air France - Photo : g_grandin
Air France et les négociations syndicales, c’est un peu un éternel recommencement.

Alors que la direction cherche en ce moment à faire passer la pilule de son plan de restructuration, entraînant le départ de 2900 personnes, elle doit préparer en parallèle la fusion de ses trois compagnies régionales sous la bannière Hop !

Le 1er avril prochain, Airlinair, Britair et Regional vont se fondre au sein de Hop ! le pôle régional créé en mars 2013.

Cette fusion engendrera bien entendu un sureffectif, que la direction avait estimé à 245 personnes avant de réajuster à 146 postes ces derniers jours.

Cinq appareils devraient également sortir de la flotte, soit 1 ATR, 2 Bombardier et 2 Embraer.

Ce regroupement engendrera enfin la dénonciation des conventions collectives.

Les organisations syndicales auront donc 15 mois pour organiser de nouvelles élections et renégocier des nouveaux contrats pour chaque catégorie de personnels.

La grille de salaire de Britair est la plus généreuse

Pour les salariés d’Airlinair, cette remise à plat des contrats n’est pas forcément une mauvaise chose.

La compagnie, créée en 1999 par Lionel Guérin, actuel PDG de Hop, et basée à Rungis, possède en effet les conditions de travail les moins avantageuses du pôle Hop !.

Sa grille de salaires est en moyenne 10 à 15% inférieure à celle de Régional et 20 à 25% à celle de Britair.

En parallèle, c’est elle qui semble la moins touchée par ce plan de licenciement.

Seuls trois ou quatre commandants de bord pourraient sauter, ce qui correspond plus ou moins aux départs en retraite. Aucun PNC n’est concerné.

Chez Britair, les estimations concernant le plan de départ volontaires semblent plus difficiles à évaluer selon les syndicats. Les documents qui leur ont été présentés par la direction font état de 58 ou 66 personnels au sol, 21 PNT et 19 PNC.

Mais ce dernier chiffre ne prend pas en compte un plan de départs volontaires qui doit se finir au 31 octobre, avec pour objectif de faire partir 20 personnes. Seulement 5 employés se sont manifestés.

Pourtant, les salariés de Britair sont bien conscients du sureffectif engendré par la création de Hop !.

« Chez les PNC, nous sommes passés d’une moyenne de 70 heures par mois à 50 heures, avec la perte de salaire équivalente », déplore Bruno Cornec de l’UNSA.

Il aimerait pouvoir négocier avec la direction sur des bases solides et souhaite également conserver les avantages du contrat de travail, le plus généreux de tous.

Car pour gagner le même salaire, les salariés de Britair doivent travailler 55 heures, contre 68 chez Régional. Une disparité qui vient peut-être de l’ancienneté de Britair, créée en 1973. Elle est basée à Morlaix, une ville de Bretagne qui devrait d’ailleurs conserver certaines prérogatives, comme la maintenance.

Le pôle régional toujours en perte de 125 millions d'euros

Du coté de Régional, le représentant du SNPL Armand Simon s’inquiète surtout de la réduction de la flotte. Sa compagnie devrait perdre deux Embraer 170.

« Bien que socialement cela soit compliqué, d'un point de vue stratégique il vaudrait mieux retirer plus de Bombardiers CRJ (avion exploités par Britair ndlr) ultras spécialisés dans les lignes courtes distances à dominante affaires, un marché en baisse. Alors que les Embraer sont plus polyvalents », avance-t-il.

Quant au plan de départs volontaires, il concernerait 24 PNT et 4 PNC. Là encore, les pilotes subissent de plein fouet la réduction de voilure, estimant que leurs perspectives de carrière ainsi que leurs accords ce sont considérablement dégradés depuis la mise en place de Hop.

Au final, Armand Simon considère que la direction s’est lancée dans un challenge complexe alors même que les trois entités ont une culture d’entreprise bien différente. De son coté, Bruno Cornec assure que le calendrier mis en place pour le plan de départs volontaires est beaucoup trop court.

Pourtant, il faut faire vite. Le groupe Air France veut aujourd’hui mettre les bouchées doubles pour redresser son pôle court et moyen courrier qui a enregistré une perte d’exploitation 125 millions d’euros en 2014 pour 1,7 milliards de recettes.

Mais concilier les revendications de trois compagnies aussi différentes et très syndiquées ne sera pas de tout repos.

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1.Posté par ZUFOI le 22/10/2015 15:16 | Alerter
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Bon article qui résume bien la situation. Pour une fois qu'un article ne porte aucun jugement, l'auteur s'est très bien renseigné sur ce qui se passe chez la future "HOP"

2.Posté par flo le 22/10/2015 16:46 | Alerter
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Et le personnel sol? Hop ce n'est pas que des avions et du personnel navigant .

3.Posté par HOP le 22/10/2015 21:14 | Alerter
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J'ai lu avec attention votre article et très surpris de vos informations notamment qu'Airlinair était le grand gagnant.
Je ne sais pas où vous avez eu ces informations mais Airlinair est en effet le grand perdant...
Fermeture complète du siège à Rungis. Délocalisation des services à Morlaix, Nantes et Clermont-Ferrand. Pas plus de deux services au Shed à Paray-Vieille-Poste.
Je peux également vous donner le nombre de responsable Airlinair nommé dans les futures entités ? 0.
Que du Régional et du Brit Air.
Chez Airlinair, tous les salariés savent très bien que le copinage et la politique ont été les deux facteurs les plus importants pour le choix des bases et pour la nomination.
Et après on nous met la pression pour partir, pour préparer des CV et chercher ailleurs alors que nous n'avons rien demandé à personne.
Vous inquiètez pas, BPI Group est là pour nous aider... oui oui BPI, les mêmes qui ont "aidés" les employés d'AirLib.
Pendant ce temps, tous les membres de la direction se placent...
Aéronautiquement.

4.Posté par YS le 23/10/2015 16:57 | Alerter
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Vos chiffres sont faux ! 213 personnes sont concernées au lieu des 245 initialement prévus le 16 juillet.
Beaucoup de personnels Sol sont touchés ! 80 au Sol et 80 à la Maintenance qui est déjà en PDV actuellement avec 27 personnes concernées chez Regional et 13 chez Brit Air !
Le maintien de l'emploi en régions (Morlaix et Nantes) n'a pas été respecté : beaucoup de services sont envoyés sur Paris.
Attrition du réseau, départs (volontaires !) des compétences, sous traitants qui remplacent désormais les salariés de maintenance....
N'écrivez pas vos articles depuis vos bureaux parisiens ... allez sur le terrain : ce ne sont pas les conventions collectives qui seront dénoncées mais les accords collectifs !!!
Quand on veut tuer son chien .. on dit qu'il a la rage !

5.Posté par Nicolas B. le 01/12/2015 22:28 | Alerter
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"Plan de départs volontaires". Mais ensuite l'article parle d'un "plan de licenciements". Quel plan de licenciements? On n'y comprend rien.

6.Posté par Nicolas B. le 01/12/2015 22:31 | Alerter
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YS a raison, il s'agit certainement des accord collectifs dénoncés, pas de la convention collective. Enfin, pour le moment... En France, le gouvernement prévoit de dynamiter toutes les conventions collectives.

7.Posté par Nicolas B. le 01/12/2015 22:35 | Alerter
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Le chapô parle d'une curieuse "refonte des contrats de travail". Mais l'article n'en dit rien de plus. Qu'est-ce que cette histoire? Les contrats de travail sont individuels. On ne "refond" pas un contrat de travail sans l'accord du salarié, c'est impossible.

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