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Le tourisme durable c’est d’abord un comportement avant d’être une production...

La chronique de Christian Orofino


Le tourisme de demain sera responsable et durable ou ne sera pas. Comme chaque mois, Christian Orofino, président de la commission technique du Tourisme Responsable au SNAV, partage ses convictions dans une chronique consacrée au tourisme durable et responsable et à ses problématiques.



Malgré une prise de conscience des consommateurs des nouvelles problématiques économiques et sociales, le tourisme est resté synonyme d’insouciance dans l’imaginaire des consommateurs - DR : Fotolia
Malgré une prise de conscience des consommateurs des nouvelles problématiques économiques et sociales, le tourisme est resté synonyme d’insouciance dans l’imaginaire des consommateurs - DR : Fotolia
Plusieurs enquêtes, statistiques à l’appui, font apparaître que les clients d’une part, n’ont pratiquement aucune demande en matière de tourisme responsable, et d’autre part ne se sentent pas concernés par cette thématique dans le domaine du voyage.

Forts de ces constats, les professionnels se mettent en accord total avec la réaction des clients à ces enquêtes et ne développent aucune stratégie de production en faveur du développement durable, appliquant l’adage : pas de demande, pas d’offre.

Hormis ce positionnement passéiste et peut-être imprudent, compte tenu des adaptations incontournables aux conjonctures qu’il faudra de toute façon faire, les clients comme nous, professionnels, et surtout enquêteurs, confondons deux choses : les produits issus du tourisme responsable et un comportement professionnel responsable.

Le tourisme durable, une nouvelle déontologie

A la suite de constats scientifiques ou sociaux ou géopolitiques de toute sorte sur le climat ou la pauvreté, le monde associatif et quelques professionnels du tourisme ont soit développé des productions touristiques dites équitables ou solidaires, soit des productions plus proches de la nature et des hommes.

Compte tenu de la typologie des productions classiques balnéaires et autres, qui constituent l’offre touristique depuis des décennies, il est évident que cette nouvelle offre puisse effrayer les clients pour lesquels voyage rime avec confort, soleil, rêves, évasion etc..

Et ne souhaitent surtout pas être mêlés aux difficultés d’autres populations, ayant déjà bien à faire avec les leurs.

C’est donc indirectement à ce tourisme responsable que répondent négativement les sondés et aucun jugement de valeur ne peut être fait quant à ce positionnement.

Par contre le tourisme durable, avant d’être une production, c’est d’abord un comportement, voire pour nous, professionnels, une nouvelle déontologie.

Des processus de traçabilité dans le tourisme

Le tourisme durable c’est d’abord un comportement avant d’être une production...
En effet, à l’époque où tout allait bien, où les agences débordaient de clients, n’importe quel quidam sans qualification s’improvisait opérateur touristique, les marchands de tapis de souks roulaient en Ferrari, et aucune préoccupation d’ordre écologique ou sociétal ne venait entraver cette course au bronzage.

Malgré une prise de conscience des consommateurs des nouvelles problématiques économiques et sociales, le tourisme est resté synonyme d’insouciance dans l’imaginaire des consommateurs.

Et s'ils voyagent beaucoup moins, ce n’est pas parce qu’ils se sentent coupables par rapport aux nouvelles conjonctures, mais parce qu’ils n’ont plus les moyens économiques de le faire.

Mais nous savons, nous, que les contextes ont changé, que les peuples se révoltent, que les forêts se raréfient, que les sites se dégradent, et ce sont ces critères qui mettent en danger notre profession et nous devons les prendre en compte dans notre façon de produire et de commercialiser notre offre.

L’industrie agroalimentaire, après plusieurs incidents sanitaires, s’est imposée de nouvelles règles concernant la traçabilité des aliments, et ces règles font partie d’une nouvelle déontologie vis-à-vis de ses clients.

Le tourisme doit aussi s’imposer de nouveaux processus de traçabilité concernant l’origine de ses achats et de ses collaborations, et cette démarche ne concerne pas les clients mais seulement les professionnels.

Quand les sondeurs poseront la question : « pensez vous que vos voyages doivent respecter des règles sanitaires, écologiques et sociales » , tout d’un coup le tourisme responsable deviendra l’affaire des clients et enfin la nôtre.

Christian OROFINO
Président de TOURCONSEIL
Ex PDG et DG du TO VISIT FRANCE
Président de la commission Tourisme responsable du SNAV

Rédigé par Christian OROFINO le Mardi 17 Juillet 2012
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Tags : orofino


1.Posté par Jennifer le 19/07/2012 09:13 | Alerter
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Je ne pense pas qu'à La Route des Voyages nous soyons les seuls à déjà mettre ces valeurs en avant, que ce soit dans le choix de nos prestataires, dans une compensation territoriale qui va à des projets qui en ont vraiment besoin (plutôt que dans des projets déjà bien assistés par des ONG), dans une démarche interne de respect de tous et de notre planète. Il n'y a peut-être pas de demande spécifique, mais nombreux sont nos clients qui adhèrent à cette démarche.

2.Posté par Ayla le 21/07/2012 10:23 | Alerter
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En tant que réceptif, je voudrais témoigner de la difficulté à vendre des circuits plus équitables.
Un petit exemple en vous présentant deux types de transporteurs :
- un qui paie un salaire mensuel décent à ses chauffeurs.
- un qui ne verse pas de salaire mensuel mais qui promet à ses chauffeurs de bonnes commissions dans les boutiques et de bons pourboires.
Vous comprendrez que le coût journalier du véhicule sera bien inférieur chez le 2è transporteur. Grace à ca on arrive à proposer des cotations intéressantes et à être compétitif.
Sur le terrain, le résultat est un chauffeur obsédé par les arrêts boutiques et quand le guide refuse ces arrêts boutiques ou que le groupe n'achete pas assez à son goût, vous vous retrouvez avec une prestation de service désatreuse. Un chauffeur antipathique et qui fait toutes les difficultés du monde pour chaque petite chose.

Pour ma part, après avoir testé les deux j'ai choisi de travailler avec les transporteurs qui rémunèrent correctement leurs chauffeurs. Mes cotations sont plus élevées. Et même si je sais que mes groupes ne seront pas considérés comme des "vaches à lait", que le programme sera plus riche car on ne gaspille pas de temps précieux en arrêts boutiques, au bout de la chaine j'ai une agence dont le client recherche le meilleur prix. Et qui choisira donc le réceptif qui travaille avec le second transporteur.
Tout ca se faisant sans que l'agence et son client en soient le moindre du monde conscients.
Et ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres.

Il s'agit bien en effet d'une prise de conscience et aussi d'une recherche de clarté sur le type de prestations offertes.
J'ai été chef de prod en France et connais bien la difficulté du choix des réceptifs. On regarde le prix et ce qu'il inclut. Comment vérifier si le chauffeur du bus est bien payé et si la femme de chambre à l'hôtel est bien traîtée? D'abord on en a pas le temps!
Le choix est quand même entre les mains des agences et de leurs clients. Tant que le prix restera l'élément déterminant du choix de la prestation, le tourisme responsable restera un gentil concept, beau sur le papier et sur la toile...
Une lapalissade me direz vous ? Oui, mais il est aussi important d'informer et de faire comprendre comment ca marche...

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